‹ Hippocrate le serment, la loi, de l'art ... par le dr. Ch. V. DarembergChapitre 142 sur 145 · AIGUES · texte numérisé non relu

AIGUES

1. Causüs.— Le enusus naît quand les petites veines desséchées, pendant l’été, attirent à elles les humeurs âcres et bilieuses; une

NOTES

fièvre intense se développe ; le corps , comme accablé de lassitude, éprouve un sentiment de déchirure; il est en proie à la douleur. Celte maladie vient, pour l’ordinaire, à la suite de longues marches ou d’une soif prolongée , alors que les veines , se desséchant , se remplissent d’humeurs âcres et chaudes. La langue est rude , sèche et fort noire ; le malade ressent au ventre des douleurs mordicantes, les selles sont liquides, jaunâtres ; il est fortement altéré; il y a de l’insomnie et des troubles inlermiltents du artxlrc phrénique. Donnez dans ce cas de l’eau , de l’oxymel cuit et étendu d’eau , autant que le malade en veut. Si la bouche est amère , il faut faire vomir et lâcher le ventre par des lavements. Si le mal ne cède point , purgez avec du lait d’ànessc cuit. Rien de salé ni d’amer n’est bon dans ce cas; le malade s’en trouverait mal. Ne permettez point la plisanc avant que le temps des crises soit passé. S’il survient une hémorragie du nez , la maladie est jugée , comme aussi s’il arrive des sueurs critiques et des urines épaisses et blanehes présentant un sédiment cuit, ou s’il se fait quelque dépôt. Si la maladie se termine en dehors de ces conditions , il y aura quelque rechute ou bien il surviendra des douleurs à l’ischion ou aux jambes, et le malade rendra des crachats épais s’il doit recouvrer la santé. — Aulrc espèce de causus. Flux de ventre , soif ardente , langue rude, sèche, avec goût salé dans la bouche; suppression d’urines, insomnie , refroidissement des extrémités. Dans ce cas , s’il ne survient pas ou une épistaxis, ou quelque dépôt autour du cou, ou des douleurs aux jambes, ou s’il n’y a pas une expectoration de crachats épais (toutes choses qui arrivent quand le ventre est resserré ) , si la hanche ne devient pas douloureuse , si les parties génitales ne prennent pas une couleur livide, la maladie ne se juge pas. Le gonflement du testicule est encore un phénomène critique. Donnez des aliments attractifs.

3. Les phlegmasics et les douleurs dans les parties sus-diaphragmatiques, et une foule d’autres maladies, ne peuvent arriver à bonne fin si on commence leur traitement par des purgatifs. La saignée est dans ce cas le remède souverain; on passe ensuite aux purgatifs , à moins que le mal ne soit intense; s’il n’en est pas ainsi , on purge vers la fin ; on doit user de précautions ctde ménagements quand on purge après la saignée. Tontes les fois qu’on entreprendra , au début des maladies, de trailer les phlegmasies par les purgatifs, on n’enlève rien de ce qui produit la tension et la phlegmasic : en elfet , le mal ne le permet pas quand il est à l’état de crudité ; les purgatifs n’cnlrainent rien , mais les parties saines et qui résistent au mal tombent en liquélacLiou ; le corps étant

débilité , le mal prend le dessus , et quand le mal l’emporte sur l’organisme , il devient incurable.

4. La perte subite de la parole provient de l’obstruction des veines, quand cet accident arrive cher, un homme qui se porte bien, sans cause manifeste ou sans quelque cause violente. 11 faut, dans ce cas , saigner du bras droit à la veine interne , et tirer plus ou moins de sang en se guidant sur la constitution et sur l’âge du malade. Voici les symptômes qui se montrent chez la plupart des individus ainsi frappés : rougeur de la face, fixité des yeux, extension des mains , contraction des mâchoires , grincement des dents , pulsations , refroidissement des extrémités , obstruction de l’air dans les veines.

7. Tant que les pieds sont froids, ne donnez ni plisanc ni boisson, ni rien de pareil; il faut scrupuleusement s’en abstenir jusqu’à ce que les pieds soient bien réchauffés , après quoi vous donnerez la nourriture convenable. Le froid aux pieds est le plus souvent un signe précurseur d’un paroxysme. Si vous faites prendre quelque chose à cette époque , vous produirez toutes sortes de maux et de . très grands , cl la maladie en sera considérablement augmentée. Quand la fièvre baisse, les pieds deviennent plus chauds que le reste du corps; car à mesure que la fièvre s’accroît, clic refroidit les pieds et envoie vers la tête la flamme qui s’est allumée dans le thçrax. Toute la chaleur se concentrant dans les parties supérieures et s’exhalant comme une vapeur vers la tète, il est naturel que les pieds se refroidissent, étant par nature dépourvus de chair et nerveux. Us se refroidissent encore à cause de leur distance des lieux les plus chauds , car la chaleur est concentrée dans le thorax comme en un foyer. Et , par analogie , quand la fièvre se dissipe , la chaleur redescend aux pieds , et en même temps qu'ils se réchauffent, la tète et le thorax se refroidissent. Quand les pieds sont froids , le ventre est nécessairement chaud; il y a beaucoup de nausées; l’hypocondre est distendu , le corps est agité à cause du trouble intérieur, l’intelligence s’égare , il y a des douleurs. Le malade éprouve des angoisses; il veut vomir, et si les matières de vomissement sont mauvaises , il souffre ; mais quand la chaleur redescend aux pieds, que les urines coulent , quand même il n’y a pas de sueurs , tous les symptômes s’améliorent. Dans ce second cas, il convient de faire prendre la plisanc ; daus le premier, elle serait funeste.

t), Les maladies se présentent sous des aspects variés; il faut donc que le médecin soit sur scs gardes, afin qu’il ne méconnaisse aucune des causes, ni celles qui sont manifestes, ni celles dont la connaissance est acquise par le raisonnement, et qu’il sache ce qui doit arriver dans les jours pairs ou impairs. 11 faut surtout se défier

NOTES

des jours impairs ; c'est dans ces jours-là que survienneut les changements dans les maladies. Le médecin dirigera son attention sur le premier jour où l’individu est tombé malade , recherchant d’abord quand et pourquoi a compiencé la maladie , car c’est la première chose à savoir. Après avoir interrogé le patient et examiné toutes choses, il s’assurera immédiatement de l’étal de la tète, s’informera si elle n’est ni douloureuse, ni pesante; il passera ensuite aux hypocondres et à la poitrine, il demandera si ces parties sont sans douleurs, examinera si l’hypoeondrcest sensible, élevé, inégal, rempli de matière; s’il y a quelque douleur à la poitrine, si à celte douleur il se joint de la toux , si le malade a des tranchées , des douleurs de ventre. Lorsque ces symptômes apparaissent, surtout ceux qui concernent les hypocondrcs, il faut lâcher le ventre avec des lavements, et faire boire de l’hydromel cuit et chaud. On doit , dans les convalescences, s’informer s’il y a des défaillances, si la respiration est facile ; examiner les selles , voir si elles sont très noires ou si elles sont louables connue celles d’une personne en bonne santé , savoir si les redoublements de la fièvre sont en tierce. Après avoir parfaitement observé dans ces maladies ce qui se passe pendant les trois premiers jours, il y a encore d’autres choses à considérer. Si le quatrième jour ressemble en quelque chose au neuvième, le malade est en danger. Voici encore d’autres signes : les déjections noires annoncent la mort; semblables à celles d’un homme en santé, et arrivant tous les jours, elles sont un signe de salut. Lorsque le ventre ne se relâche point par un suppositoire bien que la respiration reste libre , si le malade , en se levant sur son siège ou en restant dans son lit , a des défaillances; et si ces accidents se montrent dès le début chez un homme ou une femme, croyez qu’il y aura du délire. Faites attention à l’étal des mains; si elles sont tremblantes, attendez-vous à une hémorragie du nez. Examinez les narines pour voir si la respiration se fait également de chaque côté- Quand le malade respire beaucoup par le nez , il survient ordinairement des spasmes; s’ils arrivent, la mort s’ensuit; il est beau de la prédire.

10. [Dans les fièvres] les signes funestes se manifestent plutôt suivant le nombre impair que suivant le nombre pair; mais quel que. soit le nombre suivant lequel ils sc manifestent, ils sont toujours pernicieux.

là. Toutes les maladies sc terminent ou par la bouche , ou par l’anus , ou par la vessie , ou par quelque autre partie. La solution par la sueur est commune à toutes les maladies.

22. Pour ce qui est de la diététique dans les maladies de long eours, il est très important de prévoir et de surveiller les rcdoublc-

DES APHORISMES. 529

menuet les rémissions des fièvres , afin de se. garder des moments où il ne faut pas faire prendre de nourriture , et de savoir quel est celui où il est possible d’en prescrire avec sûreté. Or ce moment est celui qui est le plus éloigné du redoublement.

NOTES DES APHORISMES

1“ SECTIO.V.

Aph. 1 . — 1 . TJ empirisme est dangereux, etc. En adoptant cette interprétation, j’ai suivi les commentateurs anciens: Galien (Coin, in Aph., t. XVII , p. 347 ; Corn. I in lib. de Hum., t. f> ct7, p. 79 et 80, t. XVI), Théophile (éd. de Diclz, t. II, p. 247 ) , et Étienne (p. 249). Il me semble, du reste, que, dans la collection, iri ïpx. et ses dérivés sont toujours pris dans le sens d’essai, d’expérimentation, et ne rappellent pas l’idée toute métaphysique que nous rattachons au mot expérience (. cf. de Humoribus, initia, et Foës au mot ■xtipziOm dans son Économ, ) lUXpx signifie donc expérimentation ou plutôt empirisme , expression plus générale et qui correspond mieux au mot raisonnement, par lequel Galien interprète xpüts. D’ailleurs cette appréciation laconique des deux grands systèmes qui partagent la médecine , ou plutôt des deux voies qui conduisent à cette science , me semble très en rapport avec les idées d’Hippocrate , et très satisfaisante pour l’esprit. Si on adopte le rnot expérience , il faut conserver à *s v.'iipé le sens de dangereux qu’il a toujours dans la collection hippocratique , donner à /.pfciç sa signification propre , qui est discernement , et comprendre que. l’expérience est dangereuse si l’on ne sait pas s’en servir, et que le xpiats , qui sert précisément ;i discerner les cas et à permettre l’application de l’expérience, est difficile. — « Presque tous les commentateurs s’accordent à penser que ce discours , qu’il constitue ou non deux aphorismes, est le commencement de tout le livre. Il s’agit de savoir maintenant ce qu’Hippocratc a prétendu en entrant ainsi en matière: La vie est courte, non pas absolument parlant, mais par rapport à l’étendue de l’art, qui tient à la rapidité du moment opportun , aux dangers de l’empirisme et aux difficultés du dogmatisme. — L’art, qui consiste à formuler en principes généraux les faits particuliers , ne peut aisément parvenir à ce résultat à cause de la mobilité de la matière sur laquelle il s’exerce. Il y a deux manières de parvenir à la connaissance : V empirisme , dangereux «à cause de la dignité de l’homme, sur lequel il n’est pas permis de faire des essais comme sur les corps

530 NOTES

inanimés; le i« difficile , soit (ftie cc mol signifie , comme je le pense, le raisonnement, soit, comme le veulent à tort les empiriques, qu’il veuille dire le discernement, lequel juge de la valeur des nombreux moyens employés empiriquement. En effet, dans le premier cas, ce qu’Hippocratc soutient n’csl-il pas prouvé jusqu’à l’évidence par les éternelles disputes des médecins, par les mille systèmes qui prennent naissance tous les jours? dans le second, n’est-il pas impossible de déterminer au juste quel remède a été bon ou nuisible, quand on en a employé un grand nombre à la fois? L’art est donc immense si on le mesure sur la vie d’un homme ; et rien n’est plus précieux pour la postérité que de rédiger la science médicale sous la forme aphoristique, également utile à ceux qui commencent à l'apprendre et à ceux qui veulent se la rappeler quand ils l’ont oubliée. — Mais enfin que veut dire Hippocrate en commençant ainsi : La vie est courte si on la comporta l'étendue de l’art ? Les uns pensent que c’est pour encourager ceux qui étudient dignement la médecine , les autres pour les détourner de cette étude ; ceux-ci veulent que ce soit une sorte d’épreuve pour discerner ceux qui étudient avec ardeur de ceux qui apprennent nonchalamment la scicuce. Ceux-là soutiennent que c'est pour inviter à faire des commentaires aphoristiques; d’autres croient qu'Hippocralc a voulu montrer que la médecine est toute conjecturale ; enfin, les derniers assurent que c’est pour apprendre aux médecins par combien de causes iis sont trompés dans leurs prévisions. — Tous ces commentateurs ne me semblent avoir rien dit de raisonnable pour l’interprétation de cette sentence. Serait-il sage et digne de la doctrine [ pronostique] d’Hippocrate de dire en commençant que l’art est conjecturai et que nous sommes perpétuellement trompés ? Aurait-il ajouté ces paroles : « Il faut que non-seulement le médecin , etc. ? » Elles sont d'un homme qui croit parler au nom de la vérité et non discourir sur des illusions. Aux seconds, je demanderai s’il ncscruit pas de la dernière absurdité de présenter des préceptes comme devant être utiles à la postérité, et de détourner de les apprendrePCeux qui prétendent qu’Hippocrate veut engager à étudier avec persévérance , se rapprochent du vrai ; mais leur explication n'est pas entièrement digne de ce grand homme, ni complètement en rapport avec le reste du livre. J’en dirai de même de ceux qui pensent que ces paroles sont une sorte d’épreuve. — Il semble plus raisonnable de croire qu’Hippocrale a commencé ainsi son livre pour justifier le genre aphoristique qu’il a choisi, et qui présente la substance des choses dans le moins de mots possible. Cette manière est la seule qui permette d’étudier

DES APHORISMES

complètement un art aussi étendu, et d’ajouter peu A peu et méthodiquement les connaissances qui nous sont propres à celles de nos ancêtres ; car il n'est personne qui puisse tout seul inventer en quelque sorte un art et le mener à perfection. » (Galien.)

Aph. 2. — 2. « Hippocrate, dit Galien ( p. 357 ), prouve contre l’opinion de certains interprètes, qu’il entend non la quantité, mais la qualité des matières évacuées , puisqu’il sc sert de y.ctQztpndat (purger)', mot consacré qui signifie évacuer les humeurs nuisibles par leurs qualités, et non xtvofoOut, qui veut dire simplement évacuer. — Ceux qui pensent qu’Hippocratc entendait par le mot «vsay/rô; , Y abstinence , se trompent grossièrement. Il appelle ainsi toute déplétion, de quelque nature qu’elle soit , parceque dans toutes les évacuations les vaisseaux sont désemplis. » J’ai donc traduit x !»**•/•/ *t>j par déplétion vasculaire et non par déplétion sanguine comme le fait M. Lallemand. J’ai ajouté [ artificielle] pour mcconformcr à la très juste interprétation de Théophile (p. 2ô4). Galien Indique à quels signes on reconnaît la prédominance de telle ou telle humeur. En première ligne il place la couleur de la peau , sorte de reflet extérieur de celte prédominance ; ce caractère ne manque jamais , à moins que l’humeur n’ait reflué vers les parties profondes. Si cet indice fait défaut , il faut considérer la saison , le pays , les maladies ; c’est ainsi que la bile prédomine, ou dans une saison chaude, ou dans un climat élevé, ou dans la vigueur de l’Age , et qu’une maladie A type tierce est entretenue par la bile jaune, à type quarte pur la bile noire. 11 faudra donc tantôt évacuer la bile, tantôt la pituite, tantôt le sang ou la sérosité.

Aph. 3. — 3. Le texte vulg. porte ai il r’ âxpot îJSjiae efu/spai, >jv sv t tfi hyizM iueiv. Il me semble que s-v x. r. /., est une glose de in’ Sxpm cl doit être expulsé du texte. Je me crois, du reste, autorisé A cette correction par Théoph. (p. 268), et Damas, (p. 200).

Aph. 3. — 4. Le commentaire de Galien porte sur quatre points : 1°. établir qu’il s'agit ici non plus de la qualité, mais de la quantité des évacuations; 2°. montrer les dangers de l’extrême plénitude, qui sont la rupture des vaisseaux et l’extinction de la chaleur native; 3°. prouver par la coction, la distribution des aliments, par la formationdusang.parlajuxtaposition, l’assimilation, la transsubstantiation des éléments, que le corps étant soumis à des changements

perpétuels , la parfaite santé ne peut pas toujours rester au même

‘ «tapjùazîvM, dit Galien (Coin- 1, 1 et IV, t) signilie purger avec un médicament. Le 'fjtpp.xxov, purgatif dans le sens de la médecine antique et non dans le nôtre , est le remède par excellence ; et cela devait Cire dans une pathologie tout humorale.

NOTES

point; 4°. établir le rapport qu’il y a entre les deux parties de cet aphorisme. Galien nous apprend, en effet, que ce qui est dit de l’exubérance de santé des athlètes est un terme de comparaison , un exemple qui sert à établir une doctrine plus générale sur la quantité des déplétions et des répétions. Le dernier membre de phrase de cet aphorisme présente quelque difficulté. Il y avait dans l’antiquité deux interprélaions différentes, l’une qui est celle de Galien, de Théophile, d'Oribase cl de Foës, et que j’ai suivie comme la plus logique et la plus rigoureusement conforme au texte ; l’autre , signalée par Galien , adoptée par Damascius, et qui me paraît être à peu près celle de M. Lallemand. Suivant Damascius (p. 2<i1), Hippocrate veut dire que les déplétions sont dangereuses, parccquc les aliments que l’on donne ensuite pour reconstituer le corps sont nuisibles, car la nature étant devenue faible, ils ne peuvent plus être digérés.

Aph. 4. — 5. Le texte vulgaire pour cette dernière phrase est irrégulier. Je l’ai restitué en partie sur le texte du manuscrit 1884, en partie sur celui de Dielz ( S'chol. , p. 202).

Aph. 6. — 6. J’ai suivi pour cet aphorisme le Commentaire de Galien (cf. p. 371 et suiv. ).

Aph. 0. — 7. Ce texte a divisé les commentateurs. Théophile, Damascius et Étienne (p. 204 et 2G5), interprètent comme s’il ne s’agissait que du régime et de la diète absolue; mais Galien, et je me conforme à son sentiment, pense qu'il s’agit des moyens thérapeutiques, en général , au nombre desquels il place le régime. C’est du reste l’interprétation qu’il reproduit dans son traité de la Méthode thérapeutique (V, là, t. X, p. 370), quand il accuse Érasistrate d’agir avec lenteur au commencement des maladies très aiguës, et de recourir à un traitement actif quand l’occasion est échappée.

Aph. 7. — 8. « Hippocrate, dit Galien ( p. 373), appelle tiôvous, soit les paroxysmes, soit, d’une manière générale, toute espèce de symptômes. Par immédiatement («ôrtVa), il faut entendre les quatre premiers jours, ou même un espace de temps un peu plus long. »

Aph. 12. — 9. « Une triple base sert à régler convenablement le régime : les forces du malade qu’on peut calculer positivement à l’aide du pouls et des autres sigucs indiqués dans le Pronostic, la constitution de la maladie , enfin la marche des paroxysmes qu’un peut déterminer quoique certains médecins prétendent le contraire. On ne peut pas il est vrai toujours y arriver de science certaine, mais on peut en approcher de très près. On sait, par exemple, que la fièvre tierce sejuge très promptement, que la quotidienne persiste plus longtemps, et que la quarte se termine encore plus tard. Parmi les fièvres

DES APHORISMES

continues , les camus se jugent très vite ; îe lyphus un peu moins , et les hémiirilées tiennent le milieu. Quant aux paroxysmes, on sait qu'ils reviennent tous les trois jours dans les lièvres tierces et aussi dans les pleurésies, et tous les jours dans les phlliisies. Les maladies elles-mêmes servent donc à faire connaître leur propre marche et la suite de leurs paroxysmes, non-seulementquandellcsonl déjà duré un certain temps et qu’une période s'est écoulée, mais encore à leur début, car il est souvent permis de reconnaître une maladie dès son début; et, parsuite.de prévoirquelle sera sa marche, et de régler en conséquence le régime. Les saisons influent sur la marche des maladies : ainsi, les fièvres quartes estivales durent moins longtemps que les automnales et surtout que les hibernales. Mais le retour des paroxysmes n'est jamais essentiellement modifié par elles. Ce qui est dit des saisons s’applique aussi au tempérament et à l’Age des malades.—Par la comparaison réciproque de leurs périodes, Hippocrate entend la comparaison de la marche des paroxysmes dans les diverses périodes, comparaison à l’aide de laquelle on peut déterminer les limites de la croissance cl le point du plus haut degré d’intensité de la maladie. En effet , si le paroxysme qui revenait à des intervalles donnés, devance son heure, augmente de durée et d’intensité, il est clair que la maladie marche vers son point culminant, arrivera bientôt à la crise, et que les paroxysmes se succéderont rapidement (cf. Galien, p. -181 etsuiv.).

Aph. 13. — 10. Galien (p. 401), et après lui Damascius (p. 277), pensent que cet aphorisme est incomplet. Galien proposerait de lire : « Les vieillards supportent très facilement l’abstinence, excepté ceux qui sont très vieux, » ou bien de changer vYjirîlr,-j (abstinence) en oityoTerOjv (petite quantité d'aliments).

Aph. là. — 1 1. « Les anciens appelaient ùuix/.xopxTx les branches de bois qui servaient à faire le feu. Hippocrate appelle de ce nom la nourriture, comme étant la matière qui entretient la chaleur innée. » (Étienne, 278.)

Aph. 15. — 12. Suivant Damascius (270), et Galien (p. 417), les enfants sont la preuve que, plus il y a de chaleur, plus il faut de nourriture. Par conséquent, en hiver, où il y a plus de chaleur, il faut plus de nourriture, puisque la chaleur est concentrée à l’intérieur. (Cf. aussi Etienne, p. 270, sur la manière dont il explique que peudant l’hiver la chaleur est concentrée à l'intérieur. )

y/pli. 18. — 13. Galien (p. 433) rapporte cet aphorisme aussi bien aux gens en bonne santé qu'aux malades.

Aph. 22. — 14. “Hv pr, ôpyx. Ce dernier mot signifie être agité

NOTES

par un désir vénérien , comme il arrive chez les animaux en chaleur; c’est donc par comparaison qu’on l’emploie pour désigner les humeurs en mouvement et qui se portent d'un lieu à un autre, phénomène qui n’arrive pas ordinairement au commencement des maladies (Gai., p. 441 ).

Aph. 25. — 16. Galien (p. 450), Théophile (293), Dainascius (294), et Étienne (293), s’accordent à penser que cet aphorisme se rapporte aux évacuations artificielles, tandis que dans le 2" aphorisme de la même section , qui comprend presque textuellement celui-ci , il est question des évacuations naturelles.

OEÜXIÈME SECTION.

Aph. ltr. — 1. “Y moi îto’vov Ttoisji. Galien (p. 451 ), Étienne, Damascius cl Théophile (p. 294 à 296) expliquent ici ndvo« par fAi&r,-, Étienne et Théophile disent que tto'vos signifie tantôt exercice, fatigue (yupycfoix), tantôt douleur { iSôvt] ) , tantôt symptôme.

Aph. 2. — 2. Galien (p. 456) et Théophile (p. 296) croient que le délire n’est pris ici que comme un exemple particulier, mais que cette sentence s’applique à toute espèce de symptôme; Galien rattache cet aphorisme à la fin du ltr.

Aph. 5. — 3. Kd7ro> n’est pas la fatigue ordinaire , mais une diathèse de l'organisme; et comme cette diathèse survient sans mouvement, Hippocrate lui donne l’épithète d’aÙTÔ/j'.xroj. Cf. sur les diverses espèces de xosot, Galien (de Sanilalc luenda, III, 5 et suiv. , t. VI , p. 189 et suiv.) et Théophile (p. 298).

Aph. 6- — 4. Galien (p. 460), Théophile (p. 299), disent qu’Hippocratc appelle ici douleurs, des maladies douloureuses, telles que l’érysipèle, les fractures, etc. Suivant Galien, (esprit) est pris ici pour S idivoisc (intelligence); mais Théophile va plus loin, et il dit : « bans ce cas le cerveau est nécessairement malade. » « Il n’est pas rare, dit M. Lallemand (p. 22) de voir dans le délire traumatique les malades agiter leurs membres fracturés , marcher sur leur moignon , sans témoigner la moindre douleur. » On sait aussi que dans le cas de lésion grave de l’encéphale il survient des maladies aigues dont le malade n'a pas conscience.

Aph. 8. — 5. J’ai suivi pour cet aphorisme l’interprétation de Galien (p. 462), de Théoph. (p. 300), de Damasc. (p. 301).

Aph. 9. — 6. Ejfosc mtézi-j, c’est-à-dire atténuer les humeurs et relâcher les conduits par où les purgatifs font sortir les matières ; Galicu (p. 465), Théophile (p. 301 et 302).

Aph. 12. — 7. Le texte vulg. porte : ônnrpofùi jroilsev sîw $«,-

DES APHORISMES

leçon donnée aussi par Théophile et par le manuscrit 1884 ; Dictz et Galien ont : uno?Tj»9'^ûo<x, quia la même signification. Galien (p. 459), Dainascius et Théophile ( p. 308) disent que ces reliquats en se putréfiant rallument la fièvre.

Aph. 13. — 8. Au dire de Galien (p. 450) , cette dernière phrase manque dans plusieurs exemplaires. — Elle est commentée par Théophile et Dainascius (p. 304-5).

Apli. 15. — 9. Pour rétablir le parallélisme, ou plutôt l'opposition qu’Hippocrate a voulu marquer entre les diverses parties de celte sentence, j’ai ajouté, avec Galien (p. 471), les mots entre crochets qui ne sont pas dans le texte.

Aph. !6. — 10. "O/oo /ijmoî, ou Jet ttovmiv. J’ai suivi Galien (p. 473), qui interprète non par faim proprement dit, mais par privation absolue , volontaire ou involontaire d’aliments. Par no Au» il entend toutes les grandes secousses thérapeutiques ou autres.

sfph. 18. — il. M. Lallemand traduit : « Ceux qui avalent vite de gros morceaux vont promptement à la selle. * Il blâme ceux qui ont traduit : « Les aliments qui nourrissent vite et beaucoup font des selles rapides; » <■ car, dit-jl , les substances les plus nutritives sont celles qui parcourent le plus lentement les organes digestifs. » Cette interprétation est vraie à notre point de vue; mais quelque leçon qu’on adopte, elle ne ressort pas du texte, et, de plus, elle est en opposition formelle avec les interprétations anciennes.

Aph. 19. — 12. où ir i/jLitav âoox/sî;. En mettant toujours , j’ai suivi Galien (p. 40 1 ), qui dit : « où nip-xv est ici pour ovy àîtàvrwv (c’est-à-dire : Les pronostics... ne sont pas certains dans toutes les maladies aiguës), et qu’il ne signifie pas oùîiaw ( ne sont pas absolument ou tout à fait infaillibles, interprétation suivie par Théophile). Il me semble que l’interprétation de Galien rend parfaitement la pensée de l’auteur, qui n’a certainement pas voulu dire d’une manière générale et absolue que les pronostics ne sont pas tout à fait certains dans les maladies aiguës , car il serait en contradiction avec sa doctrine sur le pronostic; il a seulement entendu qu’il est possible de se tromper quelquefois par suite de quelque changement dans la crise ou dans la marche des humeurs. Galien dit à ce propos : « Il y a des maladies aiguës de deux espèces ; les unes ont leur siège dans les humeurs chaudes, sans qu’il y ait de lieu affecté , et sont répandues dans toute l’économie; les anciens leur donnaient le nom de fièvres (Corn. IV, aph. 73 , p. 703) ; les autres ont un siège local, comme la pleurésie, la péripneumonie, l’esquinancie; la fièvre est le plus ordinairement continue dans les

536 NOTES

maladies aiguës , car i! est rare que ces maladies soient sans fièvre comme est l'apoplexie. »

Aph. 20. — 13. Si toutefois, dit Galien (I, 20, p. 492), les conditions du régime restent les mêmes. Damascius (p. 31G) donne ici l’aphorisme 53 que Galien cite aussi dans son Coin. , mais en le rapportant à sa place ordinaire.

Aph. 21. — li. J’ai suivi l’interprétation de Galien, (p. 499). Elle est adoptée par Étienne, Damasc. et Théoph. ( p. 3iG ). — Cet aphorisme manque dans Oribase. „

Aph.2\. — 15. Hippocrate, dit Galien (p. 510), a coutume d’appeler irriov^ou; ( indic ateurs ), et feu/5»;Tâ« ( théorèles ) les jours dans lesquels apparaît quelque signe annonçant la crise pour un des jours critiques.

Aph. 27. — IG. F,, de Viilebrunc pense que les derniers mots de, cet aphorisme, mots que j’ai mis entre crochets, sont une glose marginale de àSsSaiz ( qui ne sont pas stables ) ; Galien ( p. 6lG ) , Théoph. et Damasc. ( p. 321 ), ne paraissent avoir lu que àGiëutz.

Aph. 29 et 30. — 17. Dans son Commentaire , Damascius ( 324 ) réunit avec raison l’aphor. 29 et le 30-. Galien avait aussi proposé celle réunion à l’aide de yip.

Aph. 32. — 18. Cet aphorisme est obscur. J’ai suivi l’inlcrprélalion de Galien ( p. 52G ), et de Théophile ( p. 325 ). Suivant eux , il s’agit des convalescents qui ont conservé dans le corps . quelque reste des humeurs nuisibles.

Aph. 34. — 19. Cf. mon (ntrod. aux Aphorismes , p. 336 et 337 ; Etienne , p. 32G; Galien, p. 519, et M. Littré, t. I", p. 321.

Aph. 30. — 20. J’ai suivi, pour la seconde partie de cet aphorisme , l’interprétation de Galien ( p. 535 ) et de Théophile ( p. 329 ). MM. Parisct et Lallemand iraduiscnl comme si Hippocrate avait dit : « Ceux qui usent d'une mauvaise alimentation sont affaibli* comme ceux qui se purgent en bonne santé. » Le texte, il est vrai* est amphibologique , mais la suite dos idées me semble commander l’interprétation de Galien.

Aph. 37. — 21. Ici encore je suis Galien ( p. 53G ) et Théophile, ( p. 33o). MAI. Parisct et I.alleinand traduisent : « Sont difficiles à purger. # En général , j’aime à m’en tenir aux interprétations anciennes, surtout à celle de Galien qui était beaucoup plus près que nous des idées d’Hippocrate , cl qui pouvait mieux juger de la valeur de scs textes.

Aph. 43. — 22. Celse (p. GO, éd. de Millig), traduit ainsi cet aphorisme : Neque is ad vilum redit, qui ex suspenso spumante ore delraclua est. Ce sens est confirmé par Galien

DES APHORISMES

( p. 643 ) et par Théophile. Cet aphorisme est sans doute une sorte d’exemple donné par Hippocrate pour montrer les dangers de l'asphyxie par quelque cause résidant dans les voies pulmonaires. M. Lallemand traduit : « Les pendus et les noyés, » lisant avec quelques éditeurs xaTaoucayivMv , au lieu de xxTa/uoJu.-:v<as ; mais, ni les interprètes anciens ni les Mss. n’autorisent ce changement de texte.

Aph. 4G. — 23. M. Lallemand traduit : « Quand un travail s’opère, etc. » il pense qu’Hippocrate attache ordinairement à itêvot l’idée de labor, travail; et il ajoute : « ce qui est vrai de la douleur ne l’est pas moins de tout acte laborieux de l’économie, tant à l’état pathologique qu’à l’état physiologique. C’est ainsi que, de deux maladies, la plus grave entrave la marche de l’autre ; c’est ainsi qu’agissent tous les dérivatifs; que le travail physiologique de la grossesse suspend la marche de la phthisie ; qu’une digestion laborieuse nuit aux fonctions cérébrales, et réciproquement; qu'un besoin , qu’une passion très énergiques en font oublier d’autres qui le sont moins Ces réflexions sont justes eu elles-mêmes, mais on ne saurait les appliquer rigoureusement au texte d’Hippocrate, et les intepréles anciens entendent ici formellement dans le sens d’oo-jjjj.

Aph. 60. — 24. Galien dit que par la fin de cet aphorisme Hippocrate entend que, si on ne veut pas être incommodé des changements qui peuvent arriver à l’improviste, il ne faut pas rester toujours dans ses habitudes, mais se livrer de temps en temps à des choses inaccoutumées.

Aph. 64. — 25. « Le très heureux sophiste Gésius, commentant cet aphorisme, disait à ses disciples : « Si vous voulez vous con- « vaincre de la vérité des paroles d’Hippocrate, vous n’avez qu’à « me considérer. » En cfTet, dans sa jeunesse, il avait une taille élevée et élégante; mais dans sa vieillesse il était devenu tout courbé. » (Étienne, p. 343.)

Aph. 1. — 1. Suivant Galien (p. 604), il y avait plusieurs manières d’écrire cet aphorisme , mais il ne cite qu’un de ces textes

1 Galien ( p. 550 ) . dit également que dans les chagrins , véritables maladies de l’amo, les plus forts obscurcissent les plus faibles, surtout quand ils n’ont pas la même origine; autrement ils se prêtent un mutuel appui.— On trouvera dans l’ouvrage éminemment pratique de M. le docteur Descurel, intitulé : la Médecine des Pussions (2e éd. Paris , 1843) dos considérations étendues et des faits détaillés, aussi curieux qu'attachants, sur l’antagonisme des passions et des besoins.

NOTES

différents de notre texte vulgaire; en voici la traduction: « Les vicissitudes des saisons engendrent de grandes maladies, et surtout dans les saisons les grandes vicissitudes. « — Suivant le même Galien , quelques interprètes , au lieu d’entendre ptraMai dans le sens de vicissitudes (altération dans leur constitution, &ùota»<$ r.zrà r<y xp&ttv z'jtûv , comme dit Théophile, p. 344), pensaient qu’il s’agissait de la succession des diverses saisons; il blâme avec raison cette interprétation ( cf. Introd. au traité des Airs , etc. , p. 185). — Par les autres qualités , il faut entendre la sécheresse et l’humidité , la nature et l’intensité des vents.

Aph.%. — ■ 2. Cet aphorisme est très irrégulièrement construit. J’ai suivi Galien vp. 666) et Théophile (p. 346).

Aph. b. — 3. Le texte porte fApvyy s«, xoùixt axlripzl. Galien (p. 571 ), pense qu’on peut sous-entendre nitywst après y&pvyyt s , ou rapporterce mot avec /.oùîxi à ar.ïripxi. Suivant Étienne (p. 350), Hippocrate a coutume de nommer la partie elle-mômc pour désigner l’état de souffrance de cette partie; ainsi , H dit la raie pour signifier une affection de la rate.

Aph.b. — 4. Auïoyptai ypixtiStii. J’ai suivi Galien (p. 571). Théophile (p. 360) lit : de la dysuric avec horripilation.

Aph. 12. 5. Je transcris Ici une note que M. Sichel a bien voulu me communiquer sur l’ophthalmie sèche. « OyQùpix ^pA, [Aph., III, 12, 14); [des liaux, des Airs, etc., p. 197,200, 207 de mon éd.j me parait être cetle conjonctivite palpébro-oculairc si fréquente , désignée sous le nom d’ophlhalmie catarrhale. Une sensation de raideur et de sécheresse accompagne cette oph- Ihalmic, surtout à son premier degré, où il n’y a presque pas de sécrétion. Cette sensation devient plus forte pendant les exaspérations qui ont lieu vers le soir (cf. traité de l’Ophth., etc., p. 197 et suiv.). Les constitutions atmosphériques, décrites par Hippocrate dans les passages cités, sont des constitutions catarrhales; aussi y trouve-t-on l’ophthalmie sèche associée aux coryzas, à la toux , etc., et à d’autres affections catarrhales des membranes muqueuses auxquelles la conjonctivite palpébrale appartient également. — VoplUlialmie humide (des Airs , ctc.,p. 196; Épid., I, p. 242, 276 , $. 18] , au contraire , me présente les symptômes de la selérotitc ou sclcritc qui , le plus souvent, est de nature rhumatismale » (cf. traité de Vüphlh., p. 54, 264 cl suiv.).

Aph. 14. — 6. Ah lieu de : o Des fièvres aiguës , des coryzas, » le texte de Dictz porte : « Des fièvres aiguës et des lièvres de longue durée. » Le texte vulg. est reproduit par le Mss. 1884.

Aph. 16. — 7. Suivant Galien (p, 603), quelques inter-

DES APHORISMES

prèles réunissent fûivüSe-i à ôyOa/juia i ; cl il faudrait traduire . des ophlhalmics avec phthisie, c’esl-à-dire avec fonte de l'œil. Si l’on sépare ces deux mots, il propose d’ajouter \r,pzl, sèches, conformément sans doute à l’aphorisme 12. — Galien voudrait que l'aphorisme suivant fût le premier de ceux qui traitent des constitutions atmosphériques , que l’aphorisme 15 fût le second, que le troisième fût l’aphorisme 5 , et le reste comme dans le texte vulg.

Aph. 17. — 8. AI. Lallemand traduit, avec presque tous scs devanciers: « donnent des vertiges dans les yeux, et produisent de la faiblesse dans les mouvements du corps ; » mais, outre qu’il ne me semble pas permis de dire qu’il y a des vertiges dans les yeux, le texte et les commentateurs anciens commandent l’inlerprétaliou que j’ai suivie.

Aph. 21. — 9. D'après Kraus (lib. cil., note 21 des Coaques), làpwx signiQc ou Yccthijma ou les sudamina. Galien dit (p. 620) :

« Les ïojswî. c sont des ulcérations superficielles qui rendent la peau rugueuse , et qui proviennent de l’abondance des sueurs. »

Aph. 20. — . 10. On retrouve encore dans le Ier livre du Prorrhéliquc (sent. S7), dans le traité des Articulations (§. 41, éd. de M. Littré, t. IV, p. 179), dans le II” livre des Epidémies (p. 1016, éd. de Focs) et aussi dans Celse (Il , 1 , in fine) la mention de celte luxation de la vertèbre du cou. Ces divers passages ont beaucoup arreté les commentateurs anciens et modernes; mais il est manifeste qu’il s’agit de la maladie désignée de nos jours sous le nom de luxation spontanée des articulations alloïdo-occipilale cl axoïdienne. Cette luxation, qui n'est pas très rare, mais qui n'avait, jusqu’à ces derniers temps, donné lieu qu’à des observations isolées, a été particuliérement étudiée par M. Bérard dans sa Th'csc pour le doctorat , et par M. (Minier dans son traité des dlaladies de la moelle et dans le Dictionnaire de médecine, t. IV, p. 305 , art. Allas.

Aph. 29. — 11. Par les autres maladies, Galien (1, 29, p. 041), parait entendre les autres fièvres aigues, c'est-à-dire les causus et les fièvres tierces. Théophile, au contraire, pense (p. 380) qu’il s’agit de la pleurésie, du phrénilis, et par celles qui viennent d'élrc mentionnées il comprend les maladies énumérées au commencement de l’aphorisme.

Aph. 31. — 12. Dans un savant Mémoire sur le glaucome (Annales d'oculistique , Bruxelles, 1842 ; voir aussi le compte rendu que j’ai fait de cet ouvrage dans Arch. de méd., juin 1843) , M. Sichel a établi d’une part que le mot yiseuxés n’a pas dans les auteurs anciens la signification de vert ou verdâtre que lui ont donné les

TsOTES

5/iO

lexicographes et les médecins modernes , mais que ce mot sert à désigner le bleu clair; et d’une autre part il démontre que le y/a jzwaz ou -/Xa ùxu^ti des médecins grecs et de leurs successeurs au moyen âge est ce que nous appelons la cataracte lenticulaire, et non la maladie désignée par Brisseau (1705) sous le nom de glaucome.

Aph. 1 . — 1 . Tà os vr.Tztx zat n^sîëÙTîoa, z. r. /. Théophile (p. 385) dit : •• U faut savoir qu’Hippocratc appelle v»j7ria les fœtus du 1er mois nu 4', pétx (moyens) du 4' au 7e, el np&G-ÙTspoi (plus âgés) du 7l au 9e.

Aph 3. — 2. Galien (p. CG2), dit que quelques-uns ont transporté ici cet aphorisme du lieu où il se trouvait primitivement (c’est-à-dire de la lr° section, Aph. 2.)

Aph 4. — 3. Le texte vulg. porte yapuazîvetv rz; âvw. Le texte de Dietz et du manuscrit 1884 ajoute xoûia;; ce mot manquait dans les exemplaires que Galien avait sous les yeux, car il dit qu’il faut le sous-entendre.

Aph. 8. — i. Le texte vulg. porte r si»; ùï ÿthvûcras vrcoorsXXojxivavi Tzj kj'j). Le texte de Théophile et d’ÉliCnnc (p. 388 389), n’ont pas ces deux derniers mots. Etienne dit même que cet apliorisme est mutilé et qu’il faut sous-cutendre s.zQxlpsiv. Van der Lind. lit : ri; zv» yapjzazeizî : c’est le texte suivi par Galien ( IV, 8, p. GOG ) ,’ par Damascius (p. 390) et par Oriliase ( p. 136).

Apli. 9. — 5. Il ne me semble pas, comme à M. Lallemand, qu’il faille expliquer la fin de cette sentence par l’aphorisme 2î, II, el entendre qu’Hippocrate a conseillé les purgations dans la mélancolie pour remédier à la constipation habituelle dans celte affection, traitant ainsi les contraires par les contraires. Le principe énoncé dans notre aphorisme 9 est le même que celui de l’aphorisme 21, 1 , comme Galien (p. 067) l’a très bien compris. Eu elfet, Hippocrate appelle atrabilaires ou mélancoliques ceux qui ont dans les voies inférieures une prédominance de bile noire, et il veut qu’on fasse sortir cette bile par les voies où elle se porte davantage, c’est-à-dire par en bas, ajoutant d’une manière générale que, dans le cas où les humeurs se portent vers les voies supérieures, il faut, d’après le même raisonnement que pour les me- • lancoliqurs, faire le contraire de ce qu’on fait pour eux, c’est-àdire purger par le haut.

Aph. 13. — 6. Le texte vulg. , celui de Dietz et le manuscrit 1 884 portent Ttpov/pzùietv ; mais il ressort du commentaire de Galien

DES APHORISMES. 5/tl

que Tipo «'existait pas dans les manuscrits qu’il avait sous les yeux, puisqu’il dit qu’il serait bon de l’ajouter.

Aph. 14.— 7. Au lieu de vaorùûj ( navigation ) que porte le texte vulg. , quelques-uns , suivant Galien (p. 674), écrivent vxut in (mal de mer) , ce qui a la même signification.

Aph. 17. — 8. M. Lallemand (p. 82), dit : « Il est remarquable que, dans l’aphorisme 17 et dans le 20e, Hippocrate a bien soin d'insister sur l’absence de la fièvre. En effet , si la fièvre était jointe aux symptômes qu’il énumère, clic indiquerait une inflammation de l’estomac dans le premier cas, des intestins dans le second ; et l’on conçoit que les émétiques et les purgatifs seraient alors éminemment dangereux. » Celle remarque est juste au point de vue de la science moderne, mais je ne la crois pas applicable à Hippocrate, qui ne craignait pas de purger dans le cas d’inflammation des organes digestifs, et qui du reste parait faire allusion ici à une surabondance d’humeurs dans les voies intestinales (état saburral ).

Aph. 18. — 9. J’ai ajouté les mots entre crochels pour me conformer à l’interprétation de Galien (378 ) et de Théoph. (p. 396).

Aph\ïà. — 10. Galien (p. 689 ) dit : « Quelque apparence qu'ait le sang signifie qu’il soit écumeux , rouge, jaune , noir, aqueux ou épais. La fin de cet aphorisme se présente avec une grande variété de leçons ; j’ai suivi Galien ( p. 689 ).

Aph. 26. — 11. Après des « lambeaux de chair, » le texte de Dietz porte : « ou des excréments noirs, » mots qui sc trouvent dans Oribase (p. 148), mais qui manquent dans Galien ( p. 691), dans Théophile et Damascius ( p. 400, 401.)

Aph. 31.— 12. M. Littré (t. I, p. 460) a parfaitement déterminé le sens du mot dépôt (ànôrraett) dans Hippocrate. Je lui emprunte le passage suivant : « La théorie du dépôt est étroitement liée à celle des autres crises et n’en est qu’une extension. Quand la matière morbifique n’a pas trouvé une issu» convenable, la nature la porte cl la fixe sur un point particulier. Le dépôt n’est pas un abcès; c’est tantôt une inflammation extérieure telle qu’un érysipèle , tantôt la tuméfaction d’une articulation , tantôt la gangrène d’une partie. De là celte distinction , obscure au premier coup d’œil , mais réelle , des maladies qui sont un vrai dépôt et qui amènent une amélioration , et de celles qui ne sont un dépôt qu’en apparence , et qui ne jouent aucun rôle dans la solution de la maladie. » Cf. aussi Foës , OEcon., et Kraus, lib. cit.

Aph. 33.— 13. C’est-à-dire, suivant Théophile ( p. 405), quand les articulations étaient souffrantes avant la maladie, c’est là que se fera le dépôt , si on a lieu de croire que la crise se fera

NOTES

par un dépôt. Galien (p. 701) dit que ces trois aphorismes qui ont chacun un sens particulier , ont aussi un sens commun , à savoir, que le dépôt sc fait sur les parties qui , avant ou pendant la maladie , sont le siège de quelque travail interne.

Aph. 35. — 14. Galien (IV, 35, p. 708) dit positivement qu’Ilippocrate ne désigne pas ici le lieu où il n’apparait pas de tumeur; [au cou «v t<5 Tpax>j/w ] donné par les textes vulgaires et par Diclz est donc une gloseque Van der Linden a omiseavec raison.

Aph. 36. ~ 15. Il ressort du commentaire de Galien (p. 713 ) , que, dans les manuscrits à lui connus, il n’y avait que trente et unième ou trente quatrième, mais que ces deux mots ne coexistaient pas. — [ La mort] est ajoutée par Aide et Dielz. — Cf. sur cet aph. le commentaire de Galien et aussi Étienne (p. 407).

Aph. 41. — 16. Il faudrait ajouter : car c’est un indice qu’antécédcmment on a trop mangé. — D’après Galien ( p. 719), le mot abondante (rro/ûî) , après sueur, n’existait pas dans le texte primitif, et il a été ajouté avec raison, suivant lui, par quelques éditeurs; en effet, si la sueur n’était pas copieuse, elle pourrait venir soit de la débilité des forces, soit de la raréfaction du corps. D’après le même Galien , quelques-uns effaçaient sans quelque cause apparente.

Aph. 44. — 17. Voir la note 45 de la 118e sentence des Coaques.

Aph. il. — 18. Galien ( p. 727 ) dit que, dans les manuscrits, ]a dernière phrase de cet aph. était écrite de deux manières : 1°. comme il l’a donnée en tête de son commentaire, c’esl-â-dire avec la négation ; 2°. sans la négation. Le première leçon est préférable. — Au lieu de : par ces voies, Théophile lisait : ow par la bouche, ou par les urines, ou par les selles. Galien ne paraît avoir eu ni l’une ni l’autre leçon , qui 6ont peut-être des gloses.

Aph. 49. — 19. Galien (p. 729) et Théophile (p. 414) attribuent celte déviation d’une partie de la face à une affection profonde des nerfs ou de l’encéphale ; ils justifient ainsi la gravité du pronostic que porte Hippocrate.

Aph. 52. — 20. Galien (732) voudrait que, conformément à la doctrine du Pronostic, §. 2, p. 67, on lût : inquiétant au lieu de plus inquiétant que porte le texte vulgaire, et qu’il regarde comme une faute venant du copiste et non d’Hippocrate.

Aph. 55. — 21. Cet aphorisme se retrouve avec quelques développements dans le IIe liv. des IJpid., p. 1026, édit, de Foës. L’auteur du IIIe livredes Epidémies (§. 18, p. 276) parle aussi de l’apparition de tumeurs aux aines. En rapprochant ces passages, on sera tenté de croire qu’Hippocrate et les hippocratistes avaient quelques connaissances de la peste à bubons. — Du reste , d’après un texte

DES APHORISMES. 543

de Rufus ( qui vivait de l’an 97 à l’an 117 après J.-C.) publié pour la première fois par Msr le card. A. Mai ( Classici auct., t. IV, p. Il), il demeure établi que la peste à bubons était connue bien avant le vr siècle, époque à laquelle tous les épidémiogruphes en rapportaient la première apparition. (Cf. aussi M. Littré, t. II, p. 58 i, et t. III, p. 1 et suiv.)

Aph. 5G. — 22. Galien ( p. 734 ) dit qu’il aurait fallu réuuircet aphorisme au 42e. (Cf. aussi Étienne, p. 419).

Aph. 57. — 23. Suivant Étienne (p. 420), Hippocrate aurait dù dire le symptôme et non la maladie , car le tétanos est un symptôme et non une maladie ; cette réflexion marque un progrès immense sur la médecine d’Hippocrate.

Aph. Cl. — 2i. Le texte vulgaire cl le manuscrit 1884 portent: ê» itzpiisfpcj r.ptpyji-, Théophile avait lu ainsi tout en disant que è. 7t, était pour hr.piiip.au vj.; mais Galien, qui avait aussi la première leçon sons les yeux, la blâme par la comparaison des doctrines du Pronostic, des lipidémies et du livre même des Aphorismes ; il veut qu’on lise critiques , au lieu de impairs, bien que cette dernière leçon soit donnée par le plus grand nombre des manuscrits. I)u reste il dit, en commençant, que cet aphorisme pourrait bien avoir été introduit furtivement parmi ceux d’Hippocrate.— Étienne, voulant justifier la leçon vulgaire, dit : « On pourra objecter que le quatrième et le quatorzième jour sont critiques quoique pairs ; mais le quatrième juge rarement , et le quatorzième ne juge pas comme nombre pair, mais comme impair; car si le huitième jour est le commencement de la deuxième semaine , le quatorzième est le septième de cette deuxième semaine. » — Après cet aphorisme, Théophile et beaucoup de manuscrits en donnent un autre ainsi conçu : « Dans les jours pairs, les crises sont difficiles et la maladie est sujette à retour. » Cet aphorisme que Galien a omis, pareequ’il le croyait interpolé, à ce que dit Étienne (je ne trouve rien de tout cela dans le commentaire de Galien), estla contre-partie du précédentct justifierait la leçon vulgaire ; mais il me semble plus rationnel de regarder cet aphorisme comme interpolé, et de suivre Galien.

Aph. 62. — 25. J’ai suivi Van der Linden ctDiclz, qui mettent entre crochets les mots grecs correspondant au membre de phrase : à moins qu’il n'y ail, etc. Galien (p. 744 ) remarque en effet que cette restriction a été ajoutée dans quelques exemplaires.

Aph. G4. — 26. Galien voudrait qu’on réunit cet aphorisme au G2e dont il estla suite naturelle. — Le 11e jour est ajouté par le texte de Dietz.

Aph. C7. —27. Galien (p. 748) dit qu'on trouve dans quelques exemplaires novot, au lieu de yàêoi.

' NOTES

Aph. 69. — 28. Suivant Galien (p. 751), Nutnésianus cl Uionisius écrivaient, au lieu <lc Opopèùosx (grumeleuses ou noconneuses), âop&p'JtSia. ( bourbeuses), en rattachant à ce mot un sens de fétidité; mais celle interprétation est en désaccord avec le contexte, où il y a une opposition entre le mot QpopZùSîz et /istm (ténue). — Qpoft-Zùàii est pris, pour marquer l’épaisseur des urines, ou pour indiquer l’inégalité et la dispersion du sédiment qui semble réuni en grumeaux.

Aph. 70. — 29. Cf. sur cet aphorisme Galien ( p. 753 ).

Aph. 71. — 30. Ce dernier membre de phrase, suivant Galien (p. 755), se rapporte aux déjections et aux crachats, et non à la veille , au sommeil , à la respiration , au dvcubilus, etc., comme le veulent certains interprètes qui se mêlent d’expliquer Hippocrate avant d’en connaître toute la doctrine et qui montrent ici leur ignorance comme en beaucoup d’autres endroits de leurs commentaires sur le livre des Aphorismes.

Aph. 72. — 31. Il y avait un autre texte de cet aphorisme auquel Celse (II, 4) s’est conformé, et que Galien parait préférer aux autres comme plus médical; il porte ( p. 760) : « Les urines transparentes et incolores sont funestes surtout chez les phrénétiques. En conservant : elles apparaissent sur tout chez les phrcncUques.Galien voudrait qu’on ajoutât : qui sont dans un étal pernicieux.

Aph. 73. ■ — 32. Cf. note 12, aph. 19, II, et Gai., p. 762.

Aph. 75. — 33. Le texte vulgaire a : THv xîpx r, îiüov, leçon adoptée par Celse (II, 7); xxi est la leçon donnée par Galien (p. 766) et suivie par Théophile dans son commentaire (p. 432); elle est la plus vraie au point de vue médical : on sait , en effet , que le simple pissement de sang dépend de beaucoup de causes autres qu’une ulcération du rein. Quant à la sortie du pus mêlé ou non avec les urines , elle se rattache nécessairement à une ulcération de quelque partie de l’appareil urinaire.

Aph. 76. — 34. Le texte vulgaire porte : Sxpxîx p.i/.px &n up. Suivant Galien (p. 768 ), la disjonctive n (ou) manque dans la plupart des exemplaires, ce qui est, dit-il, une leçon très vicieuse; car autre chose sont les morceaux de chair qui viennent de la substance même du rein , autre chose sont les matières piliformes déposées dans le rein par suite d'une affection du système veineux. Il rapporte même la guérison d’un homme affecté de cette dernière maladie, que les médecins appellent TpiytxvU , et qui rendait de ces corps piliformes longs d’une demi-coudée. Ce malade fut guéri à l’aide d’un régime atténuant. Ces corps piliformes ne sont autre chose, ce me semble, que des caillots librineux provenant d’une hémorragie du rein, et qui se sont moulés sur la forme des

DES APHORISMES

uretères. Il me paraît difficile d'admettre que des morceau* de chair puissentdesccndre du rein ; il faudrait pour cela supposer une désorganisation telle que la mort arriverait certainement avant que rien de semblable sc fût manifesté. Peut-être Hippocrate et Galien ont pris pour des morceau* de la substance meme du rein, les fausses membranes qui sc forment quelquefois dans le cas de cystite profonde, qui se détachent par lambeau* et qui sortent par l’urètre. Peut-être s’agit-il aussi de fongosités de la vessie, détachées également par petites portions et expulsées par le canal de l’urètre.

Aph. 77. — 35. Rufus (de Morb. resicœ , p. 125, éd. de De Mallhæi), après avoir énoncé ces symptômes fournis par les urines , ajoute que les malades éprouvent des douleurs poignantes à l’épigastre et au bas-ventre ; ces douleurs vont en augmentant à mesure que la maladie fait des progrès. Elles deviennent très vives quand la vessie a fini par s’ulcérer. — La psoriasc vésicale d'Hippocrate et de Rufus me semble devoir être rapportée à la cystite chronique, simple d’abord, puis profonde, et accompagnée de catarrhe vésical.

Aph. 78. — 3G. Suivant Galien (p. 774), par le mot spontané Hippocrate entend , ou sans cause externe ou sans qu'il y ait eu de symptôme précurseur.

Aph. 79. — 37. Le texte vulgaire porte : « Chez ceux dont les urines, etc., la vessie contient des pierres. » Galien (p. 775) pense qu’tlippocratc a sous-entendu ou que le copiste a omis : les reins ; car, dit-il , soit qu’il y ait des pierres dans la vessie , soit qu’il y en ait dans les reins, les urines sont sablonneuses. Ainsi, pour Galien, la présence du sable dans les urines est un signe de la présence de calculs dans les reins ou dans la vessie. L’auteur du IVP livre des Maladies (voir p. 419, note 35 ) dit que les ealculeux rendent une urine sablonneuse; Hippocrate, au contraire, dans le traité des Airs, ele. (p. 205), assure que leur urine est très claire. D’un autre côté, l’auteur du traité des Affections (p. 539, éd. de Foës) , après avoir énuméré les symptômes d'une maladie qui est, à mon avis, la néphrite calculeusc, blême les médecins de son temps de ce qu’ils regardaient les urines sablonneuses comme indiquant la présence d’un calcul dans la vessie, tandis que, dans ce cas, c’est le rein qui est ealculeux. Cet auteur est dans le vrai au point de vue de la science moderne. D’un autre côté, Rufus (p. 88 et 94, éd. de De Matthæi) elSoranus (p. 152 , éd. de Dietz) regardent les urines sablonneuses comme indiquant que le rein est ealculeux.

Aph. 80. — 38. Tà nfp>. t«v xùirriï. J'ai suivi Galien ( p. 77(5 ).

Aph. 81. — 39. K ai est la leçon la plus ordinaire; certains exemplaires ont >3 (Gai., p. 777).

Aph. 82. — 40. « Galien pense qo'Hippocrate n’a pas seulement

NOTES

voulu parler de la disparition de ces tumeurs, mais encore de la guérison de Vischurie qu’elles occasionnent. En effet, l’obstacle qui s’oppose au libre cours des urines consiste, quelquefois, dans une induration développée à l’extérieur de l'urètre. Lorsqu’une sonde , ou toute autre cause , y provoque une inflammation et que le pus se tait jour au dehors , la tumeur se fond , la cicatrice s’étend jusqu’à la peau et le canal reste libre. » ( M. Lallemand.)

Aph. 2. — 1. Quelques exemplaires, au dire de Théophile, (p. 4=19) portent : ‘Erri rpxvp.art, au lieu de Tp-âpxTt du texte vulgaire. Ces deux expressions veulent bien dire une solution de continuité; mais to'/ûuk se rapporte aux chairs, zpôipx ou v-jypx aux nerfs, c’est ici le cas. « Hippocrate et les anciens médecins, dit Étienne (p. 439), appelaient du nom de r pv'jpx toute solution de continuité ; les médecins modernesdonnent un nom à chaque espèce de blessures, suivant les parties divisées. Ils disent ’ù/.os pour les chairs , x&rxypz pour les os , viiypx pour les nerfs.

Apli. 3. — 2. Un flux de sang par le nez ou par le siège. (Théophile, p. 139.)

Aph. 5. — 3. Ici, et en plusieurs autres endroits de ses Scholies, Étienne attribue à Galien des interprétations et des corrections de textes dont je n’ai retrouvé aucune trace dans ses commentaires tels que nous les possédons aujourd’hui. Galien nous apprend (Com. I, 1 4 , in Aph.) qu’il avait fait deux éditions de ses commentaires; Étienne aurait-il eu sous les yeux la première édition que nous avons perdue , ou une troisième faite après celle que nous possédons , et qui ne serait pas arrivée jusqu’à nous3 ou bien ce scholiastc aurait-il été infidèle dans scs citations ? Voilà deux questions pour ia solution desquelles je n’ai aucune donnée positive.

Aph. (i bis. — 4. Suivant Etienne et Oribnsc cet aph. a été omis à tort par ceux qui le confondent avec l’aph. 57 , IV1 sect.

Aph. 7. — 5. Tà no).)â, que j’ai traduit par ordinairement, est une addition signalée par Galien (p. 792), et qui n’était pas la leçon la plus ordinaire.

Apli. 8. — C. C’est-à-dire s’ils ne sont pas débarrassés par les crachats des humeurs qui obstruent le poumon (Théophile et Daniascius, p 444 ). Celle explication se rapporte aussi à l’aph. 15 ci-dessous et à la aSMi*- sent, dos Coaques.

Aph. 10. — 7. Théophile (p. 445) veut qu’on donne âcet aphorisme une forme conditionnelle et qu’on interprète : Si l’csquinaneie disparait et qu’elle se porte sur le poumon , les malades , etc. Quelques manuscrits donnent cette forme conditionnelle

DES APHORISMES

Aph. 1 1 . — 8. Le texte vulgaire porte inoSfaeowi. Galien, selon Étienne (car rien de cela ne sc trouve dans son commentaire), aurait lu sur certains exemplaires iveuiovt » (mauvaise leçon), àva€*iTTouïtv et àvaTTÛo-jrtv. Cette dernière leçon parait être celle que Galien avait sous les yeux.

Aph. 13. — 9. Le texte vulgaire porte àvaîrTÙswt. Galien (p. 797), beaucoup de manuscrits et beaucoup d’interprètes avaient ijj.ioM’Ji , prétendant qu’Hippocrntc s’était servi métaphoriquement de cette expression pour marquer l’abondance du sang. Galien blâme cette interprétation , rejette i/iiovn et va jusqu’à dire qu’Hippocrate aurait fait un abus de langage s’il était vrai qu’il se fût servi de ce mot; il lit àvmrrioiwt ou &vaSvjTTouff£. On dit encore aujourd’hui dans le monde vomir le sang, quand on parle d’un crachement de sang abondant ; et il est possible, quoi qu’en pense Galien, que cette locution eût son équivalent du temps d’Hippocrate et qu’il s’en soit servi au lieu de l’expression technique; du reste, elle se retrouve dans le I" livre des Maladies, p. 456, éd. de Foés; voir aussi note 148e des Coaques , in fine.

Aph. 16. — 10. Ce dernier membre de phrase se présente avec une grande variété de leçons (Gai., p. 802). J’ai suivi l’interprétation la plus rationnelle.

Aph. 19. — 11. J’ai suivi pour la fin de cet aphorisme le texte qui m’a paru avoir le plus d’autorités en sa faveur. C’est, du reste, celui qui est commenté par Théophile et par Damascius(p. 451 , 452). Le texte de Bàfe , conservé par Focs , qui suit néanmoins dans sa traduction le texte auquel je me suis conformé, porte : « excepté celles (les parties) qui vont devenir le siège d’une hémorragie. »

Aph. 23. — 12. J’ai fait ici une restitution analogue à la précédente; j’aiajouté [a lieu ou] au texte vulgaire, sur l’autorité de Galien (p. 812), de Théophile et de Damascius(p. 456).

Aph. 29. — 13. Cet aphorisme manque dans Diclz et les scholiastcs. Galien remarque que c’est uue répétition de l’aph. 1 , IV, et que quelques éditeurs l’ont effacé.

Aph. 35. — |4. Le mot ùmptxüj est obscur, dit Galien (p. 824): les uns l’entendent de toutes espèces d’affections de la matrice, d’autres de l’hystérie seulement, d’autres enfin de l’arrière-faix ; mais il ne serait pas vrai de dire que l’éternument est bon dans les ulcérations ou autres maladies profondes de l’utérus. Rien ne prouve qu’il s’agit ici de l’expulsion de l’arrière-faix. Il faut donc admettre qu’il s’agit de l’hystérie avec sTiffocation.

Aph. 36. — 15. J’ai suivi Théoph. et Damasc. (p. 463 , 464).

Aph. 40. — 16. Galien doute de la vérité de cet aphorisme, du moins dans la pratique ordinaire. — Étienne, p. 465, dit que Galien

5Zt8

NOTES

déclare cet aphorisme faux; mais il ajoute : •< Comme Hippocrate n’a pu se tromper, il faut admettre que nous n’avons pas vu ce qu’Hippocrate a vu quelquefois. »

Aph. 41. — 17. Celle restriction parait avoir été sous les yeux de Théoph. ; il n’en reste pas de vestige dans le Coin, de Galien.

Aph. 44. — 18. Je m’en suis rigoureusement tenu pour cet aphorisme à la lettre du texte. On peut voir dans Galien (p. 836 > les diverses interprétations auxquelles il a donné lieu.

Aph. 45. — il). Suivant Théophile ( S'chol ., p. 467), les cotylédons sont des membranes qui affermissent les auastomoses des vaisseaux de la matrice. Dans son traité de Fab. corp. hum.( p. 215, éd. d'Oxford), il dit que ce sont les bouches mêmes des vaisseaux de la matrice ; définition donnée aussi par Proxagoras ( Ie» liv. des Choses naturelles). Si l’on en croit Galien (p. 838), Hippocrate appelle cotylédons les orifices des vaisseaux ( artères et veines), à l’aide desquels le chorion est uni à la matrice, et non, comme le pensent quelques-uns, les glandes charnues qui se développent [pendant la grossesse] 1 ; car il est dit, dans le prepiier livre des Maladies des femmes ; « Si les cotylédons se remplissent de phlegme, les menstrues sont peu abondantes. »

Aph. 47. — 20. Galien dit (p. 840) : Hippocrate appelle tpy-oTo-j la matrice qui a besoin d’être pansée avec de la charpie. Je crois qu’il s’agit ici, non d’une descente de matrice , mais d’une de ces inclinaisons latérales décrites dans le livre f Ie des Maladies des femmes , et dans le traité de la Nature de la femme. C’est du reste le sens de Théophile (p. 469).

Aph. 50. — 21. Le texte vulgaire porte : « w; pe/iarr,*', » Galien ( p. 842) dit que 6>i a été ajouté , par quelques éditeurs, pour marquer qu’il fallait produire une grande révulsion. Damascius parait aussi n’avoir pas lu ce mot. — Au lieu dcTt pii (sur) , Galien veut inà (sous), pareeque, sous les mamelles, les veines qui viennent d’en bas sont plus abondantes.

Aph. 54. — 22. Galien (p. 850) dit qu’il faudrait placer cet aphorisme après le 61e.

Aph. 55. — 23. J’ai suivi le texte de Dielz et de Théophile ( p. 473 ) , qui est peut-être aussi celui de Galien ( p. 851 ) , au lieu du texte vulgaire qui porte : « deviennent très maigres. »

Aph. 56. — 24. « Certains Mss. portent la disjonclive d’autres

' Galien fait allusion ici à ce qui se passe elicz les animaux, où le placenta est en effet partagé en lobes ( glandes charnues ) , que les vétérinaires appellent cotylédons ; il jugeait par une fausse analogie qu'il devait en être de même chez la femme. — Cf. pour ce qui regarde les cotylédons chez les anciens , Soranus , de Arte nbst. ( p. 72 ) et Greenhill , ad Theop. ( p. 333.)

DES APHORISMES

la copul. y xi ; la première leçon est la meilleure. » (Etienne, p. 474).

Aph. 57. — 25. Il est difficile de savoir si Hippocrate a entendu les maladies qui précèdent ou qui suivent la polymènorrhée ou l'aménorrhée. Quoi qu’il en soit , et malgré l’opinion contraire de Galien, cet aphorisme n’est pas exact, car quelles que soient les anomalies dans les menstrues , les maladies dont elles sont la suite ou qu’elles produisent ont leur siège tantdt dans l’utérus, tantôt ÿans une autre partie du corps.

Aph. 68. — 26. Dans le texte de Dietz, la stranguiie est placée après V inflammation du reclum et de l’utérus. Ce n’est pas une faute de typographie, car Oribase parait avoir eu cette leçon sous les yeux ; Bosquillon la reproduit ; Galien a le texte vulgaire.

Aph. 50. — 27. Chez les anciens ces épreuves étaient employées Juridiquement pour savoir si une femme était stérile ou non.

Aph. 60. — 28. Le texte de Dietz ajoute ici noiïxi [en abondance]. Ce mot se trouve aussi dans quelques manuscrits. Galien dit bien que le pluriel suppose l’abondance et la fréquence, mais il ne dit pas que ces deux choses soient explicitement exprimées. Cette addition provient sans doute de ce que, voyant la fausseté de la sentence d’Hippocrate, on a voulu la justifier, comme le font du reste Théophile et Galien , en disant qu’il s’agit de menstrues abondantes, mais que, chez une femme pléthorique, un peu de sang qui s'écoule ne nuit pas à l’enfant.

Aph. 62. — 29. Cet aphorisme se retrouve presque textuellement à la fin du deuxième livre des Prorrhéliques. Galien (p. 859, 860) pense , avec la plupart des commentateurs, que l’aphorisme suivant est interpolé ; il ne lui trouve aucun sens. C’était aussi l’opinion de Théophile et de Damascius (p. 479).

Aph. 64. — 80. Cet aphorisme se présente avec une grande variété de leçons dans les manuscrits , dans Dietz et dans Galien. J’ai suivi le texte le plus ordinaire. On remarquera, avec M. Littré (t. I , p. 52) , que dans les Ve et VIIe livres des Épidémies, Pytoclès donnait à ses malades du lait étendu de beaucoup d’eau.

Aph. 65. — 3t. Cet aphorisme se retrouve, ainsi que les quatre suivants, dans le liv. II des Epidémies. — Il parait que Galien lisait .• « ou des douleurs aiguës et des empyèmes , » et non « ou des empyèmes. »

Aph. 66. — 32. Galien ( p. 880 ) donne plusieurs manières d’écrire cet aphorisme. J’ai suivi les leçons qu’il préfère. Le texte que M. Lallemand donne, comme étant celui de Galien, n’est que le texte placé en tête du commentaire de ce dernier, et non celui qu’il admet. M. Lallemand imprime : ii/vpiiv xxi n ow,püv Tpxupxruv ; dans les variantes que donne Galien il n’est pas question d ’h/vpüy,

NOTES

Aph, 69. — 33. Au lieu de : * Les hommes ont la peau rare , les poils en sont la preuve , » on lit dans le passage parallèle du II* livre des lipidémies • « La peau est rare, les poils des animaux en sont la preuve. »

Aph. 2. — 1. Je complète cet aphorisme en plaçant sous les yeux du lecteur l'admirable tableau qu'a tracé, de la consomption dorsale par suite du libertinage , l’auteur du traité des Maladies. J’emprunte la traduction è M. Lallemand. ( Coir t. II, p. 320 de son beau traité sur les Pertes séminales involontaires. « Consomption dorsale. La consomption dorsale vient de la moelle. Elle affecte principalement les nouveaux mariés et les libertins. Ils sont sans flèvre, ils mangent bien ; cependant ils dépérissent. Si vous les interrogez, ils vous diront qu’il leur semble sentir des fourmis descendre de la tète le long du dos. Lorsqu’ils urinent ou qu’ils vont à la selle, ils rendent beaucoup de sperme liquide, et la génération n’a pas lieu. Ils ont des évacuations [pollutions] pendant leurs songes , qu’ils couchent avec une femme ou non. Lorsqu’ils marchent ou qu’ils courent, surtout en montant, ils éprouvent de l’essoufflement , de la faiblesse , de la pesanteur et des sifflements dans les oreilles. Si , plus tard , ils sont pris de lièvre ardente , ils meurent de lipyrie » (des Maladies , II, §. 49).

Aph. 9. — 2. D’après Aide, Dietz et Oribase, il faudrait traduire : « les larges exanthèmes et qui ne causent point de démangeaison, sont difficiles à guérir. » Galien ( t. XVIII, p. 19) et Théophile ( p. 490 ) ont suivi le texte vulgaire.

Aph. 10. — 3. J’ai suivi l’interprétation de Théophile ; Galien ( p. 20 ), ne parait pas avoir lu : ou du sang par les narines.

Aph. 12. — 4. Le texte vulgaire conservé par Foës , qui traduit néanmoins comme je l’ai fait , porte : pï> plr, o'j).xyQfj ( si on en

conserve une); mais Galien ( p. 22), Damascius et Théophile ( p. 492 ) ont : r,v pô- Cette leçon est d’une part appuyée sur l’expérience journalière; et d’une autre part sur plusieurs autres passages de la collection hippocratique. Ainsi ,à la fin du liv. IV des Epid., p. 1 189, éd. de Foés , il est dit qu’Alcippc devint fou pour avoir été radicalement guéri de ses hémorroïdes; et dans le VIe liv. des Epid., sect. 3, sent. 28, l’auteur appelle ôjtm u0*vt*< àr.zipuç ceux qui guérissent à contre-temps toutes les hémorroïdes. Enfin on lit dans l’appendice au traité dans les Maladies aigues, g. 29, t. II, p- 517, éd. de M. Littré : « Four les hémorroïdes , vous les traverserez avec l’aiguille , et vous les lierez avec un brin de laine non lavée , aussi épais et aussi long que possible; car cela rend l’opération plus sûre.

DES APHORISMES

Après avoir serré la ligature, servez-vous d’un médicament corrosif , n’employez pas de fomentations humides avant ta chute des hémorroïdes. Ayez soin d’en laisser toujours une. » Il est vrai que dan* je traité des Hémorroïdes il est expressément recommandé de eau» tériser tontes les hémorroïdes et de n’en laisser subsister aucune. Cette opposition n’a rien qui doive étonner , puisque les écrits qui composent la collection viennent de divers écrivains qui se combattent souvent l’un l'autre ; et c’est peut-être à l'auteur du traité des Hémor. que l’auteur du Vl'liv. des Épid. s’adresse indirectement par cette épithète d’à/at/suj , donnée aux chirurgiens qui guérissaient toutes les hémorroïdes. I/autcur du Traité des Hémorroïdes usait de quatre procédés pour la "cure de cette maladie s 1 la cautérisation transcurrente, qui desséchait les tumeurs hémorroïdales sans les brûler; 2°. l’excision ou plutôt la rescision; et après l’opération, l’emploi des hémostatiques; 3°. la cautérisation avec les cscharrotiqucs ; 4°. l'arrachement des bourrelets hémorroïdaux externes ou internes, dont le pédicule est bien prononcé. Pour les hémorroïdes internes, l’auteur portait le cautère dans l’intérieur du rectum à l’aide d’un spéculum ani.

Aph. 14. — 5. Je suppose qu’il s’agit ici de l’anasarque, maladie dans laquelle Hippocrate croyait les vaisseaux remplis d’eau, et qui se guérit quelquefois, comme on le sait, par d'abondantes évacuations alvines liquides. — Cet aphorisme est reproduit par la 4G1« gcntcnce des Conques ; c’est à tort que j’ai vu dans cette 4Cle sentence (cf. p. 92) la mention de l’hydropisie ascite; quel que soit du reste le sens que j e donne à cette sentence, je me suis également trompé quand j’ai cru y trouver une doctrine opposée à celle professée aujourd’hui sur la solution des hydropisies par l’absorption de l’eau épanchée dans l’abdomen cl transportée ensuite par les veines dans les intestins cl la vessie. En eiîet, si ou admet qu’Hippocrate a parlé de l’hydropisic ascite , on trouvera qu’il y a plutôt un rapprochement à faire qu’une opposition à marquer entre sa doctrine et la nôtre.

Aph. 18. — 6. « Comme OavarüSts, dit Galien, p. 27 elsuiv. , signifie dans Hippocrate tantôt nécessairement , tantôt probablement mortel , il est difficile de savoir s’il a prétendu que , dans tous ces cas , la mort est inévitable ou seulement que la guérison est très difficile et très rare. Les uns pensent que toute plaie du cœur est nécessairement mortelle; mais d’autres soutiennent qu’il faut que la blessure pénètre dans les ventricules, cl qu’Hippocrate a voulu marquer celte condition en se servant du verbe St*x6itretv (diviser de part en part). Ou croit également que les plaies de la vessie, de la partie nerveuse (ceutre)du diaphragme et des petits

NOTES

intestins ne peuvent se réunir. Quant aux plaies de l’estomac, on rapporte des cas de guérison ; on dit même que non-seulement des plaies profondes du foie se sont guéries, mais qu’on a pu enlever impunément un lobe tout entier ; et l’on sait que l’auteur du traité des Plaies dangereuses (que ce soit Hippocrate ou un autre) a entrepris la guérison de semblables blessures. » Après avoir rapporté l’opinion des autres chirurgiens , Galien énonce la sienne de la manière suivante : « On peut accorder que les plaies du cœur et du diaphragme ne se réunissent point à cause de la mobilité de ces parties, et qu’il en est de même pour les plaies du corps de la vessie, pareequ’il est nerveux (fibreux) et exsangue; mais on sait, par l’opération de la taille, que les plaies faites nu col de cet organe sont susceptibles de réunion. Quant aux plaies du foie , elles causent de grandes hémorragies, et les malades meurent avant qu’elles se soient guéries. Ainsi, ils s’écartent de la vérité, ceux qui disent avoir vu se guérir des plaies même superficielles du foie ; ils s’en écartent surtout, ceux qui prétendent avoir vu enlever impunément des lobes tout entiers. Quand mon précepteur Pélops vivait encore , j’ai observé, à Smyrnc, en Ionie, un homme qui guérit d’une grande plaie du cerveau; mais on sait que les plaies qui pénètrent dans les ventricules sont de nécessité mortelles. Les plaies superficielles de l’estomac et des petits intestins se guérissent quelquefois; celles qui sont pénétrantes se réunissent rarement. Je ne crois pas que ce soit à cause de la nature de leur substance , mais pnrccqu’on ne peut pas y porter de médicaments comme sur les plaies externes. Aussi l’auteur du traité des Plaies dangereuses [ouvrage perdu] traitait les plaies du canal intestinal par des médicaments pris à l’intérieur. » Je tenais à rapporter ce commentaire en entier pour fiier l’état de la science ancienne sur la question de pathologie chirurgicale soulevée par Hippocrate. Si l’on compare ces données avec les résultats de l’observation moderne, on trouvera que les propositions d’Hippocrate et de Galien sont vagues , que certaines sont inexactes et d’autres fausses. Je ne veux point abuser de l’espace qui m’est donné pour établir des rapprochements que chacun pourra faire , en consultant le premier ouvrage de chirurgie qui lui tombera sous la main.de La Motte, Boyer, Cooper, Dupuyren, Cliléius, par exemple.

Aph. 19. — 7. Galien pense que les chairs peuvent se régénérer, mais que ni les cartilages ni lesos nepeuvent se reproduire. « Tour ce qui est des fractures, dit Galien (p. JO), on se trompe en pensant que les fragments des os peuvent se rejoindre. 11 est facile de se convaincre du contraire à l’inspection du cal qui se forme dans les fracturcschez certains animaux. Qu’on les examine morts ou vivants,

DES APHORISMES

on terra par la'disseclion que les parties divisées ont été réunies par une espèce de lien circulaire,- et si l’on détache le cal en le grattant, on s’apercevra que les parties profondes de la fracture sont encore séparées. # (Trad. de M. Lallemand.' — Le savant chirurgien que je viens de citer remarque que Galien n’a probablement examiné le cal que dans les premiers mois qui suivent la fracture, c’est-à-dire dans la première période, cal provisoire de Dupuytren; car, plus tard, il aurait vu que la matière gélatineuse qui séparait les deux fragments, finit par s’incruster de phosphate de chaux et par acquérir meme une dureté plus grande que celle de l’os ordinaire. J’ajouterai que cela est surtout constant dans les fractures qui intéressent l’extrémité des os.— « On sait , du reste, aujourd’hui que la nature reproduit certaines parties des tissus vivants dans certaines circonstances.... Chez l’homme, on ne voit pas d’organe complexe se régénérer...; toutefois, on ne peut nier qu’il y ail reproduction nouvelle à la surface des plaies. Il est également certain qu’il sc forme de toute pièce et par l’organisation ultérieure de la matière plastique des tissus plus composés, tels que les tissus osseux, fibreux, celluleux, séreux , et que des muqueuses accidentelles se développent dans certaines conditions données. » ( Conipend. de chirurgie, t. I , p. 31 1 ; Dict. de médecine , t. XXIV, p. 547 ; articles de M. A. Bérard.) La vérité n’est donc exclusivement ni du côté d’Hippocrate ni du côté de Galien.

slph. 20. — 8. Le sens que j’ai suivi est celui de la plupart des interprètes (Gai., p. 32); il est, du reste, le plus naturel. Suivant quelques uns, il s’agirait soit de l’estomac, soit du ventre en général. Quoi qu’il en soit, pour que cct aphorisme fût vrai, il faudrait entendre èxjrunîô^vat, non pas dans le sens de corruption, mais dans celui d'allcration. Celse ( II, 7) traduit : *SÏ in ventrem sauçais confluxit, ibi in pus vcrlilur.

slph. 22. — 9. Le texte vulgaire et plusieurs interprètes ont piy/zarx. J’ai suivi Galien , qui dit : « Quelques manuscrits ont une meilleure leçon, qui est à/y^ara. Le texte de Dictz porte p. /al à;., et Théophile (p. 497) avait lu piy. r, à/y.

slph. 24. — 10. Galien voudrait qu’on rejetât cet aphorisme, répétition inutile d’une partie de l’apli. 18. slph. 2G. — il. Galien doute de la légitimité de cct aphorisme. slph. 27. — 12. Cf. p. 423 et p. 4(50, notes 25 cl 143. — Érasistratc , qui avait écrit longuement et habilement sur les hydropisies, était du même avis qu’Hippocrate (Gai., p. 39).

J pli. 28. — 13. Celse, ( IV, 24), traduit : « Sont rarement ( raro ) attaqués de la podagre. »

KOTES

Aph. 29. — 14. Après « la femme n’est pas attaquée de la podagre , » un Ms. de Dictz , porte : « avant de s’être livrée aux plaisirs de Vénus , etc. » Celse ( IV, 24) a traduit le texte vulgaire.

Aph. 30. — 15. Galien (p. 57) veut : « La saignée guérit aussi ( x*c ) ; ( Étienne, p. 505, dit que quelques manuscrits ont ce xat ) la dysuric qui vient de réplétion sanguine, » cherchant ainsi à modifier le sens absolu de cet aphorisme qu’il regarde , du reste , comme apocryphe, car Hippocrate dit qu’il faut saigner le creux poplité ou les malléoles dans les maladies des organes sous-diaphragmatiques, et ici on ne peut entendre que les veines du bras.

Aph. 37. — 16. M. Lallemand ajoute : car la maladie se parle au dehors, prétendant qu’il suit le texte de Galien; mais cela est inexact, car Galien (VII, p. 155), à propos de l’aph. 49, répétition du 37 , VI, donne positivement le texte que j’ai suivi, et il dit que cet aph. 49 n'a été reproduit que par quelques-uns qui voulaient ajouter : car la maladie , etc.

Aph. 38. — * 17. Dioscoridc et Artémidore n’écrivaient que la première phrase de cet aphorisme (Gai., p. 61). Cf. aussi Focs, < JKcoh aux mots K xp/Xvoi qu’il faut entendre dans le sens

de cancers non ulcérés , ou de cancers situés profondément.

Aph. 41. — 18. Le texte vulgaire porte rtùo-j ^ tottou. Galien (p. 65) nous apprend qu'il y avait tsttoj ou suivant les exemplaires; mais il ne dit pas qu’il y avait à la fois t6tzov et wüeu.

Aph. 44.— 19. Galien (p. 67 ) aurait voulu qu’on mit le 48e aphorisme avant celui-ci.

Aph. 44. — 20. Au lieu de vSup donné par le texte vulgaire, je lis olpo-j avec Lind. , Dietz et Galien qui regarde cet aphorisme comme suspect.

Aph. 46. — 21. J’ai suivi Galien. Foës traduit : Qui gibbost ex anhclaliorte et tussi flunl, ante puberlatem, moriunlur, échappant ainsi , à l’aide de deux virgules , à une difficulté. Ces non-sens se rencontrent très souvent dans les traductions latines.

Aph. 50. — 22. On sait que l’ancienne Académie de chirurgie s’est beaucoup occupée de la corrélation des afTeclions du foie et des vomissements bilieux avec les plaies de tête. Cette grande question n’était donc pas nouvelle dans la science. ^

Aph. 55. — 23. Les mots entre crochets sont donnés par le texte de Dietz qui, d’un autre côté, omet : principalement.

Aph. 59. — 24. Cet aphorisme parait se rapporter à l’allongement et au raccourcissement successifs du membre qui ont été expliqués de diverses manières sans que la question soit encore résolue. Hippocrate attribue ce double phénomène à la sortie et à la

DES APHORISMES. 555

rentrée de la tcle de l’os par suite d’hydarthrose; il est au moins démontré par l’autopsie que cette théorie est légitime pour un certain nombre de cas.

SEPTIÈME SECTI03.

Aph. 6. — 1. Le teste de bielz porte : « Du dégoût, des vomissements sans mélange. » Galien (p. 10G), Théophile et Damascius (p. 521, 522) ont aussi sans mélange; mais ils rapportent ces mots aux évacuations alvines.

Aph. 11. — 2. Galien (p. l'il) dit que plusieurs écrivent cet aphorisme sans xaxôv.

Aph. 13. — 3. Galien (p. 113). Marinus (voir Introd. aux Aph., p. 130) mettait i pûfiuxi, leçon fortifiée par l’aph. suivant; mais les plus anciens manuscrits ont xav,u. Théophile dit : « Parmi ceux qui ont lu xzvij.., les uns entendent la chaleur de l’atmosphère, les autres les cautères et les escharrcs. »

Aph. 14. — 4. Galien (p. 114) fait pour cet aphorisme la même remarque que pour l’aph. 11. Dans cette section, il s’agit tantôt simplement des complications ou épiphénomènes , tantôt de leur valeur comme signes , distinction à laquelle les copistes n’ont pas songé. Je conserve xoxov quand Galien ne le rejette pas formellement.

Aph. 15. *— 5. Galien (p. 115) nous apprend ici que Praxagoras avait fait un gros livre sur les Epiphénomènes.

Aph. 10. — G. 'pifftj. Suivant Galien (p. 116), ce mot peut s’entendre soit de la chute des cheveux , soit d’un flux intestinal.

Aph. 17. — 7. Galien, (p. 117), suivi (p. 525 , interprète cet aph. sans xxxôv; ce mot est admis par Théoph. ( p. 525.)

Aph. 18. — 8. Suivant Galien (p. 118' , certains Mss. très bons, donnent ainsi cet aphorisme : « A la suite de l’insomnie [arrive] un spasme. »

Aph. 18 bis. — 0. Cet aphorisme qui manque dans Galien et dans les textes vnlg. est ajouté par Théoph. et Damasc. (p. 520).

Aph. 19. — 10. Galien (p. 119) dit que xxxév est ici indispensable , et précisément les textes vulgaires l'omettent. Lind l’a justement rétabli; il se trouve aussi dans le texte de Dietz; Foés ne l’a ni dans son texte , ni dans sa traduction.

Aph. 20. — H. Galien ( p. 120 ) ne paraît pas admettre xaxo».

Aph. 21. — 12. Avec Galien (p. 120 j, j’ai rejeté

Aph. 24.— 13. Le texte vulgaire porte: ’Enl IïtIou Stxxoïrrj ‘jxpxfpmwc, xsvibv iâ6*j. Marinus achevait cet aphorisme à 7t xpxf.t et unissait >;v ).aS, au 25e aphorisme ainsi conçu : ’Ex ^xppxx o-

NOIES

restas 67taî//i;,6zjaTüôïi, ce qu’il faudrait sans doute traduire: « Un spasme à la suite d’une potion purgative qui a amené une [ grande] déplétion , c’est mortel. » Galien (p. 123 ) accorde à Mari nus que son second aphorisme est vrai , car Hippocrate regarde comme dangercui tout spasme qui vient de déplétion ; mais le premier est faux , car l’aliénation mentale ne suit pas nécessairement la division d’un os, même de ceux du crâne.

Aph. 28. — 14. Rcprod. de l’aph. 19, VI (Gai., p. 127 ).

Aph. 32. — 15. Certains interprètes, suivant Galien (p. 132) , ne pouvant admettre que l’urine ait des hypostases bilieuses et qu’elle soit ténue à sa partie supérieure , pensaient que £v«0*v itérai devait s’entendre non du lieu, mais du temps, et interprétaient : « Quand les urines, d’abord ténues au début , deviennent ensuite bilieuses. » Galien approuve cette manière de voir , qui me paraît en désaccord avec le contexte.

Apli. 34. — 16. Ce qu’Hippocrate donne ici comme un pronostic général , s’appliquant à toutes espèces de maladies, et à aucune en particulier , a été , dans ces derniers temps , reconnu comme le signe spécial d’une affection grave du rein , je veux dire de la maladie de Bright ou néphrite albumineuse. La formation de ces bulles tient à la présence d’une grande quantité d’albumine, qui donne aux urines une apparence savonneuse. La maladie de Bright est très longue et très difficile à guérir.

Aph . 35. — 17. Les textes vulgaires ont \mos tzuiç. Galien a lu inicr., car, dit-il , ce qui est gras surnage (p. 137).

Aph. 39. — 18. On devrait, dit Galien ( p. 142), effacer cet aphorisme, qui se trouve dans presque tous les exemplaires, puisqu’il est la répétition du 80e, IVe section.

Aph. 44. — 19. J’ai suivi le texte de Chart., deiLind. et de Dietz.

Aph. 46. — 20. Dietz a le texte de l’aph. 31 , Ve sect. , sauf le inot ya/5/A«zo7ioïl»j (potion purgative). Galien avait le texte vulgaire, puisqu’il dit que cet aph. ne concorde pas avec l’apli. 31.

Aph. 47. — 21. Répétition de l’aphorisme 35, VII (Gai., p. 153).

Aph. 48. — 22. Répétition de l'aphorisme 36, VI ( Gai., p. 154 ).

Aph. 49. — 23. Voir section VI , aph. 37, note 16.

Aph- 50. — 24. Voyez note 79 des Coaques, p. 447.

Aph. 53. — 25. Cet aphorisme est une partie du 47e, Ve sect. Il est omis dans certains exemplaires. Galien (p. 161 ) s’étend ici en reproches contre les commentateurs qui n’ont pas signalé ces répétitions , qui ont commenté deux fois le même aphorisme, et qui même se sont contredits dans leurs explications. Il déclare ne rien savoir sur l’origine de ces répétitions , qu’elles soient du fait d’Hippocrate ou de ses successeurs.

DES APHORISMES

Aph. 51.— 20. Cet aphorisme me parait exprimer plutôt une idée théorique qu’un fait d'observation ; il avait embarrassé les commentateurs anciens , entre autres Marinus et Galien (ef. p. 163 et suiv.). Il me semble difficile, pour ne pas dire impossible, d’établir un rapprochement entre la proposition d’Hippocrate et nos connaissances actuelles sur les épanchements abdominaux. On ne peut guère , en effet , admettre de collection entre l’estomac et le diaphragme , si ce n'est dans l’arrière-cavité des épiploons , où il se fait quelquefois des hydropisies enkystées, mais il n’y a pas lieu de croire que les connaissances d’Hippocrate en anatomie pathologique allaient jusque-là.

Aph.bb. — 27. Il s’agit vraisemblablement de la rupture d’un kyste hydatique du foie, dans la cavité péritonéale, rupture que j'ai observée une fois, et qui a entraîné une mort rapide.

Aph. 56. — 28. Le texte portait primitivement : ypixrj,

o'joi , ... Galien (p. 166) fait remarquer un solécisme , et dit : « Quelques-uns ont mis l'accusatif ù/O/.ijv, x. t# a. » Cette correction a passé dans notre texte vulgaire.

Aph. 57. — 29. Répétition de l’aph. 82, IVe scct. (Gai. p. 169).

Aph. 58. — 30. Cet aphorisme est la reproduction de la 499e sent, des Coaques ; c’est à ma connaissance les seuls passages où il soit parlé de la commotion du cerveau; car il n'est pas dit un mot de cette grave complication dans le traité des Plaies de tète.

Aph. 59. — 31. Après cet aphorisme, dit Galien (p. 173), la plupart des exemplaires en donnent deux autres qui ne sont, à de très légères modifications près, que la reproduction des aphorismes 34 et 35, IVe section. J’ai suivi le texte donné par Galien. I/aphorismc 60 est omis dans les textes vulgaires.

Aph. 62. — 32. Répétition de l’aph. 40, IVe sect. (Gai., p. 176).

Aph.CZ. — 33. Cet aphorisme, qui semble une imitation de l’aph. 37, IV, est regardé comme apocryphe par Galien (p. 177). Après cet aphorisme , dit-il , s’en trouvent trois autres peu différents des aph. 43 , 44 , 45 , IVe sect. — A i’aph. 63 se termine le comment, de Théophile et de Damascius. Ces commentateurs méritent le reproche que Galien adresse aux interprètes des Aphorismes ( Proœm VIIe sect.), de s’être beaucoup, quelquefois même , trop étendus sur les premières sections des Aphorismes, et d'avoir passé très légèrement sur les dernières ; il compare ces commentateurs aux individus qui , fatigués d’une longue dispute , finissent par tout accorder à leurs adversaires pour se débarrasser d’eux. Quant à lui, il dit avoir mis un soin égal à toutes les parties de ce livre ; et on lui doit en effet cotte justice que son

558 NOTES DES APHORISMES

commentaire est aussi utile et aussi intéressant à la fin qu’au commencement.

Aph. fii, — 34, Répét. de l’aph. Ai , IV.

Aph. Ü6, — 36. Répét. de l’aph. Ai, IV (Gai., p. 178).

Aph. fil. — ütL J’ai suivi pour cet aphorisme obscur le texte mis en tête du commentaire de Galien (p. 179).

Aph. Gâ, — 31, Cet aphorisme est très embarrassant, et ceux qui l’ont rédigé semblent avoir pris à tâche , comme le remarque Galien (p. 182 ), d’employer des expressions qui peuvent tour à tour se rapporter aux urines et aux selles.

‘ Aph. m. — 38. D’après Galien (p. 187), les premiers interprètes des Aphorismes, et parmi eux Hérophile, Bacchius , Héraclide et Xeuxis lisaient ainsi cet aph. : u Chez ceux qui ont des déjections crues, elles viennent de la bile noire ; plus copieuses si la bile est plus abondante, moins copieuses si elle est moins abondante. * — Quelques-uns rapportaient aussi cet aph. aux urines.

Aph. IL, — 33. Répét. de l’aph. 47, IV (Gai., p. 188).

Aph. 72. — 40. Amplification de l’aph. 9, 1( (Gai., p. 189 ).

Aph. 73. — 4l. Répét. de l'aph. 3 , II. Là il y a xaxôv ; ici il y a voüjo,-, ce qui est une mauvaise leçon (Gai., p. 189).

Aph. 14, — 42. Heprod. fautive de l’aph. 18 , IV (Gai., p. 190).

Aph. 76, — 43, Reprod. de l’aph. 49 , IV ( Gai., p. 191 ).

Aph. ïfi, — 44. C’est-à-dire ceux dont les vaisseaux et dont le corps surabondent de phlcgmc tombent dans l’hydropisie leucophlegmalique (Gal.,p. 131).

Aph. TL — 46. Imit. inexacte de l’aph. 23 , VII (Gai., p. 132 ).

Aph. 78. — 4C- Reprod. partielle de l’aph. 43, VII (Gai. p. 102).

Aph. 13, — 41, Il s’agit de la séparation déportions d’os, par suite de nécrose, ou de ta désunion de l’os d’avec la chair (Gai. , p. 193).

Aph. 80. — 48, Dans Chartier et dans Kuehn, une partie de cet aph. est confondue avec le commentaire de Galien. Au lieu de £jrl aï^xrot iu ira, fôo» 7 , la plupart des exemplaires , dit Galien (p. 193), portent ï. al. i., <j>Bopâ ; j’ai suivi cette leçon. — Apres cet aphorisme, quelques éditeurs donnent : « A la suite d’un crachement de sang, [arrivent] le crachement de pus et un flui ; lorsque les crachats s’arrêtent, on meurt » (répétit. de l’aph. IC, V 1 1). Cette répétition vient sans doute de ce que Galien cite cet aph. à la fin de son commentaire, pour montrer que le 8Û! a été fait en partie à sesdépens.

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