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APHOMSMES b’hIPPOCRATE , .
$unt inçon^tantia, nec admodùm permanere^ necjuB dupçire soient. (,§ jciii,)
H es.t question des accidens et des changemeiis subits qui surviennent , contre toute raison', dans le coups des maladiêis', sans avoir- été annoncés par aucun signe. Afin -de présenter le véritable sens de cet aphorisme, 6upt>osGns, avec Houllier,, un inalade qUi, tourmenté d’une -forte fièvre le deuxième 'ou le troisième jbur , se trouve bien le quatrième , a plus d’appétit et dort mieuîç qu’auparavant. Si aucun signe de coction na précédé , s’il n’y a pas eu d’évacuation > ne vous fîez^pas à cé changement, parce qu’il est imprévu , insolite, Ou, sans raison. ■Que ice.mieux: se manifeste le septième ou le huitième jour, il n’ofîre pas plus de garantie, car il n’a été précédé d’aucune évacuation par les sueurs, les urines ou les selles. ■ ; . .
C’est particulièrement lors des perturbations critiques, qu’il ne faut pas s’intimidèr à l’apparition d’accidens que l’on verrait se montrer avec une plus grande violence que ne le comportent la nature et le caractère de l’affection'. Chez le malade supposé par ‘Houllier , dés signes de coetion ont paru le quatrième jour, et tout a été'irès-fbien le cinquième et le sixième. Le sept, il survient du délire , la respiration est difficiièjéf'gêhée ; la fièvre très-forte est accompagnée d’un violent frisson : loin de s’effrayer et de craindre un tel état, parce qu’il'existe sans raison, ri faut plutôt s’attendre au retour de' la santé que présager la mort. Une crise salutaire est le terme de tous çes grands mouvemens.
Quelquefois il arrive qu’à l’instântoù l’on droit la mort très-prochaine, il se manifeste inopinément une rémission trompeuse j et , dans d’autres cas , qu’à l’approche
d’uriE "iîrîse dont ‘on attend la solution de la maladie , il sùrvient^des syniptôines très-fâcheux t'tels que l’anxiété, le délire ,, etc. Alors , si on -met trop de confiance dans les signes qui paraissent favorables ; si on se laisse effrayer par ceux que l’on croit fâcheux , on s’expose à prédire ia ^Observation dés moribonds , et la perte de ceux qui touohent à leur convalescence. Une erreur aussi grave n’est jamais commise par un médecin expérimenté , lequel n’accorde à ce qu’il observe que ce degré de confiance fondée sur l’opportunité des phénomènes.
28. Febricitantium non omninb levitevy permanere et nihil remittere cotpuSj aut etiom magis quàm pro ratione colliquejieri 3 malum est. lllud enim morbi longitudàierh indieat 3 hoc verb injirmitatem. \%ïii.)
On dit que l’exténuation est* plus où moins grande qu’elle ne devrait être , lorsque l’embonpoint actuel étant comparé avec ce qu’il était en santé , ' le corps a .perdu -davantage ou s’est mieux conservé (^ue tout semblait le .comporter ; la .gravité, la durée de. la maladie et une foule dé circonstances extérieures- produisent cette diminution de volume. G’est d’après ces considérations que la perte de l’embonpoint est prodigieuse toutes les fois que la maladie n’a été ni vive ni prolongée , et que cettè perte n’est pas extraordinaire quand elle l'épond à l’inten- “sité dès accidens jpâssés. En pratiqué, bri a souvent Foc- ■casibn'cle confirmér' la' vérité de cétté sehlënce , 'car'il'é^ Constant quhtn mâlade ’qui mai ^ il t' h Texbès ën ‘trèspéu de ‘temps , lek anerracé de succomber;’ et que celui 'dbiit l’embonpoint Se ^O'Utfehtle mêhfe dutant dix , douze -ou^quatorze joùrs,' iqu8il:|lie ne prenant rien ét violem-
123 APHORISMES d’hIPPOCRATE ,
ment tourmenté , reste long-temps dans un état inquié^ tant, dont on redoute le mode de terminaison d’ailleufs difficile à prévoir : en somme , les effets doivent répondre aux causes.
29. Incipientibus morhis 3 si quid movendum videatuVi move; vigentibus vero 3 quiescere meliùs est. (§ XIX.)
30. Circà principia et fines omnia sunt debilioraî circà vigores verb 3 vehementiora. (§ xix.)
Voyez première section, aphorismes 22 et 24.
31. A morbo belle comedenti nihil proficere corpus 3 malum est. (§xxi.)
Voyez aphorisme 8 de cette section.
32. Ut plurimùm omnes qui male habent 3 circà principia benè comedentes 3 et nihil proficièntes 3 ad finem rursùs cibum non appetunt: qui vero circà initia quidem' cibum omninb rtoti appetunt 3 posteà autem benè appetunt 3 meliiis
' (, § XXI
On croirait que cet aphorisme se rapporte aux personnes chez lesquelles tout annonce le développement d"une maladie aigue; mais en ne perdant pas de vue le sens de celui qui précède, on ne doute pas qu’il ne s’agisse expressément ici des convalespens. Dans ce cas,, il est bon de faire remarquer que , la crise étant opérée ,
SECTION II, APH. 2g, 5o, 3l, 32, 33. 123
plusieurs malades éprouvent une faim pressante qui , trop complètement satisfaite sans que les pertes soient aucunement réparées , est bientôt suivie de l’anorexie et du dégoût, ce qui retarde le retour parfait à la santé. Au contraire , pour des causes assez connues et dépendantes de la faiblesse des organes digestifs , des convalescens peuvent n’avoir d’abord aucun appétit ; peu à peu il se fait sentir et annonce un rétablissement très-prompt. D’une part , les digestions sont laborieuses , elles fatiguent, et épuisent les forces ; c’est alors que reparaissent l’anorexie , les saburres gastriques ou intestinales, et qu’il y a quelquefois récidive de la maladie. D’un autre côté , des convalescens nullement tourmentés par le besoin , ne prennent que très-peu d’alimens et ils en augmentent la quantité à mesure que les fonctions digestives et assi-, milatrices reprennent une activité progressive.
53. /rz Omni morboy mente valere , et benè se habere ad ea quœ offeruntur, bonum est: contrarium verb rnülum. ( § xiii.)
Le malade dont les facultés intellectuelles restent dans une intégrité parfaite , se possède bien et conserve toute sa présence d’esprit. Si cette disposition existe seule , elle ne suffit pas au médecin pour qu’il conçoive des espérances ; car il voit souvent périr , lors même qu’aucune espèce de délire n’a existé. Par bien se trouver de ce qui est offert , on n’entend point seulement avec Galien prendre sans répugnance des alimens et des médicamens , mais encore éprouver un mieux réel ou ûn soulagement marqué. Telle est la véritable idée d’Hippocrate , qui voulait que les symptômes cédassent facilement à tout ce qui était donné aux malades j et qui fait
r24 ' a’phokismë's d’hippocrate ,
remarquer qu’il s’est trouvé dans des circonstances oiît’ il n’en était pas ainsi : et iis quæ qfferebantur œgrè cedebant ( synjptomata ). Nam purgationes multos lœdebant,~etc.{ï).
L’aphorisme exige deux conditions réunies , afin que l’on puisse augurer favorablement, il faut qu’un malade ait l’esprit présent, se possède jiavfaitement , en mêmetemps qu’il se trouve très-bien de tout ce qu’il prend aveo facilité et sans répugnance en alimens ou en médicamens ; sinon , son état est fâcheux et fait concevoir de justes inquiétudes.
34. In morbis minîis periclitantur, quorum fiaturcBy et œtati^ et habitui et tOmpOri magis similis fuerit morbüs, quàm ih quibus horum nulli fuerit similis,
Chaque tempérament et chaque 'âge ont leurs maladies ; il en est de même des professions , du régime dô vivre le plus habituel et des différentes saisons de l’année (2). Lorsqull existe un rapport entre ces circonstances et la nature des maladies j la santé n’est pas, aussi profondément altérée que quand le contraire a lieu. Une fièvre bilieuse est toujours grave chez une personne dont le tempérament est sanguin Ou lymphatique , tandis qu’il n’en est pas de même lorsque la maladie est inflammatoire ou muqueuse. Sans doute , dans le bas âge , on a plus à redouter des hémorrhoïdes , des affections ca-
(1) JEpidem., lib. iii , sect. iii. Status pestilens.
(2} Modi morborum hi'sunt, partirh quidem cognati sunt , de quibus interrogando disceredportet rpariitn à régions , familiares enim sunt permultas , et multi ipsos noscunt : partim ex corpore, et victûs Ta<r tione , ac temperiei constitutione , aut à tempodbus. De Humprib. , p.i'àto.
ESGTION n, ÀPH. 34, 35. 125
larrhales que dans tpute autre époque plus avancée de la vie. De jnêrae une fièvre ardente , la variole , compro-, mettent plutôt les jours d’un vieillard que ceux d’un enfant ou d’un adolescent. L’homme habitué à un travail dur , à des exercices violens , à une nourriture grossière, soutient mieux^ les maladies fortes que celui qui est délicat , efféminé , oisif, et qui fait toujours bonne chère.; Il est constant que , toutes choses égales d’ailleurs , une fièvre ardente est plus dangereuse en hiver qu’en été 5 et il est universellement reconnu que les craintes sur une issue funeste, comme les espérances de guérison, sont fondées le plus, souvent sur les rapports des maladies avec le tempérament , l’âge , les habitudes , le climat et la Saison de l’année {i).
35. In omnibus morbis, quœ partes ad umbilicujn 3 et imum ventrem sunt, crassitudinem habere meliùs est : valde autem tenues et eliquatas ipsas habere malum; periculosum verb illadest^ etiam ad infernas purgationes. (§ xm. )
Rien n’atteste plqs la prostration de rappareil, digestif, que l’affaissement extraordinaire du ventre , observé, daqs toutes les maladies aiguës ou chroniques. Le défaut de graisse dans l’épiploon , et le , mésentère , entre le péritoine et les muscles- de l’abdomen., entre ceux,- ci et les tégumens , enfin, la .sajllie du pubis-^i^PUf un signe évir dent de faiblesse et 'd’épuisen>en.t,,, C’est, pourquoi HippOr
(0 Maximum itaquë signiifn in œgTôtîsqui "victurî sunt, si non jmœteT.'.ïtaturam .fuerit fébris ardens , et Ïtlü rnôt-M èo'dem nio£>. Nihil cnim horrenduni, neque Lethalefit in his y quis secunâiim natiiram ,sunt. .'Secundurn est, sinon etidm ipiuni tepipus simul eum morbo impugnet. De Dieb. judicator., p. 3i4,
126 APHORISMES d’hipPÔCRATE ,
crate dit qu’il convient que , dans toute maladie, le ventre soit mou et médiocrement élevé (i) ; et que, dans le cas contraire , il faut se garder de purger par le bas , si on ne veut point provoquer des diarrhées colliquatives.
36. Qui sana habent corpora, pharmaeis purgati citb exsolvuntur^ ut Gt qui pravo utuntur cibo. (§xix.)
Tout le monde connaît les résultats d’une mauvaise nourriture : elle détermine une faiblesse qui ne peut que s’accroître par l’usage des purgatifs. La première partie de cet aphorisme semble contraire à cette prétendue prophylactique adoptée par les anciens et par quelques modernes qui croient aux avantages des médecines dites Ae précaution , prises au printemps ou à l’automne, sous prétexte de se garantir d’une maladie *dahs le cours de l’été ou de l’hiver. Quoique nous ayons aujourd’hui des moyens de purger plus doux que ceux qu’on employait Rutrefois, nous ne sommes pas autorisés à y recourir dans les cas de bonne santé, parce que la crainte de l’avenir n’est point un motif de compromettre le présent. Ne voit-on pas tous les jours des personnes se plaindre de leur état, auquel elles s’attendaient d’autant moins qu’elles croyaient avoir pris toutes les mesures propres à le prévenir? Il faut jouir de sa bonne santé et ne jamais s’exposer à l’altérer , pas plus par erreur de régime , que par l’emploi demédicamens préservatifs qui, n’ayant point à agir sur des humeurs déprsivées , hoh existantes , portent nécessairement une atteinte fimeste aux bonnes.
(i) In Omni morbo ventrern mollem esse, et meàiocriter extumescere convenu. Libr. Prsenotion.
. ^on periclitan œgrotum , si circà umbilicum et pubém cutis
plena sit. Cels., lib. ii, cap. iii.
57. Qui benè valent corpore , purgatu sunt dijfficiles. ( § xix. )
Pour produire leur effet, les médicamens éprouvent «ne grande opposition de la part des corps sains, qui résistent à leur action. Les remèdes les plus faibles ne peuvent que nuire s’ils ne sont pas indiqués. C’est pour-» quoi il ne faut pas se presser dans le début des maladies , parce que la santé n’est point encore assez altérée. Les évacuations qu’on obtient alors à l’aide des purgatifs , sont nulles , séreuses ou muqueuses, et le produit d’une simple irritation ajoutée à un mal réel. 11 n’y a que les cas bien prononcés de turgescence qui obligent de médicamenter sans retard ; dans toute autre circonstance , il faut préparer le corps. Personne n’ignore avec quelle peine un purgatif agit au début des maladies aiguës , et avec quelle facilité une simple solution de manne relâche le ventre au commencement des convalescences.