MITES
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dont ils sont le siège et les causes; ceux qui le jugent empirique croient qu’il s’agit des saisons , des régions , des âges , des mœurs et de la constitution de l’atmosphère. Quant à moi , je regarde toutes ces indications comme très utiles , aussi bien celles des dogmatiques que celles des empiriques; mais Hippocrate , parlant dans ce traité de plusieurs indications propres à régler le régime, ne mentionne aucune de celles-là , si ce n’est les habitudes. » — Galien énumère ensuite les diverses indications signalées par Hippocrate comme devant servir à régler l’administration de la plisane. Je crois inutile de rapporter tous les passages relevés par Galien; j’aurais pu rnoimême en ajouter plusieurs autres, mais le lecteur les remarquera facilement à une simple lecture , une fois son attention éveillée sur ce point. «Tels sont, ajoute Galien en finissant, toutes les choses que le malade ne dit point, et qui sont ignorées des Cnidiens. »
3. M. Littré ne juge pas la négation nécessaire, et il la supprime, s’appuyant du commentaire de Galien (Corn. I, t. 8 ) : il est vrai que cette négation manquait dans les exemplaires que le médecin de Pergame avait sous les yeux ; mais il est vrai aussi que ce critique s’étonne de son absence , et qu’il voudrait la rétablir comme la meilleure leçon. En effet, avec la leçon contraire le sens estévi demment torturé. J’ai donc admis la négation avec M. Ermerins M. Littré, que j’ai consulté sur celte restitution , est d’avis qu’elle cadre très bien avec le contexte. Le mot sporadiques semble, en effet, impliquer l’idée de dissemblance des maladies , sans quoi ce serait ou de maladies endémiques ou de maladies épidémiques qu’il s’agirait; or c’est le contraire , puisque les affections sporadiques sont opposées aux maladies pestilentielles qui régnent épidémiquement , affections qui , pour Hippocrate , ne sont qu’une espèce particulière des maladies épidémiques proprement dites ( V oir Introd des Êpid., p. 225.) •
4. Ce passage est fort obscur; je me suis conformé au texte et à l'interprétatioit de M. Littré , la seule qui soit admissible. Ç Voir t. II , note 10 , p. 235 et suiv. )
5. Hippocrate appelle nzvr&v»i une décoction d’orge non passée , c’est-à-dire contenant le grain ; c’est ce que nous appellerions une crème ou une bouillie d’orge. Tantôt il appelle celte préparation TiziçôLvvi , tantôt -KTicivo iu (plisane entière), tantôt ^r. xptOûSn { plisane d’orge; Galien, Corn. I, t. 25, p. 478 ), tantôt xz. w/jit) (pf. épaisse), tantôt enfin nr. ààtÿQ'/izo; ( plisane non passée), il appelle yyj.ie, ou ïctitssvvîî yy ).é; , la décoction d'orge pas sée cl ne contenant plus que la partie mueilngincusc tenue en suspension par suite de la coction. Il oppose souvent le yylii à la
I)ü RÉGIME DANS LES MALADIES AIGUES.
ttt t7xj/i (Ç. 5, init., et S. fi, in fine), ou aux boisson? qui ne sont chargées d’aucùn principe nutritif, et que nous appelons infusions ' ou' tisanes. Galien ( Coin. III, t. fil ,p. 090) dit que le que j’ai
traduit par décoction, et le yy/Àt sont une même chose ; mais je me crois fondé à ne pas partager celte manière de voir , et à regarder le mot povr.ux comme un terme générique servant à désigner toute espèce de bouillie, et plus particulièrement la bouillie d’orge: en effet, Hippocrate oppose souvent le suc à la ptisane , mais jamais la ptisane au fdjojua, taudis qu’il oppose ce dernier mot à yyXés. Il dit povst-j en parlant de. l’administration de la ptisane ; ailleurs il se sert de àda^ua *ti *iv»j pour désigner la ptisane; ailleurs encore il dit que le ÿdpjjya ne doit pas être trop épaissi ; enfin il parle souvent des ÿofviya-rx en général comme pouvant servir à alimenter, et il les oppose aux aliments solides. Celte interprétation du mot .ddo»jMx semble être aussi celle de Dierbach ( lib. cil., p. 12). — Galien a consacré un traité à la préparation de la ptisane (iteyl îlriïâvv;; j?t t. VI , p. 81fi et suiv. dans l’éd. de Kuehn ); il dit l’avoir composé pour qu’il serve de guide aux médecins de son temps inexperts dans l’administration de la ptisane et du suc de ptisane. Je vais en extraire les points les plus intéressants. Il faut d’abord choisir la meilleure eau , et Galien énumère toutes les qualités que doit avoir celte eau. soit par sa nature, soit par son goiit , soit par sa couleur. Après le choix de l’eau vient celui de l’orge, qui ne doit être ni trop récente, ni trop vieille : trop récente, elle est gonflée par une humidité superflue et par des gaz; trop vieille , elle a perdu ses qualités : elle doit être soigneusement séparée de toute substance étrangère; mais avant que de s’en servir définitivement , il faut encore l’essayer ; et si elle se gonfle bien parla coction, elle convient pour la ptisane ’. Pour faire celte préparation , il y en a qui écrasent préalablement l’orge dans un mortier, la font ensuite bouillir rapidement, et jettent dans la décoction , soit de l’amidon , soit du cumin , soit du miel ; mais c’est le plus mauvais procédé. Le meilleur, le voici, suivant Galien : on fait d’abord macérer l’orge dans l’eau froide , ensuite on la tourne dans les mains jusqu’à ce que la petite pellicule (la glume) soit détachée; après quoi on broie l’orge plus fortement dans les mains jusqu’à ce que tout ce qui est paille soit enlevé, à moins qu’on ne
1 Dioscoride ( Mut. med., II, 108, 235, éd de Sprengel) conseille de préparer de la manière suivante l’orge qu’on veut conserver pour la ptisane la monder, la faire sécher au soleil, la monder de nouveau et la faire sécher une seconde fois, enfin la saupoudrer avec les petites parcelles qui en tombent lorsqu'on la inonde, et la mettre ensuite en réserve.
NOTES
veuillcfaire la ptisane plus délersive. On doitd'abord faire bouillir l’orge à grand feu , et ensuite conduire la décoction à feu doux jusqu’à consistance de suc 1 . C’est quand la plisane est faite de cette manière qu’elle possède véritablement toutes les qualités qu’Hippocrale lui attribue. Galien renchérit encore sur ces excellentes propriétés, qu’il énumère fort au long ; après quoi il récapitule les principales circonstances qui doivent régler l’emploi de la ptisane ou du suc.— Paul d’Éginc ( I, 78, p. 1 1 réel., éd. grecque, et p. 370, éd. d’Iist. ) préparait la plisane avec une partie d’orge, là part, d’eau, cl une quantité suflisanlc d’huile avec addition de vinaigre quand l’orge était gonflée, et d’un peu de sel quand la coction était parfaitement achevée. Quelquefois il ajoutait un peu de poireau ou d’anelh. La préparation décrite par Oribase ( Collecl. med., IV, 1, p. 248, éd. d’Esticnne) est exactement celle de Galien, et il parait la lui avoir empruntée. M. Milligan , dans ses notes sur Celse ( p. CS ) , regarde la plisane comme un extrait assez consistant pour être façonné en tablettes ; quand ces tablettes étaient de nouveau dissoutes dans l’eau, elles prenaient le nom de crème f ou suc
[ yy'/ii] de plisane. Je n’ai pas retrouvé dans mes lectures de trace d’une pareille manière de considérer la ptisane.— Cette préparation était regardée tantôt comme médicament, tantôt comme aliment , aiusi qu’on peut le voir dans Pline (XVIII , 15) , et dans Athénée X, p. 455 j (cf. Ermerins, p. 120). Comme condiment de la plisane , Arétée (toc. cil., 1 , 10) conseille l’aneth, le sel, le poivre, un peu de pouliot, d’ognon ou de poireau. — Les anciens avaient d’autres préparations faites comme la ptisane , cl dont quelques-unes même portaient ce nom , bien qu’il fût surtout réservéà la décoction d’orge : ainsi, ils mentionnent la plisane de froment criblé que les anciens , et entre autres Dioclès et Philolinus , au dire de Galien [de Aliment, facull., 1, G, tome VI , p. 49G ) , appelaient wr. n vplrr, -, l’auteur du traité des Maladies et Aristote ( Prub I, 27) parlent aussi de celle plisane, qu’ils nomment également nvffv»; ; il y avait encore des ptisancs de fèves, nourriture des gladiateurs, suivant Galien ( lib. cil., cap. 19, p. 529 et suiv. ); de riz (Celse , VII , 2 , p. 109, éd. de Milligan ; — Pline , XVIII , 13, Cf. Ermerins, p. 127 ) ; de lentilles (Gai. , toc. cil., cap. 18 ; — Celse, VI, 3); d’avoine (Paul d’Égiuc , loc. cil.,- — Alex.
* Les anciens se sont accordés sur la nécessité de bien faire cuire l’orge pour la plisane. — Cf. entre autres Arétée, Ther. rnorb. acul., 1, 235; Ther. morb. chron., I, 1; Alex, de Traites, VI, I, p. 20». éd. d’Esl.
’ Areléef Ther. morb. acul., 1, 10, p. 235) conseille aussi l’addition de l'huite, mais en petite quantité.
de Traites, I, 13 ); de citrons (Alex, de Tralles, loc. cil.), et peut-être d’après Cæl. Aurétianus (Morb. cliroii ., VI, 8, y. 539 ) de la ptisane d’olives i/xtoicTfoeavov , ou.... îrTtcâvïjv , comme le veut M. Ermerins.
C. Suivant Galien , ces problèmes ne se rapportent pas seulement à la manière d'administrer la plitane , ni à l’ensemble du régime dans les maladies aiguës , ni au régime en général , ni à la thérapeutique en général , ce qui n’est cependant pas une trop mauvaise interprétation, mais à tout l'ensemble de l’art. Il se fonde sur la fin même du paragraphe (Com. I,t. 16, p. 445).
7. Galien (Com. I, t. 15, p. 441) s’est longuement arrêté sur la divination et sur les différents noms donnés aux diverses espèces de divinations et à ceux qui en fout métier. On consultera ce Commentaire avec intérêt.
8. « Hippocrate , dit Galien (Com. I, texte 24 , p. 47G) , appelle ici crise la solution complète de la maladie, ou un changement assez notable pour que le malade paraisse hors de danger ; il conseille d’ajouter à la crise deux jours, afin qu’on se garde du retour des paroxysmes, soit dans les jours pairs, soit dans les jours impairs. En effet, il arrive quelquefois que les malades , se fiant sur l’apparente solution de la maladie , n’observent pas de régime , et fournissent ainsi au paroxysme, qui se fait par périodes, une occasion de retour. a
9. K «rà ti i» tou OiApouot ÏÇw. « "li-tj, dit Galien (Com. I, t. 28, p. 482), signifie ordinairement en droite ligne (e'jOuupiz) , quelquefois le mouvement lui-même. Hippocrate veut dire ici que la ptisane descend en droite ligne , c’est-à-dire sans s’arrêtera tra vers le thorax par l’œsophage, jusqu’à l’estomac. » M. Littré traduit : « Nulle part elle n’adhère ni ne s’arrête, passant par les conduits qui traversent la poitrine; » ce qui me semble faire perdre de vue la physionomie originale du texte. Cf. aussi Foës, OEcon., au mot x«6’ tÇiv.
10. Le texte vulgaire porte bxànotaiy &p otro; ecûrtxx ; mais, d’après le commentaire de Galien , il faut lire : aùrixsc b/.àaou n /.. t. J’ai fait ressortir ce texte en mettant cl d’abord.
11. Ot àp-/uïoi j5).»)TOj; èvd/*iÇov rivât. « Celle opinion, dit Galien (Com. I, t. 34 , p. 491), s’est formée chez les anciens, à cause do la rapidité de la mort chez ces malades [ce qu’Hippocrale exprime par ces mots : surtout à cause de cela], et pareeque chez quelques-uns le côté parait livide après la mort , ce qui provient de ce que cette partie ( la poitrine) est le siège (pi'Çx, la racine) de l’inflammation ’.».On voitégalcrncntdansla 400e senteneedes Coaques,
1 Jusqu’à présent mon attention n'avait pas été éveillée sur la relation
NOTES
(|ue les anciens sc servaient du mot pour désigner les individus affectés de maladies graves du poumon et présentant des lividités sur les parois de la poitrine. Ainsi , B).r,r6; est pris tantôt dans son sens propre, et tantôt dans son sens liguré, pour désigner ceux qui sont frappés de mort subite à la suite de maladies aiguës, comme l’interprète Hésychius. C’est ainsique l’auteur du traité des Maladies ( liv. II , p. 463 et 469 , éd. de Foës) se sert de en parlant d’un individu en apoplexie, ou en proie à une affection grave du cerveau.
12. Kst-st6ÿ 1$ roi»; -ooxî. Galien (Corn. II, t. 45, p. 612) fait
remarquer que est tout à fait essentiel dans la pensée de
l’auteur; car autre chose est que la chaleur redescende aux pieds, c’est-à dire quitte les parties profondes où elle s’était concentrée; autre chose est que les pieds deviennent chauds, c’est-à-dire qu’ils s'échauffent sans que la chaleur abandonne les parties profondes , comme cela arrive au pins haut point du paroxysme; car, au commencement , la chaleur sc concentre à l’intérieur; dans la période d’auginent, elle gagne les extrémités; au summum du paroxysme, elle sc répand uniformément; dans le déclin, elle quitte les parties profondes pour redescendre aux pieds. — Voir, du reste, note 28 du Pronostic, et dans les extraits du Régime, §. 7, p. 627.
13. « Hippocrate , dit Galien (Coin. II, t. 2, p. 6lS) appelle Osr,p.âsu.u. tsc ( fomenta ) tout ce qui sert à réchauffer le corps de quelque manière que ce soit. Il y a des fomentations tout à fait humides; il y en a de sèches ; il y en a qui sont un mélange de ces deux qualités : les unes sont irritantes, les autres ne le sont pas, d’autres enfin sont un mélange de substances irritantes et de substances qui ne le sont pas. La première espèce de fomentation dont parle Hippocrate est humide et non irritante; la seconde est à la fois humide et sèche, irritante cl non irritante; la troisième est ou irritante ou non irritante.
14. Gelsc ( Il , 17) dit qu’on sc sert pour fomentations d’outres remplies d’huile , ou de vases d’argile remplis d’eau : on les appelle lenticutœ à cause de leur forme [analogue à celle des lentilles].
qui peut exister entre certaines affections graves du poumon et les lividités cadavériques des parois de la poitrine; je n’ai que de vagues souvenirs d'avoir observé ces lividités peu de temps après la mort dans les cas de gangrène du poumon. On sait, du reste, que l'abdomen devient promptement verdâtre chez les individus morts de maladies graves des viscères qui y sont contenus. J’espère que mes propres observations et celles que je pourrai trouver dans les auteurs me fourniront des renseignements précis sur ce point intéressant.
au RÉGIME DANS LES MALADIES AIGUES. 521
ftorànus (de sirlc obsl., p. 222) les appelle ? zxwto'jj ( lcnliculaires ).
15. Le texte vulgaire porte ittpi^èyttv n l/iartw t -k» 6x).(av %pi j. M. Littré, suivi par M. Erinerins, change , sur l’autorité du manuscrit 220.“$, ip.x-Ti'j) en âvai ; mais dans sa traiiuction il a suivi le texte vulgaire. Toutefois, il défend, dans la note 6, p. 270, la leçon qu’il a imprimée : il pense que par Z-ju l’auteur a entendu qu’il fallait recouvrir la partie supérieure de la fomentation , afin d'empêcher que la vapeur ne monte vers la bouche du malade. Mais Hippocrate ne veut pas seulement empêcher cet effet, en conseillant l’emploi d’un linge, il veut aussi maintenir la fomentation en place et lui conserver sa chaleur; or, il me semble que le linge, entourant toute la fomentation (d’ailleurs, c’est le sens de -xtpicriyu-j), remplirait beaucoup mieux ce dernier but que placé seulement à la partie supérieure ; et, d’un autre côté, le premier but que M. Littré veut seul exprimer dans son texte n’en serait pas moins bien atteint ; il le serait même mieux encore. — Cælius Aurélianus , qui cite ce passage, avait lu quartu (de Morb. acul., II, 19, p. 123).
10. L’ers (5po6oj ) est 1 ’ervum ervilia de L., le vicia ervilia de Wild.; le sorgho (y.iy/po;) est Vliolcus sorgho de L.; l’ellébore noir dont il est parlé un peu plus bas est 1 ’helleb. orienlalis de L., oflicinalis de Salisb.; l'euphorbe (irsTth'o?) est Veuphorbia peplus de L.; le daucus de Crète (Sxîtxot) est Vathamanla crclensis de L.; le séséli de Crète ( alsùi ) est le tordylium officinale de L.; le cumin (z’i/ttvov) est le cuminum cyminum de L.; enfin l’anis ( ivr^coj ) est le pimpinella anisum de L. (Cf. Dierbach , op. cil., et Uioscoride, Mal. med., à ces divers mots. Cf. aussi Ermcrins, p. 153 et suiv.)
17. Cette dernière phrase , suivant Galien (Corn. Il, t. IC, p. 545) , signifie que dans le cas où il convient de commencer par le suc de plisane , il faut préalablement recourir à la saignée , aux lavements ou aux suppositoires, comme Hippocrate l’a ordonné pour les malades que l’on met tout d’abord à l’usage de la plisane entière; d’où il suit que cette phrase devrait se trouver immédiatement avant le passage que j’ai mis entre crochets, et non pas après ce passage, qui me semble déplacé, et qu’il est difficile de rattacher à ce qui précède. — Pour peu qu’on lise avec attention le traité du Régime , on trouvera que la suite du raisonnement est assez souvent interrompue par des réflexions, des narrations incidentes, dont il n’est même pas toujours possible d’expliquer logiquement la présence ; d’où il résulte que si, à l’aide d’une réflexion soutenue, on peut saisir l’ensemble de ce raisonnement, il n’est cependant pas toujours facile d’en rattacher les diverses parties les
unes aux autres. C’est sans doute ce qui a fait plusieurs fois avouer à Galien qu’Hippocrate exprime ses idées avec désordre. Toutefois, il cherche à atténuer ce reproche en disant : « Il n’est pas possible qu'Hippocrate , dans ce seul livre , ait dit toutes choses convenablement , et ait enseigné une doctrine parfaitement ordonnée, d’autant plus qu’il en était l’inventeur. Mais à celui qui a étudié ces choses exposées de travers cl en désordre {Sucrpx/i/iivtai rs /.ai «tk/toiî ) , cl qui a consacré toute sa vie à l’élude de l’enseignement qui ressort des faits , il ne sera pas impossible d’introduire la clarté et l’ordre dans celui d'Hippocrate » (Coin. Il, t. 3(1, p. 583). Galien termine cette dernière réflexion , qui s’applique évidemment à lui , en renvoyant à son traité de la Méthode thérapeutique, où il a traité avec soin et d'une manière lucide tous les points particuliers qui n’ont été qu’indiqués avec peu d’ordre par Hippocrate.
18. Tout ce passage, qui commence par: « Puisque les gens en santé , » et qui finit par : « Dans les deux cas précédents, » est très altéré dans les imprimés et les manuscrits; il a été parfaitement restauré par M. Littré, d’après le commentaire de Galien et d’après ses propres conjecturcs(ef. t. II, notes 24 , p. 290; 32, 38, p. 2'Jl ; 1 , p. 292 et suiv.).
19. Il:pi r&i f r,pü-j /«t ràî îçiaj. * Dans Hippocrate, le mot nature (yjstj) signifie beaucoup de choses: ici il marque évidemment la crasc [xp&nv , mélange des humeurs, tempérament); ïïti veut dire la constitution (/ar/s/ru/j ) des parties, constitution qui fait que la bile se porte abondamment vers les voies supérieures ou vers les inférieures , et qui fait que les viscères sont en équilibre ou pendants. En effet, quand l’estomac est grand par nature , il établit l’équilibre des autres viscères, lors même que le ventre est vide; quand il est petit, s'il est plciu , il affermit les viscères; s'il est vide, il les laisse s'affaisser : d’où il semble aux malades que leurs entrailles pendent; de même pour la bile , quand elle flotte dans les parties supérieures , cela tient à la structure particulière du conduit qui la verse du foie dans le duodénum : il arrive, en effet, que chez certains individus une ramification de cc conduit se porte ù l’estomac; chez le plus grand nombre la bile se porte tout entière pareil bas. » (Gai., Com. Il, l. 31, p. 570.)
20. M. Littré traduit : a Mais considérez combien , etc. » Ma traductiou , commandée par le contexte , me semble marquer l'opposition qui existe dans la pensée de l’auteur entre celle phrase et la précédente, opposition qui dispa rail dans la version de M. Littré. — J’ai , du reste, suivi le Coin, de Galien (l. 84 , p. 57(5).
21. Màç*. Le sens de cc mot varie un peu suivant les auteurs.
Toutefois , il parait désigner plus particulièrement une espèce de gâteau fait avec de la farine d’orge délayée, soit dans de l’oxyincl, soit dans de l’oxycrat, soit dans de l’hydromel , soit dans de l’eau, suivant Érotien {Gloss., au mot piX* , p. 248); soit avec du lait, soit avec une autre liqueur, suivant Athénée (lib. XIV). — Cf. Ermerins (p. 109 et suiv.) et surtout Foës, OEcon., aux mots /J-àÇz , /tJtÇa 'IrpinrOi et /xàÇtov.
22. Ce membre de phrase, qui commence par : « Quelle pesanteur, » manque dans le texte vulgaire. M. I.iltré l’a restitué d’apres trois manuscrits de la bibliothèque royale et deux autres collationnés par Dictz. Il existe dans le texte qui accompagne le commentaire de Galien (éd. de K., t. 34, p. 574), ce que M. Littré n’a pas noté. — Il me serait difficile de trouver dans ce commentaire une allusion positive à ce passage, qui manquait peutêtre dans les exemplaires que Galien avait sous les yeux.
23. Le cycéon (xuxswv) était une préparation faite ordinairement avec du vin , de la farine d’orge grillée, du miel , de l’eau et du fromage (cf. Littré, t. II, p. 305; Ermerins, p. 170, et Foës, OEcon., au mot xuxi^v). Suivant Érotien {Gloss., p. 200), le cycéon est une boisson dans laquelle on délaye de la farine d’orge. — Du reste , on peut voir, en recourant à Y Économie de Foës, que le mot cycéon désigne , chez les auteurs hippocratiques et chez les médecins grecs et latins , des préparations très variables, mais dont la farine d’orge parait toujours faire la base.
24. Tout ce passage, qui commence par : Au reste , a été très heureusement restitué par M. Littré (t. II, note 21, p. 321 ; et note 14, p. 320). J’ai suivi son interprétation, tout cil m’écartant un peu de la succession des phrases dans son texte.
25. Ce passage est fort embarrassant. M. Littré a discuté avec beaucoup de sagacité les divers sens qu’il présente, soit en admettant le texte vulgaire , soit en se conformant à celui du Ms. 2253 , dont la bonté est déjà connue du lecteur, et par le Cod. inecl. de Foës. J’ai adopté, ce dernier texte comme donnant la leçon la plus simple, le plus en rapport avec la comparaison qu’flippocratc a commencée entre le vin et l’hydromel. Du reste, elle souriait à M. Littré, qui, conservant néanmoins le texte vulgaire, traduit de la manière suivante d’après l’interprétation de Galien : « H (l’hydromel) calme la toux, possédant une vertu délersivc, il est vrai, mais qui étant peu active laisse le crachat s’épaissir plus qu’il ne convient. »
26. a II semble que du temps d'Hippocrate les bains n’étaient pas encore disposés dans les maisons particulières ; car il dit que
NOTES
dans peu de maisons on trouvait les ustensiles nécessaires et le nombre de serviteurs convenable; quand il ajoute qu’il faut une chambre à l’abri de la fumée, une grande quantité d’eau et le reste, cela prouve que l’on chauffait encore, dans les maisons particulières , l’eau dans des bassines, et qu’on la versait dans les baignoires. »(Gn!.,Com. III, t. 40, p. 700). Cette dernière observation de Galien porte à croire, comme le remarque M. Littré (t. Il , p. 212), que de son temps , à Home , on ne faisait pas chauffer i’eau pour les bains dans les maisons, mais qu’on la portait toute chaude des établissements publics.
27. « On ne doit pas faire de frictions déterslves à un malade, «à moins qu’il n’en ait besoin pour motif de propreté ou pour cause de prurit, car le malade doit être baigné sans fatigue et sans éprouver aucune incommodité. Les frictions détersives se font soit avec des médicaments irritants, soit avec des substances desséchantes dont l’action est précisément contraire à ia vertu ou à l’usage du bain. Si donc le malade doit y être soumis pour les raisons indiquées plus haut, il faut que l’action de la substance servant à la friction soit tempérée par de l’eau ou de l’huile. » (Gai., Coin. III, t. 41, p. 707.)
28. « Ceci , dit Galien , est également applicable aux bains qu’on prend dans les établissements publies et à ceux qu’on prend dans sa maison; c’est ce que l’on met aussi maintenant en pratique dans les camps quand on veut baigner quelqu'un et que la localité ne renferme pas de bains publies. La baignoire ne doit être ni trop élevée ni trop étroite. (Gai., Coin. III, t. 42, p. 70!).)
2!). Galien nous apprend ( p. 711) que les médecins de son temps avaient l’habitude de prescrire des ablutions après le bain, pour que le malade ne passât pas subitement d’une température chaude à une température froide en l’exposant à l’air immédiatement après un bain chaud. « En effet, ajoute-t-rl , les pores étant ouverts et les libres relâchées par le bain chaud, il convient de resserrer les uns et de raffermir les autres par le repos et les affusions d’eau tiède, pour fortifier le corps et empêcher qu’il ne lui arrive quelque dommage par l’impression de l’air froid. C’est dans celle intention que ceux qui se portent bien se Jettent dans l’eau froide après un bain chaud , transition trop brusque pour les malades. Pour régler la température et la quantité de cette eau , il faut prendre en considération d’abord la diathèse du corps, ensuite la nature particulière du malade , son âge , la saison , le pays , enfin l’état atmosphérique. Ceux qui font préparer de l’eau tiède à trois degrés de température ont grandement raison : ainsi , le malade est succes-
sivemenl soumis à des allusions d’une eau d'abord tout à fait tiède, puis d’une autre qui l’est moins , puis enfin d’une eau presque froide. Hippocrate en se servant du mot -xo'j.ii /.ijistay.'/. a voulu marquer et la quantité d’eau tiède, et peut-être les diverses espèces de celte, eau, car -o/ j signifie aus.d beaucoup d’espèces (no/uzio;*). » 30. u Les médecins de notre époque, dit Galien (Coin. Lit, t. 40, p. 713) , ne se servent ni d’éponges ni de brosses pour essuyer les malades après le bain ; mais ils les cuveloppeut dans un linge. Quelques-uns même les mettent dans des couvertures épaisses pour les faire suer, mais il n’est pas toujours nécessaire de faire suer abondamment les malades; car souvent ce n’est pas pour produire uue évacuation dans le corps, mais , au contraire , pour le remplir d’humidité, parccqu’il est trop sec, qu’on fait baigner un malade. Ces derniers ne doivent pas suer avant que d’entrer au bain , et ils doivent être promptement essuyés quans ils en sortent. » — Galien ( t. -SH , p. 710) préfère le linge aux éponges pour essuyer la tête, à moins qu’on ne s’en serve immédialcmct après les allusions d’eau tiède. — Si, du reste, on veut avoir de plus longs renseignements sur l’histoire médicale et archéologique des bains chez les anciens, on les trouvera dans Oribasc ( Collccl. med., X, 1 , G , p. 386, éd. d’Estiennc). Ces divers chapitres sont empruntés soit à Galien, soit à Anlyllus, soit à Hérodote. Le texte grec d’AnlvIlus et d’Hérodote se trouve dans l’édition de De Malthæi (p. 277 et suiv ). On pourra consulter aussi Aetius ( Tclr . I, serin. 3, p. 146 et suiv. ) ; Paul d’Égine ( I , 51 et suiv., éd. d’Est., p. 35!) et p. 7 recto, éd. grecque de 1528 ). Galien, dans ses divers ouvrages sur l’hygiène et les médicaments, a beaucoup écrit sur les bains, et a fourni de nombreux passages aux auteurs que je viens de mentionner. Choulant , dans sa Jiibl. med. hisl., p. 158, et Rosenbaum, dans scs Addilamcnla, p. 53, ont donné la liste des ouvrages relatifs à l’histoire des bains chez les anciens et les modernes. On pourra recourir aussi à la Collcctio de Balneis , publiée a Venise, en 1553, in-fol.
31. Cette dernière phrase est altérée soit dans les textes vulgaires, soit dans les manuscrits. Elle est restée incomprise jusqu’à M. Littré qui l’a très-heureusement restituée (cf. t. II, p. 373 et suiv.). J’ai suivi son texte et sou interprétation.
Extraits de l'Appendice au traité du Récimf. dans tes maladies