XIX
P. Martian pense qu’Hippocrate ne parle pas des phthisiques , mais des personnes qui ont une disposition à le devenir. 11 est facile de démontrer que , dans l’un e;! l’autre cas , les vomitifs sont nuisibles : mais s’il y a danger à faire vomir les phthisiques déclarés , il n’y en a pas moins à les purger par le bas. Hippocrate s’était fak une loi de ne jamais mouvoir le ventre dans ce cas ; et s’il prescrivait l’ellébore, il mitigeait tellement ce remède,
(i) Ternpora œstatis , à canis or, tu, per dies quiuquaginta vitare oportet , et non dure medicqmentum , sed in/usis per cl^sterem uti. 'I)e Mediçam. purgant.
(a) De Medicin. , lib. i , cap. i , sect. xi , nP 2.
210 APHORISMËS b’HlPPÔCRAtE ,
n’en résultait aucune évacuation alvine (i). En pur*^ géant par le bas, on court le risque de supprimer l’expectoration, de provoquer une diarrhée colliquative , et d’accélérer la mort. Néanmoins, selon P. Martian, les phthisiques supportent mieux les émétiques, parce que leurs poumons sont accoutumés à des secousses provoquées par la toux , en même temps qu’ils éprouvent plus d’aisance à se débarrasser au moyen de l’expectoration : nous dirons plus , ces malades soutiennent bien les doux laxatifs et les vomitifs légers que les circonstances obligent de prescrire.
Il est vraisemblable qu’Hippocrate n’a pas entendu parler des personnes qui sont disposées à devenir phthisiques, car il n’aurait pas manqué de les désigner, comme il l’a fait dans ses Épidémies (2). La médecine n’ayant pas le pouvoir de changer la constitution , est impuissante contre une mauvaise conformation ou contre une lésion organique : elle tire plus d’avantage des purgatifs que des émétiques , qui , donnés sans précaution , peuvent encore, selon P. Martian, provoquer la rupture dés gros vaisseaux , et déterminer l’hémoptysie et ses suites. Donc , sous quelque point qu’on les envisage , les évacuations par le haut sont funestes aux phthisiques et aux personnes menacées de le devenir.
9. Melancholicos autem , uberiiis deorsiim purgabis. Eddem ratione, contraria adhibens. (§xix.)
La mélancolie est un délire continuel et non intes-
(1) yeratrum data temperatum , ut ne alvum infernam mo^reat.... At médicamenta quàm paucissima hibat, si non febres acutiores ipsum eorripiant. De Morbis , lib. 11 , tabes, ét alius inorbus appellatus tabes, (a) Epideni. , lib. t. ,