‹ Hippocrate par lui-même, ou Commentaires sur les Aphorismes, d'après les écrits vrais et supposés d'HippocrateChapitre 39 sur 103 · Juvenibus autem j sanguinis spuitiones · texte numérisé non relu

Juvenibus autem j sanguinis spuitiones

(1) Traité des hémorrhagies , p. 196.

SECTION 1^11, 4Piï. 28, 39, 198

tahesy febres acutce, epilepsiœy et coetçri morbi^ maocimè verb suprà nominati. (§ ii.)

li n’a été question jusqu’ici que des maladies qui surviennent depuis l’instant de la naissance jusqu’à la puberté. Maintenant on s’attache à celles qui s’observent dans un intervalle de dix-huit à trente-six ans , durant les périodes de l’adolçscence et de la jeunesse. La çijculation précordiale augmente d’activité, tous les mouvemens vitftU?î semblent se, concentrer vers les régions supérieures. Si les pouiupns sont bieu conformés, s’ils ppposent uns résistance suffisaute, si le thorax n’offre aucune trace de rachitis, tout fait espérer un heureux développementr Dans le pas çontraire , on a lieu de craindre la rupture des vaisseaux capillaires, leur en-? gouement sanguin , suivi d? crachement de sang , d’infiltration de ce fluide dans le parenchyme pulmonaire , d’induration , d’inflaminatio.n lente , de gêne pour respirer, de douleurs , de puogénès.e et d’expectoration purulente. Alors le marasme , la consomption et la fièvre hectique se succèdent nécessairement.

L’épilepsie est une maladie de l’enfanpe qu’on peut regarder comme étrangère à la jeunesse. Hippocrate nous apprend qu’elle ne naît jamais spontanément, passé vingt ans (i)* ége, le sexe éprouve une espèce de,

convulsion caractérisée à’ hystérie ovi. de suffocation u té-; rine, dont les symptômes ressemblent quelquefois à ceuJt de l’épilepsie. Est-ce de cette maladie nerveuse que le vieillard de Cos a voulu parler?

(1) Postquàm verb viginti anni prcBterîerint , non ampliùs hic morbur corripit, prceterquàm pr.ucos aut nuUitm , nisi eoB puero conuutritus fuerit. îJipp.j de Morbo

ig4. APHORISMES D’hiPPOCRAT® »

5o. Ultrà hanc cetatem verh progressé ^ as^ thmata 3 pleuritides i peripneumoniœ , léthargie phrenitides s fehres ardentes , alvi prqfluvia diuturnUi cholerody dysènterice, lienteriœ, hœmorrhoïdes. (§ii. )

L’âge moyen entre la jeunesse et la vieillesse, est celui qu’on désigne sous les titres de consistance, de virilité. Il comprend tout le temps qui s’écoule entre trente-cinq et cinquante-cinq ans. Quelquefois il commence plus tôt , d’autres fois il finit plus tard , en raison de là vigueur de la constitution et de la force des individus. Jusqu’ici on a donné une idée succincte des maladies les plus ordinaires à cette époque de la vie. Il reste encore à faire connaître ce qu’on entend par choléras et par hémorrhoïdes .

Le choléra-morbus est une évacuation bilieuse , par le haut et par le bas à la fois , par l’une ou l’autre de ces voies isolément, avec envies de vomir, ténesme, soif, convulsions , crampes dans les cuisses ét les jambes , rarement suivie de la mort. De tous les symptômes , il peut arriver qu’il n’y ait aucune espèce d’évacuation. Cette maladie s’observe particulièrement dans les régions méridionales , et dans les autres climats , durant les excessives chaleurs de l’été : elle est d’autant plus rare , qu’on se rapproche davantage des pays septentrionaux.

On nomme hémorrhoïdes tout écoulement de sang par l’anus, ou des tumeurs des vaisseaux de cette partie, formée par une congestion sanguine. Beaucoup de praticiens croient encore , avec Hippocrate , que ces flux de sang proviennent des orifices des veines de l’a-

SECTION III, APH. 3o, 5l. IQS

ïiüs (i) J et que les tumeurs ne sont que la dilatation variqueuse de ces mêmes vaisseaux. Des observations exactes, confirmées par l’autopsie cadavérique, ne permettent pas de douter que l’hémorrhagie se fait immédiatement par l’extrémité des artères capillaires ; et que les tumeurs ne soient l’effet d’une infiltration dans plusieurs points du tissu cellulaire, du sang artériel qui s’écoule par les voies indiquées.

3i, Senihus autenty spîrandi dijfficultates ^ catarrhi tussiculosi , stranguriœ y djsuriœ y articulorum dolores y nephritidesy çertiginesy apopleæiœ y mali corporis habitus y pruritus totiiis corporiSy vigilicBy alviy et oculorum y et narium humiditatesy visûs hehetudines y glaucedines y auditûs gravitâtes, ( § ii.)

Sans égard à ce qui résulte de l’abus que Ton fait trop souvent de la vie, la vieillesse est un effet nécessaire de la nature des mouvemens vitaux, qui s’altèrent par la longueur de leur activité et par la destruction lente des organes. La vieillesse reconnaît trois périodes ; senectus vîridis,jlorida, végéta., cruda, de cinquante-six à soixantetrois ans, les forces se soutenant à peu près les mêmes , ou diminuant peu ; senectus media, remarquable par un affaiblissement sensible de toutes les facultés , pendant un espace de sept à dix ans ; senectus decrepita, décrépitude que caractérise un affaissement progressif jusqu’à la mort (2).

(1) Etsanguinis projluvia per ora venarum , quce in ano sunt, hemorrhoides vocantur. De Acre , aq. et loc.

(2) Mors senilis, fatum senile , mors naturalis , mors sine morbo, Baglivi , p. 478*

1,96 APHORISMES d’hiPPOCRATE ,

La plupart des incommodités de la vieillesse sont des maladies réelles et curables à toute autre époque de la vie, où les forces radicales résistent efRcacement, opèrent feules un grand nombre de guérisons et favorisent l’action des remèdes. Il n’en est plus ainsi à mesure qu’on avance en âge : il n’y a souvent plus que des palliatifs à employer, et on compte d’autant moins sur des améliorations , que l’atfaissement sénile fait plus de progrès. On a vu que-des maladies du printemps et dç. l’été ne sont pas étrangères à l’automne et à l’hiver, et qu’elles difierent par leurs mouveniens, Dans les deux premières saisons, l’activité des forces vitales rend leur marche rapide, les guérit spontanément ou favorise leurs traitemens; dans les deux dernières parties de l’année, tout devient de plus en plus lent 5 chaque jour les remèdes perdent de leur efEcacité , et la méthode curative a quelquefois besoin de subir des changemens, même de devenir opposée à celle que l’on suit lorsque la nature se montre ayéc vigueur. Les maladies dont la vieillesse est assiégée, appartiennent aussi au jeune âge, mais leurs phénomènes ne se ressemblent plus : elles n’ont plus ce caractère aigu qu’on leur remarque dans la jeunesse ; elles se perpétuent par l’etfet d’une inertie toujours croissante. médecin ne peut que les pallier en ranimant , s’il est possible , un principe de vie prêt à s’éteindre.

L’ossification des cartilages du thorax, alors moins souples, et solidifiés, la plus grande courbure antérieure de la colonne dorsale, sont propres à la vieillesse. L’organe pulmonaire est moins sensible à l’impression de l’air atmosphérique 5 sa contractilité organique diminue chaque jour; les muscles inspirateurs perdent peu à peu de leur action, et la difficulté de respirer ne fait que s’accroître. Les poumons se laissent pénétrer de n^ucosités I dont ils se débarrassent avec la plus grande peine; ils

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s’engouent et s’altèrent dans leur propre texture. Telle est l’origine de ces catarrhes séniles contre lesquels les efforts de l’art deviennent impuissans ^ et qui ne sont nullement à comparer avec ^ux qui surviennënt dans la jeunesse où dans la consistance de l’âge.

Les difficultés d’uriner, autres que celles défiendantOs d’un calcul , d’un rétrécissement de l’urètre où de l’inflammation des organes qui reçoivent ce fluide et le transmettent au-dehors , sont assez communés chez lesi vieillards. Elles sont l’effet de catarrhes ou de paralysie de la vessie. Dans le premier cas , les malades urinent souvent et avec de grandes douleurs ; dans lé second , il y a rétention par régorgement, et le liquide s’écoule gOutte'à goutte et sans interruption. A toiit âge on devient calculeux; mais, avec la vieillesse, les pierres se forment ordinairement dans les reins, qui en soiit irrités. Lés douleurs que l’on ressent peuvent doric être avec inflammation , et donner lieu aux néphrites calculeüsesj comme il en existé souvent d’autres qu’on nonfïWë Rhumatismales ou goutteuses. Telles sont Ifcs maladies dès voies uririaires, dont Hippocrate a fait tnerition daiis Cet aphorisme.

Des vertiges habituels fatiguent long-temps qüélqueà vieillards ; ils ne cèdent à aucun traitement, et ils rie sont susceptibles que de diminuer un peu. Sans céphalalgie, on les voit dégénérer en lourdeur, pesanteur de tête , en assoupissement aussitôt qq’on est assis ou couché, ét sur-tout après les repas. De tels vieillards sont des apoplectiques ambulans , qui succombent sans violence à l’instant où on s’y attend le moins; Ges apoplexies lentes n’ont rien de commun avec un épanchement de sang subit et mortel dans les cavités ou dâns le tissu dé l’éncéphale j elles tiennent à une sorte d’insehsîbîlité cérébrale qui entraîne la paralysie des organes du môuvé-

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mont. Elles ne tuent pas toujours sur le thamp ; et quiOnd il en est autrement, l'autopsie cadavérique montre la turgescence de tout le système vasculaire, avec un épanchement séreux qu’il faut r<^arder comme consécutif à la mort. Si les vieillards ne fuftombent point à des attaques qui peuvent se succéder à de courts ôu à de longs intervalles , il est à craindre qu’ils ne restent immobiles et insensibles d’une partie du corps , d’un membre , du tube intestinal , de la vessie ; ou bien que leurs facultés intellectuelles nfi soient absolument anéanties, et que la présence d’esprit ne cède la place à une sorte d’imbécillité ou d’idiotisme.

Si l’on a rendu par malaise ces mots malî corporis habitus, ce n’est pas parce qu’on s’est attaché â cette sorte d’état valétudinaire propre aux vieillards. On a l’idée du marasme sénile, du dessèchement et de l’exténuation du corps, qui caractérisent aussi la décrépitude, La nature se refuse aux moyens de réparer ; l’appétit se perd et manque , on prend sans goût et sans désir les alimens les plus succulens et les, plus faciles à digérer. Le canal alimentaire est sans action ; et si le chyle élaboré passe dans les secondes voies , il ne se fait plus aucune assiniilation.La peau ridée et plissée des vieillards, transpire peu ou pas du tout 5 elle est rude, et, quelquefois, parsemée de boutons secs à peine visibles , avec démangeaison insupportable, que l’on calme à l’aide des frictions, en se servant de flanelle ou d’une brosse. On rappelle de cette manière la transpiration insensible , en excitant passagèrement les exhalans cutanés.

Les vieillards qui dorment peu , sont ordinairement maigres , secs, et conservent une assez grande mobilité nerveuse. C’est à l’atonie de leur système muqueux qu’il faut attribuer ces humidités habituelles du ventre , des yeux et du nez. Les cachexies séniles comprennent l’opa-

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cité du corps vitré et celle du cristallin 5 de même que l’affaiblissement graduel de la sensibilité de la rétine , de la pulpe du nerf acoustique, entraînent la faiblesse de la vue et de l’ouïe.

SUR LES

APHORISMES D’HIPPOCRATE

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