DES «JAQUES
demi-pouce de sa pointe, il pénétrait dans la poitrine. Quand il avait évacué autant de pus qu’il le jugeait à propos, il fermait l’ouverture avec une tente de linge, attachée à un fil. Tous les jours il évacuait la même quantité de pus. Le dixième jour, où tout le pus était sorti, il injectait par l’ouverture du vin et de l’huile tiède pour nettoyer le poumon. Le matin il donnait issue à l’injection du soir, et le soir à celle du matin. Dès que le pus devenait clair et un peu gluant «il introduisait dans l’ouverture une canule d'étain. A mesure que la poitrine su desséchait , il diminuait ia canule , et laissait ainsi peu à peu consolider la plaie. Si le pus était blanc et parsemé de filets sanguinolents, e’était un signe presque certain que le malade en réchapperait; mais si le premier jour il ressemblait à du jaune d’œuf, et si le lendemain il était épais, d’un vert pâle et d’une odeur fétide, il jugeait que le malade en mourrait ( de Morb., II fp, 470, ed. de Focs, et ibid. , p. 483). Quelquefois il faisait celte opération avec le cautère actuel. Les cautères dont se servaient les auteurs hippocratiques étaient ou épais, ou allongés, ou cunéiformes, ou recourbés à une extrémité, et à l’autre, larges comme une obole. (Cf. de Varia uslionem adhib. ration, ap. üipp., par C. F. G. Moldenhavver. Berlin, 1818, in-8» de 32 pages.)
410e S. — • 141. C’est-à-dire en brun foncé ou en noir. Ce phénomène tient à l’action de l’acide hydrosulfuriquc sur le métal du la sonde , faite soit avec du fer , soit avec un alliage de cuivre et d’un autre métal (œs, xa/xos, airain). On sait que l’acide hydrosulfurique se développe dans le pus fétide, et c’est $aus doute de ce pus qu’il est parlé dans la 410° sentence.
421° S. — 145. Quelques manuscrits portent : avec suffocation; au lieu de ; avec fièvre (Focs). 2254 n’a pas cette sentence.
424° S. — 140. Je lis ijvj/sà avec Sev., au lieu de mlvpi des imp. et des manuscrits , bien que cette leçon puisse , à la rigueur, subsister, car ces deux mots sont quelquefois pris l’un pour l’autre dans Hippocrate. -■-Celtesentence est fortobseure. Foës interprète : « L’orthopnée donne lieu à une hydropisie sèche. » Il me semble plus rationnel , plus médical de traduire comme je l'ai fait , en suivant la ponctuation de 2253 , 2254 et Bûle. ( Voir Introduction aux Coaques, p. 90, lig. 2.)
420e A’. — 147. J’ai adopté la division que Focs propose dans ses notes , bien qu’elle ne soit appuyée sur aucun manuscrit. J’ai puisé mes motifs dans le contexte. Duret et Mack lisent: s’épaissir. Les manuscrits et les imprimés ont la leçon que j’ai adoptée.
430° S. — 148. « Quant aux suppurations internes provenant de blessures faites par une lance, ou un glaive, ou un trait, tant que
NOTES
la plaie, par l’ancienne ouverture extérieure, reçoit le souffle du dehors , elle attire la fraîcheur par cette voie qui lui sert également à dissiper la chaleur interne et à se purger facilement du pus et des autres matières, lorsque la plaie guérit en même temps au dehors et au dedans , la cure est complète ; si elle guérit au dehors et non au dedans , il en résulte un empyème. Lorsqu’elle guérit au dedans et au dehors , mais que la cicatrice est faible , inégale et livide , la plaie se rouvre quelquefois et il se forme ainsi un empyème. Elle se rouvre aussi si l’on prend trop de fatigue , si la cicatrice est faible , si le phlegme et la bile s’y jettent, si l’on tombe dans quelqoe maladie. Toutes les fois qu’on a quelque plaie de cette espèce , ou si elle guérit au dehors avant que l’intérieur soit cicatrisé, on sent des douleurs aiguës accompagnées de toux et de fièvre. La plaie se rafraichit d'elle-môme en s’ouvrant de nouveau , parce que la chaleur est trop forte au dedans; elle pousse la chaleur avec le pus dont elle se purge. Il y faut beaucoup de soin : la guérison en est longue; quelquefois même on ne l'obtient point : il arrive que les chairs et la plaie trop échauffées par la chaleur du corps, attirent un excès d’humidité; en sorte qu’elle ne peut ni se dessécher, ni bourgeonner, ni arriver à cicatrisation. Les malades, après avoir langui longtemps, périssent à la suite des accidents précédemment indiqués. Lorsque la blessure a intéressé quelqu'une des grosses veines , que le sang s'est épanché dans l’intérieur, et s’y est putréfié, il se forme un empyème. Si le pus est expectoré, si la veine ouverte se referme , et si la plaie guérit tant en dedans qu’en dehors, l’on recouvre entièrement la santé; mais si la plaie ne peut guérir en dedans, ni la veine ouverte se refermer, de sorte qu’elle continue de donner du sang de temps en temps, soit qu’on le rende en vomissant ou en crachant, soit qu'il se putréfie et qu'il occasionne un crachement de pus , on périt ordinairement ou de quelque grande hémoptysie, ou bien pareequ’on tombe à la longue dans cet état funeste dont j’ai déjà si souvent parlé ( la phthisie). Souvent aussi les veines qui ont été ouvertes par quelque blessure, ou dans les fatigues du travail, ou dans les exercices du gymnase, ou de toute autre manière, après qu’on les croit fermées et consolidées, se rouvrent en d’autres temps , pour des causes légères de la même espèce que celles qui ont causé la première hémorragie, et l'on meurt alors promptement avec une hémoptysie abondante : ou bien, on vomit un sang récemment extravasé, on crache toute la journée un pus épais et abondant, et l’on meurt de la manière que j’ai indiquée ci-dessus. » ( De Morb., I, éd. de Foës, p. 465-C.)
432' S. —149. Voir note 143 ci-dessus.
DES COAQUES. 463
434' S. — !.f>0. J’ai suivi le texte de Focs. Le texte des manuscrits et de Bâle est altéré.
435e iV. — lot. Arétéc [de Curai, chron. morb., I , 8) rejetait ces épreuves comme ne servant à rien pour le diagnostic de la phthisie; mais, dit Eues, il ne s’agit ici que du présage de la mort et non de découv rir la maladie, qui est supposée connue. — Quoi qu’il en soit , il y a quelque chose de très vrai dans l’observation de l'auteur hippocratique, je veux dire le mauvais pronostic qu’on doit porter chez les phthisiques quand les crachats tombent au fond de l’eau , car c'est la preuve de la présence du pus et de l’absence de l'air dans ces crachats.
438' S. — 152. Cf. note 148; traité des yîffeclions internes, p. 53(1, éd. de Foê* ; de Morb., 1, p. 450 ; de Lacis in hom. ( pass. ).
442'' S. — 153. Focs , suivi par Mack , lit yQtauoXai rüv /izxf>üDt et traduit : Prœserlim iero liis qui ex Umgo intervallo labidi exislunt. — En adoptant son texte , je devrais mettre : « chez ceux qui sont attaqués de phthisie depuis longtemps. * Mais, outre que la phrase n’est pas correcte, 2253, Bâle, qui a ici un aslérique , et Heurn réunissent tùv puxpün au commencement du numéro suivant. 2254, qui omet le n" 443 t qu’Imp. Samb. regarde comme ajouté par une main étrangère), n'a pas les mots eu litige au n° 442. Us me paraissent doncavoir été réunis à tort à cette 442e S.
444e S, — 154. Tà itpvxûStu. eJavOtV/aarK. Je suis l’interprétation de Foés. (Voir son Olico h., ou mot àf/.uyj. )
445e .V. — 155. Ce texte est fort obscur; les Aides et 2253 le marquent d’un aslérique. Je n’ai voulu admettre aucune des corrections plus ou moins iugénicuses qui ont été proposées : elles sont toutes arbitraires. Je m'en liens à la lettre du texte vulgaire tel qu’il est reproduit par les manuscrits, il donne un sens dont on peut se rendre compte. — J'admets avec Focs qu’il s'agit probablement d'une sécheresse des organes respiratoires , causée par une sorte de matière putride et de gangrène. Du reste , Galien donne au mot fypr, celle signification. (Voir son Gluss., p. 530.)
44Ge S. — 1 50. 'Hitart/oîn. J’ai cru qu’on pouvait dire hépatiques, comme on dit phthisiques , hydropiques , etc. Les anciens appelaient r.Ttxnxoi les individus atteints d'une inflammation du foie. Galien donne aussi ce nom ù ceux qui , sans avoir upc affection déterminée, ont une faiblesse cl uuc intempérie de cet organe. (.Cf. Foës, p. 1 80.)
451e S. — 157. A/j-6/iyn ( amurca). Galien ( Com. VII , in Aph., 57), dit qu’on appelle ainsi le dépôt de l’huile.
454e ÿ. — 158. Les manuscrits ne m’ayant fourni aucune lu-
NOTES
miêre sur cette sentence, qui est presque inintelligible, j’ai adopté le sens qui m’a paru Je plus raisonnable. -
467e <y. — 159. .Kmvtipia. , levilas inleslinorum (Celse ) , est, suivant Galien , une maladie dans laquelle les aliments et les boissons traversent rapidement le canal intestinal et sortent à l’étal de crudité, tels qu’on les a pris. C’était aussi la définition de Praxagore(Com. I in Aph. Vf). « La lienterieest due à des ulcères semblables aux aphtbes ou à la faiblesse de la faculté assimilatrice, faiblesse qui est unaeonséquence de l’intempérie de toutes les parties du ventre. (Com. in Aph. IV, 1 2 ),» Dans le traité de A ffeclivnibus (p. 522, éd. de Foës) , la lienlerie est définie : « Déjection sans douleur des aliments non putréfiés ou à l’état de crudité (c’est-à-dire non digérés), et imprégnés d'humidité. » L’auteur du 11° livre des Proirh., (p. 217, éd. de K.), admet que dans la lientcric les matières peuvent être outrés âcres, ou noires et liées et de mauvaise odeur. — Galien reprend très sévèrement krasistrate d’avoir dit que les anciens faisaient consister la licnteric dans l’évacuation des aliments à l’état de crudité, mais mêlés à du sang et à des mucosités, il affirme que ni les auteurs hippocratiques ni les médecins plus récents et contemporains d'krasislrate , tels que Pbilotime , Hérophile et Eudème, n’ont donné une semblable définition. (Com. in Aph. VI, l .) krasistrate ne me parait pas s’étre autant éloigné des définitions données par les hippocratistes que le prétend Galien : en effet, pour l’auteur du traité des Affections , comme pour Dioclès, dans son livre intitulé : Affection, Cause , Thérapeutique (cf. Gai., loc. cil. et de Locis affect., t. VIII, p. 185), lu présence de mucosités ou d'humeurs était un élément essentiel de la lienlerie; et les selles noires dont parle l’auteur du Prorrh. sont probablement des selles sanguinolentes. — Cf. aussi sur ladyssentcric: Ackermatm, Dyssenl. antiquilales, Lips., 1777, in-8»; cet ouvrage est plein d’érudition.
472* S. — 160. Rufus (de Morbis Vesicœ et Jientim, p. 1 17, éd. de De Malthæi ) dit : « Quand vous ne voulez pas opérer, employez une sonde, ou faites coucher le malade, ou retournez-lc deçà et delà , afin que la pierre se déplace , et l’homme pourra uriner. Quand il est debout , la pierre bouche l’urètre. » — L’impossibilité d'uriner quand on est debout, et la possibilité quand on est couche ou même assis est un des signes présomptifs de la pierre; il a été signalé par les anciens (voir Foës, note sur celte sentence, p. 192) et par les modernes. — La sentence suivante est remarquable par le diagnostic différentiel que l’auteur y établit.
474° S. — 16t. J’ai suivi le texte approuvé par Foës et adopté
DES COAQUES. 465
par Cornarius. Le texte vulgaire ne me parait avoir aucun sens.
480' S. — 102. Le texte des Coaqucs porter* js àsojtlur zrtx* Xs).vju.é-joj; irttnvpirr^xvrz. (...Ta vti est donné par la 88e sent. , des Prorrh.) , Galien dit ( Com. II, texte 84, p. 072, t. XVI.):
« Hippocrate , en écrivant d’une manière inusitée J tïo/iivu; inncjpiTtwKi , adonné matière aux interprétations des sophistes. Certains interprètes ont joint /£/... à àrroTti...; les uns l’interprètent par ptrpiwi (les apoplexies soudaines modérées) ; les autres lui donnent le sens de paraplégie, e’est-à-dire perle du mouvement et du sentiment. » Galien considère comme la véritable leçon ).ù. imre., qu’il interprète : une fièvre non aiguë et chaude, mais faible.
482e S. — 103. Le mot XtuxofXr/puTix désiguc tantôt l’anasarque , tantôt une cacochymie caractérisée par une surabondance de plilcgmc dans les vaisseaux et dans toute l’économie. (Cf. Foës, OEcon., à ce mot.) Prise dans ce dernier sens, la leucopldegmasie des anciens représente notre constitution dite lymphatique.
488e S. — 104. Quelles sont ces parties inférieures:’ 11 est probable qu’Hippocrale entend les lombes et les hanches, qui sont fortement endolories daus la gravelle.
489e S. — 106. Ces éruptions sont également signalées comme funestes dans ic liv. VU des Epid. Pour ce numéro, dont le texte est évidemment altéré, et sur lequel les manuscrits ne m’ont rien appris , j’ai suivi Foës dans sa traduction et dans scs notes.
495e A. — 100. n ovr,p6-j. Je conserve ce mot avec les manuscrits et les imprimés. Foës, et eu cela il est d’accord avec lmp. Corn., voudrait que, conformément au Pronostic, on lût ttovov; en sorte qu’il faudrait traduire : cela indique de la souffrance et du délire.— Le sens est suffisant; il est inutile d’admettre de correction.
Ciiap. XXVI. — 107. Extraits du IIe livre des Prorrhéliques (p. 128 et suiv. , éd. de Mack). « Pour prévoir les terminaisons des plaies, il faut scruter la constitution des malades, et savoir si elle est favorable ou non à la guérison de ces affections. Il fautsavoir ensuite qu’il est pour chaque âge des plaies d’une guérison très difficile; et qu’entin il est, entre les lieux où siègent les plaies, des différences très considérables. Sachez aussi ce qu’il y a pour chaque cas de favorable ou de contraire ; et vous connaîtrez dans toutes les circonstances quelle sera l’issue du mal; tandis que, faute de pareilles notions, vous ignorerez comment se comporteront les plaies.
— Voici les signes d’une bonne constitution : Des membres agiles et bien proportionnés, des viscères en bon état, un embonpoint modéré , des chairs souples, un teint blanc, ou brun, ou vermeil. Ces
rm
NOTES
nuances sont bonnes quand elles sont sans mélange , car il est mauvais qu'il y ait un mélange de vert , de pâle ou de livide. Toute constitution opposée à celle que je viens de décrire est une mauvaise constitution. » -
« Les blessures les plus mortelles sont celles des gros vaisseaux du cou et des aines; ensuite celles de l'encéphale et du foie; puis relies des intestins et de la vessie. Ces blessures sont, à la vérité, très dangereuses -, mais il n’est pourtant pas impossible d’en réchapper, comme on le croit. — Il arrive quelquefois que le sujet blessé n’a ni fièvre ni inflammation; comme il arrive aussi que, sans cause connue , la fièvre s’allume et qu’une partie s’enflamme. — On meurt par toute espèce de blessures. Il est beaucoup de veines , petites et grosses qui tuent par l'hémorragie si elles s’ouvrent dans un état d’orgasme, tandis qu’ouvertes dans d’autres circonstances , elles soulagent notablement. — Il est beaucoup de plates qui, faites dans des lieux presque indifférents et ne présentant rien de redoutable , deviennent si douloureuses que le malade ue peut respirer ni rester en repos. — D’autres, par la douleur d’une blessure qui ne paraissait pas redoutable, quoique respirant avec liberté, ont été pris de délire et de fièvre , et sont morts. Ces accidents se sont montrés pareeque chez les individus le corps avait naturellement de l'aptitude à la fièvre , et que leur esprit était facile à se troubler. — Un point capital est de faire surveiller avec soin et fort longtemps tous les accidents fâcheux. »
« Les ulcères rongeants , dont la pourriture est très profonde et les chairs très noires et très sèches, sont les plus mortels; ceux d’où suinte un iehor noir sont funestes et dangereux. Les pourritures blanches et baveuses sont moins mortelles, mais elles sont récidives, et deviennent chroniques. »
« Les plaies de tète les pins mortelles sont celles qui pénètrent dans l’encéphale. Elles sont toutes très redoutables, qu'il y ait dénudation considérable, enfoncement ou fracture de l’os * . Si la plaie extérieure a peu d’étendue et que la fracture en ait beaucoup, il y a plus de danger; et si l’accident a lieu près de la suture rt dans les régions supérieures de la tète, c’est tout à fait redoutable. — Dans loulcs les plaies do la tète ou les contusions un peu considé-
‘ Hippocrate , dans le traité des P/aies de Ictc, divise les lésions du erànc en : i* fractures simples ; T contusions simples ; 3“ fractures avec enfoncement ; li édra ou eccopé ' c’est-à-dire simple entnumrc de l’os V ; 5" fracture par contre-coup. — Il reconnaissait l'étal de l'os , soit par la vue , soit avec la sonde , soit à l'aide de la rugi ne.
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râbles et récentes, il faut s’informer si le malade est tombé, s’il a été pris d’assoupissement. Dans l’un ou l'autre cas, il faut se tenir sur ses gardes, pareeque la blessure peut avoir intéressé l’encéphale; si la ploie n’est pas récente , il faut recourir aux autres signes elles peser avec attention. — Il est très avantageux que celui qui a une plaie de tête ne soit pas pris de fièvre , d’hémorragie, d’inflammation ou de douleur quelconque. Si quelqu’un de ces accidents survient , il ost moins dangereux qu'il se montre dès le début et qu’il dure peu de temps. — Si dès le début de la fièvre il survient du délire , ou une apoplexie { paralysie) de quelque membre , le malade succombera, à moins qu’il ne se sauve ou par l’ensemble des signes heureux , ou par quelques-uns des plus favorables , ou par sa bonne constitution. Examinez bien quelle est la voie de salut, car il y a encore quelque espoir de sauver le malade; mais s’il se guérit, II perdra nécessairement l’usage du membre sur lequel se sera fixé le mal. »
« Les grandes plaies des articulations qui ont complètement divisé les nerfs ( parties tendineuses) servant de moyens d’union , estropient nécessairement le malade. — S’il reste du doute sur l’état des parties nerveuses , et que le mal ail été fait par un instrument pointu, il vaut mieux que la plaie soit en ligne droite que d’ètre oblique : peu importe d’ailleurs que le trait soit pesant et émoussé. Mais il faut considérer et la profondeur de la plaie et les autres signes : par exemple, si l’articulation suppure, elle se raidira (ankylosé fausse ou vraie); s’il s’y forme un gonflement opiniâtre (tumeur blanche?) ce gonflement à la langue la rendra également raide; et il persistera même après la guérison de la plaie. Aussi, lorsque l’on a à traiter une articulation fléchie , il faut de temps en temps la plier et l’étendre.. — S’il y a apparence qu’un nerf doit s’exfolier, il est bon de prédire qu’il y aura claudication, surtout si un des nerfs des extrémités inférieures est relâché. — Vous reconnaîtrez aux signes suivants qu’un nerf doit s’exfolier : il s’écoule pendant longtemps un pus blanc, épais; l’articulation dès le principe est douloureuse et enflammée. Ces signes sont les mêmes lorsqu'un os doit s’exfolier. — Un coude déchiré, vivement enflammé, passe à la suppuration et réclame nécessairement l’emploi des incisions et du feu. »
« Dans les affections de la moelle épinière qui arrivent soit après une chute , soit par quelque autre cause , soit spontanément , le malade perd l’usage de ses jambes; il ne sent rien quand on le touche au ventre ou à la région de la vessie. Dans les premiers temps, il ne rend ni selles ni urines , si ce n’est par des moyens ar*
tificicls; à mesure que la maladie se prolonge, ces évacuations ont lieu sans qu’il en ait le sentiment; enfin peu de temps après il meurt. »
Hippocrate trépanait dans les trois premiers jours pour les fractures et les contusions; l’enfoncement de l’os lui paraissait remplacer le trépan ; l’eccopé était une lésion trop légère pour réclamer cette opération. Comme M. Littré l’a très bien démontré dans son Argument du traité des Plaies de têle , Hippocrate ne trépanait pas pour donner issue au sang ou aux autres liquides épanchés, mais pour enlever la partie contusc et pour prévenir l’inflammation; pratique qui a été renouvelée par quelques chirurgiens modernes. Hippocrate se servait du trépan perforatif et du trépan à couronne, qu’il mettait sans doute en mouvement avec un archet. Quand il était 'appelé dans les trois premiers jours de l’accident, il ne pénétrait pas immédiatement jusqu’à la méninge dans la crainte qu’étant trop longtemps exposée à l’air, elle ne devint fongueuse. Mais quand un long espace de temps s’était écouté depuis la blessure, il pénétrait tout de suite dans l’intérieur du crâne. Pendant l’opération du trépan, il recommande d’ôter par intervalle l’instrument, et de le tremper dans l’eau froide; avec celte précaution l’os ne s’échauffera pas , et se nécrosera dans une moins grande étendue. Il recommande également d’incliner toujours le trépan sur le point le plus épais du crâne, d’en suivre les progrès avec une sonde, et d’ébranler le cercle osseux pour le faire sauter. ( Cf. le traité des Plaies de tête, passim, et V Argument de M. Littré, t. III , p. ISO et suiv.).
502' <V.— 1(58. ’Enin/ooj (omcnlum), tireson nom de ce qu’il flotte cntrelcsinlestirtsetlesparoisduventrc(Gal.,def/.«.par<.,lV,2,t.III, p. 295). Ce mot représente à peu près pour les anciens ce que nous appelons aujourd’hui épiploon. Hippocrate (deNat.Mul., p. 218, 1.5, ed. de Mle^ faisait descendre l’épiploon jusque sur la matrice, et il pense qnc'quand la femme est grasse, le poids de l’épiploon en ferme l’orifice et empêche la semence d’arriver dans son intérieur. La même idée est reproduite dans le traité des Femmes Stériles (p. 295, 1. 31 ) et dans Aph. V, 46. Suivant Galien , Érasistratc croyait que l’épiploon ne servait à rien. (Com. III, in lib. de Alim.,t. 14, p. 308, t. XV. — De Nat. facult., II, 4, p. 91 , t. I H ).
508e S. — 169. Le mot /vepi;, que j’ai traduit par cuisse, signifie chez les anciens tantôt le fémur, tantôt la cuisse proprement dite. Cf. Grccnhill, Adnot, in Thcoph. , p. 285.
509» .y. — 170. 'P x-/te'o Jc n'ai retrouvé que dans les
Coaqucs et dans le traité des Mal., Ier liv., (p. 447, éd. Focs) d’où
DES COAQUES.
celle sentence est lirce, les mots pxyjrr, p-jù6i pour désigner la moelle épinière : tantôt elle est appelée simplement p.vt).6ï(dc Lotis in homin., p. 142 } , tantôt vwtixïos (de »&»«», dos), ( de Gland., p. 272 et 273; Coaq., sent. 512); enfin jonixlos puù.ii ( Aph. V, 18 ; Prnrrh. II, p. 132, éd. de Mack ) et dans le traité des Chairs, (p. 249) où il est dit : « La moelle procède du cerveau ; il n'y a pas en elle plus de substance grasse et glutineusc que dans le cerveau ; elle a été nommée à tort moelle, car elle ne ressemble pas à la moelle contenue dans les os; elle est revêtue de membranes tandis que l’autre moelle n’en a pas.» — Je me suis longuement étendu sur la synonymie des centres nerveux donnée par Hippocrate, par Galien et par ses successeurs dans ma thèse intitulée : Exposil. des connaissances de Galien sur l’anal., la phys. cl la palh. du syst. nerv. (p. 1 9 1 et suiv. ). J’y ai donné aussi la description de la moelle d’après Galien et les autres anatomistes grecs ( p. 38 et suiv.). Je me permets d’y renvoyer le lecteur, s’il desire avoir sur ce point de plus amples détails.
50!)o 6'. — 17t. Le texte vulg. porte: rà ivrôj nvpx. Imp. Samb., Holl., Opsop., lisent rà fvr spz. Focs m’autorise à suivre cette leçon: je crois que le contexte la commande.
510r S. — 172. E? t»)v ô<pp\j-j. 'Ovp<)i signifie , selon les anciens, tantôt le sourcil proprement dit, tantôt l’os frontal.— Cf. Théophile, éd. de Grcenhill. — Les auteurs de chirurgie et d’ophlhalmologie notent aussi les plaies de cette région comme une des causes de l’amaurose. M.Malgaigne est d’avis que dans les plaies et contusions de la région du sourcil , c’est moins la lésion des nerfs propres à cette région qui produit l’amaurose , que la commotion transmise au nerf optique par le choc qui accompagne l’action vulnérantc (Anal, chirurg., t. II, p. 381). Souvent, en cITet, le chirurgien est obligé de porter le fer ou le feu sur la région sourcilière, de diviser les nerfs qui la parcourent (j’ai été moi-même témoin de plusieurs faits de ce genre), sans qu’il en résulte d’amaurose.
51 1e é. — 173. Sûpty/îs. Ce mot vient de l’analogie qu’on a trouvée entre les fistules et les joncs creux dont on faisait des flûtes < Gai., Com. II in Pron., t. G4 , p. 209, t. XVIII, 2« partie, et Com. III in lib. de Hum., t. 28, p. 403, t. XVI ). Les anciens (Gai., de Tum.prœl.nal., cap. 5,p. 718, t. VII Paul d’Égine, IV, 49 et VI, 77 ; — IJefin. mcd.; dejln. 421 ; Cclse, V, 28, 1 2 ), définissent la fistule un conduit calleux, étroit cl long, quelquefois sinueux , ayant une ouverture qui ne peut pas so cicatriser ou qui se cicatrise diflïeilcmcnt, et par laquelle sort de l'humeur à certaines époques. Dans le traité des Fistules que nous avons sous le nom d’Hippocrate,
NOTES
il n’est question que des fistules à l’anus, de leur traitement et d’autres maladies du gros intestin, particulièrement de l’inflammation et de la chute du rectum. — Pour la description des procédés mis en usage par Hippocrate dans l’opération de la fistule à l'anus, je renvoie à Dujardin (liisl. de la chirurg., p. 113 et suiv. ), et à Sprengel (Hist. de la tnéd., trad. de M. Jourdan, t. VII, p. 264 et suiv.). Je dirai seulement que l’auteur se servait, pour reconnaître l’étendue cl la nature de la fistule, d’un spéculum ani ( xxtott >lp ), et qu’il traitait ces fistules soit parles lentes enduites de médicaments, soit par la ligature, procédé renouvelé de nos jours. Il voulait aussi qu'on ramenât les fistules borgnes internes à la condition des fistules complètes, pour les soumettre au même traitement. Et il termine en disant que la fistule borgne ne guérit pas si elle n’est incisée, c’est-à-dire ouverte à sa partie supérieure.
612e S. — 174. Celte sentence présente quelques mots qui demandent une explication. La néphrite («ppiru; signifie dans Hippocrate tantôt une maladie des reins en général, tantôt la présence du calculs dans les reins, tantôt l'inflammation de cet organe. Il s'agit sans doute du calcul qui, suivant Hippocrate, est une maladie commune à l’enfance. — Par le flux de sang ( pojÿ uipx-zripoi ), les uns ont entendu qu’il s’agissait de pertes utérines, qif Hippocrate dit cire fréquentes chez les jeunes filles; d’autres, que l'auteur voulait parler de flux sanguin en général et particulièrement de l’épistaxis. — il est probable qu'il faut regarder les fluxions sur la moelle (user ir/pom v«nais;) comme se rapportant à la phthisie dorsale dont la description est plusieurs fois donnée dans le 11e livre des Maladies, dans le traité des Affections internes et dans celui des Glandes. — Le chordapsus ( yopo xÿot) est pour Galien (de Locis affeelis , VI, 2), et pour les auteurs anciens (et. Focs. OEcon., au mol yopS scj»«s), synonyme d’iléus. ( f^oir note 1 91 des Conques ). Ce mot lire son origine de yopo/.i «îttsv&kc (être tendu comme une corde ), parccque, dans la maladie qu’il désigne, l'intestin grêle semble au loucher tendu et résistant. — Par écrouelles ( yoipiàit ) , il faut, entendre toute tumeur froide , glanduleuse ( de nature scrofuleuse), et particulièrement les tumeurs des glandes du cou. (Cf. Focs, OEcon., au mol yoipùi, et notes sur cette sent., P- 201 ).
Chai*. WVI11. — 176. On complétera ce chapitre avec les Aph. 28 à 03 , de la V* section et avec les notes que j’y ai ajoutées. On aura ainsi en abrégé presque tout ce qui se trouve fort au long dans les traités relatifs aux maladies des femmes.
61 i'«V. — 176. X-optx-x àj>6 ciira peut s’entendre soit d'jpblhcs
DES COÀQUES. 471
à la bouche, soit d’aphlhes à la vulve. En effet, il n’est pas rare de voir chez les femmes prés d’accoucher de véritables aphtlics , soit à la bouche , soit à la vulve, où ils simulent même les ulcérations vénériennes.
544' S. — 177. Eiri^îjcoijtv. .l’ai suivi, pour ce mot, l’une des interprétations données par (ialicn (Corn. MI in Prorrh., t. 105, p. 737, t. XVI). L’autre sens d'iniçopo; n’est pas applicable ici, puisqu’il signifie : « Qui conçoit facilement et qui accouche promptement. »
518' <S'. — 178. Voir note I du Prorrh.
518' S. — 179. Mie, 2254, ont xivtx) yixüs, douleurs des flancs. Foi-s, tout en admettant ce texte, traduit comme s’il y avait xtifcùxXytxSti ( ex capitis dnlore ) ; 2253 a xtvrayytxâfc. J’ai suivi ce texte, comme le plus sùr et le plus rationnel; il avait été admis par L. de Villebrune comme la vraie leçon, peut-être d’après Scrvinus , Duret et Mack.
62fic S. — 180. Cf. sur cette sentence très obscure Focs, p. 204.
535' S. — 181. f 'oir note 48 des Coaques , p. 441.
539' S. — 182. Ce texte est fort obscur. Je dois à M. Danyau de lui avoir donné un sens médical , sans trop m’écarter des textes imprimés ou manuscrits. Hippocrate parle des infiltrations qui se font aux grandes lèvres , quand l’utérus, soit par l’abondance des eaux, soit par la présence de deux fœtus, est énormément développé ; ces infiltrations sont analogues à celles du scrotum chez l’homme dans le cas d’orthopnée par suite de quelques maladies du cœur. Quand elles existent , il n’est pas rare de voir survenir l’éclampsie (les spasmes d’Hippocrate ) après la délivrance.
543' S. — 183. Les manuscrits 2253, 2254 et Mie ont ézyvj, s’il y a quelque déchirure. Focs a piyjj; mais il approuve beaucoup l’autre leçon, qui est, en effet , plausible. Cela doit s’entendre de déchirures de l’utérus ; quant au transport à la cuisse , M. Danyau pense qu’il s’agit du phlegmasiu allia dolens.
5(!0' .V. — 184. Les manuscrits 2253, 2254 et MIc ont : h ù^ofOofifî ; Focs Ut: iy ûsayopjî. J’ai suivi la première leçon ; la seconde signifie : « S’il y a des selles abondantes. »
5(Jü'.V. — 185. Les manuscrits 2253 , 2254 et MIc réunissent la fin de 565 à 56G, en sorte qu’il faudrait traduire: « De même dans les cas de superpurgation, etc., ceux qui doivent vomir, etc. » — Mais il n’y a aucune liaison entre ces deux ternies. Foës a donc eu raison de les séparer. D’ailleurs cette correction est appuyée sur slph. IV, 34; VII, 41.
570' S. — I8C. J’ai suivi le texte conjectural de Focs, comme
NOTES
plus conforme à la doctrine hippocratique, comme plus en harmonie avec le contexte lui-même : l’auteur, vantant d’abord les heureux effets de l’ellébore , fait ensuite une restriction. Le texte vulgaire porte : « Et il détourne (ou même il guérit) les grandes suppurations internes. » — Oribase (Collecl. med., VIII, 8) nous a conservé de Ctésias, contemporain d’Hippocrate , mais plus jeune que lui , un fragment singulier sur l’ellébore ; il a été signalé , pour la première fois , par M. Littré ; le voici tel qu’il l’a traduit : * Du temps de mon père et de mon grand-père , dit Ctésias, on ne donnait pas l’ellébore, car on ne connaissait ni la mesure, ni le mélange , ni le poids suivant lesquels il fallait l’administrer. Quand on prescrivait ce remède, le malade était préparé comme devant courir un grand danger. Parmi ceux qui le prenaient, beaucoup succombaient, peu guérissaient; maintenant l’usage en parait plus sùr. »
Chap. XXX. 187. — Cf. sur les urines : de Urinis Comp., dans les œuvres de Galien, t. XIX, p. 002 ; de Urinis lib., ibid., p. 574; de Urinis, ex Hipp. et quib. aliis, ibid., p. 009 ; Théophile, de Urinis , éd. de Guidot , Lugd. Balav. , 1703 , reproduit dans Phys, et med. grœc. min., ed. d’Ideler, t. I, p. 201; Actuarius, de Urinis, dans Phys, et med., etc., t. II, p. 3 ; Anonymi , Synopsis de Urinis, ibid., p. 307.) — Parmi les modernes, on lira avec fruit la Séméiotique des urines , par M. Becquerel , et le beau traité des Maladies des reins , par M. Rayer.
580e S. — 18S. Après ces mots, vient un membre de phrase dont le sens est inextricable , et qui parait très suspect à Foës. Les interprétations diverses qu’il cherche à en donner ne sont pas plus compréhensibles les unes que les autres ; j’ai passé ce membre de phrase , sur lequel les manuscrits ne m’ont rien appris. On peut le traduire littéralement : « Pour les urines ténues, c’est tout autrement que pour les urines troublées. » '
582e <.V. — ■ - 189. Je suis l’interprétation de Foës.
590e S. 190. Ce texte est embarrassant. J’ai suivi Foës en mettant quelques mots complémentaires entre crochels.
' 592e S. — 191. E()co;. Sous le mot iléus, les anciens ont confondu une foule d’affections diverses des intestins, et particulièrement de l’intestin grêle, depuis la colique venteuse jusqu’à la gangrène, y compris le volvulus, très bien décrit dans le deuxième livre du traité de Morbis. Parmi ces affections, les unes constituent de véritables maladies , qui ont reçu plus tard, par suite du progrès des connaissances anatomiques, un nom déterminé ; les autres ne sont que des symptômes communs a diverses maladies Ce mot est une très grande source d’embarras dans l’étude de la pathologie an-
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cienne, et il est tout à fait surabondant dans la nosologie moderne, d’où il faut le rayer, comme l’ont très bien démontré les auteurs du Compendium de médecine pratique (t. V, p. 14!) et suiv. ). Dans l’impossibilité où je suis ici de reconnaître chacune des affections désignées dans la collection sous le nom d'iléus , et d’étudier comparativement l’emploi de ce mot chez les médecins grecs et latins venus après les hippocratistes, je renvoie à V /économie de Foës et à Gurris ( Définit . med.), où plusieurs passages ont été rapportés, mais sans critique médicale, il est vrai.
607' S. — 102. I.c texte vulgaire et les manuscrits ajoutent: î/5 « y* Tourwist rù à/yvfyutTx. Ces mots , qui manquent dans la 21' sentence du Prorrh., ont été, ce me semble , tirés du commencement de la 22' sentence du Prorrh., mais avec de notables changements; je les ai donc supprimés.
608' S. — 193. J’ai rendu •ix^ipà-j par grumeleux, et tyxOxpôv par 4 friables ; ces deux mots ont à peu près la même signification ; on écrit indifféremment ÿxOvpôv ou ûxOxpi-j. — Voir aussi note 53 du Prorrh., p. 409.
609' S. — 194. Kaxsv. Imp. Samb. et Serv., suivis par Mack, n’ont pas ce mot. 2254 le donne. Foës l’adopte avec Bâle.
CIG* .V. — 195. « Je suis sûr, dit L. de Villcbrune, qu’Hippoerate avait écrit /ayôva;, tend les îles ( les flancs ) comme par un retrait sur eux -mêmes, et non amyovxi, les joues. » Outre que cette affirmation est singulière, elle est tout au moins en defaut devant les manuscrits; elle l’est devant l’expérience de tous les jours; on sait en effet que les selles abondantes tirent et creusent les joues, et qu’elles météorisent le ventre.
020° ..V. — i9G. Je suis le texte de 2253.
620' S. — 197. Je suis le texte vulgaire et celui des manuscrits. Durct veut le corriger sur celui de la sentence du Prorrh. Ces corrections sont tout à fait arbitraires et inutiles. Foës n’avait fait que les proposer.
028' S. — 198. Voir note 32 des Épidémies.
033' S. — 199. Cette sentence manque dans Imp. Corn.
042' S. — 200. D’après les variantes discordantes des manuscrits et des imprimés , et surtout d’après 2253 et 2254 , il est évident que le texte de ces quatre numéros a subi de graves altérations. Je inc suis arrêté A celui de Foës , tout en lui reconnaissant un grand vice, à savoir, de faire dispaTaitre des mots qui sont donnés par 2253,
2254 , Bâle et Aide ; mots dont la présence permet de supposer quelque lacune. J’espère que le savant éditeur d’Hippocrate éclaircira ce passage si embarrassant. Four le n° 242 , j’ai suivi
NOTES
lu U
la division de 2254 , comme la plus probable et comme se rapprochant de celle du Prorrh., sent. 38.
1. Hippocrate, dit Coray [Int., p. Ixvij), dans le traité des Airs, des Eaux et des Lieux, dans la troisième sectiou des Aphorismes , dans les Epidémies, dans le second livre du Régime en trois livres, réduisait les vents à deux classes principales, ceux du nord et ceux du sud, regardant sans doute, comme Aristote [Polit., VI (vulg. IV', 4, t. II, p. 186, éd. de M. Barth. St.-H.; et Meleor., II, 46], tous les autres comme appartenant à l'un ou à l'autre de ces vents principaux, suivant qu’ils participaient aux qualités de l'un ou de l'autre. Les vents occidentaux, par exemple, c’est-à-dire tous les vents inclusivement qui souillaient entre le coucher d'hiver et le coucher d’été , étaient censésappartenirauvent du nord;couime lesvents orientaux, placés entre le lever d’hiver et celui d'été, étaient désignés par le nom générique de vents du sud. Celte assertion est vraie pour les Aphorismes, pour les Epidémies, et peut-être aussi pour le second livre du Régime, mais assurément elle ne l’est pas pour le traité des Airs, des Eaux el des Lieux, où Hippocrate distingue positivement les vents eu quatre groupes, ceux du sud , ceux du nord , ceux de l’ouest et ceux de l'est (cf.§§.3, 4, 5 et 6, mit.). Hippocrate nomme encore les vents élésiens (nord-ouest) dans les Epidémies . ces vents sont purement locaux, comme est le Cenchron , dont il est parlé page 21 1 et note 48 ; ils rentrent dans la classe des vents septentrionaux-— Les vents élésiens («restât), qui soufll tient après le solsliced’élô et le lever de la canicule, étaient, suivantCoray (p. ixxx), des vents du nord-ouest pour les habitants des climats occidentaux, el des vents du nord-est pour ceux qui habitaient des climats orientaux. Iis souillaient pendant la nuit cl cessaient pendant le jour. (Cf. Arist., Met., II, h et C). — Pour de plus amples détails sur la nature, la théorie et les différentes rosesdes vents chez les anciens et aussi chez les modernes , cf. Coray ( t. I, Inlrod., p. Ixvj à Ixxxv ), el principalement Idelcr ( Meteorol . tel., p. 55 à 87, et 1 1 0 à 136 ).
2. Hippocrate avait quelque idée de la pesanteur spécilique des eaux, car il dit qu’elles diffèrent par leur poids ) et parleur saveur. II était probablement arrivé à ce résultat en pesant un même vase rempli de diverses espèces d’eau '. Aui §§. 7 et 8, il
1 Dans un livre attribué ù Galien ( de Fonder ibus et mensiiris, t. XIX,
loue les eaux légères, celles qui ne sont point primitivement chargées de matières étrangères ou qui en ont été plus ou moins compté, tement dépouillées ; il considère aussi la légèreté comme une qualité de ce qui est ténu.
3. Coray trouvait avec raison ce passage altéré , et il voulait qu’on lût : « Si elles ( les eaux ) sont sans odeur , molles , et si elles viennent de lieux élevés ( qualités des bonnes eaux) , ou si elles viennent de lieux pierreux et de rochers, et si elles sont dures, saumâtres et crues ( qualités des mauvaises eaux). » C’était à peu près le sens de Calvus. (Coray. t. II, p. 1 etsuiv.).
-i. M. Littré traduit: « Il étudiera les divers états du sol qui est tantôt nu et sec, tantôt boisé et arrosé , etc. » Rien dans le texte ne me semble correspondre à tantôt; il ne s’agit pas d’un même sol qui présente alternativement diverses apparences , mais de diverses espèces de sol. J’ai , du reste, Coray avec moi.
h. « Pour bien entendre tout ce passage , il faut se rappeler la manière dont les anciens divisaient leurs saisons. Il n’y avait que l’équinoxe de printemps qui indiquât le commencement de cette saison. Leur été commençait avec le lever [héliaque] 1 des Pléiades et était divisé en deux parties, dont la seconde, désignée par le nom c-6r,z (saison des fruits), commençait avec le lever [héliaque] de la canicule [Sirius] , à laquelle Homère donne pour cela même le
p, 761), on trouve plusieurs expériences semblables sur la différence île pesanteur entre l'eau et divers autres corps. Cf- aussi de Cognos. curand.gue auimi murins , cap. 7, t. V, p. 98- — Catien parait n’altacber aucune importance au poids comparatif des eaux , car il ne le prend jamais en considération quand il énumère leurs qualités. Suivant Athénée (/icipvtcw., Il), Krasislrate blâmait oeux qui regardaient le poids des eaux comme un moyen de discerner les bonnes des mauvaises. Il eu est, dit Paul d’Egine , qui s’assurent de la bonté des eaux par le poids; ce caractère, réuni â d’autres, a de la valeur; seul, il ne mérite aucune conliance ( de Ile medieu, I, 50). Rien qu'il soit possible, dans l’état actuel de la science, de déterminer rigoureusement la pesanteur spécilique d’un corps , In réflexion de Paul d’Kginc conserve encore toute son importance, et il faut toujours recourir aux autres caractères, surtout à ceux qui nous sont révélés par la chimie. On retrouve dans plusieurs écrits delà collection hippocratique la proposition suivante : l’eau qui s’échauffe rapidement et qui se refroidit de môme est légère, {.iphor. V. 26 ; Epid.,11, p. 438, ed. K., etc.) Il est difficile de savoir s'il s’agit dans ces passages de la légèreté prise au sens positif, ou si, avec Galien ( Com. in Aph. V, 26; in Epld.,11, t. 12, t. XVII; Ptisana , cap. 2, p. 818, t. VI, et aussi Théophile cl Vamascius , p. 459, éd. de Dieu; il faut l’entendre au sens ligure de la facilité à être di,érée.
1 Ou entend par lever héliaque d'un astre, l’époque de l'année où cet astre se lève une heure juste avant le soleil — T.c coucher héUague a lieu quand l'astre se couche une heure après le soleil.
NOTES
nom d’ôiiûpvjbi àizYip ( lliad V, 6; X, 27 ,. Le lever [héliaque] d’Arcturus commençait leur automne ; et cette époque, qui était celle de la vendange, devançait, du lemps de Galien , de douze jours l’équinoxe deceltcsaison. Le coucher [héliaque] des Pléiades marquait l’entrée de l’biver (Hipp., de Diivla , III, §. 2, t. I, p. 542, éd. de Lind.). [Cf. aussi Galien , Coin, in Epid., I, t. l, p. là et suiv., t XVII.] Ils expriment quelquefois cette époque par le simple nom de la constellation , de manière qu’il est impossible de les entendre sans le secours du reste de la narration. C’est ainsi qu’Hippocrate, du moins à ce que prétend Galien [loc. cil. ] , ( Focs, (Æcon., au mot Tt/iî'Vtts) emploie le nom tt i.r/eii pour indiquer le coucher des Pléiades.» Coray, t. II, p. 198.— Les signes qui accompagnent le lever et lé coucher [liéliaques] des astres « sont pour la plupart des vents qui s’élèvent ou des pluies qui tombent; en un mot, des changements de temps quelconques qui arrivent aux environs des équinoxes et des solstices ou des quatre saisons de l’année marquées chez les anciens parle lever ou parle coucher [ héliaques] de certaines étoiles. Ils précèdent ou ils suivent le commencement de chaque saison, de quelques jours, même de quelques semaines; il est rare qu’ils coïncident au point précis de ces temps» (Coray, p. 148). « Hippocrate regarde la Canicule comme l’époque la plus dangereuse de toutes les vicissitudes; et cela, par la raison qu’elle est précédée, suivie et accompagnée des plus grands changements dans l’état de l’atmosphère» ( ibid p. 197).
fi. Et Si So/.io t tiç rstÜTa p.iriupoj.i'/y. iivsti. Coray (t. II, S. 8, p. 10), rend /ursupoi-oya. par: « rêveries météorologiques, » se fondant sur ce qu’au temps de Socrate l’astronomie était tombée en si grand discrédit, à cause du charlatanisme dont on avait entouré celte science, qu’Aristophane , pour rendre le chef de l’Académie plus ridicule , l’accusait de météorologie- Le sens que j’ai adopte me semble plus sévère et plus conforme au contexte et à la pensée d’Hippocrate. M. Littré ( t. II, p. lui et p. 14 ) l’a abandonné pour suivre celui de Coray.
7. C’est-à-dire les vents qui , pour me servir des termes de la science moderne , souillent des différents points de l’horizon , situés du côté du sud , au delà du cercle solsticial d’hiver. Les vents dont il est parlé au §. 4 sont au contraire ceux qui souillent des différents points de l’horizon , situés du côté du nord , au delà du cercle solsticial d’élc. Ceux dont il estfqucstion au S. 5 sont les vents qui souillent des points de l’horizon situés du côté de l’orient ou de l’occident, entre les deux cercles solsticiaux d’hiver et d’été. Je renvoie du reste, pour plus de détails, aux traités élémentaires
d’astronomie. - On trouvera des notions très exactes et très curieuses sur l’astronomie ancienne dans les Eludes sur le Timée de Platon, par M. Martin, t. H, p. 39 etsuiv., p. 03 et suiv.
8. Le texte vulgaire porte ^ /Mziupz. Coray (§. 9, p. 18) et M Littré ont avec raison effacé la négation; en effet , fnriupx veut dire superficielles.
9. M. Littré a expulsé de son texte les mots entre crochets fournis par le manuscrit 2255 , mais qui manquent dans 2140 et dans la traduction latine (manuscrit 7027), traduction barbare, mais dont M. Littré a tiré un très grand profil dans certains passages. — Coray (§.9, p. 19), a admis cette phrase; je l’ai fait aussi , en la distinguant par des crochets : on peut la regarder comme une glose.
10. il yàjo 7.pixntv.y.n pi'ùov Kpxi^ij.ri, en latin crapula , en français ivresse, est ainsi défini par Galien (Com. in sfph. V, 6) : « Il est évident que tous les Grecs appellent xpxinâùaf les accidents que le vin développe du côté de la tête; quelques-uns même avaient donné , pour appuyer leur interprétation , l’étymologie de ce mot en disant qu’il venait de xipr,voy ■ni'/j.siùtu ( frapper , agiter la tête.) — -La phrase qui suit, et qui est entre crochets, se trouve dans l’éd. de Chartier, t. VI , p. 190. Coray l’a admise ; M. Littré la rejette. Si j’ai, dans ma traduction, donné asile à toutes ces phrases suspectes, c’est moins pour reproduire fidèlement des textes que je ne crois pas authentiques, que pour douncr aux lecteurs une idée de l'état des manuscrits, et lui montrer comment les interpolations prennent naissance, et mettent le critique eu défaut quand il ne reste plus de trace de leur furtive invasion.