‹ Hippocrate par lui-même, ou Commentaires sur les Aphorismes, d'après les écrits vrais et supposés d'HippocrateChapitre 38 sur 103 · I-yO APHORISMES d’hIPPOCHATE · texte numérisé non relu

I-yO APHORISMES d’hIPPOCHATE

temps comparés dans leur tempéralure. La première saison a d’abord été exposée sèche et froide, et la seconde pluvieuse et chaude , puis toutes les deux ont été, l’une après l’autre , considérées en sens inverse. La même marche n’est pas suivie pour ce qui concerne l’été 5 , mais rien n’est plus facile que de suppléer en grande partie à ce qui manque du texte qui est l’objet de nos méditations. Il sutBt de rapporter ce que Hippocrate n a point passé sous silence dans son chef-d’œuvre sur l’air, les eaux et les lieux.

Si autem œstas pluvlosa sît et austro multîim perfletur, sîniilisque sequatur autumnus , necesse est hyemem mor~ bidam esse , et his qui pituitâ ahündant , et qui quadragesîmum annum excesserunt ,Jehres ardentes Jîeriverisimile esti qui verb hile abundant , costarum injtammationes , etpulmoni^ , pleuritidas ac peripneumonias dictas.

i4* Si verb aquilonius et sine pluviis autumnus fuerit , iis quidem qui naturâ sunt humidi y et mulierihus y commodus erit : retiquis verb erunt ophthalmice siccœ et fehres acutœ , et gravedines (diuturnæ)/ non nullis verb melancholice. ( § I. ) «

Voyons maintenant comment cet aphorisme est déve* loppé dans le traité dont il fait partie :

Quod si borealis sit autumnus qc siccus , et peque sub caniculam , neque sub arcturi occasum pluviosus , confert pituite sis naturâ, etmaximè qui naturâ sunt humidâ, etmulieribus. Biliosis autem infestissîmum hoc tempus existit. F aidé enim exsiccantur acciduntque iis lippitudines aridæ et fehres acutœ , ac diuturnœ, et aliquibus bilis atra , siquidein quod liquidissimum etaquosissimum in bile estconsurmtur, densissîmum verb et acerrimum relinquitur, quod

Idem accîdit secundùm eamdem ratio nem et cîrcà sanguinem , undè hi morhi his accidunt , pituitosis autem hœc omnia commoda sunt. Exsiccantur enim et in hyemem perducuntur, minimè humecti , sed resiceati.

Afin de donner à ce travail l’étendue et le dégré d’utilité qu’il promet, il paraît nécessaire de traduire en entier tout ce qu’Hippocrate a dit sur ce point important :

« Du reste , chacun ayant ainsi considéré les années , peut prévoirsi celle à venir sera salubre ou maladive. Elle sera certainement propice, s’il n’y a rien d’extraordinaire dans le lever et le coucher des astres; si l’automne est pluvieux , l’hiver modéré et ni trop doux ni trop froid ; si , durant le printemps et l’été , les pluies tombent à propos. Les fièvres et les ophthalmies régnent de préférence en été , toutes les fois que l’hiver est sec et boréal et que le printemps est pluvieux et austral. Car, puisque la chaleur survient tout à coup , la terre étant humectée par les pluies du printemps et par le vent du sud , cette chaleur est nécessairement doublée par la terre arrosée et chaude, et par le soleil brûlant, à une époque où les ventres ne sont pas resserrés , ni le cerveau débarrassé de ses humidités. Il est donc impossible , lors d’un tel printemps, que les fièvres aiguës ne se répandent pas. beaucoup, sur-tout parmi les pituiteux : il est aussi dans l’ordre que les dysenteries soient fréquentes chez les femmes et les hommes d’un tempérament humide. L’eau tombe-t-elle aux approches du lever du chienP.y a-t-il des orages et souffle des vents étésiens (i)? on a lieu d’espérer la cessation. des maladies et un automne salubre. Dans le cas contraire, il est à. craindre qu’excepté les vieillards .

(1) Ce sont des vents anniversaires , qui soufflent du nord après le lever de la canicule , et tempèrent la chaleur solairo pendant quarante jours environ.

i»73 aphorismes d’hippocrate ,

les femmes et les enfans nemeurent, et que les personnes qui survivent ne soient prises de fièvre quarte et ne deviennent ensuite hydropiques.

(c Mais lors d’un hiver austral, pluvieux et doux, lors d’un printemps boréal, sec et orageux, il est vraisemblable que les femmes grosses avorteront , qui doivent accoucher dans cette dernière saison ; que celles qui se délivreront auront des enfans impotens , maladifs, destinés à périr aussitôt ou à vivres frêles, faibles et valétudinaires.» Les autres femmes seront sujettes aux dysenteries, aux ophthalmies sèches, et, quelques-unes, aux catarrhes pulmonaires. Il est donc probable queoes dérangemens du ventre affecteront les sujets lymphatiques et le sexe , la pituite coulant du cerveau à cause du tempérament humide. Les bilieux auront particulièrement des ophthalmies sèches , à cause de la chaleur et de la sécheresse des chairs. La rareté et l’éliquation des veines exposeront aux catarrhes les vieillards décrépits, dont quelques-uns meurent subitement, tandis que d’autres sont frappés d’hémiplégie, à droite ou à gauche.

« Un hiver austral , pluvieux et chaud n’est avec constriction ni du corps ni des veines. Lorsqu’il est suivi d’un printemps boréal, sec et froid, le cerveau, purgé et - débarrassé par les. coryzas et les enrouemens , se raffermit et se resserre. C’est pourquoi , lors de l’invasion, brusque de l’été;, la chaleur devenant brûlante et variable , les diarrhées ., les ansarques. succèdent , pour ainsi dire, aux autres affections, puisque les ventricules ne peuvent être privés de l’humidité qu’ils ont contractée. Un été pluvieux a,vec sçufffe fréquent des vents du midi, après let^pel vient un automne semblable, rend nécessairement l’biver fâcheux, sur-tout pour les pituiteux , et pour les personnes qui , au-delà de quarante

ans-, sont attaquées de fièvres ardentes ; les bilieux éprouvent ces inflammations Costales et pulmonaires qu’on appelle pleurésies et péripneumonies . ■ .

« Quand un été sec et boréal fait place à un automne pluvieux et austral , il faut s’attendre à voir dominer pendant l’hiver , fes céphalalgies-, les humidités' du cerveau , et les enrouemens par-dessus tout „ les CGp.yz.as\ et quelquefois le tabes. Un automne boréal , sec, non pluvieux au temps de la canicule et du coucher de l’arcture , convient aux pituiteux, plus encore aux tempéramens humides et aux femmes. Il est contraire aux bilieux , chez lesquels on observe des ophthalmies sèches , des fièvres aiguës et chroniques. Quelques personnes, sont tourmentées par l’atrabile ; en etfet, la bile se dépouille de ce qu’elle a de très-liquide ou d’aqueux ; il n’eq reste que la partie la plus dense et la plus âcre , qui est retenue dans le corps. Il en arrive de mênie au sang , dont les altérations semblables s’opèrent d’une égale manière. Ces changemens ont des inconvéniens pour les bilièux ; ils sont utiles aux pituiteux-, qui avancent vers l’hiver sans être surchargés d’humidités dont ils se trouvent délivrés.

« Quiconque méditera et réfléchira sur ce qui Vient d’être dit, prévoira une grande partie du résultat de ces changemens remarquables ; il importe principalement d’observer les grands moovemens des saisons, afin dé ne pas médicamenter lorsqu’ils ont lieu , 'de ne point appliquer le feu ni inciser sur les parois des cavités, que dix jours plus tard ou davantage , même long-temps après. Les deux solstices sont dangerèux , et particulièrement celui d’été. Il en est de même des équinoxes , et sur-tout de celui d’automne. Il faut encore avoir égard au lever des astres , notamment du chien , de l’arcture et au coucher des pléiades. C’est à ces époques que des ma-

J P74 APHORISMES d’hiPPOCRATE ,

ladies se jugent , que d’autres donnent la mort , que quelques-unes cessent insensiblement, tandis qu’il y en a qui changent d’espèce et d’état. »

15. Ex cinni vero constitutionihus , in uni^ versùm quidem siccitates pluvtosis sunt saluhriores et minus le thaïes. (§ i*)

Saîuberrimi sunt sereni dies : meliores pluvii quàm tantùm nebulosi , nubilwe : optimique hyemè , qui omnî vento vacant; œstate , quibus favonii peiflant {{) .

16. Morbi autem in pluviosis quidem ple~ rumquè fiant, et febres longœ, et alvi fiuxio-^ nés, et putredines , et epileptici , et apoplectici et angines. In siccitatibus verb, tabidi , ophthalmiœ, arthritides, urinœ stillicidia et djsenteriœ. ( § i. )

Cet aphorisme développe la proposition générale énoncée dans le précédent j il signale une partie des maladies propres à chaque temps de sécheresse et d’humidité. Un air constamment chargé d’eau, nuit à la santé. Il est sans doute cause de la situation générale des villes, des bourgs et des hameaux sur des lieux élevés ou sur le penchant de collines bien exposées, où l’on s’estaperçu que les maladies étaient peu communes, et qu’on y parvenait à un âge fort avancé, souvent sans avoir éprouvé ni infirmités ni incommodités graves 5 tandis que les plaines , les lieux bas , marécageux ou entourés de grandes masses d’eau stagnante ont paru ravagés, presque tous les ans, par

(1) Cels. , lib. U, Proefat.

SECTION III, APH, l5, l6. 175

des inondations et par des épidémies plus ou moins meurtrières. La relation des voyages apprend que , dans les Indes orientales , la santé se soutient bonne pendant les étés secs et brûlans , et que les fièvres pernicieuses se multiplient à l’infini , si des pluies abondantes se rencontrent avec des saisons aussi ardentes. En Afrique , les fièvres pestilentielles , la peste , se déclarent subitement, lorsque les mois de juillet et d’août sont trèspluvieux ; et les malades ont grande peine à se rétablir.

Les auteurs les plus accrédités n’ont en quelque sorte qu’une manière d’expliquer le mécanisme du développement des maladies propres aux saisons chaudes , sèches ou humides. Tout se réduit à faire croire à l’influence sur les solides, des fluides altérés (i). Pourquoi ne s’eston pas contenté de faits que l’expérience et l’observation ont rendus irrécusables? Pourquoi n’a-t-on pas suivi le bel exemple donné par Hippocrate (2), dans la constitution épidémique de'Cranone , ville de Thessalie, 2® dans celle qu’il a appelée pestilentielle (3)? Avec des raisonnemens , on démontrera que l’altération des solides et des fluides n’est que secondaire à celle primitive des propriétés et des fonctions vitales. Laissons à d’autres le soin d’établir sur ces principes , non moins plausibles , une théorie des maladies et une doctrine de leur propagation épidémique.

(1) Fr. Hoftm,,^ém 56. 23e tempor. ann. insalubr.fi 11.

Mead., Oper. omn. de venenat. halUib. f p. 164; Boerh., Institut, medicin.fi 748. •

(a) Carbunculi in Cranone œsüvi grassabantur; pluebat per œstus tsffatim et continenter; àcciditque id prœcipuè ab austro. Fpidein . , iib. 11 , sect. H,

(3) Ibid, f Iib, m, sect. m.

APHORISMES d’hiPPOCRATË ,

17. Quotidiance autem constitutiones 3 aqui» loniæ (^ttidem, corpora Qompingunt, et rohusta, et facile mohilia , ethene colorata 3 et meliiis audientia faciunt3 et als^os siccant3 et cculos mordent , et dolorem circà thoracem, si quis prœexistat 3 majorem faciunt. Austrinæ vero corpora dissolvant 3 et humectant 3 et auditas graves, et capitis gravitâtes faciunt, et vertigines in oculis, et corporibus motum difficilem , et alvos humectant. ( § i.)

Voyez aphorisme 5 de cette section.

18. Secundùm temporel autem, vere quidem et primâ œstate, pueri, et his œtate proximi, optime degunt 3 et maxime sani sunt. AEstate vero, et autumno ad aliquam quidem partem , senes. Meliquo autem autumno , et hyeme , qui medii sunt cètate. (§11.)

Il a été dit plus haut, aphorisme 3 , que les âges étaient dans tt&<tapport plus ou moins favorable avec les saisons. Ici se rencontre un développement qui divise la période de la vie en trois parties , savoir : \ enfance et Xadoles^ cence , Y âge consiètàht et Ya. âîèillesse. Chaciinè a son époque de l’année , qui lui convient mieux que toute autre. Jusqu’à vingt-cinq ans , le corps continue de croître et d’éprouVer l’heureuse influence du printemps et de la première partie de l’été ; l’âge moyen , période consistante de la vie, se soutient par lui-même et résiste efficacement j et la vieillesse ne se trouve bien que de la

SECTION III, AEH. î^, iS, 19, 20. I77

chaleur. D’après cetfe partition du com*s de la vie, on voit que le premier âge , pueri et his ætate proximi , répond au temps qui s’écoule depuis l’équinoxe du printemps jusqu’au solstice d’été, t^er et prima, œstas; que la vieillesse s’accorde avec le temps compris entre le solstice d’été et l’équinoxe d’automne, œstas et autümnus ad aliquam partéiri i que la dernière moitié de l’automne et l’hiver sont facilement supportés parle moyen âge, re/i-’ quo autem autumno et hyéme. -

Qùod ad celâtes attinet , pueri proximique his i>ère op^ timè valent, et cëstate primâ tutissimi sunti senes cestate et autumni primâ parte : juvenes hyeme, quique inter juventam , senectufemque sunt. Ihimicior senibus hyerns , œstas adolescentibus [i).

19. Morhi autem omnes quidem in omnibuS' temporibus fiunt : rionnulU vero in quibusdam ipsorum magis et jiunt , et exacerbantur. (§*•)

20. Nam vere quidem i ins aniœ et melan-^ cholicBy et epüepsice i sanguinis fiuxiones y et anginœ y et gravedines y et raucedines y et tusses y et leprœ y et impetigines y et 'vitiligines y et pustulœ ulcerosce plurimœ y et tubercula y et articulorum dolores; i.)

D’après les idées qu’ils sê sont faites des hurneurs , les commentateurs ont compris les maladies du printemps en trois ordres, qui sont’: le sanguin, le pituiteux et le mélancolique. Dans le premier se trouvent les manies , les mélancolies , les épilepsies , les hémorrhagies , et les angines; le second contient les coryzas, les enrouç-

(i) Gels., lib. 11, cap. 1.

jfy 8 APHORISMES d’hiPPOCRATE ,

mens et les douleurs arthritiques , rapportés k une stagnation de sérosités sur les parties glanduleuses de la gorge et sur les articulations j on compte dans le troisièane , les éruptions cutanées , suites d’une humeur visqueuse , impure et salée, portée a la surface du corps, aux glandes cutanées et au tissu de la peau.

La ;name est une irrégularité des fonctions intellectuelles , toujours sans fièvre et quelquefois accompagnée de fureur. Elle prend le nom de mélancolie, quand elle est avec crainte et tristesse; et celui fatuité, lorequ’elle est douce et se borne à une imperfection du jugement.

Toute perte de sang se nomme hémorrhagie, qu’on divise en interne et en externe , selon qu’elle a lieu au dedans ou au dehors du corps. On la dit active , si elle est avec mouvement fébrile ou avec congestion et irritation locales ; et passive, si elle a lieu sans effort; comme chez les scorbutiques, les grands vieillards et chez les personnes épuisées ou fatiguées par des adynamies ou des cachexies diverses. Les hémorrhagies sont critiques dans les maladies, lorsqu’après les signes de coction , elles arrivent au temps de la crise : car au début des fièvres essentielles , et jointes à une prostration des forces , elles sont reconnues symptomatiques. Une perte de sang est périodique, qui arrive à des époques constantes et déterminées ; dans le cas contraire , elle est irrégulière. En raison de l’idée que l’on s’est, faite de la manière dont le sang sort de ses propres vaisseaux , on a parlé d’hémorrhagie par anastomose, quand le sang coule immédiatement des extrémités capillaires ; par diapédèse , lorsqu’il suinte à travers les pores des tissus vasculaires; par diabrose ou diérèse, toutes les fois que l’écoulement est l’efifet d’une érosion, d’une déclnrure ou d’une blessure de cesjnêmes canaux.

Les pathologistes modernes classent en muqueuses , séfeuses , cellulaires et cutanées , les hémorrhagies actives , et les passives ou par apocénose, nullement accompagnées d’irritation ou de pyrexie. Les premières , propres aux surfaces revêtues de membranes muqueuses, sont : V épistaxis ou l’écoulement du sang par le nez ; Vhémopijsie ou le crachement du sang , V hématémèse ou le vomissement; Y hématurie ou pissement de sang; le /lux hémorrhoïdal ; la ménorrhagie ou perte utérine ; 'enfin les règles ou menstrues. Les secondes espèces d’hémorrhagie semblent se borner à une exhalation sanguine par les surfaces séreuses , et on croit les remarquer dans les cas d’hydrothorax , d’hydropéricarde , d’ascite , d’hydrocèle et même d’hydrocéphale aiguë. Les hémorrhagies cellulaires se rapportent aux taches scorbutiques , pétéchiales , aux ecchymoses et aux sugillations dans les cas de froissement ou de contusion. Les hémorrhagies cutanées sont rares : elles appartiennent aux sueurs de sang dont on a beaucoup parlé et que nous n’avons pas encore vues.

Hippocrate note parmi les maladies du printemps , l’angine ou la difficulté de respirer , effet d’un engorgement inflammatoire de toutes les parties molles qui composent et environnent la gorge ; la toux ou l’expiration convulsive , violente , fréquente et sonore , qui dépend d’une irritation du larynx ; l’épilepsie , les coryzas et les enrouemens.

Quant aux affections cutanées , les lèpres observées au printemps, diffèrent de celles décrites par les arabes, et de celles endémiques sur les côtes de Norwège, de la Suède et dans les pays septentrionaux. Ce sont plutôt des dartres, dont quelques espèces sont indiquées , telles que les impetigines ou lichens, distinctes par une aspérité superficielle de la peau, avec démangeaison et desquam-

1 8o JkPHORlSMES d’hIPPOCRÀTE ,

mation furfuracée de l’épiderme ; telles que les vitîUghtes ou taches de la peau à peine rugueuse , connues sous le nom à'aîphes, que, d’après leur couleur, Celse spécifie de noire ou blanche (i) j enfin telles que les pustules ulcéreuses, sur lesquelles l’écrivain romain s’exprime encore ainsi ; « Il y en a de plusieurs genres ; c’est une certaine aspérité répandue sur tout le corps ou sur une seule partie , semblable à ces pustules qui proviennent de la sueur ou de la piqûre des orties. Ce sont les exanthèmes des Grecs , avec on sans rougeur de la peau ; souvent plusieurs ressemblent à des vares , varîs (2), pustules livides , pâles, ou de toute autre couleur, au-dessous desquelles il y a une humeur. Lorsqu’elles se rompent , la chair paraît ulcérée , et on reconnaît les phlyctènes ulcéreuses des Grecs (3). » Les tubercules sont des tumeurs inflammatoires plus grandes que les pustules, qui égalent quelquefois le volume d’un œuf de poule : exemple le phlegmon , le furoncle , le clou ; enfin l’arthritis fait nombre parmi les maladies du printemps.

21. AEstate verhy et horum nonnulliy et fehres continuée y et ardentes y et tertianœ plu^

(1) Lib. V, cap. ii, sect. xiv.

(2) Le mot varus a été employé pour désigner un cagneux. Mais les Grecs nomment ainsi une petite tumeur inflammatoire située sur la peau du visage ; et Galien la dit provenir de quelques portions de sang embrasées , épaissies , amassées et stagnantes **■. Elle n’est point prurigineuse , et n’invite pas à se gratter. P. d’AEgine en distingue deux espèces : les unes ne sont point encore endurcies , et les autres deviennent calleuses **. LentiliuS admet des rares avec ou sans prurit Ne s’agit-il pas plutôt de la couperose , gutta rosa'i

(3) Gels., lib. v, cap. xviii.

* Ve Curation, morb. secund. ioc. , lib, T, cap. ii*.

»» Vt Mediain., lib. III, cap. xiy.

Miicellan. médis, frsect.

SECTION iri, APH. 21, 22. l8l

rimas, etquartanœ, etvomitus,et cdvi fiuæus, et ophthalmiœ , et aurium dolores , et oris exuîcerationes , et pudendorum putredines , et sudamina. (§i.)

Les fièvres continues , particulières à la saison de l’été, et accompagnées d’une chaleur brûlante avec soif inextinguible, sont appelées par Hippocrate , ^ febres

Ardentes , vehementes. Pour se conformer à l’opinion de Freind, on doit considérer comme telles, toutes celles qui existent avec des symptômes violens.*

Idotalgie-^sX une douleur gravative de l’oreille, inflammatoire ou catharrhale. Si on voit, en été, des ulcérations de l’intérieur de la bouche , on ne connaît guère ces putridités des parties génitales. Ce ne sont pas ces pustules dartreuses avec démangeaison et desquammation de l’épiderme, ou ces boutons purulens qui dégénèrent en croûtes minces et desséchées que , dans celte saison , quelques personnes ont sur le scrotum. Ces putridités sont sans doute analogues à ces érysipèles gangréneux dont il est question dans la constitution pestilentielle décrite par Hippocrate (i). Hydroa, sudamina , papulæ subdoîosæ , de Celse j échauboulurès de Houllierj ce sont des efflorescences cutanées, petites, rouges et miliaires , qui rendent la peau rude : elles s’élèvent lorsqu'’ on s’expose au soleil , et sur-tout après les, violens exercices du corps,

22, .Autumno autem y et muîti ex csstivis , et fehres quartance et erronées, et lienes, et hjdropes , et tabes , et urinas stillicidia , et liente~

(i) Horiim autem omnium gravissîmum erat , si t^uid circà puberti et pudenda accidisset, Epidem., lib. iii, sect. lu.

iSa APHORISMES d’hippocrate,

nV;e, et djsenterice , et copcœ dolores, et angincBy et asthniata, et vohmliy et epilepsice y et insaniœ y et mclancholiœ , (§ i.)

En automne , les fièvres quartes sont fréquentes ainsi que celles erratiques ou à périodes vagues et incertains, ■On observe également dans cette saison quelques maladies que Mous avons dit exister au printemps; ce sont l’épilepsie , la manie et la mélancolie. Mais lés affections automnales les plus ordinaires sont , selon Celse , les dotileurs de la rate (i) , qu’avec Hippocrate on croit être plutôt les indurations ou les engorgemens de ce viscère.

X^hydro'pïsîe ascite est un épanchement séreux dans la cavité abdominal. Les latins aT^-pë\\eniurince stillicidium , ce que nous nommons strangurie ou écoulement d’urine goutte à goutte, avec douleur, ardeur et grands efforts, La lienterie , lienteria , întestinôrum îœvitas , est une espèce de dévoiement dans lequel on rend les alimens à peu près tels qu’on lésa pris. Si on en croit les anciens, la tunique interne de f estomac et des intestins e,st , dans cette maladie, si lisse, polie et glissante, que tout ce que l’on a bu ou mangé se présente presque aussitôt à l’anus. On remarque en effet que les selles sont d’autant moins fréquentes, qii’on reste plus long-temps sans rieii prendre, lies évacuations se composent, pour l’ordinaire , de mucosités , de sérosités et d’une nourriture imparfaitement digérée,

La dysenterie , dysenteria, ùitestinorum difficultas, est une inflammation de la muqueuse des gros intestins, accompagnée, de fièvre, de selles muqueuses, sanguino-

(»1 îiib. Il, cap- ï,

SECTION III, APH. 23. l83

lentes, quelquefois de constipation; mais très -souvent avec ténesme et coliques violentes. Au nombre des maladies du printemps, il a été question de douleurs arthritiques ; et n^aintenant on parle des sciatiques qui se propagent sur le pourtour des lombes , descendent quelquefois le long de la partie postérieure de la cuisse , jusqu’au dehors du genou, et même jusqu’au pied. U asthme est caractérisé par une respiration difficile , sans fièvre , bruyante et sifflante.

Des douleurs vives et cruelles des entrailles, avec constipation opiniâtre, gonflement de l’abdomen, lipothymie, vomissement fréquent de matières bilieuses , glaireuses ou stercorâles , sont les signes du voîvulus. Cette maladie reçoit ce nom, parce qu’à l’ouverture des cadavres, on a trouvé l’intestin iléüm roulé, entortillé et comme noué. Les dénbiriinations d’i/éus, de passion iliaque, viennent du siège de la souffrance sur l’intestin iléum; celle de chordapsus a été imaginée , parce qu’on a senti cette portion du tube intestinal tendue comme une corde pendant les douleurs.

nS. Hjeme verb,pleuritiàes, peripneumonio£,y lethargi, gravedines y raucedines y tusses y dolores pectorum , et laterum, et lumhorum y et capitis dolores y vertiginesy Qpopleociœ. (§;i.)

Durant l’hiver, outre les coryzas , les enrouernens et les toux , on observe des pleurésies et des péripneumonies, ou des inflammations des plèvres costale et pulmonaire. La léthargie se montre aussi ; c’est un assoupissement dont on ne retire les malades qu’avec peine, et dans lequel ils retombent aussitôt qu’on les laisse tranquilles. Le nom de cette maladie dérive d’un mot grec qui veut

T 84- APHQRI&MES d’hiPPOÇRATE ,

dire oubli : en effet, on oublie les impressions x’eçues à l’instant ; on demande à boire , on se lève sur son séant , et on ne sait plus cju’on tient un vase à la main. C’est avec difficulté que les malades montrent leur langue; ils sont très-lents à la reporter dans la bouche; ils la laissent même sur les lèvres , malgré qu’on leur recommande de la retirer,

Les douleurs de poitrine et de côté ^nt des pleurodynies ; celles des lombes sont désignées par , le mot lumbago; toutes sont sans fièvre, et tiennent du rhumatisme. Si on s’imagine voir tourner autour de soi ou tourner soi-même , on a le vertige simple , nommé ténébreupc, lorsqu’il est avec obscurcissement de la vue, comme dans, la syncope et la défaillance. Le mot scaiomfe, dont on se sert aussi pour exprimer, cet embarras ,de la tête, a pour racine sçoto,^ , brouillard, et dinos ou (îeïnos,^ qui , selon Erptiàn,, dpnne l’idée de ces sauteurs qui tournent en pirouettant sur un seul pied^ . ,

pans son principe , chaque saison tient beaucoup de celte qui existait auparavant. Il en est de .même des. maladies , comme l’a observé Hippocrate , en rappelant qu’en été on voit encore quelques-unes de celles du printemps , et qu’au commencement de l’automne, celles ' de l’été n’ont pas encore disparu. Les praticiens instruits ne négligent point cette remarque précieuse ; ils savent tops qüe les maladies d’Unesaison, lesquelles se prolongent plus ou moins avant dans une autre , s’accompagnent .d’épiphénomènes analogpe.<^ à la température qui ne leur est pas fayorable ,,et, demandent quelques changemens dans là. méthode thérapeutique dont elles sont suscep.tihlesV

24- In cetatibus autem talia eveniunt : parvis quidem et recens natis pueris, aphthœ, vomituSy tusses 3 vigilice, pavores 3 umhilici inJLammationes 3 aurium humiditates . (§ ii.)

L’accroissement , l’embonpoint , la consistance et le • décroissement, sont les quatre âges admis par Hippocrate (j), d’après les phénomènes extérieurs. Jusqu’à sept mois les enfans sont sujets à éprouver dans l’intérieur de la bouche des ulcères superficiels , brûlans et couverts d’un mucus glutineux grisâtre. Ce sont des aphthes; ou peut-être encore le muguet, caractérisé par des boutons miliaires blancs et très-rapprochés, qui occupent l’intérieur des lèvres , les gencives, la langue, le voile du palais et l’arrière-bouche.

Les bonnes femmes regardent comme d’un heureux présage les vomissemens qu’on observe chez les nouveaux-nés ; et les médecins les prennent pour l’effet d’uu effort naturel de l’estomac , qui se débarrasse des mucosités dont il est farci. La toux provient d’une même cause qui agit sur les voies aériennes , autant que de l’impression de l’air sur des parties qui n’y sont point accoutumées. Les très-jeûnes enfans sont dormeurs ; et on ne rapporte qu’à un mauvais état de leur estoniac les fray eurs qui interrompent leur sommeil , et qui ies réveillent en sursaut, en provoquant des cris et dés agitations convulsives de leurs membres.

La ligature du cordon, première opération pratiquée immédiatement après la naissance, rend raison des inflammations de fombilic. Les humidités des oreilles ne

(i) Incrementum , crassittes, robur, diminûtio. Bpidem.fiïb, ri, sect. Yïu.

i86 aphorismes d’hippocrate ,

donnent pas l’idée d’un écoulement par le conduit auditif. Elles ont rapport aux suintemens qui ont souvent lieu sur la peau délicate du pavillon de l’oreille , du côté du crâne. Elles fatiguent et causent l’amaigrissement si elles sont abondantes : alors , il importe de les modérer; dans le cas contraire, il faut les entretenir, et jamais il ne convient de les tarir.

25. -Ad dentitionem verb accedentibus 3 gingivarum pruritus, febres, convulsionesy alvi pra^ JLuvia, et maxime ubi caninos dentes producunti et iis qui inter pueros sunt crassissimi 3 et qui alvos duras habent. (§ h-)

Le premier symptôme de la dentition est ce prurit qui invite les enfans à porter dans la bouche leurs doigts et les corps étrangers qu’ils peuvent saisir. Il survient bientôt une salivation plus ou moins abondante , avec chaleur et douleur vive qui arrachent dés cris continuels. La fièvre succède, ainsi que des diarrhées , qu’il ne faut jamais faire cesser en entier, mais qu’on doit s’efforcer de modérer, lorsqu’elles menacent de devenir excessives, séreuses et trop fréquentes; car elles peuvent être suivies d’une émaciation mortelle.

Il est ordinaire que les dents sortent les unes après les autres. Chaque éruption est constamment suivie de calme, et celle qui succède est accompagnée des mêmes orages précédemment observés. La sortie simultanée d’un grand nombre est toujours fort dangereuse. A cette époque de souffrances , .les enfans qui commencent à marcher ou qui marchent déjà, ne peuvent plus se soutenir; ils demandent qu’on les tienne toujours sur les bras. Ceux qui sont forts , colorés, deviennent faibles et pâles; leurs

SECTION m, APH. 25, l6. ïS'J

chairs sont mollasses et tombantes ; ils maigrissent sensiblement. Il n’est pas rare que leurs joues soient d’un rouge vif et parsemées de plaques rouges appelées Jeux de dents. Ces petits malades reprennent leur vivacité avec une promptitude aussi enchanteresse que ravissante, dès que les accidens ont cessé.

Depuis Hippocrate jusqu’à ce jour, il est d’observation constante que les enfans les pluà forts et du plus bel embonpoint, ont davantage à redouter des phénomènes de la dentition : ils s’assoupissent facilement , et des convulsions peuvent leur ôter la vie dans cet état. Elles sont d’autant plus redoutables , qué le ventre est moins libre (i). Aussi est-il très-essentiel que les, enfans ne soient jamais constipés , qu’ils aillent librement à la selle plusieurs fois dans les vingt-quatre heures. On a cru remarquér que la dentition' est moins laborieuse, que 'les convulsions sont plus rares, quand il existe une fièvre aiguë' ("i) : c’est pourquoi des praticiens ont été d’avis de l’exciter, de la rendre plus vive , si elle est faible et à peine sensible.

26. lis autem qui œtate sunt majores ^ tonsilice inJLammatœ, v^ticuli in occipitio introrsùm esctrusiones , asthmata ^ calculorum generationes i lumbrici rotundi, ascarides, vérrucœ pensiles , satjriasmi, ( stranguriæ ) , strumœ , et caetera tubercula, maxime verb suprà dicta. (§ “•)

Les glandes placées de chaque côté de l’isthme du

(1) Cluihus in dentitione alvus ampliàs subducit , minus convelluritur, quàm quitus paràin. Hipp., de Dentitione.

(2) Quitus in dentitione febrïs atuta accidit , parîcm eonvelluntur, Ibid. ibid.

i88 Aphorismes d’hippocrate ,

gosier, sont appelées paristhmia par Hippocrate; tonsîllcef par Pline ; les barbares ont introduit le mot amygdalœ., On se demande oe que signifient ces mots , verticuU in oecipitio întrorsùm extrusiones , et on a toujours de la peine à en découvrir le véritable sens. Gn ne peut croire ni à la déviation, ni à la luxation de la première vertèbre occipitale, ni au déplacement de la deuxième; car il s’ensuivrait moins une difficulté de respirer qu’un engourdissement progressif et une paralysie des membres. Selon de Gorter (i) , il s’agirait de l’accroissement simultané dans le volume de l’atlas et dans celai du cartjlage thyroïde : mais ces deux parties, osseuse et cartilagineuse, ne se correspondent pas ; la seconde, antérieure à la première, est située beaucoup plus bas qu’elle. Hecquet (a) a pensé qu’il était question du rachitis, qui , fixé sur la partie cervicale de l’épine, déforme cette région, comme on l’observe trop souvent à cette époque de la vie dont Hippocrate parle ici. Il est probable que , de toutes ces opinions , aucune n’est fondée pour celui qui rapproche du texte de cette sentence l’article des ouvrages dont ce peu de mots est extrait. Tout semble se rapporter à une -maladie aiguè‘ , à une inflammation du larynx avec intumescence générale de tous lesutissus glanduleux, cellulaire et cutané environnans, à une aflectionqui se jugeait et se terminait parfaitement en quarante jours au plus tard. S’il en est ainsi , il n’y avait pas de déviation des vertèbres, ni augmentation de volume de l’allas et de l’odontoïde, ni rachitis.

Afin de faciliter les méditations sur ce point difficile nous rapporterons une longue histoire de maladie , dans laquelle il est parlé de ce déjettement en-dedans des ver-^

(i) Medicin. hippocratic. f 1. 1, p.

(a) In hune apfiQrism.

t^bres occipitales , duquel il est encore question en d’autres endroits des écrits d’Hippocrate.

Erant autein anginosorum qffectiones hœ. Golli verticula intrô vergebant , quibusdam ampliùs , quibusdara propè. Et collum forinsecùs conspicuam cavitatem intrb habebat, et hac paHe ad contactum dolebat. Erat autem et cuidam infrà os dentis appellatum , quod non similiter acutum est, quibusdam verb etiam valdè rotundum, ma-^ jore circumjerentia. Si non cùm dente appellatq , fauces non.inflammatæ , aeràm jacentes. Fartes sub maxillâ tu~ midœ, non inflammatis sîmiles. Neque glandulæ uîli in~ tumuerunt. Sed magis secundàm naturam, linguam non facîlè vertebani , ipsisque et major esse bidebatur, et p?'o-" minentior, et sub linguâ uenœ conspicuœ , deglutire non poterant, aut valdè dijficulter. Immb ad nares fugiebat, si ualdè cogèrent, et per nares ioquebantur. Spiriius autem Jiis non aaldè sublimis, Quibusdam verb uenœ in temporibus , et in capitibus , ac ceraice elevatce. At recrudescentibus, ex his, parîim quiddam tempora calida, etiamsi aliàs non febricitarent.,Non suffocabantur pîurimi, nisi cum deglutire cupiebant aut salivam, aut aliud quiddam.

Neque oculi intîis desidehant. . quos autem nunc

noai, superstites manserunt. Erant autem partim celerrimè alleaantia , plurima aerb ad quadraginta dies devehiebant, et m hoc plerique etiam sine febre. Multi verb etiam ad valdè longum tenipus, partem aliquam tumoris habebant, etc. , çtc. (Epidem. , lib. ii , sect. ii, sub fin.)

Ce long passage fait présumer qu’il se rapporte à une inflammation du larynx et de la partie inférieure du pharynx. Alors on conçoit que , veriiculi in occipiiio mtrorsùm extrusiones , expriment un phénomène qui consiste dans l’inclinaison du cou en-devant pour rendre la déglutition et la respiration plus faciles. L’intumescence des parties extérieures qui environnent le cartilage

igO APHORISMES d’hiPPOCRATE ,

thyroïde, le gonflement des veines de la tête , de celles de la langue , la douleur au toucher, le peu de fièvre, et beaucoup d’autres phénomènes, donnent la seule idée de laryngitis. La vertèbre du cou êst ici une partie prise pour le tout , et indique la courbure antérieure de la région cervicale.

Fauces dolorôsce , graciles ( non enflammées ) , cùni agrè tolerabili molestiâ, strangulatoriœ, perniciosæ acutè. Quitus spiritus retrahitur, vox autem strangulatoria est, et çertehra intrh considei, his in fine velut contrahente quodam spiritus Jit {i).

Il n^est pas ordinaire de compter X asthme au nombre des maladies de l’enfance. Les pathologistes ne donnent pas ce nom à la coqueluche ou toux convulsive , ni aux gênes de respirer, qui proviennent de la compression des poumons, ou de l’altération tuberculeuse, suiffeuse, ou de l’inflammation chronique de ces organes. Cependant il est vraisemblable que, par le raot asthme, on a voulu exprimer les dérangemens de fonctions produits par ces lésions organiques. , ^

C’est également à cet âge que les calculs de la vessie se rencontrent fréquemment, que les vers lombrics manifestent leur présence dans l’estomac et le tube intestinal 5 que les vers ascarides , petits et sautillans , causent des démangeaisons à l’anus , d’où ils sortent souvent un à un, et au-dessus duquel ils s’amassent et se pelotonnent dans la cavité du rectum.

Sur la peau du visage et des mains de ces enfans , on voit s’élever des verrues , plus souvent sessiles que pédiculées et suspendues , fendillées à leur surface, et qu on appelle porreaux. Ces petites excroissances tiennent

(O Frœdiction., lib. i, p. 406, n» iiS.’—Coacar. Prœnot.y&ect. n, p. 4a5, n” 17.

SECTION III, APH. 27. igi

presque toujours à une disposition scrofuleuse; elles disparaissent spontanément avec l’âge et sous l’usage des amers et des toniques. Avec un peu d’attention sur la manière dont les parties du texte sont disposées , on voit que softyriasmus , suivi des mots striimœ et alla tubercula, gonflement des glandes, du cou, ou bien clous et furoncles, n’est point synonyme de Hippocrate

appelle spécialement satyriasmi ces tumeurs situées derrière les oreilles , qui sont poussées en avant et en haut comme les oreilles des satyres. Ces engorgemens chroniques, indolens et sans changement de couleur à la peau , descendent jusque dans le tissu des parotides, des glandes sous-maxillaires , cervicales, axillaires , inguinales , etc. Ils ont les caractères du scrofule , àes écrouelles, des 'humeurs froides, etc.

La strangurie n’est point encore une maladie de l’enfance. A cette époque de la vie , la difficulté de rendre les urines , la nécessité d’uriner souvent , peu à la fois , et d’éprouver aussitôt après une douleur vive, sont une partie des symptômes rationnels , qui font soupçonner la présence d’une pierre dans la vessie. Des enfans éprouvent encore des incontinences, ou ne peuvent retenir leurs urines pendant leur sommeil, qui est trop profond. Cette incommodité n’est pas absolue , puisqu’on ne l’observe pas dans l’état de veille.

27. AEtate'Vero adhuc pravectiorihus » et ad pubertatem accedentihus et multa ex illis , et febres diuturnœ magis, et eæ nçiribus scmguinis Jluxiones. {$11.)

Un médecin d’un très-rare mérite , le professeur Lordat , dit : « C’est pendant que l’accroissement se fait avec plus d’activité, que les hémorrhagies ont lieu. Hippo-

ig2 APHORISMES d’hïPPOCRATE ,

crate les a sui'-tout observées dans l’adolescence , dans la jeunesse et jusqu’à trente -cinq ans. L’âge viril est tourmenté par les bémorrhoïdes : celles-ci sont encore , avec l’hématurie , l’apanage de la vieillesse. »

« Chaque âge paraît être plus en rapport avec un genre d’hémorrhagie qu’avec les autres. La jeunesse favorise les mouvemens de fluxion générale; l’âge viril, où les dispositions hypochondriaques , fluxionnaires , goutteuses , se développent, favorise les efliisions par fluxion bornée. La vieillesse, où l’atonie et la cachexie font des progrès rapides, donne lieu aux hémorrhagies adynamiques et à celles par défaut de résistance locale. » « Stahl remarque que, dans les sujets disposés naturellement ou par habitude aux évacuations sanguines , l’âge change la voie d’expulsion ; aux épistaxis succèdent les hémoptysies, et à celles-ci les hémorrhoïdes. »

« Les médecins de Breslaw observèrent, pendant le printemps de 1699 , un grand nombre d’hémorrhagies qui se faisaient par des voies difiFérentes , selon l’âge des malades ; par le nez chez les enfans , par le poumon chez les jeunes gens, par les hémorrhoïdes, l’utérus et les reins chez les personnes âgées (i); »

28. Plurimce quidem affectiones pueris judicantur^ aliœ in quadraginta diebus ; aliœ in septem mensibus; aliœ in septem annis : aliœ ipsis ad pubertatem accedentibus . Quœ vérb pueris permansèrihty neque solutœ fuerint circà pubertatem j aut fœminis circà menstruorum eruptionem, perseverare soient. ( § xiv. )

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