‹ Hippocrate le serment, la loi, de l'art ... par le dr. Ch. V. DarembergChapitre 7 sur 145 · Des selles un peu livides, avec perturbation d’en · texte numérisé non relu

Des selles un peu livides, avec perturbation d’en

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trailles , des urines ténues et aqueuses , sont suspectes. (Coaq. 631 initio.)

109. Le pharynx qui s’est irrité en peu de temps, des borborygmes avec d’inutiles envies d'aller â la selle , de la douleur au front , des mouvements pour palper , des lassitudes, un sentiment de douleur au simple contact des couvertures et des vêtements, sont autant de signes fâcheux quand ils prennent de l’intensité. Dans ce cas un long sommeil est un indice de spasme , aussi bien que la douleur gravative du front et la dysurie. (Coaq. 267.)

110. L’urine se supprime chez ceux qui ont des frissons et qui à la suite sont pris de spasmes (50) ; c’est ce qui arriva à cette femme qui, après un frisson, eut de petites sueurs générales. (Coaq. 29.)

111. Les évacuations (51) qui finissent par devenir sans mélange sont un signe d’exacerbation chez tous les malades , mais surtout chez ceux dont il vient d’être parlé [sentence 110]; à la suite de ces évacuations, il s’élève des parotides. (Coaq. 613 initio.)

112. Le réveil avec trouble et avec l’air hagard présage des spasmes , surtout s’il y a de la sueur. (Coaq. 83 initio. )

113. Il en est de même du refroidissement qui, partant du cou et du dos, semble [se répandre] sur tout Te corps. Dans ce cas , des urines écumeuses (52) , l’obscurcissement de la vue, avec défaillance, annoncent l’apparition prochaine d’un spasme. (Coaq. 83, 263.)

114. Les douleurs du coude , jointes à celles du cou , présagent des spasmes lesquels commencent à la face (à la tête) ; il se produit des râles dans le pharynx, et les malades salivent abondamment. Dans ce cas, les sueurs pendant le sommeil sont favorables; est-il avantageux pour le grand nombre d’être soulagés par la sueur? Chez ces malades les douleurs qui descendent aux parties inférieures sont faciles à supporter. (Coaq. 270 et 271.)

v 115. Ceux qui dans les fièvres ont de petites sueurs gé-

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nérales avec céphalalgie et constipation , sont menacés de spasmes. ( Coaq . 15 h, 1 77-)

116. Des selles humides un peu friables (53), quand il y a du refroidissement à l’extérieur, mais qu’il n’y a pas absence de chaleur interne, sont suspectes; dans ce cas, des frissons qui suppriment les urines et les selles sont douloureux. En pareille circonstance , l’état comateux annonce-t-il quelque chose de convulsif? Je n’en serais pas étonné. ( Coaq . 610.)

117. Dans les maladies aiguës, les tiraillements comme pour vomir sont suspects, les déjections blanches sont également fâcheuses. S’il survient à la suite des selles sans viscosité , elles produisent un transport qui s’accompagne d’une chaleur brûlante. Les malades tombent ensuite dans le coma et la stupeur, ce qui prolonge encore la maladie. Ces malades ont-ils, aux approches de la crise, de la sécheresse [à la gorge] et de la dyspnée ?

118. Les douleurs des lombes, se transportant au cou et à la tête, produisent une sorte de résolution paraplégique et un délire spasmodique ; de tels accidents sont-ils dissipés par un spasme? A la suite les malades présentent des symptômes divers et restent toujours dans le même état (5ô). {Coaq. 313.)

119. Dans les affections hystériques sans fièvre, les spasmes cèdent aisément, ainsi qu’il arriva chez Dorcas. {Coaq. 3ô9, 55û.)

120. La rétention des urines , surtout quand elle s’accompagne de céphalalgie , a quelque chose de spasmodique. Dans ce cas , la résolution des forces avec un état soporeux est fâcheuse, mais non pernicieuse. Cet état de choses ne présage-t-il pas le délire? {Coaq. 588.)

121. Les spasmes sont- ils provoqués par la division des os des tempes, ou pareeque le coup a été porté pendant l’ivresse , ou pareeque le blessé a perdu tout d’abord beaucoup de sang, quand il survient des spasmes dans ces circonstances? {Coaq. 188 in fine , ô98.)

122. (55) Chez un fébricitant, quand il y a une expectoration abondante an milieu d’une sueur [non critique], c’est

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favorable. Dans ce cas , le ventre ne se làchera-t-il pas pendant quelques jours? Je le crois : dans ce cas aussi se formera-t-il un dépôt dans une articulation? ( Coaq . 350.)

123. Le délire qui s’exaspère pour un peu de temps est un délire mélancolique ; s’il est causé par la rétention des règles, c’est un délire férin. Ce dernier cas est très fréquent. Les malades ne sont-elles pas alors prises de spasmes? L’aphonie avec canis ne présage-t-elle pas des spasmes ? C’est ce qui arriva chez la fille du corroyeur ; quand les règles parurent , elle commença par avoir un mouvement fébrile, [et elle fut soulagée] (56 ). (Coaq. 155.)

12A. Ceux chez lesquels, au milieu de spasmes, l’œil est étincelant et fixe , n’ont plus l’esprit présent, et sont plus longtemps malades. (Coaq. 351.)

125. Une hémorragie [nasale] du côté opposé à celui du mal , par exemple , l’hémorragie de la narine droite dans le gonflement de la rate , c’est mauvais. U en est de même à l’égard des hvpocondres ; chez un malade qui sue , c’est encore plus mauvais. (Coaq. 327.)

126. À la suite d’une hémorragie nasale, un refroidissement extérieur avec de petites sueurs est un signe de mauvais caractère, c’est fâcheux (57). (Coaq. h 0 , 352.)

127. Après une hémorragie, desselles noires, c’est mauvais; des selles très rouges , c’est également funeste; cette hémorragie arrive-t-elle le quatrième jour [de la maladie]? Ceux qui, par suite, tombent dans un état comateux, meurent-ils dans les spasmes? Y a-t-il eu précédemment des selles noires, et le ventre s’est-il méléorisé? (Coaq. 330.)

128. Les blessures accompagnées d’une hémorragie et de petites sueurs générales sont des blessures de mauvais caractère. Les malades meurent en parlant sans qu’on s’en doute (58). (Coaq. 328.)

129. Après une courte hémorragie et des selles noires, la surdité , dans les maladies aiguës , c’est mauvais. Dans ce cas une évacuation de sang par les selles est pernicieuse; néanmoins elle dissipe la surdité. (Coaq. 331.)

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130. Des douleurs du cardia se joigoant à des douleurs lombaires, présagent un flux hémorroïdal; je pense que c’est aussi l’indice d’un flux qui vient d’avoir lieu. ( Coaq . 312.)

1 31. Quand il y a des hémorragies à des époques réglées, et que , ces hémorragies n’ayant pas lieu , il survient de la soif, du malaise (59) , de l’abattement , les malades meurent épileptiques. (Coaq. 345.)

132. Une insomnie soudaine avec trouble, des épistaxis, un peu de soulagement la nuit du sixième jour, puis, le lendemain, de nouvelles souffrances, de petites sueurs, un assoupissement profond, du délire, amènent une hémorragie [nasale] abondante. Des urines aqueuses ne présagent-elles pas cet état? (Coaq. 87.)

133. Chez ceux qui ont des hémorragies réitérées, le ventre se dérange après quelque temps , à moins que les urines n’arrivent à coction. (Coaq. 332.)

134. Dans les jours critiques, les violentes hémorragies, avec refroidissement, sont très mauvaises. (Coaq. 326.)

135. Ceux qui ont la tète pesante, de la douleur au sinciput, de l’insomnie, sont pris d’hémorragie, surtout s’il y a quelque roideur au cou. (Coaq. 168.)

136. L’insomnie avec agitation soudaine amène une hémorragie , surtout s’il n’y a eu antérieurement aucun flux [de sang]. Sera-t-elle précédée d’un frisson , de catoché , de céphalalgie (60)? (Coaq. 111, 184.)

137. Les douleurs au cou et aux paupières (61) , avec une vive rougeur des yeux , sont des signes d’hémorragie. (Coaq. 166.)

138. Chez les individus qui ont une hémorragie [nasale] et du frisson, après que le ventre s’est resserré, survient-il de la lienterie? le ventre se durcit-il? sort-il des ascarides, ou l’un et l’autre accident ont-ils lieu? (Coaq. 344.)

139. Les malades chez lesquels une douleur remonte des lombes à la tête et aux membres supérieurs, qui sont pris d’engourdissement, de cardialgie, et qui ont une surabondance de sérosité ( phlegme ?) (62) , sont pris d’abondantes

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hémorragies , et leur ventre se relâche copieusement , avec trouble. ( Coaq . 308.)

140. Ceux qui, à la suite d’une hémorragie abondante cl continue , ont des évacuations réitérées d’excréments noirs , puis de la constipation , sont repris d’hémorragie et ont le ventre douloureux ; mais s’il s’échappe quelque vent , ils sont soulagés. Ces malades ont-ils des sueurs abondantes et froides? En pareille circonstance, une urine trouble n’est pas funeste , non plus qu’un sédiment séminiforme ; les malades rendent fréquemment une urine aqueuse. {Coaq. 333.)

141. Quand une petite hémorragie nasale vient compliquer la surdité ou l’engourdissement , il y a quelque chose de fâcheux. Dans ce cas le vomissement et les perturbations du ventre sont favorables. {Coaq. 208 et 334.)

142. Chez les femmes qui, à la suite d’un frisson, ont de la fièvre avec lassitude , les menstrues sont au moment de paraître. Dans ce cas , une douleur du cou est un signe d’hémorragie nasale. {Coaq. 555.)

143. Les battements dans la tête, les tintements dans les oreilles , amènent une hémorragie nasale , ou font apparaître les règles, surtout si ces symptômes sont accompagnés d’une vive douleur le long du rachis : c’est aussi le présage d’une dyssenterie. {Coaq. 167.)

144. Des battements dans l’abdomen, avec tension longitudinale et gonflement des hypocondres , présagent une hémorragie ; les malades sont pris de frissonnement. {Coaq. 298.)

145. Les hémorragies nasales , copieuses, violentes, qui coulent largement , provoquent quelquefois des spasmes ; la saignée les fait cesser (63). {Coaq. 336.)

146. Les fréquentes envies d’aller à la selle qui n’amènent qu’une petite quantité de matières jaunâtres , visqueuses, peu excrémentitielles , avec douleur de l’hypocondre et du côté , sont un présage d’ictère. En même temps que les selles cesseront , les malades auront-ils de la prostration ? Je pense qu’ils pourront aussi avoir une hémorragie ; car en pareil

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cas les douleurs des lombes présagent une hémorragie (64). ( Coaq . 621.)

147. La tension de l’hypocondre , avec pesanteur de tête, la surdité et des ténèbres devant les yeux (65) , présagent une hémorragie [nasale]. {Coaq. 195.)

148. Les épistaxis, le onzième jour, sont fâcheuses, surtout si elles se réitèrent (66). {Coaq. 337.)

149. Pendant le frisson, des sueurs critiques, puis le lendemain le retour d’un frisson que rien ne justifie, et de l’insomnie avec absence de coction , c’est , à mon avis , le présage d’une hémorragie. {Coaq. 24.)

150. Quand une hémorragie est tout d’abord abondante, le frisson arrête le flux de sang.

151. A la suite d’une hémorragie les frissons durent longtemps (67).

152. Ceux qui ont des douleurs à la tête et au cou, une sorte d’impuissance de tout le corps et un tremblement , une hémorragie les délivre; mais ils sont quelquefois délivrés par le temps. {Coaq. 170.)

153. Chez ceux qui ont des parotides, les urines qui arrivent promptement à coction et qui ne persistent pas dans cet état, sont suspectes : en pareil cas, être pris de refroidissement, c’est funeste. {Coaq. 205 et 587.)

154. Dans le cas d’engourdissement et d’insensibilité avec ictère , ceux qui sont pris de hoquet ont le ventre relâché , d’autres fois resserré, et tombent dans la prostration. Se forme-t-il alors des parotides? {Coaq. 490.)

155. Après le frisson , l’urine supprimée, c’est funeste , surtout quand il y a eu préalablement un assoupissement profond. Dans ce cas, faut-il s’attendre à la formation de parotides? (Coaq. 25.

156. A la suite de tranchées (68), un sédiment bourbeux et un peu livide dans les selles , c’est mauvais. L’un des hypocoudres est-il alors douloureux? c’est, il me semble, le droit ; il y a résolution des forces. Dans ce cas se forme-t-il promptement des parotides douloureuses? dans ces cir-

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constances un flux de ventre abondant est toujours pernicieux. ( Coa</ . 578.)

157. C’est dans les insomnies avec anxiété que se forment surtout les parotides. ( Coaq . 563.)

158. Dans Y iléus avec mauvaise odeur , fièvre aiguë et météorisme opiniâtre de l’hypocondre , les tumeurs qui s’élèvent près des oreilles tuent le malade. ( Coaq. 201 , 292.)

159. A la suite de la surdité il se forme des parotides bénignes , surtout s’il y a de l’anxiété , et plus spécialement dans ce cas chez les malades qui sont dans un état comateux (69). [Coaq. 209.)

160. Les parotides sont suspectes chez les paraplégiques. [Coaq. 202.)

161. Les paroxysmes qui tiennent du spasme, avec caioc/té, développent des parotides. [Coaq. 104 et 352.)

162. Les spasmes , les tremblements, l’anxiété avec catoclié, développent de petites tumeurs près des oreilles (70). [Coaq. 353.)

163. Est-ce que ceux qui ont des parotides sont pris de céphalalgie ? Est-ce qu’ils ont de petites sueurs aux parties supérieures? Est-ce qu’ils ont des frissons? Leur ventre se relâche-t-il ensuite brusquement ? Sont-ils dans un état comateux? Des urines aqueuses avec des énéorèmes blancs, ou d’un blanc bigarré et fétides, amènent-elles des parotides? Chez ceux qui ont de telles urines, les épistaxis sont-elles fréquentes? Dans ce cas la langue est-elle lisse (71)? [Coaq. 203. 'J

164. Chez ceux dont la respiration est grande et fréquente, l’ictère , une fièvre aiguë avec dureté des hypocondres , le refroidissement [des parties inférieures], font surgir de grandes tumeurs auprès des oreilles. [Coaq. 107 et 290.)

165. Dans le cas de coma, d’anxiété, de douleurs aux hypocondres , de petits vomissements, il se forme des parotides; mais, avant tout, il faut faire attention aux signes fournis par le visage. [Coaq. 183.)

PRORRHÉTIQUES. 55

166. Dans le cas de déjections stcrcoreuses noires (72) , l’apparition du coma présage des parotides. ( Coaq . 626.)

167. De petites toux avec salivation amènent la résolution des parotides. (Coaq. 20û.)

168. Dans les céphalalgies le coma, la surdité, l’absence de la voix , produisent une espèce de suppuration près des oreilles.

169. La tension de l’hypocondre avec coma, anxiété et céphalalgie, développe des parotides. (Coaq. 289.)

170. Les parotides douloureuses qui s’affaissent peu à peu [et qui disparaissent] (73) sans crise, sont suspectes.

LE PRONOSTIC

INTRODUCTION

« Hippocrate se propose, clans le Pronostic, de discourir sur « les maladies aiguës , non pas sur toutes indistinctement , mais sur « celles-là seulement qui sont accompagnées de fièvre; car il y a « des maladies aiguës qui ne sont pas nécessairement accompagnées « de fièvre, telles sont l’apoplexie, l’épilepsie , le tétanos. — Si on • objectait qu'il s’est occupé aussi des maladies chroniques, puis- « qu’il a parlé de l’hydropisie, des empyèmes et des affections de la « rate, qui sont certainement des maladies chroniques, on ré- « pondrait à cela que cette digression même montre avec quel soin « il a traité des maladies aiguës; car il n’étudie pas les maladies « chroniques pour elles-mcmcs , mais comme étant la suite d’un « état aigu. » — « C’est avec raison qu’Hippocrate étudie plus « spécialement les maladies aiguës; car ce sont elles qui troublent « le plus la nature, et qui exigent le plus d'art dans leur trai- « tement. • »

Hippocrate nous découvre, dès le début du Pronostic, comment il a envisagé l’étude des maladies aiguës : elle consiste, pour lui, à deviner les circonstances passées, à pénétrer les faits présents, et par suite à prévoir les phénomènes à venir, dans le but de diriger le traitement avec plus de sûreté : c’est ce qu’il appelle la prévision,^ prescience (npovota). Ce mot est détourné de son sens propre, et il faut, avec Galien ’ et Étienne \ lui donner la signification de npjyvwïi; , prognostique ou prognose; la prognostique, ou, comme l’appelle Étienne 1 * * 4, la séméiotique (cr.jmiuatt), avait,

1 Étienne le philosophe, in Pro/jn. Hipp. Corn, dans les Scliolia in Hipp. et Cal.,é d. de Diclz, t. I, p. 5t à 232. Ce commentaire est très remarquable par les explications qu’il renferme, et par sa forme toute scholastique. Le texte grec donne pour la première fois par Dielz présente plusieurs incorrections, quelques lacunes et des transpositions qui tiennent au mauvais état des manuscrits — Cf. pour les passages que j'ai traduits les pages 51, 52 et 55, et pour ce qui a rapport aux maladies chroniques , cf. aussi Galien , Com. II in Progn., texte 1. — Com. III , texte 15, 36, 42.

1 C. I in Progn., texte 3.

* toc. cil., p. 60.

4 L oc. cit., p. 5t.

LE PRONOSTIC

dans l’antiquité, un sens beaucoup plus étendu que celui que nous attachons aux expressions pronostic ou séméiologie , elle embrassait, comme on vient de le voir, l’étude des signes dans toute sa généralité; et le même mot servit primitivement à désigner tout ensemble la divination des faits passés , l’observation des phénomènes actuels , et la prévision de l’avenir; ce ne fut que plus lard, et probablement au temps où florissait l’école médicale d’Alexandrie, que la prognosefut divisée en trois parties bien distinctes, qui reçurent des dénominations différentes : l’ anamnestique connais-

sance du passé ; la diagnostique, ou comme nous disons, le diagnostic (atâyvamç), l’élude des symptômes présents, et la prognostique (itpoyvûaii) proprement dite, ou prévision de l’avenir — Hérophile allait même jusqu’à distinguer la ir pçyvàtif, jugement porté , de la ■xpipfatii, jugement énoncé, distinction ridicule, suivant Galien * et suivant Étienne 3. Cette division de la prognose était bien éloignée de la doctrine hippocratique , surtout pour ce qui regarde le diagnostic, qui, pour l’école d’Alexandrie, et surtout pour Galien , comme le témoignent tous ses commentaires et scs ouvrages originaux, avait une valeur positive et directe, laquelle était de faire connaître l’état organique en rapport avec les symptômes des maladies. Toutefois, le diagnostic n’avait pas encore pris le rang et acquis l’importance que nous lui accordons de nos jours; car Étienne nous déclare 4 que le diagnostic n’est qu’une partie du pronostic , qui doit être regardé comme le côté le plus général et le plus noble de la médecine, puisqu’il rapproche en quelque sorte l’homme de la Divinité , qui seule a le pouvoir de pénétrer l’avenir.

Si l’on veut se rappeler la manière dont Hippocrate envisageait la pathologie, il sera aisé de se convaincre que le sens donné par lui à la prognose, ou , comme il l’appelle , à la prévision , n’a pas une aussi grande extension qu’on serait tenté de le croire au premier abord. En effet, presque absolument privé des lumières fournies par l’anatomie et la physiologie normales ou pathologiques, il considérait la maladie comme indépendante de l’organe qu’elle affecte et des formes qu’elle revêt, et comme ayant par clie-méinc sa marche, son développement et sa terminaison Néanmoins , comprenant tout aussi bien que les médecins modernes la nécessité d’être éclairé sur cette marche , sur ce développement , d’établir certaines règles fixes à l’aide desquelles il lui fût possible de prévoir la suc-

' Cf. Eliennc toc. cit., p. 51 ; voir aussi p.60.

5 C. I, in Progn. t. 4, in medio. Cf. Cependant C. I, in Prorrh. in p roœm.

* Loc. cit ., p 61.

* Loc. cit., p. 55.

* cf. Ermerins, thèse citée, pouim/etM. Littré, inlrod., ch. un, p. 453.

LE PRONOSTIC

cession des phénomènes el l’issue définitive , enfin de s'appuyer sur quelque base pour diriger le traitement, mais ne pouvant arriver à tous ces résultats par la considération des symptômes propres à chaque maladie, c’est à-dire de l’état fonctionnel et anatomico-pathologique des organes qu’il n’avait pas l’art d'interroger , il porta toute son attention vers l’étude des conditions générales de la vie , vers l’observation minutieuse et tout empirique des phénomènes, de ceux surtout qui sont propres à l'état de santé et a l’état de maladie. Mais comme l’observation des phénomènes , aussi bien de ceux du passé que de ceux du présent , ne pouvait être utilisée au profit du diagnostic, lequel consiste à déterminer la nature, le siège et l’étendue de la maladie, clic servit uniquement el de toute nécessité A éclairer sur l’état à venir, sur la marche de la maladie, sur son plus ou moins de gravité , sur le temps et le mode de solution , et par suite à faire prendre telle ou telle mesure pour s’opposer aux accidents prévus ou pour les diriger ; et c’est là ce qui constituait en réalité le dogmatisme de l'école de Cos. Ainsi , celle étude du passé et du présent que recommande Hippocrate, c’est véritablement de la prognose; puisque, en dernière analyse, elle ne conduit qu’A pénétrer l’avenir. Le pronostic est donc le point central, c’est à-dire le point de départ et le dernier terme de la médecine antique , comme le diagnostic est celui de la médecine moderne.

Celte tendance de l’école de Cos vers la considération exclusive de l’état général, vers l'étude de la communauté des maladies, vers l’interprétation pronostique des phénomènes morbides, l’éleva au plus haut degré de science et de gloire qui lui fut permis d'atteindre; elle la sauva d'un empirisme aveugle en rassemblant tous les faits épars, en les rattachant par un lien commun, la prognose ; elle la dota de cette belle méthode d’observation qui, entre les mains des Asclépiadcs, a produit des résultats auxquels la science actuelle arrive à peine avec toutes les ressources dont elle peut disposer ; d'un autre côté , cette tendance , qui était si nécessaire et qui fut si utile dans un temps où il u’y avait ni anatomie ni physiologie, mais dont la valeur absolue ne devait être que transitoire, entrava longtemps la marche progressive de la science, en détournant sans cesse les esprits de l’étude de chaque maladie en particulier , et de l’état organo-palhologique dans scs rapports avec les symptômes, élude dont on comprenait mieux la nécessité à mesure que l’anatomie et la physiologie s’enrichissaient de nouvelles découvertes. Galien sortit la médecine de celle voie rétrograde ; il sut la constituer à la fois sur la prognose d’Hippocrate el sur les connaissances diagnostiques de son époque, qu’il avait si admirablement fécondées et agrandies. Malheureusement, sou exemple fut mal suivi ; la médecine rentra

LE PRONOSTIC

pour ainsi dire dans l’enfance jusqu’au xvu* siècle, époque à laquelle le diagnostic local reprit faveur. De nos jours, et surtout dans l’école de Paris, il domine toute la science; il est la source de tous ses progrèseommede tousses écarts. Il est fort à désirer qu’une main habile et puissante fasse rentrer la médecine dans la seule voie qui lui soit tracée par la nature, c’est-à-dire qu’elle confonde en une seule la méthode ancienne et la méthode nouvelle.

Je reviens à l’analyse du Pronostic dont ces considérations m'ont un peu éloigné.

§. 1er. Hippocrate a mis en tclc de cet ouvrage un préambule, une sorte de préface, nécessaire (jour établir sa doctrine contre certains médecins qui, de son temps comme de nos jours, s’appelaient méthodiques , et soutenaient qu’il est du devoir d’un médecin de maintenir la santé chez ceux qui se portent bien, et de la rétablir chez ceux qui sont malades; mais qu’il n’appartient qu’à un devin de prédire l’avenir. Aussi Hippocrate établit dans sa préface que le pronostic a trois grands avantages : le premier , c’est que le médecin gagne la confiance du malade, qui obéit ponctuellement à ses ordres, dans la persuasion où il est que sa maladie est très bien connue; le second, c’est que, devinant ce qui doit arriver, il peut prévenir certains accidents , diminuer la gravité de certains autres, prendre des mesures énergiques contre tous, et par conséquent arriver souvent à rendre la santé ; le troisième , c’est qu’on ne rejettera pas sur son compte la mort des malades, s’ils succombent '.

§. 2. L'auteur entre en matière par l’exposition des signes que fournissent l'ensemble et les diverses parties de la figure. C’est là qu’il décrit l’altération que subissent les traits du visage quand la mort doit terminer les maladies aigues ; c’est le xpitaizov vs*pci3sr,s des anciens ( visage de la mort), le faciès hippocratique des mo- * dernes. Dans ce paragraphe, Hippocrate consacre deux grands principes qui sont la base de toute la doctrine pronostique ; le premier, c’est qu’il faut toujours prendre l’état sain pour terme de comparaison de l’état malade ; le second , c’est qu’il ne faut pas attacher tout d’abord aux symptômes une valeur absolue, mais examiner si on ne peut pas en expliquer l’apparition et la gravité apparente par quelque cause accidentelle, autre qu’un véritable état morbide plus ou moins dangereux.

§. 3. Les signes fournis par la manière dont le malade est couché, ou , comme on dit dans le langage technique , par le dccubilus du malade , sont fcnv isagés dans ce paragraphe d’après les mêmes règles que ceux fournis pur le visage. Ici on trouve encore une observation

1 Gai. Com. I, in Yrogn., texte 1 cl 3.

LE PRONOSTIC

très importante sur les signes qu’on peut tirer de l’aspect des plaies dans les maladies aiguës.

§. 4. Hippocrate regarde comme un funeste présage les mouvements désordonnés des mains; et c’est avec juste raison , parce qu’ils indiquent un grand trouble du système nerveux , trouble qui est toujours une complication funeste.

§. 5. L’élude de la respiration présente ceci de particulier qu’Hippocrate la fait servir au diagnostic des inflammations sus-diaphragmatiques ; c’est une première exception à la manière dont il considère habituellement les symptômes : j’aurai encore à signaler quelques passages de cette nature, qui cependant ne détruisent pas les idées générales que j’exposais tout à l’heure sur la direction que la pathologie avait reçue dans l’école de Cos.

§. G. Les sueurs , les urines et les selles sont les trois sources les plus importantes de la science pronostique des anciens ; aussi Hippocrate s’arrête assez longuement aux signes qu’elles fournissent. Les observations modernes confirment ce qu’il dit de la valeur pronostique des sueurs. Je ne passerai pas sous silence la mention qu’il fait des sudamina , qu’il appelle sueurs miliaires, non plus que la distinction si importante, au point de vue pratique qu’il établit, entre les sueurs produites par la faiblesse et celles qui résultent de l'intensité de l’inflammation.

§. 7. Ce paragraphe est consacré à l’cxantcn des signes fournis par l’abdomen , l’étal de santé étant toujours pris comme terme de comparaison. Hippocrate parle longuement de tumeurs inflammatoires, de véritables abcès qui aboutissent quelquefois à l’extérieur , qui occupent l’hypocondrc tout entier, ou qui siègent seulement dans l’hypocondre droit ou gauche, dans les régions ombilicale et épigas- . trique. J’avoue que je ne suis pas assez éclairé sur ce qu'Hippocrale entend par ces tumeurs , pour que je puisse les rapporter avec quelque sûreté à ce que nous connaissons actuellement des maladies de l’abdomen. Ce paragraphe est terminé par l’indication des caractères du bon et du mauvais pus, caractères qui sont restés acquis à la science. Ici finit pour Galien , pour Étienne, pour plusieurs éditeurs et commentateurs , la première partie du Pronostic.

§. 8. Hippocrate s’arrête un instant sur les hydropisies, qu’il étudie au point de vue de leur origine. Il en rcconnait deux espèces : celles qui viennent du foie , celles qui ont leur point de dé part dans les lombes et les flancs. Il indique les caractères qui servaient alors à les distinguer. « Ces idées sur les hydropisies étaient « généralement répandues chez les Grecs, disent les auteurs du « Compendium de médecine -pratique ( t. 4, page 598 ); et, « quoique exprimées d’une manière un peu vague par Hippocrate,

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« elles sont cependant fondées sur une connaissance exacte de la • nature. »

§. 9. Ce paragraphe est assez confus. L’auteur a voulu parler de la marche de la gangrène des extrémités, de sa valeur comme signe, mais sans indiquer à quel point de vue il se plaçait; il avance en outre cette proposition regardée comme inintelligible par les uns , comme futile par les autres, à savoir que la noirceur complète des orteils et du pied présagent moins de danger que leur lividité. Voici à ce propos les réflexions très fondées de M. Littré * : « La noirceur des parties annonce la gangrène, la formation « du dépôt, un effort favorable de la nature et, si la mortification « se borne , des chances de guérison ; la lividité des parties n’esi pas « un dépôt et peut cire considérée comme une preuve de l’affai- « blissement général du malade et un signe de très mauvais au-

■ gure a. »

g. 10. La valeur pronostique du sommeil est assez bien appréciée; mais ce signe, comme tous les autres, est présenté d'une manière trop générale, oa plutôt trop abstraite.

§. 11. Hippocrate s’occupe ici des selles. Il a consigné à cet égard de très bonnes observations, presque toutes confirmées par la médecine moderne, qui leur a donné une valeur bien plus grande en rapportant les modifications que présentent les selles ù diverses altérations pathologiques locales ou générales qui ticuncnl ces modifications sous leur dépendance.

§. 12. Je dirai de même de l’urine. Du reste , je dois faire deux remarques •• la première , c’est que l'importance accordée à l'inspection des urines est à peu près annulée par les recherches modernes et en particulier par celles de M. Rayer , dont on ne saurait récuser la compétence sur ce point. « Toutefois , ajoute ce savant « pathologiste, malgré ces lacunes et malgré ces erreurs que je si-

■ gliale nettement parce qu'elles sont reproduites dans des milliers « de volumes , les observations d’Hippocrate sur les urines offrent « un véritable intérêt J. » La seconde remarque, c’est que notre auteur a posé, à propos des urines, celte restriction importante, « qu'il faut prendre garde de se laisser induire en erreur par l’as- « pectdes urines; car, si la vessie est malade, les urines peuvent

1 OEuv. d’Hipp., 1. 1", introd.j p. 451.

’ J’ai retrouvé plus tard dans Etienne (page 141) à peu près la même explication. Du reste on remarquera, en lisant le passage tout entier. qu’IIippocratc apporte d’importantes restrictions à cette proposition, qui semble tout d’abord absolue, ce dont Galien le loue. (Coin. II in Prog., t. 0.)

* Traité des Maladies des reins , t. 1er, p. 217.

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« avoir tous ces caractères, et alors elles ne sont plus l’indice de « l’état de tout le corps, mais seulement de celui de la vessie. » Hippocrate avait donc entrevu le rapport des symptômes avec l’étal des organes ; mais il ne s’est pas emparé de ce principe si fécond, et il se hâte de passer outre, comme s’il craignait de s’égarer en recherchant les signes d’un organe en particulier plutôt que ceux de tout l’organisme.

§. 13. Je répéterai à propos du vomissement ce que j’ai déjà dit bien souvent dans cette introduction , a saroir que ce symptôme étant considéré d’une manière abstraite, n’a qu’une valeur très secondaire.

§. 14 à 18 et 19 inilio. Hippocrate avait une connaissance toute spéciale des affections de poitrine ; il en parle en observateur éclairé « et exercé. Aussi tout ce qu’il a écrit sur ce sujet mérite la plus grande attention cl n’a rien perdu de son importance et même de son utilité malgré les travaux récents. Il parle successivement de l’expectoration, des signes fournis par l’habitude extérieure chez ceux qui sont affectés de péripneumonics, du diagnostic local cl général de l’empyème, de la marche et de la terminaison de cette affection et des dépôts critiques dans les maladies de poitrine. 11 a distingué la pleurésie, la pneumonie; il les a souvent réunies et étudiées sous le nom de péripneumonie; il a connu l’épanchement pleurétique simple et l’empyème proprement dite; seulement il ne les a pas assez distingués l’un de l’autre; il a très bien décrit la phthisie, mais il a confondu les vomiques ou seulement une expectoration abondante avec les véritables empyèmes. Toutefois , je ne serais pas éloigné de croire que ccttc confusion n’est pas toujours réelle, et qu’il a eu probablement affaire dans certains cas, et peutêtre souvent, à de véritables gangrènes du poumon , lesquelles sont accompagnées d’épanchements pleurétiques qui se font jour à travers les bronches à l'aide des larges communications établies par les progrès de la gangrène entre le sac pleural et le poumon. C’est ce que j’ai constaté sur plusieurs cadavres à l’hôpital de Dijon.

§. 19. La fin de ce paragraphe, qui termine la deuxième partie du Pronostic , est consacrée à quelques observations sur le danger imminent des maladies de vessie

§. 20. Je transcris ici les réflexions que M. Littré a faites sur ce qui est dit des crises dans le Pronostic, et je reprendrai ailleurs l’exposition de la doctrine d’Hippocrate et de scs successeurs sur ce point.

« Il est, dans le Pronostic, perpétuellement question des crises « et des jours critiques ; Hippocrate leur attribue une généralité « que les observations modernes n’ont pas confirmée. Cependant

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« on trouve certains cas où une crise manifeste détermine la solu- « lion de la maladie : cela est établi d’une manière incontestable « par des observations précises. Il résulterait de là, que. parmi les « maladies, les unes n’ont aucune crise apparente, et c’est le plus « grand nombre chez nous ’, et que les autres sont terminées par « un véritable mouvement critique. Ce serait donc aujourd'hui un « important sujet d’étude que de tâcher de faire le départ entre les « maladies critiques et les maladies acriliqucs, et de signaler les « circonstances qui appartiennent aux unes et aux autres ’. »

§. 21. Il est probable que l’auteur a parlé ici de la fièvre cérébrale ou méningite. Ce qu’il en dit est fort confus, ainsi que Galien le remarque. [Coin. III, in Prog., texte 11.)

§. 22. Observations pratiques et pronostiques sur l'otite aiguë.

§. 23. Les maladies du pharynx, et en particulier l’angine ou csquinancie, ont beaucoup occupé l’école de Cos. Hippocrate s’y arrête longuement, et il signale le danger de la rétrocession sur le poumon, de l’érysipèle qui apparait quelquefois au cou et sur la poitrine dans les inflammations de la gorge , érysipèle qu’il regarde comme un signe avantageux. Eu parlant de l’amygdalite gangréneuse, il donne le précepte très-sage d’employer les purgatifs avant d’en venir à une opération sanglante.

§. 24. Hippocrate revient sur les crises, et plus spécialement sur celles qui se font par les dépôts. Je parlerai ailleurs des dépôts.

§. 2.1». Dans ce paragraphe, qui est une espèce d’épiloguc, de péroraison , Hippocrate résume sa doctrine par quelques principes généraux et entre autres par celui-ci : qu’il faut pour bien apprécier les signes savoir comparer leur valeur réciproque. Ce principe est très important et complète, avec les deux autres que j’ai indiqués au §. 2', tout le côté dogmatique de la prognose.

Le Pronostic se termine par la phrase suivante , qui résume complètement le système médical que ce traité représente. « Ne «demandez, dit l’auteur, le nom d’aucune maladie qui ne se « trouve pas inscrit dans ce livre, car toutes celles qui se jugent

1 II est certain que la variabilité de nos climats et l’intervention des ressources de la médecine peuvent contrarier grandement la solution des maladies par les crises, ainsi que le remarque M. Fuslcr [Mat. de In France , p SOS); mais il faut ajouter avec le même auteur que pour quiconque veut observer attentivement, la doctrine des crises ne se vérifie pas moins chez nous que sous le climat de la Grèce; on peut s’en assurer en consultant la statistique donnée par llildebraud , médecin de I bdpital de Vieuno ( Sltd . p rut., t lrr, chap. v, p. 270-272, trad. de M. Gauthier. Paris, 1821. CI. aussi ses Institut, prnet. mcd. Vienne, isig, t.Irr, p. lit», 120 et suiv.

’ Œuvres d’IIipp., l. U, Argument dit Pronostic, p. 9».

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« dans les périodes que j’ai marquées plus haut, vous les recon- « naîtrez aux mêmes signes. » Ainsi, sauf quelques-unes qu’il nomme, les maladies aiguës n'onUpas de symptômes particuliers; elles n’ont que des symptômes généraux qui leur sont communs, ou plutôt il ne reconnaît pas de symptômes, mais seulement des signes qui sont communs à toutes, et dont l’étude doit servir à faire juger toutes choses , ainsi qu’il le dit lui-même un peu plus haut. Il se gardera bien de multiplier les noms et les espèces de maladies, à l’exemple des médecins rnidiens , ainsi qu’il leur reproche au début du traité intitulé : du Régime dans les maladies aiguës.

En somme, le Pronostic n’est pas seulement un traité de pathologie générale, un livre de séméiologie, comme nous l’entendons , puisqu’on y trouve la description , le diagnostic local et le traitement de quelques affections particulières: ce n’est pas non plus un traité de pathologie spéciale, puisque le diagnostic de l’état général, puisque l’étude de la communauté des maladies aiguës, puisque surtout la recherche de l’avenir y tiennent le premier rang; ou plutôt il ne faut pas chercher à faire rentrer ce traité dans nos divisions classiques, mais le regarder comme l’expression d’un système médical tout particulier et entièrement opposé à celui qui gouverne actuellement la science.

Étienne 1 déclare qu’il n’y a qu’une voix sur l’authenticité du Pronostic, et qu’il doit être attribué sans hésiter à Hippocrate, fils d’Héraclide, c’est-à-dire au grand Hippocrate. 11 a joui dans l’antiquité de la plus grande réputation ; c’est le premier livre d’Hippocrate dont la critique ancienne se soit occupée , et tous les médecins grecs et latins se sont plus à confirmer les doctrines qui y sont contenues. Hérophile a commenté cet écrit; Galien censure même ses interprétations et craint qu’on ne l’accuse d'avoir perdu son temps à les examiner Xénocrilc et Philinus de Cos se sont occupés de l’explication des mots obscurs qui sont dans ce traité. Nicandrc de Colophon l’a paraphrasé en vers examètres. Cælius Aurelianus 1 attribue aussi ce livre à Hippocrate. Éroticn range le Pronostic le premier parmi les livres de séméiologie ; Galien * dit que le Pronostic, comme les Aphorismes, est bien l’œuvre d’Hip-

1 Loc. cll., p. 54. Cf. aussi Etienne, Com. inpriorem Cal. lib. Therap. ad Clauc. Éd. Dielz, 1. 1, p. 238 et 246.

’ Com. I , in P rogn., texte 4 , in medio.

* Morb. Vint. IV, 8, p. 536, éd. Alm. Cælius, dans le même passage, attribue aussi un livre du Pronostic à Diocles. Celse (de Med. II, inproœm., dit qu'Hippocrate excelle dans le pronostic.

* Com. III, in Epid., III, texte 32. Cf. aussi C. I, inEpid., III, t. 5.

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pocrate.fils d’FIéraclidc. Ætius d’Amide' dit que le médecin doit connaitrc le Pronostic, les autres écrits d’Hippocrate et les œuvres de la nature. Tous les commentateurs modernes ont conürmé la croyance des commentateurs anciens

Mais quand les témoignages de toute l’antiquité et des temps modernes ne s’élèveraient pas en faveur de la légitimité du Pronostic, le goût serait assurément ici un guide presque aussi fidèle que la plus profonde érudition. « L’importance de la matière, l’ordre, la « déduction , cette lucidité de la parole , qui naît de la concision et « qui ne s’interpose entre nous et les phénomènes que pour leur « donner à nos yeux plus d’évidence; tout y respire cette raison « sûre, prompte, élevée, pénétrante qui a écrit les Aphorismes « et le livre de l 'Air, des Eaux et des Lieux ; c’est la même tou- « che et le même esprit; c’est le même art de tout voir et de tout « abréger; ainsi les suffragesdu goût, les témoignagesde l’histoire, u ceux de la nature , que l’on recueille au lit des malades , tout se « déclare en faveur du traité sur le Pronostic. »

Je n’ai qu’une réflexion à ajouter à ces paroles de l’éloquent secrétaire perpétuel de l’Académie de médecine , c’est qu’Hippocralc ne doit qu'à son génie et à sa pratique éclairée les observations qu’il a consignées dans le Pronostic. Je ne saurais admettre en effet qu’un écrit qui tire son origine d’une pensée toute systématique, qu’un livre qui représente toute une grande doctrine, ail pu être créé par la seule réunion de quelques passages empruntés aux Prénotions de Cos. Évidemment ce n’est pas ainsi que se forment les traités dogmatiques ; ce sont eux au contraire qui donnent naissance à des compilations telles que sont les Prénotions de Cos.

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1. Il me semble qu’il est très bon pour un médecin de s’appliquer au pronostic (1). Connaissant d’avance et indiquant près- des malades les phénomènes passés , présents et à venir, énumérant toutes les circonstances qui leur échappent, il leur persuadera qu’il connaît mieux qu’un autre tout ce qui

1 Telrub. Serin. 1, cap. t, p. 190, éd. d’il. Étienne.

1 Cf. Grimer, Censura, p. 52-6, où sc trouvent rassemblés beaucoup d’autres témoignages.

“ nPOractSTlKON seu nPOrKQSTIKA.Prænolionum liber (Foës.) — Prognoslicorura libri très (Heuun). Pronostiques et Prognostiques.

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les regarde ; en sorte qu'ils ne craindront pas de s’abandonner à lui. Il dirigera d'autant mieux le traitement qu’il saura prévoir les événements futurs d’après les phénomènes présents. Il est impossible de rendre la santé à tous les malades, et cela vaudrait certainement mieux que de prévoir l’avenir ; mais comme, les hommes périssent , les uns terrassés tout à coup par la violence du mal, avant d’avoir appelé le médecin, les autres presque aussitôt qu’ils l’ont fait venir, ceux-ci un jour après, ceux-là après un peu plus de temps, mais toujours avant qu’il lui ait été possible de combattre avec les moyens de l’art chaque maladie (2) , il faut qu’il sache reconnaître la nature de ces affections et jusqu’à quel point elles dépassent les forces de l’organisme , et s’il n’y a point en elles quelque chose de divin (3) , car ceci éclaire le pronostic. Un tel médecin sera justement admiré et excellera dans son art ; mieux que tout autre il saura préserver de la mort les malades susceptibles de guérison, en se précautionnant plus longtemps à l’avance contre chaque événement ; prévoyant et pronostiquant ceux qui doivent guérir et ceux qui doivent mourir , il sera exempt de reproche.

2. Le médecin observera ce qui suit dans les maladies aigues : il examinera d’abord si le visage du malade ressemble à celui des gens en santé, et surtout s’il est tel qu’il était avant la maladie ; s’il est tel , c’est très bon ; s’il est très différent , c’est très redoutable. Voici quel est le visage redoutable : nez effilé, yeux enfoncés, tempes affaissées; oreilles froides , contractées , lobes des oreilles contournés ; peau du front dure , tendue et sèche ; couleur de tout le visage jaune verdâtre (ô), ou brun-noir, livide ou plombé. ( Coaq . 212, 192.) — Si le visage est tel dès le début de la maladie , sans qu’on puisse par d’autres signes expliquer ce changement , il faut demander au malade s’il n’est pas épuisé par des veilles , ou par une diarrhée liquide et abondante, s’il n’a pas souffert de la faim : s’il avoue s’être trouvé dans quelqu’une de ces circonstances , on doit juger le danger moins grand. Cette altération du visage disparaît (5) dans l’espace d’un jour et

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d’une nuit, quand elle provient de tellès causes; mais si le malade assure qu’aucune n’a eu lieu , et si sa physionomie ne reprend pas son expression habituelle dans l’espace de temps indiqué , on ne doit plus douter qu’il n’approche de sa fin. — Mais la maladie étant plus avancée , au troisième ou quatrième jour, par exemple, si le visage reste ainsi décomposé , il faut d’abord faire aux malades les questions mentionnées plus haut , et de plus considérer les autres signes qu’offrent l’ensemble du visage , le reste du corps et les yeux. — Si les yeux fuient la lumière, s’il en coule des larmes involontaires, s’ils sont divergents (6), si l’un devient plus petit que l’autre, si le blanc devient rouge, s’il est parsemé de petites veines livides ou noires, si le tour de la prunelle (7) se couvre d’une humeur gluante , s’ils sont très agités, s’ils sont saillants hors de l’orbite, ou s’ils y sont très enfoncés, si les prunelles sont ternes et privées de leur éclat, si la couleur de tout le visage est changée, il faut regarder tous ces signes comme dangereux et même mortels. — On doit aussi faire attention à ce que l’on entrevoit du globe de l’œil pendant le sommeil (8) ; car si une certaine étendue du blanc apparaît à travers les paupières entr’ouvertes sans que ce soit par suite d’une diarrhée , d’une purgation , ou d’une habitude naturelle , c’est un signe fâcheux et certainement mortel. — Il faut savoir que la courbure ou la contraction (9) , la teinte jaune ou la lividité des paupières, des lèvres et du nez, réunies à quelques autres signes fâcheux , sont les avant-coureurs d’une mort prochaine. — C’est encore un signe de mort, que les lèvres soient relâchées, pendantes, froides et blanches. 0 Coaq . 218.)

3. Il convient que le médecin surprenne le malade couché sur le côté droit ou gauche, le bras, le cou et les extrémités inférieures légèrement fléchies, et tout le corps souple (10). Telle est en général la position que les gens bien portants prennent dans leur lit, et la meilleure [pour les malades] est la position qui se rapproche le plus de celle qui est propre à l’état de santé. — Trouver le malade couché sur le dos, avec

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les bras, le cou et les extrémités inférieures étendus, est moins avantageux ; mais s’il s’affaisse dans son lit et s’il coule aux pieds, c’est encore plus dangereux. Le trouver les pieds découverts , nus et peu chauds , les bras et les jambes également découverts et dans une situation irrégulière, c’est mauvais , car cela indique une grande agitation (11). — C’est aussi un présage de mort que le malade dorme toujours la bouche entr’ouverte , et que couché sur le dos il ait les jambes extrêmement fléchies et écartées (12). Dormir sur le ventre lorsqu’on n’en a pas l’habitude dans l’état de santé, annonce ou du délire ou de la douleur dans les régions de l’abdomen.

— C’est funeste dans toutes les maladies , mais c’est surtout très mauvais dans les péripneumonies , que le malade veuille se tenir assis (13). ( Coaq . 497.)

Grincer des dents dans les fièvres, quand ce n’est pas une habitude d’enfance , est un signe de délire violent et de mort probable ; mais si le malade a du délire en même temps qu’il grince des dents , c’est un symptôme immédiatement pernicieux. {Coaq. 235.) Cependant il faut savoir prédire le danger qui doit résulter de ces deux choses (14).

Il faut observer s’il existait un ulcère avant Ta maladie, ou s’il en survient un pendant son cours ; car si le malade doit périr, avant la mort l’ulcère devient livide et sec, ou jauneverdâtre et sec. {Coaq. Ô96.)

h. Voici ce que je sais sur les mouvements des mains : dans toutes les fièvres aiguës , dans les péripneumonies , les phrénitis , les céphalalgies, porter les mains à son visage, chercher dans le vide , avoir de la carphologie , arracher les fils des couvertures , détacher des paillettes de la muraille , doit être regardé comme autant de signes mauvais et avantcoureurs d’une mort probable. {Coaq. 76.)

5. La respiration fréquente indique un travail morbide ou une inflammation dans les régions sus-diaphragmatiques.

— La respiration grande et rare annonce le délire. L’air expiré froid par les narines et par la bouche, est un signe de danger immédiat. — Il faut savoir que la respiration facile

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exerce une puissante influence sur la guérison de toutes les maladies aiguës cpii sont accompagnées de fièvre et qui se jugent en quarante jours (15). ( Coaq . 260.)

6. Les sueurs sont très favorables, dans toutes les maladies aiguës, toutes les fois qu’elles paraissent un jour critique , et qu’elles dissipent entièrement la fièvre. — Sont bonnes aussi les sueurs répandues sur tout le corps, et à la suite desquelles le malade supporte mieux son mal. — Toute sueur qui ne procure aucun de ces avantages , n’est pas profitable. — Sont très mauvaises les sueurs froides et bornées à la tête , au visage et au cou ; elles présagent la mort dans les fièvres aiguës , et dans les fièvres moins vives la longueur de la maladie (16). (Coaq. 572, 573.) — Sontaussi très mauvaises les sueurs qui se répandent sur tout le corps et qui sont semblables à celles de la tète — Les sueurs miliaires et qui s’établissent seulement au cou sont funestes ; celles qui forment des gouttelettes et de la vapeur sont bonnes. — Il faut examiner le caractère général de$ sueurs : les unes naissent de la faiblesse du corps , les autres de la tension inflammatoire.

7. L’hypocondre (1 7) est en très bon état s’il est indolent , souple et égal à droite et à gauche; s’il est enflammé, douldïh-eux , tendu , si le côté droit ne présente pas les mêmes phénomènes que ceux du côté gauche (18) , il faut que le médecin soit en garde contre tous ces symptômes. (Coaq. 279.) — S’il existe une pulsation profonde (19) dans l’hypocondre , c’est le présage d’un trouble général ou de délire ; mais chez ces malades il faut observer les yeux : si les prunelles sont continuellement agitées , il faut s’attendre qu’ils seront près de marne. (Coaq. 282.) — Une tumeur (20) dure et douloureuse dans l’hypocondre est très mauvaise, si elle en occupe toute l’étendue : mais quand elle est bornée à un seul côté, c’est à gauche qu’elle est le moins redoutable. Ces tumeurs apparaissant au début des maladies annoncent que la mort est proche. Si la fièvre subsiste plus de vqfgt jours sans que la tumeur s’affaisse , elle passe à la suppuration. Chez ces malades il survient dans la première période un flux de sang

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par le nez , et il les soulage notablement Mais il faut leur demander s’ils ressentent des douleurs de tête ou si la vue se trouble, car si l’un de ces signes existe, la fluxion est de ce côté. C’est surtout chez les jeunes gens au-dessous de trentecinq ans qu’il faut s’attendre à ces hémorragies ; chez les vieillards, c’est à la suppuration de la tumeur (21). ( Coaq . 280.) — Les tumeurs molles , indolentes , qui cèdent à la pression du doigt, se jugent plus lentement, et sont moins dangereuses que les premières. Mais s’il se passe soixante jours sans que la fièvre tombe et sans que la tumeur s’affaisse , c’est un signe qu’il s’y formera de la suppuration. Il en est ainsi pour les tumeurs qui siègent dans le reste du ventre (22). Ainsi toute tumeur douloureuse, dure , volumineuse , annonce un danger de mort prochaine; et toute tumeur molle, indolente, cédant à la pression du doigt, persiste plus longtemps que les premières.

— Les tumeurs de la région épigastrique arrivent plus rarement à suppuration que celles des hypocondres, mais celles qui sont au-dessous du nombril suppurent moins souvent encore. Il faut surtout, dans ce cas , s’attendre à une hémorragie des parties supérieures. — Il faut soupçonner la suppuration de toutes les tumeurs qui persistent longtemps dans ces régions.

— On jugera ainsi qu’il suit de ces aposthèmes (23) internes : tous ceux qui se portent en dehors sont favorables s’ils sont médiocres , saillants et terminés en pointe ; ceux qui sont volumineux , aplatis et qui ne se terminent pas en pointe , sont très mauvais. De tous les aposthèmes qui s’ouvrent à l’intérieur, les plus favorables sont ceux qui ne communiquent pas avec l’extérieur, qui sont circonscrits, indolents, et qui n’altèrent pas la couleur des téguments. (Coaq. 281.)

— Le pus est tçès bon quand il est blanc , d’une consistance égale , uniforme , et sans aucune mauvaise odeur ; celui qui a les qualités opposées est très mauvais (2U).

8. Les hydropisies (25) qui naissent de maladies aigues sont toutes mauvaises ; elles ne délivrent pas de la fièvre , sont très douloureuses et même mortelles ; elles ont pour la plupart leur principe dans les cavités iliaques (26) ,

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dans la région lombaire, ou dans le foie. — Chez ceux dont l’hydropisie a son point de départ dans les régions lombaires et iliaques , les pieds enflent , il survient des diarrhées rebelles qui ne font pas cesser les douleurs des flancs et des lombes, et qui n’amollissent pas le ventre. — Toutes les fois qu’elles tirent leur origine du foie , il y a de la toux et des envies continuelles de tousser sans expectoration notable, les pieds enflent, le ventre est resserré , et le malade ne rend que quelques excréments durs, et encore par l’action des remèdes ; il se forme dans le ventre, tantôt à droite, tantôt à gauche, des tumeurs qui s’élèvent et s’affaissent alternativement (27). ( Coaq. 452.)

9. Avoir la tête , les bras et les pieds froids , quand le ventre et la poitrine sont chauds , c’est mauvais (28) ; il est au contraire très bon que tout le corps ait une chaleur et une souplesse uniformes. (Coaq. 492.) — Un malade doit se retourner facilement dans son lit , et se sentir léger quand il veut se soulever ; s’il éprouve de la pesanteur dans tout le corps, dans les pieds et dans les mains, il y a plus de danger. Si à ce sentiment de pesanteur se joint la lividité des ongles et des doigts , la mort est imminente. — La couleur complètement noire des pieds et des mains est moins formidable que leur lividité. Cependant il faut , dans ce cas , recourir à d’autres signes. En effet, si le malade ne paraît pas accablé par son mal , si quelque signe de salut se réunit aux autres , on peut espérer que la maladie se terminera par la suppuration, que le malade en réchappera et que les parties noires se détacheront. (Coaq. 493.) — La rétraction des testicules et des parties de la génération indique un violent travail morbide , et une mort probable. (Coaq. 494.)

4 0. Pour ce qui est du sommeil, les malades doivent, comme c’est la coutume en santé, dormir la nuit et veiller le jour. Le danger n’est pas très grand quand le sommeil ne se prolonge pas au delà de la troisième partie du jour (29). Passé ce temps, le sommeil est funeste; mais il est très mauvais de ne dormir ni jour ui nuit : car on peut inférer de ce

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symptôme , ou que l’insomnie est la suite de la douleur et d’un travail morbide , ou qu’il y aura du délire. ( Coaq . 497 in fine.)

11. Les selles sont très bonnes si elles sont molles, consistantes, si elles arrivent à l’heure habituelle dans l’état de santé, et si elles sont proportionnées à la quantité d’aliments. Des selles de cette nature indiquent que le ventre inférieur est sain. {Coaq. 601 initio.) — Quand les selles sont liquides, il est bon qu’elles aient lieu sans gargouillements , qu’elles soient peu rapprochées et peu abondantes ; car, d’une part, fatigué par des envies continuelles d’aller à la garde-robe , le malade serait privé de sommeil , et de l’autre, s’il rendait souvent des matières abondantes , il serait en danger de tomber en typothimic (30). [Coaq. 609.) — Il faut, en proportion de la quantité d’aliments, aller à la selle deux ou trois fois le jour, une fois seulement la nuit, et plus copieusement le matin , comme c’est l’habitude en bonne santé. — Les selles doivent s’épaissir à mesure que la maladie approche de la crise. Il faut encore qu’elles soient modérément rousses , et qu’elles n’aient pas une trop mauvaise odeur.

— Il est avantageux de rendre des lombrics (31) avec les selles, quand la maladie approche de la crise. {Coaq. 601 in fine. ) — Dans quelque maladie que ce soit , le ventre doit être souple et d’un volume convenable. — Des évacuations de matières liquides comme de l’eau , ou blanches , ou verdâtres, ou d’un rouge foncé, ou écumeuses, sont toutes funestes. — Sont encore mauvais les excréments petits , gluants et blancs, et ceux qui sont verdâtres et liés (32). Ils sont encore plus funestes s’ils sont noirs, ou gras, ou livides, ou érugineux ou fétides. — Les selles variées annoncent que la maladie se prolongera , mais elles ne sont pas moins pernicieuses. Elles sont composées de matières semblables à, des raclures, de matières bilieuses, porracées, noires, qui sortent tantôt ensemble , tantôt séparément. {Coaq. 604,631.)

— Il est bon que les vents s’échappent sans bruit et sans explosion. Cependant il vaut mieux qu’ils s’échappent avec

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bruit que d’être retenus. Quand ils sortent avec bruit , c’est le signe d’un travail morbide ou de délire, à moins que le malade ne les lâche ainsi volontairement. (Cocu/. 495.) — Un borborygme fonné dans l’hypocondre dissipe les douleurs et les gonflements récents et non inflammatoires de cette région , surtout s’il s’échappe (33) avec des matières fécales, des urines ou des vents. S’il n’en est pas ainsi, le borborygme soulage par cela seul qu’il traverse l’hypocondre ; il soulage encore quand il roule vers le bas-ventre. ( Cou< /. 281 in fine.)

12. L’urine est très bonne, lorsqu’elle dépose pendant tout le cours de la maladie , jusqu’à ce qu’elle soit jugée, un sédiment blanc, homogène et uniforme. Elle présage l’absence du danger et une guérison prochaine. Mais si l’urine ne reste pas toujours dans le même état, si tantôt elle coule limpide, si tantôt elle dépose un sédiment blanc et homogène, la maladie sera plus longue et moins exempte de dangers. Si l’urine est rougeâtre , si le sédiment est de même couleur et homogène, la maladie sera plus longue que dans le cas précédent, mais la guérison beaucoup plus assurée. (Cocu/. 575.) — Dans ces urines un sédiment semblable à de la grosse farine d’orge est funeste , celui qui ressemble à des écailles est plus mauvais. Le sédiment blanc et ténu est très suspect , mais celui qui ressemble à du son est encore plus mauvais. (Coac/. 578.) — Les nuages suspendus dans les urines sont bons s’ils sont blancs , sont suspects s’ils sont noirs. — Tant que l’urine reste citrine et ténue , c’est un signe que la maladie est encore à l’état de crudité; si l’urine reste longtemps telle, il est à craindre que le malade ne puisse résister, jusqu’à ce que la maladie arrive à coction. — Les urines les plus funestes sont les urines fétides et aqueuses , les noires et épaisses. Chez les hommes et chez les femmes les urines noires sont très mauvaises; chez les enfants ce sont les aqueuses. (Coac/. 580.) Si, concurremment avec des signes favorables, les malades rendent pendant longtemps des urines ténues et crues , on doit s’attendre à un dépôt dans

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les régions sous-diaphragmatiques. — On doit se défier des substances grasses semblables à des toiles d’araiguées qui nagent sur les urines , car c’est un indice de colliquation. ( Coaq . 582.) — Il faut examiner dans les urines qui présentent des nuages , si ces nuages se portent vers la partie supérieure ou inférieure ; s’ils se précipitent avec les couleurs indiquées , ils doivent être réputés de bon augure , et il faut s’en féliciter ; si , au contraire, ils gagnent le haut avec ces mêmes couleurs, ils sont d’un mauvais augure , et il faut s’en méfier (34). {Coaq. 577.) — Mais prenez garde de vous laisser induire en erreur, car si la vessie est malade, les urines peuvent avoir tous ces caractères. Alors elles ne sont plus l’indice de l’état de tout le corps , mais seulement de celui de la vessie.

13. Le vomissement le plus avantageux est celui qui est composé de phlcgme (35) et de bile , mélangés le plus exactement possible; car moins les matières sont mélangées dans les vomissements , plus ils sont funestes. Les matières vomies ne doivent être ni fort épaisses, ni fort abondantes (36). Si les matières sont porracées , livides ou noires , que ce soit l’une ou l’autre de ces couleurs qui domine , il faut regarder ce vomissement comme funeste. Mais si le même malade vomit à la fois des matières de toutes ces couleurs (37), le cas est très grave. La couleur livide et la fétidité extrême des vomissements annoncent une mort prochaine. Toute odeur fétide et putride est funeste dans tout vomissement. {Coaq. 556. )

14. Dans toutes les maladies du poumon et des parois de la poitrine (38), il faut que l’expectoration se fasse de bonne heure (39) et avec facilité; et la partie fauve doit être exactement mélangée (40) dans le crachat ; car si le malade, longtemps seulement après l’invasion de la douleur , expectore des crachats fauves ou roux qui provoquent une forte toux , et dans lesquels [ces couleurs] ne sont pas exactement mélangées à d’autres, le cas devient plus grave; car un crachat d’un fauve pur est dangereux ; mais un crachat blanc , visqueux et arrondi est insignifiant. Sont encore mauvais les crachats d’un vert très foncé et ceux qui sont écumcux; si

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les crachats sont si purs qu’ils paraissent noirs, ils sont encore plusdangereuxqueceux-ci. (Com/.390.) — Ilestmauvaisqu’il ne se fasse aucune expectoration , que le poumon n’expulse rien, qu’au contraire il se remplisse, et qu’il se produise ainsi un bouillonnement dans la trachée (41).’ — Quand le coryza (/i2) et l’éternûment se montrent comme prodrome ou comme épiphénomène dans les maladies du poumon , c’est mauvais ; mais dans toutes les autres maladies , même les plus dangereuses, l’éternûment est utile. ( Coaq . 399.) — Dans la péripneumonie , les crachats fauves et mêlés d’un peu de sang sont salutaires s’ils sont expectorés au début de la maladie , et soulagent même grandement. Après le premier septénaire et plus tard, ils sont moins avantageux. (Coaq. 390 in medio.) Toute expectoration qui ne calme pas la douleur est funeste. Mais les crachats les plus pernicieux sont les noirs, comme il a été dit. Ceux qui calment la douleur sont les meilleurs de tous. (Coaq. 391.)

15. Il faut savoir que toutes les douleurs de poitrine qui ne cèdent ni à une expectoration abondante , ni à un flux de ventre, ni aux saignées , ni au régime, ni aux purgatifs , amèneront la suppuration. (Coaq. 39 h.) De toutes les collections purulentes, celles qui se rompent quand l’expectoration est encore bilieuse sont les plus funestes , que les crachats bilieux soient rejetés séparément ou mêlés avec le pus. Le danger est encore plus grand si l’empyème commence à se vider avec de tels crachats , quand la maladie est au septième jour. Il est à craindre que celui qui rend de pareils crachats ne périsse le quatorzième jour, s’il ne lui survient aucun symptôme favorable. (Coaq. 392.) — Les symptômes favorables sont les suivants : tolérance du mal, respiration libre, disparition de la douleur, expectoration facile, chaleur et souplesse uniformes de tout le corps, absence de la soif; selles, urines, sommeil et sueurs avec les caractères décrits comme avantageux. Quand tous ces signes sont réunis , le malade ne mourra certainement pas ; mais si les uns se rencontrent sans les autres , il est à craindre que

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le malade ne vive pas au delà du quatorzième jour. — Sont mauvais les symptômes opposés , que voici : accablement sous le poids du mal , respiration élevée et fréquente , persistance de la douleur , expectoration difficile , soif inextinguible , chaleur inégale du corps ( le ventre et la poitrine étant extrêmement chauds , le front , les pieds et les mains restant froids ) ; urines , selles , sommeil et sueurs avec les caractères décrits comme pernicieux. Si quelqu’un de ces signes se réunit à cette espèce de crachats , le malade périra avant le quatorzième jour, le neuvième ou le onzième. On établira donc ses conjectures en se fondant sur ce que l’expectoration dont il s’agit est le plus souvent mortelle , et qu’elle fait périr les malades avant le quatorzième jour. Il faut, pour énoncer son pronostic, peser la valeur des bons et des mauvais signes ; c’est ainsi qu’on s’écartera le moins de la vérité. ( Coaq . 393.) — Quant aux autres (ù3) collections purulentes , les unes s’ouvrent le vingtième , les attires le trentième , quelques-unes le quarantième jour : il y en a même qui vont jusqu’au soixantième.

16. On reconnaîtra le commencement de l’empyème en calculant qu’il date du jour où le malade a eu pour la première fois un accès de fièvre, si toutefois il a été pris d’un frisson , et s’il dit qu’à la place de la douleur il a éprouvé un sentiment de pesanteur là où il souffrait d’abord ; car ces symptômes apparaissent au début des empvèmes. (Coaq. /i0‘2 in medio.) Il faut donc, d’après cette supputation des temps, compter que la rupture des empyèmes aura lieu aux époques indiquées ci-dessus. — Pour s’assurer si la suppuration est bornée à un seul côté, le médecin fera retourner le malade , et s’informera s’il ne ressent pas de la douleur dans l’un des côtés de la poitrine ; si l’un des côtés est plus chaud que l’autre , il fera coucher le malade sur celui qui est sain, et lui demandera s’il n’éprouve pas la sensation d’un poids qui presse d’en haut , car s’il en est ainsi , l’empyème existe dans le côté d’où le poids se fait sentir (hh). (Coaq. /»28.)

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