‹ Hippocrate le serment, la loi, de l'art ... par le dr. Ch. V. DarembergChapitre 139 sur 145 · Kai tov7«uv -rôtît Tzspl pr,v rai yu(avâaia. M. Littré · texte numérisé non relu

Kai tov7«uv -rôtît Tzspl pr,v rai yu(avâaia. M. Littré

traduit : « Qui se livrait aux exercices gymnastiques de la palestre; • cette traduction ne me semble pas assez rigoureuse : Hippocrate et Galien (Com. I in Epid., I , t. 12) paraissent distinguer les exercices de ia palestre et ceux du gymnase, à l’aide de la particule rai. rWvâïtov désigne les exercices de quelque espèce qu’ils soient (Gai., de Sanit. lueud,, II, 2 , t. VI , p. 8 à), ou le lieu dans lequel se font ces exercices; rcx/airr pa veut dire plus particuliérement la lutte ou le lieu dans lequel on s'y exerce. Antyllus , dans son 80e livre de Auxiliis ( p. 120, éd. de De Matthæi, etdans Orib., Collect. med., VI, 32. p. 208, éd. d’Est.), a consacré un chapitre à la paletlrc.

3. Celte phrase, que j’ai mise entre deux crochets pour la séparer nettement de celles qui l'entourent , est fort embarrassante. Les explications que Galien a données de sa présence dans le lieu où clic se trouve , la manière dont M. Littré a voulu ia rattacher à celle qui la précède, en la mettant entre deux parenthèses et en ajoutant au texte dans sa traduction , ne me satisfont pas. Je suis porté à la regarder comme une annotation marginale qui se rapporte évidemment à la fin du Ç. 2 , et qui aura été insérée dans le texte , mais dans un endroit pour lequel elle ne parait nullement destinée.

4. M. Littré met : qui se rompait: j’ai cru rendre plus exactement la pensée du commentaire de Galien , et aussi être plus conforme à la réalité en adoptant : qui se détachait. « Dans ces ophthalmies , dit Galien (Com. II in Epid., I, t. 6, p. 95), celles qui sont produites par le froid , il se forme ordinairement de ia chassie, qui se détache difficilement, à cause de la deusiié des tuniques de l’œil , densité produite par l’action du froid. »

NOTES

6. Uspippoxi f nrx nivov jro'/'Jùît;. Avec Desmars ( lib. cil., p. C4 ), j’ai rendu iztpipioxt par pcrirrliêe , comme on a fait de àixppoix diarrhée. (Baillou , t. I , Définit, med., p. ?G4 , éd. de Genève) * Foès et M. Littré, entendent qu’il s’agit ici d’un écoulement d’humeurs parla vessie. Mais, comme le remarque Desmars ( pour Foës et Baillou), ce sentiment est difficile à concilier avec un certain nombre de passages de la collection , où mpippoos est pris évidemment pour désigner les évacuations al vines (cf. entre autres Epid.l, 4e malad., p. 258; Epid. III , IG' malad., p. 200, et Couq., sentence 030. — Cf. aussi Foës à ce mot). Oribase ( édit, de De Malthæi» p. 209) dit : Hippocrate appelle perirrhéc un flux très ténu inclé à des excréments solides. Toutefois, il parait que Galien (Coin. II in Epid., I , t. 8 , p. 103) interprétait mpippaxi dans le sens que Foës a adopté.

G. « Il y eut un temps , dit Galien (Coin. II in Epid., I , t. 50 , « p. 148 ), où je regardais ce précepte comme de peu d'importance « et comme indigne d’Hippocrate; il me semblait d'uuc évidence « générale que le devoir du médecin est de travailler à soulager le « malade , ou du moins de ne pas lui nuire. Mais, après avoir vu « plusieurs médecins célèbres blâmés avec raison pour la conduite « qu’ils avaient tenue, soit en saignant, soit en prescrivant des n bains, des purgatifs, du vin ou de l'eau froide [qui devinrent « nuisibles J , je compris bientôt qu’Ilippoci aie , comme beaucoup « d’autres praticiens de son temps , avait éprouvé de pareils mé- « comptes , et que je devais désormais prendre toutes mes mesures « s’il m’arrivait de prescrire un remède [ important] , pour calculer « d’avance, non-seulement quel soulagement le malade pourrait eu a retirer si ce remède atteignait son but, mais quel dommage il pour- « rail en souffrir s’il le manquait; je n’ai donc jamais rien administré « sans avoir pris garde à ne pas nuire nu malade , dans le cas où « je manquerais mon but. Quelques médecins , semblables à ceux « qui lancent les dés, prescrivent des traitements qui sont très a funestes aux malades s'ils manquent leur but. Ceux qui com- « mencent l'élude de notre art, croiront, je le sais, comme je l’avais « cru aussi , que ce précepte , soulaqer ou du moins ne pas nuire, «n’est pas digne d’Hippocrate; mais les praticiens, j’en suis « parfaitement sùr , en comprendront toute la portée; et, si jamais « il leur arrive de nuire à leurs malades par l'administration in- « tempestive de quelque remède énergique, ce sera surtout alors a qu'ils concevront la portée du conseil qu'Hippocratc leur a laissé.» Le précepte d’Hippocrate et les réflexions de Galien trouveraient plus d’une application de nos jours; il est malheureusement beau-

DES ÉPIDÉMIES

coup de médecins pour qui le malade n’est qu’un sujet d'expériences , dont la science est le prétexte , mais dont le vrai but n’est que trop souvent l’intérêt personnel. — On remarquera aussi avec Galien ( lue. cil., t. 48 ) , les analogies d’une partie de ce passage des Epidémies avec le début du Pronostic.

7. Ce signe pronostique, énoncé d’une manière tout à fait générale et jeté sans liens au milieu de la description du causas et du phrénitis , me semble une interpolation. — La même idée est reproduite dans les Aphorismes, IV, 52; VIII, 2, et dans d’autres livres de la collection.

8. Il en est quelques-uns , dit Galien ( Com. III in Epid., t. t, p. 204), qui pensent que ce passage (le §. 10) a été interpolé, pareequ’il est semblable, par la forme et par la pensée, à ce qui est écrit dans le livre des Humeurs , et que j’ai commenté ailleurs ( F oyez Com. I in lib. de Hum. ). — Tout le commentaire de Galien est important à lire : on y trouve une interprétation détaillée et satisfaisante des moyens pronostiques et diagnostiques que l’auteur énumère. — Il explique de la manière suivante le mot rpo-^o;, que j'ai traduit par mœurs (lign. 9 du §.) « Les anciens emploient le mot T/507to; dans deux acceptions , soit pour signifier le moral , soit pour signifier les variétés, les espèces, comme les diverses formes de régime, les diverses espèces de fièvres. Ici donc, il signifie ou le moral du malade, ou les différentes espèces de discours qu’il tient, puisqu’il a été question de discours immédiatement auparavant. » — « La succession (ou plutôt la substitution des maladies), dit Galien , (p. 2i6),est pernicieuse ou critique, suivant la nature de la maladie elle-même, ou suivant les lieux qu’elle occupe, car si la substitution se fait en une maladie plus bénigne et sur un lieu moins important, ellcestsalulaireisi elle se fait en une maladie plus mauvaise et sur des lieux plus nobles , clic est pernicieuse. »— Galien s’arrête dans son explication aux hémorragies et aux hémorroïdes ; il semble ne pas avoir eu sous les yeux le dernier membre de phrase : il faut considérer, etc. , qui est peut-être une interpolation plus récente encore que celle de tout le paragraphe.

9. « Quelques médecins, dit Galien, assurent n’avoir jamais vu aucune période dépasser le quatrième jour (c’est-à-dire aucun type périodique au delà du type quarte), d'autres prétendent , comme Hippocrate, en avoir vu. Quant à moi , qui depuis ma jeunesse ai dirigé mon attentiou sur ce point, je n’ai jamais vu de fièvre seplimano, denonnne, ni manifeste, ni douteuse.- j’ai vu quelques fièvres quintanes douteuses , mais jamais d’exactes et de mani-

NOTES

fesles , comme des quotidiennes , des tierces cl des quartes. — Je ne crois pas que le fait ait besoin d’une démonstration logique; H est du domaine de l'expérience et doit être jugé par elle. En effet, si on a vu manifestement des paroxysmes arriver régulièrement le septième ou le neuvième jour, non une fois, mais deux ou trois fois, ce sera assez; on aura la persuasion que eela est en effet; mais si quelqu'un , depuis son enfance jusqu’à sa vieillesse , n’a vu aucun des nombreux malades qu’il a traités présenter les paroxysmes suivant ce type, il sera constant pour lui qu’il n’y en a point de cette espèce. Peut-être aussi, comme Bioclès, pourrait-on démontrer rationnellement que le sentiment d’Hippocrate n’est pas fondé ; car vous ne trouverez ni signes ni humeurs sur lesquels vous puissiez asseoir l’existence des fièvres quintanes, seplimanes, nonancs. Du reste, Hippocrate n’a pas cité de fait particulier de malade à l’appui de ces assertions générales , comme il convenait de le faire ici, et comme il l’a fait dans beaucoup d'autres circonstances (Coin. III, t. 2, p. 222 etsuiv.) » J. Franck, dans ses Praxeo » médical prœcrpla ( tradurt. de l’ Encyclopédie des sciences médicales, t. I, p. 124), dit avoir vu quelquefois la fièvre quintane . et il cite divers auteurs qui l’ont aussi observée ; il ne dit rien de positif sur la fièvre septimane : quant aux fièvres mensuelles, il pense qu’on doit les rapporter aux régies, aux hémor roïdes, aux vers, et ne pas les regarder comme des intermittentes vraies. Borsieri (Inslil. med. pract. de feb.int.,§. 64, p.92 et suiv., éd. de Léo , Berlin , 1843) , cite également un grand nombre d’auteurs qui disent avoir vu quelques unes de ces fièvres dont Galien nie l’existence. Voici , sur ce point, l’opinion de M. Chomel ( Palhol . génér., 3e éd., p. 3Ô7) ; « O.i a admis aussi des types quintanes, sextanes, mais on ne les a que très rarement observés , et plusieurs médecins ont pensé qu’on devait considérer comme accidentelle la réapparition de quelques fièvres suivant ces types Insolites. Quant aux fièvres intermittentes, mensuelles, annuelles, il n’est personne aujourd'hui qui en admette l’existence. »

10. Ey.oifiviOr,. M. Littré traduit ce mot par dormir, et le fait synonyme d’ôrrviîï avec Foës. I! m’avait semblé que cela n’était pas exact, car autre chose est de dormir, autre chose est de reposer. On ditd’un malade qu'il repose lorsque son agitation et ses douleurs sont calmées; un malade peut reposer et ne pas dormir; et même on peut dire qu’un malade dort et ne repose fias. J’ai trouvé mon opinion confirmée par Desmars, critique judicieux et qu'on peut suivre ordinairement avec sûreté. Cf. ouvrage déjà cité , p. 287.

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