AVANT-PROPOS
La vie est courte, l’art est long, l’occasion passagère, l’expérience dangereuse et le jugement dif- i" section, ficile. Ce n’est pas assez défaire ce qui convient, il Aph. i. faut encore le concours du malade, des assistans et de tout ce qui l’entoure.
§ I. Des saisons i et des maladies qui leur sont propres.
Les maladies proviennent sur-tout du changement des saisons , des grandes variations de chacune sect.
en froid ou en chaud, et d’autres causes qui ont une i. '
action analogue. — Des tempéramens s’accommo- 2.
dent bien ou mal de l’été , et d’autres de l’hiver : — bien plus , certaines maladies sont plus ou moins conformes aux premiers, comme il est des âges qui se trouvent bien ou mal des saisons , des cli- 3. mats et des genres de vivre. — 11 faut s’attendre aux indispositions automnales dans toute saison où le 4. même jour est tantôt froid , tantôt chaud -, — comme à l’abondance des sueurs dans le cours des 6.
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fièvres, si l’été ressemble au printemps. — Avec la iii« sect. sécheresse, les fièvres deviennent aiguës j et. si la Apii. 7- plus grande partie de l’année donne une constitution sèche , il faut s’attendre à des maladies pour l’ordinaire aiguës. — Dans les saisons constantes , si tout 8. se passe à propos , les maladies sont régulières et d’une crise facile; sinon, lé contraire s’observe. — Ces dernières se montrent en tout temps; et quel- 19. ques-unes d’entr’ elles surviennent et s’aggravent plutôt dans certaines saisons, — comme la goutte, yiesect. dpnt les raouvemens sont ordinaires au printemps 55. et à l’automne.
La dureté de l’ouïe , le trouble de la vue, la pesanteur de tête , le relâchement et la mollesse du corps sont l’effet des vents du sud, et se montrent ni* sect. dans les maladies lorsqu’ils prédominent. Avec l’a- 5. quilon paraissent les toux, les maux de gorge, les constipations , les dysuries^ les horripilations, les douleurs costales et pectorales , qui sont des complications lorsque ce vent soufile. — Mais des constitutions de l’année , celles avec sécheresse sont j5. en général plus salubres et moins meurtrières que les pluvieuses, — durant lesquelles il se développe ordinairement des maladies, des fièvres longues, des flux de ventre , des putridités , des épilepsies , 16. des apoplexies et des angines ; tandis que la phthisie, les ophthalmies , l’arthritis, les stranguries et les dysenteries sont le produit des sécheresses. — Les constitutions quotidiennes boréales resserrent et fortifient, donnent de l’agilité et une bonne coloration : elles améliorent l’ouïe , dessèchent les ca-
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viles, irritent les yeux et augmentent toute douleur tlioracique préexistante. Les constitutions australes iiiesect. énervent et humectent les corps j elles durcissent Aph. 17. l’ouïe et appesantissent la tête ; elles causent des éblouissemens , rendent lourd, et humectent les ventres. 9.
En automne , plusieurs maladies sont très-aiguës, et sur tout dangereuses : mais le printemps est très- 10. salubre , et nullement pernicieux. — Funeste aux phthisiques, — la première saison, sèche et froide, convient aux hommes d’un tempérament humide et aux femmes j aux autres personnes, elle cause des bphihalmies sèches, des fièvres aiguës, des coryzas prolongés, et des mélancolies à quelques-unes. >
Les maladies du printemps sont : vésanies , mé- 20. lancolies , épilepsies , hémorrhagies , angines , enrouemens, toux , lèpres, lichens, alphes-, plusieurs pustules ulcéreuses , tubercules et douleurs articulaires. — En été y outre quelques-unes des maladies précédentes, c’est le temps des fièvres continues et ardentes , des intermittentes, tierces et quartes , des ax, vomissemens et des diarrhées , des ophihal mies et des otalgies, des aphthes, des putridités du pudendum, des hydroas Ou échauboulures.
Outre quelques maladies estivales, il éxiste en automne y fièvres quartes et erratiques , engorgemens spléniques , hydropisies , phthisies , stran- 22. guries, Uenteriës, dysenteries, douleurs coxales , angines, asthmes , volvulus, des épilepsiês et des manies. — En hivévy pleurésies, péripueumohies , 23.
léthargies, coryzas, enrouemens, toux, douleurs
pectorales , latérales et lombaires , céphalalgies ,
vertiges et apoplexies.
ect. Quant aux saisons de Tannée , si Thiver a été
11. sec et froid, et le printemps pluvieux et chaud, il est nécessaire qu’il règne en été des fièvres aiguës , des ophthalmies, des dysenteries, sur-tout chez les femmes , et chez les hommes d’un tempérament humide. — L’hiver a-t-il été austral, pluvieux et calme, et le printemps sec et froid, les femmes grosses dont l’accouchement répond à cette dernière époque, avortent pour la moindre cause. Celles qui se délivrent , ont des enfans faibles et maladifs, tels qu’ils meurent aussitôt ou vivent
12. grêles et malingres. Les dysenteries, les ophthalmies sèches tourmentent les autres personnes , et les vieillards succombent promptement aux catarrhes. — Mais si un été sec et froid est suivi d’un
13. automne pluvieux et chaud, les maladies dominantes de Thiver seront : céphalalgies , toux , enrouemens, coryzas et plusieurs phthisies.
§ II. Maladies des âges.
Pour ce qui concerne les saisons , au printemps
i8. et au début de Tété , les enfans et les adolescens • en été et durant une partie de l’automne, les vieillards J le reste de cette saison et en hiver, les personnes d’un âge moyen sont sains et bien portans.
Les petits enfans et les nouveaux -nés sont lour-
04. montés parles aphthes, les vomissemens, les toux, les insomnies et les frayeurs; par les inflammations
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ombilicales et le suintement des oreilles. — Ceux d’entre ces enfansqui sont très-replets et constipés, souffrent , au temps de la dentition , sur-tout lors in» sect. de l’éruption des dents canines , du prurit des gen- Aph. zS. cives j ils ont des fièvres, des convulsions et desdévoieraens. — Dans un âge plus avancé, les maladies auxquelles ils sont sujets sont : les inflammations tonsillaires , l’inclinaison en-devant de la vertèbre occipitale, les asthmes; ils ont des vers lombrics et ascarides , des verrues pendantes , des satyriasmes , des stranguries , des stnimes et d’autres tuhercules, sur^tout ceux dont il a été parlé plus haut. — Plus tard encore et à l’approche de Ik puberté , outre plusieurs de ces affections , les 27. fièvres prolongées, les épistaxis leur surviennent.
— Les hémoptysies , les phthisies, les fièvres aiguës , les épilepsies et plusieurs autres des maladies nom- 2^. mées ci-dessus , sont ordinaires aux jeunes gens — qui, passé cet âge, deviennent sujets à l’asthme , aux pleurésies , aux péripneumonies , aux léthargies, aux phrénésies , aux fièvres ardentes , diar- 3ov rhées chroniques, choléras, dysenteries; aux lienteries et aux hémorrhoïdes. — Les maladies de la vieillesse sont : dyspnées, toux catarrhales , stranguries, dysuries , arthrites , néphrites, vertiges, apoplexies, cacochymies, démangeaison de tout Si. le corps, insomnies , humidités du ventre , des yeux et des narines, obscurcissemens de la vue, glaucomes et duretés de l’ouïe.
Les vieillards sont ordinairement moins maladifs ii» sect. que les jeunes gens : mais les afTeëtions chroniques
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qu’ils contractent, les accompagnent le plus sou-, vent jusqu’au tombeau. — Une grande taille, qui iio sect. sied et donne de la grâce aux adultes, incommode Aph.54. les vieillards, auxquels une petite stature convient mieux. — Ceux dont le nez et les parties sexuelles sont naturellement humides , ne jouissent pas^ d’une vie sect. parfaite santé j ceux qui ont une disposion contraire a. se portent Jtrès-bien.
§ III, Des fievres.
Il est ordinaire que les fièvres quartes se pro-, II* sect. longent peu en étéj beaucoup en automne, sur- 25- tout à mesure qu’on approche de l’hiver. — Il vaut 26. mieux qu’un mouvement fébrile se déclare pendant une convulsion , que celle-ci existe la première. Que durant une pyrexie marquée le corps reste stationnaire , ou maigrisse au-delà de toute propor- 28. tion , c’est un signe, d’uue part, que la malqdie sera longue, et, de l’autre, que l’épuisement est considérable. . ^
Les fièvres non intermittentes qui .s’exaspèrent iVesect. chaque troisième jour, sont dangereuses j e^es ne 43. le sont pas lors d’une intermission quelconque. — 44- Leur prolongation est suivie de furoncles et de douleurs sur les articulations. — Un frissop sur- 46. venu dans le cours, de ces fièvres continues, est mortel si le malade est déjà faible j — et le danger 48. n’est pas moindre quand il y a froid au -dehors, chaleur brûlante au-dedans, et forte altération. — Si , dans une fièvre continue , et le corps étant déjà
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affaibli, il se manifeste un désordre profond dans iv®sect. l’état naturel des lèvres , des sourcils , des yeux et Aph. 49. du nez; si le malade ne voit ni n’entend plus , que tous ces signes soient réunis ou non , la mort est imminente; — alors la difficulté de respirer, le délire sont encore des symptômes fâcheux. — - 50.
Dans toute maladie avec ou sans fièvre, Técoulement volontaire des larmes n’a rien d’étrange; 52, tandis que, s’il est sans motif, il faut le tenir pour , sinistre; — et qu’on s’attende â d^ violens accidens chez ceux dont les dents s’enveloppent de 53.. viscosités durant une fièvre , — qui est avec soif médiocre , toutes les fois qu’il existe une toux 54. sèclie peu irritante, — et qui, à moins quelle ne soit éphémère, est constamment mauvaise lors- 55. qu’elle est accompagnée de bubons. — Le frisson survenu à une fièvre ardente, en procure la solu- 58^. tion; — et, dans toutes celles qui sont aiguës , une ardeur vive autour de l’abdomen , une douleur à 65.
l’orifice cardiaque de l’estomac , — des convul- 66,
sions et des souffrances autour des viscères; — des convulsions et des frayeurs pendant le sommeil; 67. — enfin , une respiration entrecoupée , indice de mouvemens convulsifs, sont d’un fâcheux augure. 68.
Chez les femmes , les frissons procèdent des lombes et du dos vers la tête: mais chez les hom> Ve^sect. mes , dont la peau est rare, comme la présence des 69. poils l’annonce , il commence plutôt en arrière qu’en devant du corps ; savoir, des cuisses et des coudes. — Les quariénâires sont rarement attaqués de convulsions; mais si celles-ci existent les pre- 70-
mières , la fièvre quarte, qui survient ensuite, les dissipe. — La fièvre fait cesser la convulsion et le téftinos durant lesquels elle survient j — elle dissipe les douleurs non inflammatoires des hjpochondres j — et si elle ne se déclare avec un flux abondant d’urine, on voit périr en sept jours les malades chez lesquels levolvulus succède à la strarigurie. — Avec le type quarte , elle est fâcheuse lorque le sang coule du nez.
§ IV. Maladies nerveuses.
iv« sect. La lympanite ou l’hydropisie sèche succède aux II. coliques, aux douleurs ombilicales et lombaires V®sect. qui ont résisté aux purgatifs et aux autres re-