‹ Hippocrate le serment, la loi, de l'art ... par le dr. Ch. V. DarembergChapitre 138 sur 145 · Voir extraits de la Maladie sacrée , p · texte numérisé non relu

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40. Coray a à/jLÙir,/. Il a traduit : par la négligence des hommes. M. Littré a luô/»ùô;v, fréquentation. Je préfère de beaucoup cette leçon appuyée sur une glose d’Érolien ( Gloss., p. 272).

47. « Le Phase, rivière de la Colchide, naissait dans L’Arménie, coulait de l’est à l’ouest , et tombait dans le Ponl-Euxin ; elle répondait au Phusi actuel et à la partie du Rioni , qui , grossie du Phase, se rend à la mer Noire. » (Bouiilet, Dicl. univ. d’hisl. el de géog.) Procopc, et après lui Chardin, disent que le Phase est très rapide; Agricola. avec Hippocrate, qu’il est très lent : le père Lambert concilie ces deux opinions en assurant, comme témoin oculaire, que ce fleuve est, en effet, très rapide à sa source en se précipitant des montagnes , el qu’il est très lent en coulant dans les plaines. (Coray, p. 232.)

48. •< Il est à présumer que les Colchidicns appelaient leur fâcheux vent d’un nom qui avait la meme signification que le mot y.ir/'Pu v des Grecs, à cause de sa qualité dessiccalive et mordante. * (Coray, t. Il , p. 243.)

40. Les Saurooiates ou Sarmates , les Ttvpyoi d’Hérodolc , habiluienl une vaste contrée située au nord du Pont-Euxin (mer Noire) , entre le Don ou Tanaïs et la Vistule. Les Sauromates sont des Slaves regardés par les anciens comme autochthones. lis subirent dès les temps les plus reculés l'invasion des Scythes (qui apparliennentà la race tartare) ; et c’est de ce mélange des Scythes conquérants et des esclaves Sauromates, devenus tributaires, que naquirent, dit-on, les Amazones. Entre 200 et 400 ans après J. C. , les Sauromates, après avoir chassé les Tarlnres ou Scythes, formèrent un grand empire sous le nom de Slavonie, et c’est de la dispersion de ces mêmes Slaves que se formèrent, en MO après J. G. la nation russe ou les Rulhénicns (ce qui veut dir c dispersés) ; les Polonais (Colonie, habitants des champs); les Bohèmes ( Bujunie , combattants).

50. M. Littré traduit : « aussi ressemblants entre eux qu’ils différent des autres peuples. » Il m'a semblé que ma traduction rendait plus exactement le texte et la pensée de l’auteur; Hérodote a dit aussi que les Egyptiens ne ressemblaient qu’à eux-mêmes. — Ce passage fournit une nouvelle preuve de l’existence de la lacune signalée dans la note 42 ; car nulle part il n’est question de cette explication qu’Hippocrale dit avoir donnée au sujet des Égyptiens.

al Le déserl de la Scythie parait être les steppes de l’Ukraine, qui forment, en elfet, un vaste plateau, arrosé par le Dniéper, le Don ou Tanais et le Bog ou Boug , ou encore Bug.

52. Ces chars sont encore en usage dans laTartarie, chez les Cosaques, sous les noms de kibilka et de britchka; ils sont recouverts de peaux ou de toiles et fabriqués en planches ou en osier. Pour ce qui est des bœufs qui n’ont point de cornes, il parait, d’après les noies qu’a bien voulu me communiquer M. le Dr Cbotomski, qui a beaucoup fréquenté les Cosaques ou Scythes, que les bœufs ont en réalité de très grandes cornes, mais que les Tartares les coupent presque toujours. Ainsi, l’auteur, ou ceux qui lui ont appris ces particularités, n'a jugé probablement que sur les apparences. Du reste, Hérodote (IV, 2$, 29) et Strabon (VII, p. 471) disent la même chose qu’Hippocratc, sans doute par la même raison.

53. 'Ittîtxx/j. C’est encore ce fromage desséché au soleil que les Tartares emportent avec eux dans leurs expéditions militaires. — « Les Scythes , dit l’auteur du quatrième livre des Maladies, après « avoir versé le lait dans des vaisseaux de bois , le battent jusqu’à « ce qu’il se sépare en trois parties distinctes. La plus légère et la « plus huileuse, qu’ils appellent le beurre, vient surnager à la sur-

NOTES

« face. La partie la plus pesante gagne le fond , et c’est à cette par- « lie qu’ils donnent le nom A’hippace , après l’avoir fait sécher. Ce « qui reste au milieu de ces deux parties est le petil-lait »

54. Je suis la leçon du manuscrit 2140 signalée par M. Littré, et au lieu de Sri du texte vulgaire , je lis , avec M. Diibner, 58t.

55. Faut-il entendre que tous les hommes se ressemblent entre eux, et qu’il en est de même des femmes, ou plutôt ne faut-il pas supposer une inversion, et lire que les femmes ressemblent aux hommes et vice versà? En effet , la surcharge de graisse rend les formes presque semblables chez les femmes et chez les hommes.

50. Où ffTtapyaïoùvTstt Ursrt’p èv Aèyùirru. Hippocrate parle encore des maillots dans le traité des Fractures, Ç. 22, p. 492, t. Ilf, éd. de M. Littré ; et il semble même , par ce passage , que les pièces de linges servant à cmmaillotter l’enfant étaient attachées d’une manière lâche , afin de ne pas empêcher toute espèce de mouvement. Platon {de l.e<j.. Vil) recommande d’emînaillolter les enfants jusqu’à deux ans. Aristote ne se prononce pas ; il dit seulement : « li importe de savoir jusqu’à quel point il convient de laisser aux enfants la liberté de leurs mouvements; pour éviter que leurs membres délicats se déforment, quelques nations se servent de machines qui assurent à ces petits corps un développement régulier (de la Politique, IV, vulg. VII, 15, éd. de M. B. St.Ilil.). M. Chotomski m’a assuré que les Tartarcs u’emmailloltcnt pas plusieurs enfants que ne le faisaient les Scythes, leurs ancêtres.

57. « Pour qu’une femme puisse concevoir, il faut, suivant Hippocrate, le concours de trois circonstances : la première est qu’elle soit d’un tempérament qui tienne le milieu entre une extrême humidité et la sécheresse , la froideur et la chaleur, l’obésité et la maigreur; la seconde , que la matrice soit bien conformée et dans un étal moyen, analogue à celui du corps, et située d’ailleurs dans une direction qui favorise l'intromission de la liqueur séminale dans le temps de la copulation ; la troisième enfin consiste dans le choix du temps de la copulation. Il voulait qu'elle eût lieu dans les premiers moments ou vers la fin de l’écoulement périodique des règles, parccqu’il supposait qu’à ces deux époques l’orifice n’était ni trop ouvert pour empêcher que la liqueur séminale ne lût entraînée par les menstrues (ce qui arriverait au milieu

1 Hérodote (IV. 2j ajoute celte particularité, que les Scythes employaient à ce travail des prisonniers de guerre . auxquels ils crevaient les yeux.

DES AIRS, DES EAÜX ET DES LIEUX. k 97

de cet écoulement), ni trop resserré pour la recevoir. » (Coray,

58. Eùvoujjt'at. Ce mot signifie tout ensemble ceux qui ont subi l’opération de la castration avant la puberté , ceux qui sont venus au monde sans testicules ( Aphor . 26, VI) et les impuissants, comme dans ce passage (cf. Focs, UEcon). Selon M. Chotomski , il y a encore parmi les Tartarcs beaucoup d’individus affectés d’impuissance par suite de l’équitation, et ils se délivrent de cette maladie en recourant aux sorciers et sorcières, qui leur prescrivent toutes sortes de sortilèges; ou plutôt ils en sont tout naturellement délivrés pareequ’ils ne montent pas à cheval pendant le temps qu’ils exécutent les prescriptions de leurs enchanteurs. Cette maladie des Scythes a une grande analogie avec celle qu’Hérodotc (I, 105) nomme maladie féminine (voüjo; et dont furent atteints les

Scythes qui pillèrent le temple d’Ascalon. Toutes deux me paraissent tenir à la même cause, je veux dire à l’équitation, qui, en comprimant habituellement les veines honteuses , empêche l’afflux du sperme aux testicules, amortit, éteint même tout à fait les désirs de la chair. Hérodote a parlé de cette impuissance en poète, mais Hippocrate, malgré ses erreurs et sa crédulité, l’a considérée plutôt en physiologiste. — Cf. du reste C. G. Stark, de NOÏSD 6HAE1A , apud Herodolurn Prolusio. Jéna, 1827 , in-4%64 p.; J. Rosenbaum, Gescliichte der Lustscuche. Halle , 1839, in-8<>, I" vol. (Histoire de la syphilis chez les anciens), §. 14, p. 141 etsuiv- M. Rosenbaum regarde la maladie féminine comme due à la pédérastie; M. Littré (t. Il, p. XXXIX et suiv.) a résumé toute la discussion de M. Rosenbaum sur ce point.

69. KeS/nara. Éroticn ( p. 206) explique ce mot par diathèse chronique sur les articulations. Galien ( Gloss., p. 498 et Coin. V in Epid VI, t. 22, p. 283 , t. XVII) dit que les xéS/xx tx sont des diathèses chroniques , sortes de flux qui siègent aux articulations en général, et surtout à celle de la hanche. Etienne (Com. V in Epid., VI, p. 143, éd. de Dielz)ditque le xiop a est une diathèse phlegmalique ou rhumatismale (par fluxion) dans la région de l’os des iies (itspi T»jv iayov a). Hésychius dit que quelques-uns regardent les xio/ta erse comme des affections qui siègent dans le voisinage des parties génitales. Suivant Prosper Marlian, les xio/xa. rx, qu’il faut bien distinguer de la sciatique, de 1 ’arlhritis et de la podagre, sont des douleurs chroniques, mais peu violentes, des articulations. Je partage entièrement l’opinion de Prosper Martian. — Il est évident, par le contexte même, qu'Hippocrale borne les xrS/xara aux articulations, puisqu’il en fait une cause du raccourcissement de la

NOTES

jambe ; et ce qui me confirme encore dans cette croyance, c’est que dans d’autres traités de la collection (de Ws in ht»n., t. II, p. 116, éd. de K..; de Alorbis, lib. I, t. II, p. 169, éd. de K.), on voit les *éà,ua tx précéder ou suivre la sciatique et la podagre; ce qui suppose que l'auteur regardait toutes ces affections comme avant le même siège et comme analogues , quoique n’étant pas absolument les mêmes, mais non pas comme appartenant à des classes différentes, ainsi que le pense Van-Swiclen. L’auteur du VII° livre des épidémies (in fine, p. 367, ligne 43, éd. de Mie) semble distinguer les tumeurs aux aines et les xii/tara. Mais ce passage est trop altéré pour qu’on puisse en tirer une indication certaine.

ÇO. Hippocrate répète ailleurs cette même observation sur les effets de la saignée des veines des oreilles ’ . Elle est une suite des connaissances angiologiques encore trop peu avancées du temps d'Hippocrate. Dans le traité des f'eines qu’on trouve parmi ses écrits, mais qui appartient vraisemblablement à son gendre Polybe , il est dit que « les veines jugulaires se portent de la tête en passant près des oreilles , au cou , qu’elles traversent; d’où elles continuent intérieurement le long de l’épine, et passent près des lombes pour se porter aux testicules, etc.» (Coray, p. 319.) — Hérodote (V, 187 ) rapporte que les Libyens nomades avaient coutume de se brûler les veines du haut de la tète, et même les tempes, avec de la laine non dégraissée, dans la persuasion que leur bon état de santé tenait à celte pratique.

61. J’ai suivi pour ce passage le texte de M. Littré cf. p. 83, note 6 , t. II ). Celui de Coray est inadmissible (cf. p. 365 et suiv.).

62. Le texte vulgaire porte : xpr,vxti n xxi <rrx7i/xx... xxi iï&Qsx (des eaux qui viennent de sources , et qui sont stagnantes, etc., et non pas, ce me semble, comme traduit M. Littré , « des eaux de source, et des eaux stagnantes marécageuses. ») Il y a d’abord une sorte de contradiction entre eaux de source et eaux stagnantes , comme M. Littré lui-même parait l’avoir bien compris; ensuite, des eaux de source ne sont pas de mauvaises eaux. Le contexte me parait donc, sous deux points de vue, expulser xpr,vxï«. Coray (p. 384) conjecture >j pipzîx, mais ce mot a la même signification que ït iupet, et ferait pléonasme; j’ai mieux aimé lire, avec Cornarius, y/srxnata (eaux de puits, de réservoir). Fuyez, du reste, §. 7, inilio.

1 Hippocrate, de Genir., $. III, 1. 1, p. 129, et de toci» in liomin., Ç. VIN, t. I, p. 5U6, éd. de Lind, (

DES ÉPIDÉMIES

NOTES DES ÉPIDÉMIES

1. — D’après le témoignage de Galien (Com. III in Epid. III , t. I . p. 647, t. 17), les trois premièresconstitulions du premier livre n’étaient pas précédées , dans les manuscrits , du mol /arâïTas t? ; mais dans la plupart des exemplaires il se trouvait en tête de la quatrième. L’édition de Dioscoride portait môme 6tp/xŸ) x*i ùypi (notre texte vulgaire porte /«TâaTas<; /oi/mûJ/;;) d’où Galien conclut avec raison que le mot xxràsTzai; ne vient pas d’Hippocrate, mais de gens tels que ceux qui ont mis les Caractères à ia suite des histoires des malades. J'ai néanmoins laissé subsister le mot constitution , non comme la reproduction d’un texte , mais comme un point de repère pour le lecteur.

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