XIX
Voyez aphorismes 36, 87, deuxième section.
17. Non febricitanti y appetitus dejectus y et Oris vetitriculi morsusy et tenebricosa vertige y et os amarescens y sursùm purgante opus esse, indicat. (§xix.)
18. Suprci septum tranSversum dolores y qui purgatione egenty sursùm purgante opus esse , indicant; qui verb infrà, deorsiim. (§xix.)
19. Qui in purgantium potionibus non sitiunty dùm purgantury non cessant priùsquàm sitiverint (2) . ( § xix . )
20. Non fehricitantibus si fiat tormen y et genuum gravitâtes, et lumborum dolor, deorsiim purgante opus esse y indicat. (§xix.)
Voyez l’aphorisme 1 8^ plus haut.
2 1 . Dejectiones nigrce y qualis sanguis niger, sponte prodeuntes y et cùm fehre y et sine febre pessimœ. Et quanto colçres dejectionum plures fuerint pejores y eb deteriùs : cùm purgante verb y meliùs. Et, quantb colores plures y non mali sunt. (§ xvii. )
Egestio alvî nigra, velut sanguis , et cùm fehre et sine
(1) De Veratr. usu, Epist. xxi , p. 5o'j. In principio, (a) Ibid., epist. xx , p. 507, ïiv. T.
2 I 8 APHORISMES d’hIPPOCRATE ,
febre, maîa est. Malœ item omnes varice ahundè coîo-^ ratæ (i).
Quel que soit l’état de pyrexie ou d’apyrexie, rien n’annonce mieux la prostration extrême des forces et une mort prochaine, que de telles évacuations, signes d’une dissolution coniiplète et d’une cachexie irrémédiables. C’est ce qu’on observe chez quelques vieillards décrépits qui meurent sans avoir eu de fièvre , et chez beaucoup de personnes prises de fièvres adynamiques, ou de ces maladies dites pestilentielles. Néanmoins , on doit remarquer avec Vallésio que , dans ce dernier cas , le danger est réel quand les déjections s’annoncent dès le principe j et qu’il s’en faut qu’on doive désespérer toujours , lorsqu’elles se montrent en temps opportun et après avoir été précédées d^s signes évidens de coction, pourvu toutefois que^ l’épuisement ne soit pas porté trop loin.
La matière des déjections peut se distinguer par plusieurs couleurs très - variées qui ne signifient rien par elles-mêmes , et n’inspirent aucune crainte. C’est absolument le contraire si, parmi ces couleurs diverses, il s’en trouve un certain nombre qui soit de mauvaise nature. Considérées comme eflfet^es pürgatifs , ces déjections sont d’un meilleur augure , non par elles-mêmes , et lorsque la faiblesse est très-grande, mais parce qu’elles attestent une susceptibilité d’impression de la part des organes , et que les mouvemens vitaux peuvent prendra ces directions heureuses, dont le retour à la santé est une suite nécessaire. ( Voyez sect. ii, aph. xiv. )
Atram hilem spontè exscerni peralvum, pessimum signum esse; minùs malum , si à medicamento. Similiter dejectiones variegatas, spontè Jieri, malum esse; et eà
(i) Hipp., Coac. Prcenot., sect. 111} p. 436..
pejùs qub pîures erunt colores minîmè maîum si à medicamentq idjiat, et qub plures erunt colores, eb meliofes , idque in febribus , et sine febribus perpetub verum esse ÿ adnotavit Hippocrates. (P. Mart. )
22. Morhis quihusvis incipientibus y si bilis citra vel sursiirriy vel deorsùm prodierity lethale.
(§XYII.)
L’atrabile est la plus visqueuse de toutes nos humeurs et celle qui séjourne le plus long -temps dans notre corps (i) : c’est une lie noire , sanguinolente, semblable à celle du vin pressé , à l’encre de Seiche ; elle est âcre comme du vinaigre , et d’une odeur cadavéreuse ; c’est encore une salive , unexpitùite ou une bile de couleur pâleverdâtre, qui, rejetée par le vomissement, brûle la gorge et la bouche , agace les dents et fait effervescence sur la terre (2). La bile noire recuite des anciens, bilis atra retorrida, est un certain suc mélancolique, de couleur très-brune et foncée , dont ils fixaient la source dans la rate ; ils appelaient humeur atrabilaire et mélancolique, cette saburre fuligineuse que des malades rendaient par les selles , en même temps qu’ils avaient l’hypochondre gauche douloureux et tendu. On pensait donc autrefois que l’humeur noire, dont on parlait si souvent, n’était
(1) Atra enim bilis inter omnes corporîs humores viscosissima est , et sedes diuturnissimas facit. Hipp. , de Nat. homin., sub fin.
{2) Nigrum vomit veluti fœcem , quandàque cruentum , quandèque velut vinum secundarium , quandàque velut polypi atramentum , quandàque acre velut acetum , quandàque salivam et pituitam , quandàque bilem cùm virore pallidam. Et ubi quidem nigrum cruentum vomuerit , cadaveris Jœtorem refert : et fauces et os à vomitu aduruntuT, et dentes stupescunt, et id quod vomitu rejectum est, terram elevaU Hipp., de Morb. , lib. ii, Morh, niger.
220 APHORISMES d’hiPPOCRATE ,
pas de la bile qui prend ce caractère et cette couleuir^' mais plutôt un sang devenu épais et féculent par son séjour dans la substance de la rate ou dans les vaisseaux du mésentère. Il n’est guère possible de constater par les écrits d’Hippocrate , que , provenant de la rate , cette humeur était une véritable bile, différente de celle du foie , seulement par sa couleur noire qui la faisait nommer atrabile.
Melœna, morbus niger, nigræ dejeçtiones , maladies' dans lesquelles de telles matières sont rendues isolément par haut ou par bas , ou des deux côtés à la fois. La quantité , souve*nt incroyable , qui est évacuée de cette manière, ne permet pas d’en chercher la sourde dans une' sécrétion du foie ou de la rate , qui en regorgeraient. Cependant on n’ignore pas, avec Fréd. Hoffmann (i)^ que la vésicule du fiel contient quelquefois , mais rarement , une bile très-noire et poisseuse , et que le sang^ qui abonde dans le tissu de la rate peut être noir et visqueux : mais ce n’est pas assez pour prouver que ces organes versent directement ces fluides dans le canal alimentaire , lors des maladies dont il s’agit. Si l’humeur atrabilaire ou mélancolique n’est autre qu’un sang dépouillé de ses parties les plus fluides, épais, noir, glutineux, qui, par son séjour dans les hypochondres, constitue \ hypochondrie ; si la bile noire est la même matière stagnante et accumulée dans les vaisseaux qu’on dit qu’elle distend , corrode et détruit, il en résulte qu’on ne peut la faire provenir du foie ou de la rate. Fréd. Hoffmann s’est expliqué positivement sur ce point. Selon lui, le sang bourbeux:, corrompu, est versé en partie par les vaisseaux courts et par ceux de l’estomac j en
( ) DeMorb. nigrç Hippocmtis, $ 2. Hal», 17041.
SEC't'ION IV, APH. 25.
partie par ceux du mésentère et des intestins qui , trop tendus, se rompent et laissent couler cette matière , que l’on rejette ensuite par le haut ou par le bas.
Les observations du professeur Portai ne permettent pas de douter que ces matières noires ne soient du sang artériel que, dans les ouvertures de cadavres, il a vu transuder des extrémités capillaires gastriques, dubdénales, mésentériques, dans les cavités de l’estomac et des intestins (i). Il semble démontré, par les recherches du même savant, que c’est l’effet d’une compression exercée par des tumeurs sur le tronc et les rameaux de la veineporte , qui se gorge de sang dont elle ne peut se débarrasser par le cours ordinaire/vers le foie. Alors les artères gastriques et intestinales se dilatent , sont dans un état de turgescence , et laissent pleuvoir par leurs extrémités capillaires le sang qu'elles contiennent. An lieu d’être rouge et rutilant, ce liquide prend la couleur noire dès qu’il est hors du torrent de la circulation, et qu’il est déposé sur les membranes muqueuses, où il séjourAe plus ou moins long-temps.
Une telle évacuation peut être l’efiFet d’une atonie seulement , comme dans les fièvres adynamiques et pestilentielles. Alors elle est mortelle ou faitbeaucoup craindre la perte de la vie, si on l’observe dès le début d’une maladie semblable : il n’en est pas de même 5i elle est le produit d’un effort critique, si elle arrive à propos et à une époque favorable.
23. Quibuscunque ex morbis acutis, aut ex diuturniSf aut ex vulneribus y aut aliter quocunque modo extenuatis , bilis atra y oel qiia-
(ï) Mém. sur plusieurs maladies f t. ii, p. ia9etsuiv.
223 APIIORISMES d’iiiPPOCRATE ,
liscunque sanguis nigery prodierity postridiè mo* riuntur. (§ xvn.) r
On voit des malades qui, dans des fiëvres adynamiques, rendent du sang sans danger, parce que leurs forces se soutiennent avec avantage : mais si la maladie se prolonge , la faiblesse et l’émaciation sont portées au plus haut degré , et ce genre d’évacuation est funeste. La contexture de cet aphorisme est telle, qu’il semble qu’Hippocrate a rapproché la bile noire du sang noir, bilis atra vel qualiscunque sanguis niger, et a donné plus de force aux développemens dans lesquels nous venons d’entrer.
Les engorgemens considérables des viscères abdominaux , les hydropisies très-avancées , sont souvent enfin suivies de ces exudations sanguines , peu remarquables d’abord , et qui affaiblissent à mesure qu’elles se reproduisent et deviennent plus abondantes. Des vieillards décrépits rendent quelquefois du sang avec les urines , ou par l’expectoration ; ; d’autres ont la peau couverte d’ecchymoses scorbutiques, et tous traînent une misérable existence. Quelle que soit leur exténuation , ils ne périssent pas de suite. Il en est de même de ceux qui ont des plaies anciennes , dont les surfaces versent beaucoup de sang poir et corrompu. Dans ces cas d’appauvrissement constitutionnel, ces hémorrhagies spontanées et passives présagent certainement la mort, sans en indiquer l’époque.
24* Djsenteria , si ab atrd bile inceperit^ lethaïe. ( § IX. )
Cet aphorisme est expliqué par les précédons.
SECTION IV, APH. 2^, aS, a6. 22^
25. Sanguis sursfÊn quidem , qualiscunque fuerit, malum : deorsiim verb ) bonum , niger subtils secedens. (§xiv.)
Il n’est pas rigoureusement vrai que la perte d’uni sang quelconque par les voies supérieures soit toujours d’un mauvais augure. Des épistaxis spontanés, périodiques ou non, sont salutaires dans la jeunesse, et quand ils répondent à l’écoulement des règles , qui se fait imparfaitement ou pas du tout par les couloirs ordinaires. On a vu des hémoptysies qui n’pffraient pas plus de danger lorsqu’elles remplaçaient le flux menstruel. Cependant il est certain que l’on doit craindre d’un flux semblable de sang , dont l’inflammation lente et l’ulcération du poumon peuvent être la suite mortelle. Les hématémèses ne sont pas moins dangereuses dans quelque état de santé que soit d’ailleurs l’individu qui les éprouve, et chez lequel on ne connaît pas la suppression d’une hémorrhagie habituelle. Les évacuations de sang noir par l’anus sont sans doute avantageuses aux hémorrhoïdaires, aux mélancoliques j mais il ne faut pas qu’elles soient excessives chez les personnes qui approchent de la vieillesse ; chez les vieillards , et dans tous les cas de fort embonpoint. L’amaigrissement précipité, la chute rapide des forces , les cachexies , les infiltrations et les hydropisies, surviennent et sont les avant-coureurs d’une mort prochaine.
26. Si, à djsenteria detentOy carunculce secesserintj lethale est. ( § ix. )
Dans ce cas, tout annonce une ulcération des entrailles qui s’exfolient, et dont des fragmens de la membrane muqueuse sont entraînés avec les excrémens.
:224- APHORISMES d’hiPPOCRATE ,
27. Quibusper febre^anguinis copia undecunque eruperit y in refectionibus y his alvi hu^ mectantur. ( § xiv. )
28. Quibus hiliosœ sunt egestiones y surditate superveniente y cessant : et quibus surditas y hiliosis supervenientibus y cessât. (§xin.)
Il est difficile d’expliquer la sympathie que cet aphorisme annonce exister entre le tube intestinal et l’organe de l’ouïe ; cependant elle se manifeste dans quelques cas semblables à celui précisé par cette sentence. En. 1 5 28, une constitution pestilentielle fit de grands ravages «en Italie : Brassavola fut témoin , deux , et même trois fois dans un jour, de be changement chez un malade. Les déjections bilieuses cessaient et étaient remplacées par une surdité 5 celle-ci se dissipait à son tour, et les premières revenaient. Le même praticien ajoute encore que la surdité coïncidait avec les évacuations , s’il y avait turgescence (i). C’est à cet aphorisme qu’il faut rattacher ces autres observations d’Hippocrate ; i® Cui intestinum in dextrâ parte dolebat, et articulari morbo correpius est, çuietior erat. Postquam autem hic curatus fuit, magis dolebat (2) 52® posterâ die et anhelationem habebat , et coxam dexteram dolebat, et quüm hœc doleret , tùm etiam ànhelatio habebat : coxce rei'b dolore cessante , etiam anhelatio cessa'bat (3). Cette dernière observation fait mieux sentir la force de la première, à laquelle elle
(1) Castrens., medicin. consult,, p. loi,
Biliosas egestiones surditas sedat, et surditatcm sedat biliosa alvi egestio. Coac. Prænot. , p. 436.
(fi) JOe Hum.orib. J -ç. xài.
^3) JE,pidem. , Jib. yi, sect. iv, p. 345.
SECTIÔN IV, APH. 27, 28, 29, 3o. 225
est opposée par les effets , puisqu’elle établit l’influence de la douleur coxale sur la respiration , qui n’était difficile que symptomatiquement.
29. Quibus per fehres sextâ die rigores Jiunt, dijfficulter judicantur. ( § xiv. )
Galien dit que , dans les fièvres bilieuses et ardentes sur-tout , les malades sont quelquefois pris d’uh frisson que le vulgaire juge aussitôt mortel. Il recommande de^ ne pas s’en effrayer, si des signes de coction ont précédé , et si l’accès de froid répond à un jour critique, ou à d’autres qui s’en rapprochent , comme le quatre , par exemple. Il ne faut pas perdre de vue, continue le commentateur, qu’on distingue dans les maladies, leurs mouvemens et ceux de la nature. Les premiers ont lieu aux jours pairs, 'et les seconds aux impairs, ce qui fait que le sixième, que nous savons avoir été appelé tyran, est dangereux, et annonce une crise difficile.
. Quibus sextâ die rigores Jiunt , hi œgrè judicantur {i) . Malum morbi testimonium , à sexto die cœpisse inhorresçere (2) .
< 3o. Quibus exacerbationes Jiunt , qudcunque hord dimiserit febris , postridiè eddem hord si corripuerit 3 dijjiculter judicantur. (§ xiv. )
Les commentateurs ne sont pas d’accord sur le sens de cet aphorisme. Selon Galien, il s’agit du retour régulier des paroxysmes qui n’anticipent pas les uns sur lés autres, et qui reviennent tous les joui's à la même heure.
(0 Coac. Vrœnot., p. 419.
(a) Gels., de Mediciii., lib. ii, cap. iv.
2 20 APHORISMES d’hiPPOCRATE ,
Heurnius précise davantage , en supposant qu’uH aécèa arrive à six heures du soir, et qu’un autre survienne le lendemain à la' même époque. Je pense qu’il s’agit ici d’une fièvre continue-rémittente quotidienne. Or, qui ne sait qu’elle peut durer vingt-cinq, trente et quarante jours; qu’elle appartient le plus souvent à l’ordre des muqueuses ou catarrhales , et que ses crises sont ordinairement difficiles? Telle me paraît devoir être faite l’application de cet aphorisme.
5 1 . Lassatis per febres, ad articules ^ et circà maocillas maxime ^ abscessus Jiunt. (§ xiii.)
Comme le mot abcès së présente pour la première fois, nous devons exposer brièvement la doctrine d’Hippocrate sur un point de médecine- pratique aussi important. Des parties, dit Boerhaavè , qui s’éloignent mutuellement après avoir été contiguës , forment ce qu’on nomme abcès (i). Cette définition générale n’est point assez claire pour l’interprétation de l’aphorisme ; c’est pourquoi il à paru nécessaire de remonter à la source et d’exposer les opinions des anciens. Ils ont distingué l’apostase de l’apostême , que les latins ont presque toujours appelé du même nom abscessus. Dans l'un et l’autre cas, on s’est accordé pour admettre qu’il s’agissait du transport d’uné ïnatière quelconque, d’une partie sur une autre.
h'apostase sé dit d’un écoulement qui survient à telle ou telle époque, favorable ou fâcheuse d’une maladie : c’est l’«V«(rW<î , per effluxionem y ejjfbuxum, ejjfîu-
vium. La sortie du sang par le nez, .l’anus ou les voies génito - urinaires ; l’èxcrétion considérable d’un mucus
(<) Vocattir abscessus, quia à se mutuà absedunt, quœ priùs co*iigncs erarit, A'ÿh.
SECTION IV, APlî. 5l. 227
par les oreilles , les yeux , le nez , les bronches , le vagin ou lé rectum, par l’urètre; les dysenteries, lienteries , diarrhées , en sont autant d’exemples , ainsi que les flux d’urines et les sueurs copieuses. On rapporte encore à cette pspèce ^’ahcès, le passage d’un point à un autre , de la douleur (i) , des Vlénts {%) , du sang (3) , etc.
L’abcès, Othscessus per decubiium, se rap-*
, porte aux furppcles, apx clous : il comprend aussi les collections 4^ pus pu les dépôts purulens , les pustules, Ips jéruptiops cutanées» bailiaires, psoriques, herpétiques, sans expepter Ips ulcères, la chute des cheveux, etc. Il est probable que, dans cet aphorispie, Hippocrate a voulu parler de cette espèce d’abcès que , dans certaines fièvres adynamiques prolongées , pp observe sur les grandes articulations , et des parotides qui s’élèvent au voisinage des mâchoires. ^
In /ebribus ad a^tipuhs eb cirç^ mqxiÿas prceçtpuè abscessus eqntingunt , ip i^içdpia dglorum çajusgue , ad ^uperiorem partem magi^^ et in totupi- Si tarduq Jaerit morj^us et deorsùmJerqta,pf ipff'A ^tiajp. ab^çessus cçntingent. Maxîmè aufem pedes ça^di, injrà futuram abscessum, frigidi verb supràdçnuncîppi. (Hipp. , deÿumçribu^) P- 129.)
Si lassitudinis sqn$u^ ipjiebre est, yqlifi maxiUis, çel in articulis aliquid ahscedit. (Gels., lib. ii, cap. yii.)
(1) Abscessit. dolor moderatus ad lateris mollitu^din^m.. Epidçm., lib. Tii , p. 363,
(2) Nam is (Aër) qiiùm contingit locos teneros, ineorisuetps , ac prii'ts intactos, qiiemadTHodi'tm spiculum infixum penetrans per carnem perrumpit, aliquan(P> prceçordia petens, aliquandà ilj.a, inimà quandàque utraque simul adfligens. De Fiat. , p. 29.
(3) Optirni sunt abscessüs sanguinolentissimi- Prædict. , lib. ii , p. 4i3. Dans les cas de suppression d’une hémorrhagie habituelle , et qui s’établit par une autre voie , ou, qui revient après une maladie , telle qu’elle était conformément au vœu de la nature.
238 APHORISMES D’HiPPOCAAtE ,
33. Quihus ex morbo resurgentibus atiquid dolet 3 ibi abscessus fiunt. (§ xxi.^
C’est la douleur même, fixée sur ce point, qui constitue cette espèce d’abcès per effluxwn. Il n’est pas question d’un dépôt purulent, abscessus per decuhîtum.
Quibus verb ex morbis se erîgentibus statim in manîbus autpedibus dolores Jiunt, in his abscessus contingunt[\). Ces abcès sont d’un augure d’autant plus rassurant, qu’ils ont lieu à la fin d’une maladie ; alors ils sont critiques < par cela même qu’ils la jugent ou la terminent.
33. Sedj et si quid doluerit ante morhumy ihi se figit morbus. ( § xiii. )
Dans le texte dont cet aphorisme est extrait, on lit que l’abcès se forme sur les parties dont quelqu’un souffrait avant de tomber malade. Sed et si quid doluerit guis anteà qûam œgrotet; ad eas partes Jirmatur (a). Cette proposition, liée avec celle que j’ai annexée à la sentence qui précède , ne laisse aucun doute qu’il ne soit question encore d’un abcès per effluxionem.
Quelques personnes, lors même qu’elles jouissent d’une assez bonne santé, peuvent avoir une partie plus faible que toute autre , en souffrir même de temps en temps d’une manière très-supportable ; alors, on doit s’attendre que cette affection locale sera plus grave et plus marquée s’il survient une maladie constitutionnelle. En effet, celle-ci peut être très-bien supportée, parcourir toutes ses périodes, et, à l’époque critique, laisser un
(i) Hipp. , lib. deHumor,, p. 139, (3) Ibid, ibidi
SECTION IV, APH. 52 ÿ 33, 34* 229
dépôt per decuhitum ou per effluxum. Cette disposition est sur-tout à redouter pour les maux habituels de la poitrine , qui demeurent quelquefois stationnaires durant le cours d’une affection constitutionnelle, et qui se montrent presque toujours avec des mouvemens rapides et destructeurs, lorsque Celle-ci est jugée et dissipée. Ce n’est donc pas sans raison qu’on peut proposer de corriger ainsi l’aphorisme : Sed, et si quid doluerit antè morbum, ibi se Jigit abscessus.
34* Si à fehre detentOy tumore in faucihus non existente , suffbcatio ex improvisa superveniat y lethale. (§xiii.)
On peut croire que cette suffocation , qui survient promptement à un malade tourmenté de la fièvre , n’est point l’effet de l’inflammation d’aucune partie des voies aériennes. Cette épigénèse donne-t-elle l’idée d’un catarrhe suffocant, survenu inopinément sans s’être annoncé par aucun signe, et à peine susceptible de guérir son? C’est ce qu’il est difficile d’affirmer. Nous avons encore une espèce de suffocation promptement mortelle , causée par l’engouement sanguin du tissu pulmonaire, que l’on peut croire être seulement frappé de paralysie. Mais les fiévreux ne sont pas seuls exposés à cet accident, que l’on observe tout à coup chez les personnes qui jouissent de la meilleure santé et qui succombent avec une effrayante rapidité. Peut-être s’agit-il de la trachéite, tracheitis, de l’inflammation de la muqueuse trachéale, du croup , maladie qui tue en trois ou quatre jours?
In Jebribus de repentè strangulari , et déglutira non passe, ciirà tumorem , inalum est.
Ex ahginis , grmdssimX sunt, et ceîefrim^ interimunt ,
a5ù AÏ^HORISMÉS d’hippocïiate ,
guœ neqtlë in faucibUs , îieque in cervicé, quidquam cons~ picuum facidnt; plurimùnt i?erb doloris et orthopneœ inducünt. Etenim eodem die jugulant, licet interdàhi usqu0 ad sécuridütn\^ut tertium, aut ètidm qüdrtütn pi'ûihahantur (f).
Necjue is serran pdtést, cfùî sine uU6 tiunore Jebricîtans , subità stfarigülatur, dût âevordre salivdm suam non . pôtest (2:).
35. Si à fehre detento collum derepentè inçersum fuerit , et aix deglutire possit, tumore non existentey l^fkale. (§ xin.)
Dans ses Conques (3) , Hippocrate ne donne pas ces circonstances comme absolument mortelles; il se contente d’ayêrtir qu’elles le sont pour Fordinaire;' et tout porlë à croire qu’elles caractérisent un mouvement spasjnodiquè ou tétanique du pharynx.
36. Sudoves fehricitantihus si inceperintj boni SLint die tertid , et quintâ, et septimâ^ et nbnâ^ et undecimdy et quartâ decimâ ^ et septimd décima 3 et algesimd prifriâ 3 et vigèsimâ septimd 3 et trigésimd priïnâ3 et tri^êèiind qilartd. Hi enim sudotes morbüm juâicant. Qui aero ità
(i) Hipp. , Coac. Prœnot., sect. p. 428. Prognast. , sect. iii> " sph. 17.
(3) Cels., , cap. vr.
(3) Collum convéftére non pa.^sè , nèquè d'êgïutire, ùf plurimünt lethale est.-— In febnbus derepentè sùffoëari et deglutire non passe, çitrà tumorem , malum eii. Coacaj:. .Prænot., sect. n pi ,4?5. ,• Neque U seryari potest , cul in eodem febris corporisque habitu cervict mverUtur» sià Ut d^biàfe ceptè non passif. Cels.,îil>. ii', cap. vi.
SECTION IV, APH. 35, 36, aS'i
non fiunt i laborem signijicant , et morhi longitudinem et récidivas. ( ^ xv.)
Les fièvres sont longues à se terminer toutes les fois que les crises dont elles sont susceptibles s’opèrent sans sueur. Parmi les preuves nombreuses de cette assertion , on peut citer l’histoire de Clazomène , qui , pris d’une fièvre ardente avec dibuleuf de tête , du cou , des lombes, etc. , supporta facilement des selles séreuses , qu’on ne vit cesser que le quatorzième jour. Dès le onzième, on observa une rémission dans les symptômes; et les urines redevinrent claires et aqueuses le 17, après avoir donné un léger sédiment la veille. Lé 20, le malade n’eut pas dé sueurs èt sa fièvré cessa. Le 2’j, une douleur coxale trës-vivé sé fit sentir, et les pàrotides, engorgées depuis dix jours, restaient stationnaires, quoique trèssensibles. Lé 3i, elles s’affaissèrent, et il se déclara un flux de ventre séreux et abondant. Le quarantième, douleur de l’œil droit, trouble de la vue; enfin, guérison.
Le lendemain de son accouchement , l’épouse d’Epicrate fut attaquée d’une violenté fièvre. Malgré une sueur survenue le quinzième jour, les accidens ne perdirent pas de leur intensité. Le d'j, les urines déposèrent, le côté fut douloureux; la fièvre cessa et revint le trente-, unième ; alors il y eut des déjections bilieuses , auxquelles, le quarantième, des vomissemens de même nature se joignirent. La guérison fut seulement décidée le quatre-vingtième. ^ ,
Il y avait quatorze jours qu’iÿiropythe , d’Abdère , soufirait d’une fièvre aiguë, lorsqu’il devint sourd; il délira le vingtième. Le quarantième, ces accidens diminuèrent , après un écoulement considérable- de sang par
APHORISMES d’hiPPOCRATÏ, , les narines, lequel se prolongea faiblement jusqu’au soixantième, temps où il cessa tout à fait. La hanche droite devint douloureuse, et toutes les parties inférieures ensuite 5 la fièvre et la surdité augmentèrent pour se calmer le quatre-vingtième ; vers l’époque de cent jours , il y eut des évacuations bilieuses, et la convalescence ne fut réelle que le cent-vingtième (i).
Quel que soit le mode de terminaison d’une maladie, l’écoulement d’une sorte de sueur s’observe toujours (a). Mais cette excrétion, quand elle existe seule, ne décide rien pour l’ordinaire : pour qu’elle soit d’un bon augure , il faut tpi’elle arrive non seulement à «ne époque critique, mais encore à l’instant où les urines deviennent troubles et sédimenteuses. Ce dernier phénomène n’est pas constant; et si les sueurs copieuses semblent amener la convalescence , on découvre encore qu’il a existé un autre mouvement différent de celui que l’on aurait dû reconnaîti-e dans la qualité des urines. Méton en est un exemple : au début d’une fièvre ardente , il souffre d’une douleur gravative des lombes. Le quatrième jour, exacerbation des symptômes , écoulement de sang de la narine droite, nuit orageuse, urines sans sédiment, quoiqu’avec énéorème ténu, léger et divisé. Le cinquième, épistaxis de la narine gauche, sueurs critiques, insomnie et délire , urines ténues et noirâtres , sommeil et retour de la raison. Il n’y eut pas de récidive , mais le sang coula souvent après la crise (3).
Néanmoins , des circonstances aussi favorables peu-
(1) JEpidem., lib. i, œgrot. ix et x ; lib. iii , sect. n, ægrot. ix.
(2) Morbi porrà omnes solvuntur, autper os, aut per alvum, aut per vesicam, aut alium aliquem ejusmodi articuluni. Verîim sud&ris jpecies omnibus communis est. DeVict. rat. inacut., p. 378,
(3) Epidem,, lib. t , ægrot. vu.
vent ne pas accompagner les sueurs, que l’on doit toujours regarder comme avantageuses , si elles diminuent la fièvre et la rendent plus supportable. Hippocrate les attendait aux jours impairs ou critiques; et, dans tout autre temps , il les tenait pour signes d’une maladie longue et pénible (i). *
Les sueurs dont on doit mal augurer, sont celles qui proviennent de l’extrême aflFaissement des forces ou de leur trop grand développement, tel qu’on l’observe dans les affections aiguës ou inflammatoires (2). Dans lê premier cas, elles sont passives ou colliquatives; elles sont à la peau ce qu’une diarrhée est au canal intestinal , en circonstance semblable ; dans le second cas , elles sont actives ou par expression; elles ont de l’analogie avec les hémorrhagies du même genre et avec toutes les évacuations provenant d’une forte irritation.
Les sueurs qui surviennent en temps opportun avec des signes de Coction dans les urines , sont très-bonnes, quoiqu’elles ne soient accompagnées d’aucune autre évacuation critique ; elles jugent parfaitement les fièvres. A leur approche, la chaleur devient générale, douce, sur les membres et toute la surface cutanée; la peau est molle, comme haliteuse; on distingue au poignet le relâchement de tous les tendons ; la langue s’humecte , le pouls se détend, et on le sent plein, souple, moelleux et développé; enfin, tous ces phénomènes ont lieu aux jours critiques , à ceux indiqüés dans notre aphorisme (3).
(i) Prœnot., p. 398.
(a) Considerare porrà convertit sudores in summâ. Fiunt enim aliqui propter corporum exolutionem , aliqui ^opter inflammationis vî~ goretn. Prœnotion. , p. 898.
(3) Sudores optimi stiint in. omnibus àcutis morbis , qui in diebus judicatoriis fiunt , et f 'ebrem perjectè submovent. Boni verà sunt, qui
APHORISMES d’hIPPOCRATE
57. Sudores frigidi J cum acutâ quidem fehre ev ententes , niortem; cum mitiore vero.3 morbi longitudinem significant. (§ xv.)
Une fièvre aiguë qui parcourt rapidement ses périodes, est quelquefois avec une extrême prostration des forcés et àccompagnéé d’une sueur générale, collîquative , confinuèfle et chaude , qui se refroidît peu à peu en dévenaiit glutinèusé, jusqu’à ce qu’elle soit en quelque sorte glaciale aux approches de la mort. Durant certaines fièvres muqueuses ou catarrhales d’un mauvais caractère et non violentes , cès sueurs froides se font encore remarquer ; elles ne sont pas continuelles ni abondantes j elles inspirent moins de craintes , car elles indiquent encore l’existence de quelque énergie des forces radicales , et non la résolution de tous les organes , ni un collapsus de toutes lès surfaces extérieures , comme dans les fièvres adÿnâmiqûës -OU ataxiques (putrides ou malignes).
Quijrigiduin süâorem exsudant, è longis jporèts plerümque œgrotani , invaîescente malo eo , quod in corpore relînquitur. (Dé mort. , lib. i, sect. ii.)
tJ^essirnî àûierh sdnt frigidi sudores , et tantîim circà caput, et fdciem Jiéntes , et cîrcà cervîcem. Hi enim cùm acutâ quidem febre mortem prœsignijicant , cum mitioreverb longitudinem morbi. (Prænot. , p. 898. )
Sudores pessimi sunt frigidi, et circà cervicem fientes , }ii enim mortes et morborum longitudines præsignant. Frigidi stïâorés citm dcütâ qüideni febre lethales sunt ,
pertotuin corpus fientes , twminém faciliifs morbum ferre facmnt. Qui verà taie quid non effecêrint , incommodi sunt. Ibid. ibid. .
Qptimus enim sudor qui selvit, commodus qui levât. Goacar. sect. III, p. 434'. , ,
Vid. de Judication,, p. SSa.Thom.Glass.,. je Febrib. commenfar. x»
SECTION IV, Aî>H. 57, 38, Sq , ^O. 235
cüm mîtiore verh. lôrigitudinem morbi ^ignîficant. (De judication , p. 383.) *
Frigidus verb , sudor, et circà caput solùm, ac colluni Jîens , 'nialùs est. Nam et temporîs diuturnitatêm , et periculum stgnificat. At frigidus , in febre quidein ücvté , lethalis eét. In mitiore verb , diuturnitatêm significat. (Coacar. pï-ænotion. , p. 434*)
Sudorfrigidus in acutâ febre pestferüs est. (Gels., lib. ii, cap. VI.)
38. Mt quâ corporis parte inest sudor^ ibi morbum esse indicat. (§ xv.)
Nous noüs assurons tous les jours de la justesse de ce diagnostic, iju’avec Fréd. Hoffmann tous les praticiens savent apprécier. Dans l’apoplexie , la méningite et les affections soporeuses , la tête est en sueur en même temps que les pieds sont froids.: dans l’asthme convulsif, le catarrhe suffocant et la phthisie , la poitrine est baignée de beaucoup d’eau (i). Ne pourrait-on pas regarder comme dérnontré que^ lors des maladies constitutionnelles, ïa sueur est générale, et quelle est locale dans celles qui ont leur siège sur un organé isolé?
39. Fit qud dbrporis parte inest calor, aut Jrigus ^ ibi morbus est. ( § xv. )
46. Et übi in ioto corpore miitationes 3 et si coipiis perfrigeretur, aut rursùs calejiat 3 aut
(1) F. Hoffm., deMedicin., t. m, p. Sia.
Hinc protinùs timeri debet , si corpus dormientis ^ circà partes aliquàs coiHrd càïiiuetiiàînem irisüdàti maxipie^uè si circà pectûs , aut cerrices, aut crurü, vel gènùà vèl côxflj. Cëls%Mi!j. ii, cap. ii.
236 APHORISMES d’hIPPOCUATE ,
color alius ex alio fiat^ morbi longitudinem stgnificat (i). S xni.)
Ces chartgemens multipliés ne doivent fixer l’attention que quand ils se rencontrent avec un état fébrile et avec épuisement des forces. Ils ne sont point inquiétans chez les femmes hystériques, ni lorsqu’ils sont l’effet de violentes impressions de l’ame.
4r. Sudor multus à somno citrà causant manifeslam factus , corpus uheriori alimento uti signijicat. Si verb cihum non capienti hoc'Jiat ^ evacuatione indigere signijicat. (§ xv.)
Un convalescent d'une maladie longue et grave est souvent dans un état de faiblesse extrême avec des besoins pressans de réparer. La prostration ou l’épuisement des forces sont des causes suffisantes pour qu’il soit baigné de sueurs durant son sommeil. Il n’est donc pas toujours nécessaire que cette transpiration extraordinaire provienne de ce que le corps se nourrit trop , ou de ce que l’on prend trop de nourriture : c’est ce que confirme l’observation journalière. Mais si, tourmenté par un appétit vorace, un convalescent écoute trop ses besoins en donnant à son estomac plus qu’il ne peut digérer, il est certain qu’il le fatigue; et que, loin de se réparèrj il ajoute à sa faiblesse et favorise l’écoulement de la sueur, que l’on modère en mangeant moins. Il est bon de savoir qu’un convalescent qui veut dormir, ne doit se mettre au lit que quand sa digestion est à peu près faite.
(i) Quûcunque corporis parte calor autfrigus inest, ibi morbus est,, eique eeleres in toto corpore mutationes fiunt. De Judicatiop., p. fâ.
SECTION IV, APH. 4lj 4^*
Chez un individu qui sue beaucoup en doi’mant, quoiqu’il ne mange pas, est-il nécessaire d’évacuer? Oui, sans doute, loi'squ’il y a dégoût et turgescence saburrale. Mais quel médecin n’a pas vu des convalescens dont l'inappétence ne reconnaissait d’autre cause que la grande faiblesse des organes digestifs , malgré l’enduit muqueux et blanchâtre aperçu sur la langue, efiFet d’une diète prolongée et de l’usage soutenu des boissons? En même temps qu’il faisait un usage bien calculé des cordiaux, des toniques et des alimens proportionnés à l’état actuel des forces ; en prescrivant successivement des bouillons de poulet et de soupe , de^ consommés , des crèmes de riz , des fécules , etc. , qui n’a pas vu renaître l’appétit .peu à peu, à mesure que les forces radicales prenaient leur développement toujours croissant? Donc, il y aurait du danger à évacuer un malade qui, ne mangeant pas , sue beaucoup pendant son sommeil, sans avoir auparavant bien reconnu la nécessité de prescrire des purgatifs. Nous avons été témoins d’abus de ce genre, les sueurs continuer de couler et prêtes à devenir colliquatives , si nous n’avions pas aussitôl prescrit le régime tonique et restaurant avec les précautions nécessaires en pareille circonstance.
42- Sudor multus 3 frigidus aat calidus, sémper fiuens 3 frigidus quidem majorem, calidus verb minQrem morbum significat. (§ xv.)
Qui Jrigîdum sudorem emittunt , pleràmque longis morbis conjlictantur, invahscente malo quod in corpore remanet. Qui uerb calidum sudorem emittunt, citiùs à morbis liberahtur. (Demorb., lib. i, sect. ii, p. i45*)
Mali morbi signum est, multüm sudare, maximèque frigido sudore. (Gels., lib. ii, cap. iv.)
238 APHORISMES d’hiPPOCRATE ,
43. FehreSy quœcunque non intermittetttQs y ter^ tid die vehementiores fiurity magis periculq§œ : quoçunque. qutem modo intermittarxt > quod sine periculo siqty signifient . ( § iii.)
Conformément à la remarque judicieuse de P. Martian, le seul sens de l’aphorisme est celui-ci ; Les fièvres continues sont dangereuses , qui ont des e^acerbafions chaque troisième jour ; mais, de quelque manière qu’elles deviennent intermittentes, quotidiennes, tierces, quartes ou erratiques, elles sont sans aucpn danger. Cettq interprétation , quoique n’exprimant pas tout à fait la sentence, sujet de ce commentaire, en ce quelle ne donne l’idée que d’une fièvre continue dont les mouvemens sont .plus forts le troisième jour de l’invasion, est seule véritable et d’acçord avec cet autre texte d’Hippocrate : F.ehres continuée per tertiam diem augescentes, periculosœ, Quibus Jebris aliquqndo intermittit , periculo vacat (1). Lisons encore Celse : Dicuntur malæ Jebres, quœ tertio quoque die non leeüntur, quœvè sic continuant, ut per accessiones increscant, per decessioneg’ tantîim molliantur, nec unquam integrum corpus dimittant if) . Plus loin il est encore dit : Febres quœ certum habent circuitum et ex toto remittunt, tutissimœ sunt, maximèque curationes admittunt (3).
Le seps de Vaphorisrae étant irrévocablement fixé, il reste à savoir de quelles espèces de fièvres non intermittentes il s’Rgit ici. Tout porte à croire qu’il est traité des continues-rémittentes , qui , par leurs exacerbations or-
(1) Coacar. FrœnoU, p. 421.
(2) De JHedicin,, lib. li , cap. ir.
(3) Ibid., lib. III, cap. XII. '
dinaires chaque troisième jour, se rapprochent des fièvres tierces. En nous contentant du fait, nous nous demandons s’il n’est pas question de ce que Torti (i) appelle Jebris proportionata continua. Il est difficile de ne pas penser aux fièvres pernicieuses , qui n’en ont point imposé à Sydenham, et qui ont été si profondément étudiées par le professeur de Modène, par Morton et tous les médecins du siècje présent.
Ce n’est pas à dire pour cela que toutes les autres fièvres continues - rémittentes soient absolument sans danger, car nous avon^la preuve du contraire dans une foule de continues-rémittentes quotidiennes , même dans des intermittentes, quelque soit leur type, lorsqu’elles sont avec des symptômes qui décèlent un caractère pernicieux. Mais il demeure consent que les rémittentes tierces sont fort dangereuses, parce quelles participent de la nature bilieuse et de celle que l’on nomme adyna.mique ou putride. Il n’en est pas c^e même des quotidiennes, qui appartiennent aux pituiteuses ou catarrhales; et qui, si elles ne sont avec aucun symptôme 4® putridité ni de malignité, n’inspirent aucune crainte, tandis que le malade n’est pas moins en danger de per4re la vie ^orf de l’existence d’une teille complication.
En admettant qu’une fièvre continue , dont les e:^ac^- . bâtions ont coutume de se manifester chaque troisièmf jour, permette d’être parfaitement tranquille une fojis qu’une intermission existe, il n’en faut pas conclure que toutes les intermittentes sont exemptes de danger, car l’histoire nous donnerait un démenti formel sur ce point. En effet , l’expérience prouve que des ^èvres , intermittentes d’abord , peuvent devenir continues et donner la înort. Æ State , cholericcç qffectiones y et jebres iniermit-
(i) Therapeut. spécial. y lib. t, cap. iii , ou l’aphorisme est cité.
^1^0 APHORISMES d’hIPPOCRATE ,
tentes fiant, et quitus horrores accédant, hœ quandbque
malignœ fiant et ad morbos acutos peiveniunt (i).
Si l’on distingue soigneusement une apyrexie passagère d’une intermission proprement dite, on ne croira pas qu’une fièvre, cessant d’une manière quelconque, est absolument sans danger, puisque l’observation instruit de quelques retours qui ont été mortels. Pour se contenter d’un seul fait , on n’oublie pas l’histoire d’Herraocrate : la fièvre de ce malade cessa le quatorzième jour, revint le dix-septième, se dissipa encore le vingtième , se reproduisit le vingt-quatrième et se termina par la mort le vingt-septième (2). Qu’on n’oppose point l’histoire de Parius à la seconde partie de l’aphorisme sur lequel nous insistons : cet homme mourut d’une fièvre continue dégénérée en intermittente erratique. N’accusons pas ici la nature de la maladie j sachons d’Hippocrate que la mort fut la suite de beaucoup d’erreurs commises dans le régime, cibariis multis et malis utebatur (3).
Nous ne croyons pas devoir terminer nos remarques sur cet aphorisme important, sans transcrire pn entier une description parfaite de l’épidémie qui régna dans la ville de Thase : Febres autem erant omnînb continuée, nihilque intermittebant , sed exacerbabantur omnes in modum, tertianarum, unâ die rémittentes alterâ ingravescebant , veheméntissimœ omnium quœ tùm contingehant , et longissimce 'et maximos dolores înferentes , à levihus iniiiis in totum perpetub increscentes et diebus decretoriis ingravescebant, atque diebus decretoriis ut plurimùm in deleriùs ruebant. Rigores autem omnibus sine ordine et eiraticè
(1) JEpidem. ,\ih. vu , sect. ii , p. 36i. (a) Ibid. , lib. iii , sect. i , , ægrot. ii.
(3) Ibid, ibid. sect. iii , ægrot. i.
contingebant , paucîssinii quidem et minimi in his erant , sed in aliis Jebribus majores , ut et sudores multi , in his autem paucissimi , nihilque sublevantes, sed contrà noxam afferentes. In his multa aderat extremorum refrigeratio , quœ vix recalescebant. Neque dormiebant quidem omninb, præcipuè hi, et rursùs comatosi. Ævi quidem in omnibus turbatæ erant et malè affectœ , in his verà multà pessimè, (Epidem. , lib. i, sect. n.)
44- Quibus fehres longœ^ his tubercula ad articulas , aut dolores fiunt. (§ m.)
In Jebribus longis , aut tubercula, aut ad articulas dolores proveniunt, qui si facti fuerint , non sunt inu^ tiles ( I ) .
Quibus longœ febres sunt, his aut abscessus aliqui, aut articulorum dolores (2).
Ces rapprochemens font assez connaître que l’aphoxisme , tel qu’il est présenté , n’est point facile à comprendre. Il est commun de voir des fièvres se prolonger beaucoup , et on n’a pas d’exemples qu’elles soient suivies de cette alternative de douleurs ou de tubercules aux articulations. Mais on sait très-bien que les fièvres putrides ou malignes qui durent trop long-temps , se terminent quelquefois par des tubercules dont le développement assure la convalescence. Ce sont des clous , des furoncles , des inflammations phlegmoneuses ; enfin , des abcès purulens que l’on voit sur toutes les parties du corps indistincteiænt , sans que les articulations en soient exclusivement le siège. Celles -ci deviennent quelquefois douloureuses et donnent l’exemple d’un abcès
(i) Coacar, PrcenoU, sect. i, p. 421.
(a) Cels. , lib. ii , cap. vu.
3,^2 APHOKISMES d'hiPPOCRATE ,
per ejffluxîonem , qui est per decubitum dans le premier cas. Si ces turbercules sont utiles dans les fièvres prolongées, ils présagent la mort lors d’une fièvre continue, toutes les fois qu’ils ne parviennent pas à suppuration. Quibus in febribus continuis pustuloé per totum corpus erumpunt , lethale , si non purulentus abscessus Jîat ^ maximè autem circà aurem his fieri solet. (Goacar. , lib. citât. )
45* Quihus tuhercula ad articuloSy aut dolores eæ fehrihus loiigis fiant, ki pluribus utuntur cihis. ( § xxi.)
46. Si rigor incidat fehri non intermittenti , debili jam exis tente œgro, lethale. (§ ni. )
Continenter et assiduè i’exans rigor, imbecillo jam corpore, lethalis est. (Goacar. prænot. , sect. i, p. 4^9*)
Js servari non potest, cui simul et Continua fèbris et ultima oorpoids injirmitas est. (Gels., lib. ïi, cap. vi.)
47. Exscreatiories in fehrihus non intermiétentibus lividœ, et cruentœ, et graveolentes , et hiliosce, omnes malœ sunt. At probe secedentes, bonœ. Et eadern ratio est quod ad alvi egestionés , et quod ad urinas. Si çero nihil ex conducentibus excernatur per hœc loca, malum. (§2^vn.)
Toute évacuation qui n’est pas ce qu’elle doit être < est nécessairement mauvaise , non par elle-même, mais par l’époque à laquelle elle survient. On ne peut tioier qu’un augure fâcheu.x de celle qui se fait dans le principe
des fièvres continues avec les qualités détetfemées J)ar l’aphorisme. C’est tout le contraire quand elle s’opère à une époque critique et lorsqu’elle est suivie de soulagement ou cùm euphoriâ, seu bonâ toleraritiâ, après que les signes de coction ont précéd,é (i). C’est ce que Hippocrate nous apprend encore dans une autre partie de ses ouvrages (2).
48. In non intermittentibus fehrihus, si ex-terna quidem frigida sint, interna verb urantur, et sitim haheant y lethale. (§ iii.)
Ce serait à tort que l’on donnerait au mot lethalê soti acception rigoureuse, car Hippocrate ne s’en Sert ici que pour avertir que les symptômes dont il parle sont fâcheux. In morbv acuto externas partes perfrigèrari , internas autem ardere, et sitire, malum est (3). Celse hè s’est point invariablement fixé sur le sort dès malades j d’une part, il dit qu’on ne peut les conserver; de l’autre, il se borne à indiquer qü’ils sont dans un pressant danger (4).
Les fièvres continues , avec les symptômes énoncés , sont appelées lipyrienries. Le froid cutané h’est réel qué pour le malade , car lé médecin et les assistans reconnaissent ordinairement à la peau une chaleur à peu près
(1) HoUer., in huncaphor.
(2) Vid. aph.. 2 , 23 et 25 de la première section.
Sputl excreationes in febre, lividœ , nigrce, biliosce, si quidem supprimantur) malce sunt , secedentes verà pro ratione utiles. Coacar. Prænot. , sect. 1 , p. 425.
(3) CoacoT. Prcbnot, , sect. 1, p. 4^1.
(4) Non servàri potest , cùi bxterior pars friget, viterior sic calet , Mt etiam sitim faciat. DeMedicin., lib. 11, cap.Ti.
In malis jam œgrum esse testatur, ubt exterior pars corporis JHgetf interior cùm sîticalet, ut suprà posuii^lbid. ibid., cap. xiv.
244 ÀPHORISMÈS d’hIPPOCRATË ,
naturelle. Il y a lésion de la sensibilité des tégumens, telle que le malade croit manquer de feu (Ae/sra/**», dejicere; î»'»'?, ignis).
Il est difficile de dire s’il existe une fièvre qui se montre exclusivement avec ces signes, qu’on observe dans des cas très-différens entr’eux. Quand il traite des maladies bilieuses , l’exposé d’Hippocrate est ainsi conçu : « Au toucher de la peau , la fièvre est légère; elle est ardente à l’intéi'ieur, comme l’annoncent l’aridité de la langue et la chaleur de l’expiration par le nez et par la bouche. Le cinquième jour, la région précordiale est dure, douloureuse ; la couleur de la peau est celle des ictériques ; l’urine est épaisse et bilieuse (i) ». Les fièvres lipy viennes ne se jugent que par des selles bilieuses (2). D’autres médecins sont d’avis que cette fièvre est le symptôme d’une inflammation érysipélateuse des parties internes (3) ; que c’est une fièvre stomacale, une maladie aiguë, ardente, inflammatoire , provenant de la phlegmasie du tissu membraneux et nerveux de l’estomac (4). On peut ajouter que la soif, le froid extérieur, la chaleur interne, s’observent presque constamment lors des inflammations de toutes les membranes muqueuses. On doit conclure que tout est à redouter lorsque, daris les fièvres aigiiës, on voit se réunir la soif, le froid extérieur et une chaleur intérieure brûlante.
49* fehre non intermittente y si labium aut supercilium y aut oçuluSy aut nasus pervertatuvy
(1) De Morb.t lib. ii , febres à bile,
(2) Febres lipyrice, non nisi per choleram effusâ bile solvuntuT. Coacar. Præn., sec. i, p. 421*
(3) Ettmxil., Oper. omn. , 1. 11 , p. 558.
(4) F. Hotfm., Medicin, ration, y t. ly, part. 1, p. 371.
SECTION IV, APH. 49» 5o, 5l. 2 4^
sinon videat i si non audiat^ corpore jam de^ bili existente y quîcquid horum Jiaty in propin-quo mors est. (§ m.)
Dans les Coaques, dont eet aphotisme est extrait, Hippocrate s’exprinie ainsi : Si débiliter jam affecti , non videanty^aut non audiant , aut labium, aut oculus, aut nasus ipsis distorqueatur , lethale est (i). Ce n’est pas sans fondement que les fièvres continues sont seules spécifiées dans cette sentence, car les intermittentes donnent rarement la mort. Toutefois, exceptons les pernicieuses , dont les intervalles d’apyrexie , quelque longs qu’ils soient, ne suffisent pas pour permettre aux forces de se relever et de résister à un troisième ou à un quatrième accès, au commencement ou à la fin duqûel les malades succombent nécessairement , si l’art ne leur porte pas dès secours efficaces. Dans ces cas difficiles, durant les momens où l’on est sans fièvre, il subsiste un© altération profonde des traits et des facultés intellectuelles , qui mettent les. praticiens en garde contre l’avenir, en leur inspirant de justes, craintes , sur-tout quand un symptôme, prédominant pendant l’orage, persévère, quoique faiblement, durant le calme insidieux qui succède.
50. Vhi in fehre non intermittente dijfficultas respirandi et delirium fity lethale. (§ iii.)
5 1 . In febribus abscessus^ qui non soïvuntiir ad primas judicationes ) morbi lotigitudinem significant. ( § xiv. )
Il est vraisemblable qu’aucun des traducteurs les plus
(0 Sect. 1 , p. 4*0,.
2/|.6 aphorismes d’hippocrate ,
modernes n’a rendu le véritable sens de cet aphorisme , que l’on ne peut collationner avec (Juelqu’endroit des ouvrages d’Hippocrate , dans lesquels on ne retrouve pas catte même idée. Tout nous porte à adopter cette version de Fuchs : « Les abcès qui, dans les fièvres, paraissent aux premiers mouvemens critiques et ne jugent rien , indiquent la longueur de la maladie (i). » Les raison,s de ce 'Commentateur sont : i® qu’il est impossible que des abcès, formés aux premières crises, disparaissent aussitôt et se résolvent, puisqu’ils consistent en une matière qui a besoin d’un temps assez long pour sa coction et son évacuation ; 2" que, la fièvre ayant cessé, les abcès durent encore beaucoup ; 3® que, ne s’effaçant pas sur le champ et persistant encore , ils ne peuvent indiquer la prolongation d’une maladie qui n’existe déjà plus; 4” qu’alors çes abcès annoncent plutôt leur propre durée que celle de la fitèvre aux premières crises de la* quelle ils ont paru (2).
Si , dit Houllier, la maladie continue après l’apparition d’un abcès , c’est un mal , parce que les mouvemens critiques qui ne jugent rien sont fâcheux (’3). Une diarrhée, lors d’une époque critique , fait espérer la solution d’une maladie dont la continuation, malgré cet évènement, est un signe de mort , ou bien le présage de la récidive ou de la longueur de cette même maladie. Dans le cours d’une pleurésie ou d’une péripneumonie , une parotide qui s’élève sans que la fièvre cesse, non seulement fait croire à la plus longue durée de l’affection , mais encore
{i) In fëbrihus ahscessus qui in primis ji^dicationibits , morbum haud solvunt, ejusdem longUudinem significant.
(2) Suî ipsius quidem Lohgitudinem abscessus haud sotutus, non morbi significaiet,
(3) Judicatoria non fiidicantia , partim lethaîia , partim difficüis
Hipp , , lib. n , p. 3o8.
SECTION If, APH. 52. 247
menace le plus ordinairement de devenir mortelle . Convenons avec Houllier que l’abcès se rapporte moins à luimême qu’à la maladie (1).
Celse ne me paraît pas avoir entendu autrement cet aphorisme : « On peut conjecturer qu’une maladie se prolongera long-temps , dès que ce qui se dépose sur une partie dans le conrs des fièvres ne fait point parvenir à la santé (2). » Pisons-en autant de Yallésio , qui s’exprime ainsi : tt Les abcès qui surviennent dans* les fièvres dénotent une crise imparfaite, au moyen de laquelle ces fièvres ne sont point entièrement dissipées, quoiqu’elles soient cependant fort adoucies. » Notre version est celle de Gorter et de Reiger j elle fut , il; n’y, a pas très-longtemps , celle de Pasta, dont vpici les. propres expressions : J^elrectiùs, si ahscessus nqn solvunt Je^i'em die 27, 34 > 4o > morbum jbre longum prœdicito.
Conclusion. Les abcès qui, dans les premières crises, ne jugent point une maladie , indiquent la longueur de cette même maladie.
62. Quicungue in fehrihus, aut in cœteris injirmitatihus ex proposito ( id est ob câusam ) lacrjmantur, nihil inconveniens : qui vero non ex proposito y ma^is inconveniens . (§iii.)
Quîbus in Jebrîbus aeutis, magîs ardentibus , lacrymce învitœ dejlpunty hj.^, sanguinis è na,ribus emptioneni expectare oportet , si etiam alia perniciasè non habeant.
(1) Meliùs tamenesty si intelli^amvs abscessum solvere merbos^
(2) Morbum longius tempus habiturum, coUigere possurmis, ubi , quod irfter febres aliquâ pam abscessity ad sanitatem non pervenit. liib. 11, cap. 1 , aect. Y, p. 5i.
248 APHORISMES D^HIPPOCRATE
Nam his qui maU hahent, non sanguinis eruptîonemi sod mortem signijicant {\) .
Qui quidem volontés lücrymantur, non malum est. Quitus autem invitis lacrjmœ profluunt, malum (2).
Lacrymœ in acutis malè hj^entibus , ultroneœ quidem bonæ , involuntariæ verb dejluentes , malœ (3).
Rien n’atteste mieux une activité conservée des propriétés vitales, que cette faculté qu’ont les personnes attaquées de maladies très-graves, de pleurer à volonté, soit parce qu’elles souffrent et conçoivent du chagrin de leur position, soit parce qu’elles ont d’autres causas qui affectent leur moral. Des fiévreux désespérés , dont les forces sont épuisées , n’ont plus la conscience de leur position ; on ne trouve plus chez eux qu’un faible reste de vie animale; la prostration est à son comble ; tous les couloirs sont relâchés, ne réagissent plus sur les liquides qu’ils charrient et qui sortent passivement au-dehors. Ne cessons de répéter avec Celse ; Sine voluntate lacrymare, mali morbi testimonium est (4)«
53. Çuibus in febre ad dentes uiscosa circumnascuntury his febres fiunt vehementio* res (5). (§in.)
Ces humeurs épaisses et glutineuses, lentores , qui adhèrent aux dents et les brunissent, sont les indices très-prononcés d’une fièvre des plus violentes , sur-tout s il ne se manifeste aucun signe de coction , et s’il n’y a
(1) Epidem. , lib. 1 , Constitut. tertiâ.
(2) Ibid, y lib, IV, p. 33i.
(3) Ibid, y lib. vi , sect. 1 , p. 342.
(4) Lib. 11, cap. 1 , sect. r.
(-'>) Quibus dentes undiquâque lentore ohducuntury malum suspee~ tare licet. Epidem., lib. iv, p. 33i.
pas d’intermission à attendre. Houllier assure que le danger est très-grand lorsque ces matières fuligineuses se voient dans les intervalles des dents ; il pense même que la mort a le plus ordinairement lieu.
54- Quibus diù tusses siccœ , pauliim irritantes, in fehrihus ardentibus, non admodùm siticulosi sunt. (§ iii.)
C’est-à-dire , quiconque est pris de fièvre ardente avec une petite toux, continuelle, sèche et non trop incommodé, ne souffre pas autant de la soif que semble le comporter cette même fièvre ardente, parce que la commotion légère que produit la toux entretient dans la gorge une humidité qui résiste à la dessication fébrile. Tusses siccœ paràm irritantes à Jebre adurente , non pro ratione siticuîosœ , neqiie linguas exsiccant, si quidem non à malignitate (feritate), sed à spiritu dccidant. Constat id indè quùm enim loquuntur, aut hiant , tune iussiunt, alioqui rerà minimè. Hoc autem in Jebribus ex lassitudinibus obortis maximè contingit. , lib. vi,
sect. Il, p. 343.) Les toux sèches, peu irritantes, produites par la fièvre ardente, ne sont pas avec altération proportionnée et ne dessèchent pas la langue. Elles ne sont pas l’effet de la malignité , mais de la respiration. Voilà pourquoi, lorsque les malades parlent ou ouvrent la bouche, la toux s’ensuit; autrement, non. Il en est sur-tout ainsi dans les fièvres qui succèdent à des lassitudes. Hippocrate a-t-il voulu dire que ceux qui sont depuis long-temps sujets à des toux sèches, peu irritantes ,^ne sont pas très-altérés dans les fièvres ardentes? Le texte qui vient d’être rapporté ne permet pas d’admettre cette version de M. Demercy. Pour nou^., c’est comme si Hippocrate disait : « Quoiqu’ils aient un peu
u5o APHORISMES d’hIPPOCRATE ,
soif, les malades qui, dans une fièvre ardente, ont une toux sèche légèrement irritante, sont moins altérés que ne le comporte la gravité de leur état. » De tels fiévreux ne peuvent point n’être pas faiblement tourmentés par le besoin de boire , à moins qu’il n’existe une circonstance nior, telle. En effet, personne de nous n’ignore combien il est fâcheux qu’un, malade ne se plaigne pas d’être altéré quand sa langue est sèche , noire , fendillée , et pour, ainsi dire torréfiée j ce qui indique une grande perte de sensibilité.
55. In hubonibus febreSy omnes malcej pfœter ephemeras. (§ iii.)
On nomme éphémère une fièvre qui ne dure pas plus de vingt-quatre heures. Il n’est pas rare quelle s’étende jusqu’à deux ou trois jours et un peu plus. Alors, c’est une éphémère prolongée ou. une synoque simple.
Le pli de l’aîne s’appelle originairement bubon, mot qui , par la suite , a désigné l’engorgement inflammatoire des glandes situées dans cette région. Par extension , on a admis , depuis Galien , des bubons axillaires , jugulaires, et ce nom a été appliqué aux parotides. Il ne s’agit point d’afîection vénérienne , mais des tumeurs glanduleuses.
Lorsqu’elles s’élèvent sous la peau avec une fièvre éphémère, celle-ci est symptomatique et sans danger, car elle cesse aussitôt que la suppuration existe. C’est ce qué prouvent les doux , les furoncles , etc. , qui ont sans doute fait dire à Hippocrate ; In glandularum tumoribus febres, malum, excep tis diariis. Lorsqu’une fièvre aigue naît en même temps que le bubon , elle a un caractère de malignité , de putridité ou de peste ; .Et in JebribuS glandularum tumores, détériorés, qui in acutis ab initia i>igo-^
SECTION IV, ApH. 55, 56. a5i
rein remisemnt (i). Des bubons paraissent souvent sans danger à l’époque des crises. Les filles en ont quelquefois au pli de faîne, lorsque les règles sont prêtes à couler, pour la première fois. Il n’y a rien qui doive effrayer, quand il ne se rencontre aucun symptôme de fièvre d’un mauvais caractère , tels que vomissemens , délires, urines chargées, lenteur du pouls, anthrax, charbon, etc. Au-^ trement, le danger est extrême.
56. F ehricitanti sudor superveniens , febre non rémittente , malum. Protongatur enim morbus^ et copiosiorem humiditatem indicat. ( § xv. )
Plusieurs médecins ayant observé que la sueur se montre dans les crises qui jugent les fièvres, et qu’elle en terminait très-promptement un certain nocibre , se sont imaginés que , pour guérir , il suffisait de provoquer la transpiration. C’est dç là qu’est venue cette coutume des Arabes de prescrire indistinctement à fous les malades , dès le début des fièvres, cette immense variété de remèdes sudojrifiques. Sydenham s’est élevé, avec autant de force que. de courage, contre cette pratique meurtrière universellement adoptée de son temps. Non seulement il rejeta f assistance d’une médecine échauffante, et f usage de surcharger les malades de couvertures danjs leur lit , afin de provoquer des sueurs dans les fièvres , mais encore il prescrivit <J e réprimer ces transpirations survenues dès le principe. L’expérience l’avait instruit desaççidens sans nombre qui suivaient une méthode de traxtement aussi incendiaire, et des avantages qu’on obtient d’une autre , toute opposée , ef plus sûre et moins
(i) Epidem. , lib. ii, sect. in , p. 3ii.
aSa APHORISMES d’hippocratk ,
incommode (i). Sur ce point, Sydenham avait donc fait une heureuse application, au lit de ses malades, de cet aphorisme, qu’on relit textuellement ailleurs (a), et qu’on retrouve dans Celse (3).
5’]. A convulsione aut tetano detento , fehris
supervGniens solvit morbum. (§iii.)
La convulsion est un mouvemént alternatif, involontaire et momentané de relâchement et de contraction des muscles. Le tétanos est la contraction involontaire, subite ou lente de tous les muscles ou de quelques-uns^ seulement , avec ou sans lésion de fonctions des facultés intellectuelles. Il est souvent mortel avant le quatrième et cinquième jourj il peut diminuer par degrés, se terminer complètement ou dégénérer en contraction habituelle, Pour que ces deux maladies nerveuses trouvent leur solution dans la fièvre , il faut que celle-ci soit forte et quelle se’ juge elle-même par des évacuations critiques, L’expérience apprend souvent que, dès son début, une fièvre intermittente ou rémittente fait cesser la catalepsie , l’épilepsie , l’hystérie et d’autres maladies nerveuses , qui reviennent souvent aussi lorsque cette fièvre est guérie. Considérons cet état pyrétique comme imprimant aux nerfs une secousse générale qui suffoque ou étouffe les affections propres à chacun de ces organes en particulier.
JEt tetano, ac convulsione occupante, igneum ardorem supervenire, bonum. (De morb. , lib. i, sect. i, p. i40‘^)
(i) Oper. Medic. i aect. 1 f cap. m, ettSchedut. monitor.de novae fehris ingressu.
(a) De Judication. , p. 383.
(3) Morbum longitis tempus habiturum colligere possumus , ubi^ febre non (Quiescente, corpus insudat, Lib. u, cap. v.
SECTiOly IV, APH. 57, 58-, 59. 255
Febris nervorum distensîonem , rîgoremque^ si posteà tœpit , eix toto tollit. (Gels. , lib. u, cap. vin.)
58. A fehre ardente detento, rigore superveniente 3 solutio (fit.) (§ ni.)
Nous avons vu , aphor. 29 de cette section , que les fièvres se jugent difficilement, durant lesquelles un frisson, se manifeste le sixième jour; et, aph. 48, que le malade est en danger de mourir , s’il est déjà affaibli , quand ce même mouvement le surprend dans le cours d’une fièvre non intermittente. Or, considéré comme salutaire dans cette sentence, il est nécessaire qu’il se développe au temps critique de la fièvre , et qu’il soit accompagné ou suivi d’évacuations; sinon, il ne juge rien , ou il n’annonce qu’une terminaison longue et difficile (i).
59. Tertiana eæquisita in septem ad summum circuitihus . judicatur. { § xiv. )
Par .tertiana exquîsita , on entend parler d’une fièvre dont les accès durent douze heures , reviennent chaque troisième jour, précédés de frisson et suivis d’une sueur ou d’une déjection bilieuse. Abandonnée à elle-même , elle se termine ordinairement en quatorze jours ou après le septième paroxysme. Hippocrate dit au plus , ad summum, et ailleurs, plerùmque , le plus fréquemment (2). Nous lisons encore quelque part que ce nombre peut
(1) De Judication. , p. 383. Coacar. Prœnot, , sect. i , p. 42a.
(2) Tertiana in septem eircuitibus pleràmque judicatur. Lib. de Judication., p. SSa.
254 APHORISMES d’hIPPOCRATE ,
être de cinq, de sept, et, au plus, de neuf (i). Rièn n’est précisé avec exactitude à cet égard , puisque dans les pays septentrionaux, dans ceux humides et froids, où la fièvre tierce est très-rare , on ne trouve pas toujours cette régularité (2) . Mercurialis a écrit depuis long-temps: Rarissimè tertiana exquisita Hippocratis imenitur, neqûe ego t>ix vidi , et jam quadraginta anni sunt , quod praxin exercui.
Dans les prisons , nous avons observé plusieurs fièvres tierces. Les unes n ont eü que sept accès , d'autres en ont eu neuf, onze, et plus quelquefois. N’ayant prescrit aucun remède contre quelques-unes , leur durée a été de quatorze, vingt-un , vingt-sept jours et plus. Plusieurs ont reparu avec le même type , souvent après un espace de temps égal à celui parcouru lors de leur première existence. Après ces retours , il y en a qui ont cessé spontanément et tout à fait au troisième où quatrième paroxysme ; il y en a qui n’qnt cédé qu’aux purgatifs et aux amers. Ces récidives, si on peut les appeler telles après une apparence de convalescence remarquable par le dégoût, la faiblesse, un mauvais sommeil, et par des digestions pénibles , sont ordinaires lorsque les malades sont aussi peu nourris que ceux des prisons , et sur-tout quand ils commettent des écarts dans leur régime.
Des fièvres tierces ne sont quelquefois que le symptômè d’un embarras gastrique , intestinal ou gastro-intestinal. C’est dans ces cas qu’Hippocrate a recommandé
(1) Terlicina exquisita in quikque aut sèptem circuitibus aut ad tummum in novemjudicatur. Cpacar. Prænotioti , sect. 1 , p. 422.
Febres, quœ unâ die intermittentes , alterâ superrigent u'iià ciirn judicatione, exquinque ad septem circuitus durant. Epidem., lib. VJj
(2) F. Hoffm., Medicin. ration. , t, ly, part. 1, p. 9.
avec raison de purger par le bas (i) j et l’expérience prouve chaque jour que c’est l’unique moyen de mettre promptement un terme à la fièvre : une méthode contraire est fort pernicieuse. Nous avons vu l’usage prématuré du quinquina suspendre des accès qui se reproduisaient plus tard avec une grande force , accompagnés des plus fâcheux désordres.
Lisons Baglivi. « Si les fièvres tierces exquises s’étendent quelquefois au-delà de quatorze jours, même jusqu’à un mois} s’il en est ainsi de la pleurésie et des autres maladies , il faut en accuser un mauvais traitement. Quand, dès le début, nous troublons par des purgatifs, des saignées, des diaphorétiques impétueux , le cours de la nature dans la séparation lente de l’humeur peccante , la spécification tiercenaire est détruite. Il se présente une nouvelle fièvre avec un appareil nouveau ■ de symptômes et un ordre également nouveau de périodes, qui dureront aussi long-temps que la séparation spontanée de l’humeur impure ne sera {joint opérée par les lois immuables de la nature , ou jusqu’à ce qu’on ren»* contre un remède qui éteigne directement une telle espèce. Voilà l’origine de la doctrine des spécifiques. La longueur de ces fièvres pourra encore dépendre des nouvelles constitutions de l’air, de celles qui existent, dés erreurs graves dans le régime de vivre , ou d’autres causes trop violentes et capables de troubler le mouvement régulier de l’humeur tiercenaire et sa spécification, en éloignant le propre terme de la maturatioh (2). »
(t) .Sï febris tertiana detineat , si quidempost très acoessîànès t^iiarta. prehendat, medicamehtum deorsùm purgans propiriato. De Morb. , Ub. n, febres à bile.
(a) Praxeos medicce, Ub. ix, cap. T.
APHORISMES D’uiPPOCRAtE , . .
6o. Quibus in fehre aures obsurduerint , his sanguis è naribus effluens, aut alvus exturbata, morbum suivit. (§xiv.)
Surditatem ex fehribus, sanguinis è naribus Jluxio soU vit, itemque alvi turbatio (i).
Si in febre aures obtusce sunt, si sanguis è naribus fluxit , aut venter resolutus est , illud malum desinit ex toto (2).
Les fièvres inflammatoires sont ordinairement avec quelqu’embarras de l’organe de l’ouie, sans qu’il y ait surdité complète. Ce sont elles qui, sur-tout lorsqu’elles sont prolongées , se terminent spontanément par un saignement de nez , aussitôt suivi du retour de la faculté de bien entendre. Au temps critique, cette évacuation nasale manque quelquefois , ou est à peine remarquable ; alors des selles bilieuses ont lieu et produisent le même effet. Il en résulte que , dans ce genre de fièvre , il ne faut pas chercher à suspendre une hémorrhagie oportune , tant qu’elle est facilement supportée et qu’elle soulage. Dans le cas contraire , il est urgent de la réprimer, parce quelle passerait à l’état passif. Si, au lieu d’un écoulement sanguin par le nez , il survient une diarrhée critique, que l’on se contente de l’observer d’après le même principe. Les évacuations alvines s’annoncent quelquefois, et tardent à se déclarer, ou ne se déclarent que faiblement ; il en est de même de l’hémorrhagie nasale. Alox’s , le médecin expérimenté fait saigner à propos, et avec succès, quand la tête est trop entreprise et la turgescence sanguine ti'op marquée ; de même, il pro-
(i) Coacar. Prcenot , sect. 1, p. 424» 28, huj. scct.
(a) Cels. , lib. 11, cap: 1, sect. vu-
SECTION IV, APH. 6o, 6i. aSy
voque les évacuations alvines ou les porte au degré qu’il juge convenable. On pens^ bien que ces détails ne sont pas applicables aux fièvres adynamiques ou ataxiques , dans lesquelles la dureté de l’ouïe , l’épistaxis , les selles sont fréquemment les indices d’une extrême prostration des forces.
6i. Fehricitanti, nisiin diehus imparibus di-^ misent febris^ reverti solet. (§ xiv.)
Cet aphorisme ne s’accorde pas toujours avec ce qu’on lit dans différens endroits des ouvrages d’Hippocrate. Cette sentence est répétée dans le 2® livi'e des Épidé^ mies : Si non in die impari fehris dimittat, recidivare necesse est (i). Elle est encore plus circonstanciée ailleurs ; Quem recidit fehris ardens , pktumque etiam exudat. Et si revertens toi diebus detineat, quot priùs , etiam tertio récidivât, si non impari die dimiserit, reversa (2). On découvre , dans le premier, que des crises également bonnes s’opèrent dans des jours pairs ou impairs, Quœ vero paribus diebus exacerbantur, parîbus judicantur . Quorum autem exacerbàtiones in imparibus Jiunt, ea in imparihus judicantur. Est autem prinius judicatàriüs ; ex circuitibus diebus paribus judicantibus , quaHas dies. Deindè sextus , decimus , decimüs quartus , decimus octavus , vigesimus , vigesimus quartus, vigesimus octavus , trigesirnus , trigesimus quartus, quadragesimus , sexagesimus , octogesimus, et centesimus vigesimus. Ex circuitibus Verb in imparihus diebus judicantibus , primas est dies tertius, deindè quintns, septimus, tionus, undécifnus, decimus septimus, vigesimus primas , vigesimus septimus, et trigesirnus pri-
(1) Sect. V, p, 3i4 , et Coacar. Prcënot., sect. i, p. 421* 'i»)DeJudication.,p,Z83i
aSS AÏ»HORISMES d’hippocratie ,
mus. Les crises ayant lieu les jours pairs ou les jours impairs , Hippocrate enseighe que celles qui s’opèrent à d’autres époques indiquent des récidives , même dangereuses, Ai verb nosse expedit , si aliter judicatio fiat, extrà prœscriptos dies , récidivas fore sîgnijîcat , et fuèrit sanè perniciosa ( i ) .
62. Quitus in febre morbus regius supervenit ante septimum diem ^ malum est. (^Nisi con- Jluscus humorum per alvum fiant.') (§ ix.)
Galien dit que l’ictère est un refoulement de la bile vers la peau qui est vipiée , et dont la surface est teinte en jaune (2) : les déjections alvines sont blanches chez les personnes affectées de cette maladie. On distingue l’ictère en noir et en jaune , quoiqu’on puisse dire , avec Arétée, qu’entre ces deux extrêmes les couleurs sont in- . fîniment.yariées (3). Comme la couleur jaune se montre d’abord dans les yeux , les Grecs ont désigné cette affection, d’après la ressemblance avec les 5'eux dorés d’une espèce dp belette qii’ils' appelaient Cette opinion est du commentateur d’^rétée, de Petit,' qui ne nous laisse pas ignorer que Suidas dérivait ce mot hc.'lio»*, des milans , oiseaux de proie, dont les yeux sont jaunes.
Le luxe presque royal avec lequel on traitait anciennement cette maladie , lui a valu lé nom de rnorbus regius (4) ; ôn l’a encore appelée arquatus , arcuatus , à
(1) jEpiûîewi., sect.ui, p, 3o2.
(2) Lib, de Définit, medicis, n® 276, ' ‘ ' ■ ■
(3) De caus. et sign.-morb. diuturn. , lih.i , capj^ jcr,.
(4) Lecto, etùim et cQucletvi cultioi;e, usit,. loco, ludix , lascidi 0
<alüs per quæ mens exhilaretur ; ob quee régiitf nioréus dictus videtur. Cels, , Ub. cap. xxiT, '
SECTION IV, APH. 62. sSq
cause de la ressemblance qu’on a cru trouver entre sa couleur et celle de l’arc-en-cieV. Aurigo provient des rappcH'ts avec la teinte jaune de Xox, jaiinisse , ictère, bile répandue , àQS ïïïoàGïwts.
Hippocrate dit seulement que la jaunisse est d’un fâcheux présage, si elle survient avant le septième jour d’une fièvre; et c’est le célèbre Lorry qui a ajouté cette condition : A tnoins. qu’il n’y ait des i\>acüations alvinès . Cette addition devenait imposante, parce que l’expérience n’aui'ait pu démpntrer la vérité de lâ simple sentence de l’oracle de Co«, qui n’aurait pas été' d’accord avec lui-même, puisqu’il dit ailleurs : In febre biliosâ antè sçptimum.dietn çùm rigore morbus regius accedens, sqlx’it febrem , verîim sine rigore si accédât extrà temporis occasiones, p'erniciosus esi {y). Le frisson annonce un mouvement critique qui est salutaire. Philistide, épouse d’Héraclide, supporta une fièvre continue- rémittente . dont les exacerbations étaient toujours précédées de frisson. Dans la soirée du troisième jour, èïle devint ictérique, et sa maladie fut- jugée le septième (2). Tout est à craindre si aucun signe de coction ne précède, comme le prouve- l’histoire, d’Hermocrate. Il est cependant à remarquer que ce malade , pris d’une fièvre ardente , offrit quelques symptômes d’hépatitis ; ; et qu’il succomba le dix-septième jour , moins parce qu^il était dpvénu ictérique le sixième , que parce que son affection était trop grave (3), . ' ^ .
On doit attacher plus d’importance aux évacuations alvines , qui jugent coihplètement une fièvre, durant laquelle la jaunisse s’est montrée comme un épiphéno-
(1) jf^t. rat. in. acuU , sect. iv, p. 378. (a) Épidem, , lib. vu ,, sect. û , p. 364* (3) ^idém.'fVd)- ni, sect. t, ægrot. 11.
aôo APHORISMES d’hippocrate ,
mène avant le septième jour. Houllier assuré avoir observé plusieurs cas semblables en i545 : tous les malades moururent, à l’exception d’un seul , qui, après plusieurs récidives , ne dut son retour à la santé qu’à une grande évacuation par le bas.
On est autorisé à conclure , avec P. Martian, que l’auteur de cet aphorisme, qui ne paraît pas appartenir à Hippocrate, selon Galien, devait ajouter sine rigore, afin de rendre la proposition exacte et vraie en la présentant ainsi : Quitus in febribus morj^us regius , sine rigore fit antè septimum diem , malum ,• si verb idem post septimum superueniat in die contempîabili et legitimâ , cùm signis salutaribus, criticus etsalutaris erit. In die verb illegilimâ difficilis erit judicii, nam ad interitum perducere, et ad salutem, per varia discrimina poterit, prout alia signa indicabunt (i).
65. Çuibus in febrihus quotidie rigores Jiunt, quotidie febres solvuntur. (§xiv.).
Ce qui veut dire que toute fièvre dont chaque jour indique l’accès , éprouve également, une interraission complète chaque jour. Il n’est pas extraordinaire qu’une fièvre intermittente paraisse continue ou rémittente , et ne se présente pas de suite avec son caractère propre; cette remarque est de Sydenham : « Lorsque les fièvres intermittentes d’autottine commencent prématurément, elles ne prennent pas aussitôt leur type; mais elles imitent tellement les fièvres continues , qu’il faut beaucoup
(i) P. Martian., de Vic%, rat. in acut. , sect. iv, vers. 279. Quibusdam morbus régiiis sexto die accedit , sed hos aut per urinant purgatio, aut alms turbata juvabat f aut niagnum profluvium sangui* nU. Epidem., lib. 1, sect. m.
SECTION IVj APH. 65, 64. 261
de sagacité pour les distinguer. Plus tard, lorsque la constitution est plus calme , elles deviennent plus régulières , en sorte qu’au début de l’automne elles ont leurs intermittences très-prononcées (i). » De Gorter a obrservé un semblable cours de fièvres pendant une constitution d’automne. Il pense que ce fait n’était point étranger à Hippocrate, qui , selon lui , a voulu inculquer dans cet .aphcrisme que, si une fièvre, en apparence continue, est avec frisson tous les jours, ce n’est point une fièvre continue , mais une intermittente masquée (2).
64. Quibus in febre y septimâ aut nonâ , aut undecimâ, aut quartâ decimâ ^ morbus regius supervenit y bonum est : nisi dextrum hjpockondrium durum sit; alioqui non bonum. (§ ix.)
Tous les jours désignés par l’apparition de l’ictère sont critiques. Si cette coloration de la peau se montrait les sixième, huitième, dixième et douzième jours , il y aurait de l’inconvénient, sur-tout avec coexistence ■ de dureté, de tension et de douleur à l’hypochondre droit. Alors , une inflammation serait évidente , et l’ictère survenu aux jours critiques présagerait beaucoup de mal (3). En général , dit Arétée , l’ictère est difficile dans les affections aiguës J il a causé la mort d’une infinité de personnes avant et après le septième jour. Rarement il juge bien lorsqu’il paraît à la fin d’une fièvre; il se dissipe
(1) Obs. Medic., sert. 1, cap. 11.
(2) Æedicin. hippocratic, t. i, p. 477.
(3) Ifûm, si injlammatio est in jecore» quamvis in decretoriis seu 4çriticis diebus superveniat morbus regius f malumest, quoniam jeteur est affectum* Coacar. Frs^not.
363 APHORISMES d’hiPPOCRATE ,
avec peine. Ce mal est familier aux adolescens et aux jeunes gens, qu’il incommode moins. Plus rare chez les enfans, il nest pas également innocent pour tous (i). Baglivi dit qu’avec l’ictère les fièvres sont rarement sans malignité (a).
Morbus regius septimo , nono , undecimo , ac àecimo quarto judicatioriem offert, düm hypochondna non induret; quod si secùs contingat , res in duhium vertitur (3).
Quibuscunque in Jebribus intoîerabilibus septimâ , aut nonâ, aut decimâ quartâ morbus regius accedit , bonum} si non dextrum prcecordium durum fiat. Sin minùs , ambiguum (4);.
65. In fehrihus circà ventrem œstus vehemenSy etoris ventriculi dolor, malum. ( § ni.)
66. In fehrihus acutis, conyulsiones et circà viscera dolores véhemeniés 3 màlüfn. (§ iii.)
67 . In fehrihus i eæ somnis pavores^ aut cdnvulsiones y malum. (^ iii.)
68. In fehrihus y spiritiis oJfendenSy malum. Convulsionem enim s ignijicat. (§ ni. )
6g. Quihus urinœ crasscB y grumosodypaucasy non sine fehrCy copia edc his succédons tennis y juvat. Taies autem maxime prodeunt y quihus
(1) cflji.r. Æwtwr., lib. 1, cap. XV.
(a) Icteri febribus supervenientes sempérrnomtriquid aluni etrarà iUœ sunt sine ma Lignitate. Vta's.. me:àj,c. , lîb. 1, cap; xüi.
(3) Coacar Frœnot., sect. 1 , p. 433. ■
(4) JOe Judication. , p. 38a.
SECTION ïv, APH. 65, 66, 67, 68, 6g. 263
ab initio 3 aut hrevi pastj suhsidentiam coi'iti- Tient. (§ XVI. )
Ce que je vais dire sur les urines est certainement fort incomplet. Il suffira cependant, si on le prend pour une simple notice annexée à cette série d’aphorismes qui traitent du même sujet. Si elle paraît trop longue, ce sera moins à cause des détails que par le nombrè des points dç vqes pratiques sous lesquels j’ai envisagé cette matière importante. En effet, je parle des urines limpides et troubles, des dépôts variés qu’elles donnent, de leur coloration et des changemens qu’elles offrent à chaque période de maladie; j’examine les prognostics principaux auxquels l’examen de ce liquide peut donner lieu à ces differentes époques et durant les convalescences. Je termine enfin par mettre la quantité des urines en parallèle avec les saisons de l’année et avec d’autres sécrétions considérables dignes de fixer l’attention.
Les urines sont constamment claires et limpides à l’instant où elles sont rendues ; elles varient par leur couleur, leur consistance et par leur quantité ; elles ont des, propriétés physiques qui, bien étudiées, s’accordent avec le genre et la période de maladie durant laquelle on les examine ; elles exhalent enfin une odeur ammoniacale 4’autant plus forte et nauséabonde, qu’elles sont plus colorées et plus rares. Dans les cas d’affection vermineuse ou de fièvre muqueuse , on les reconnaît aigres et acides : j’en ai observé de très-fétides chez des convalescens qui urinaient très-abondamment , pour ne pas dire d’une manière excessive. Il n’est point question de ce liquide ;ren4u sanguinolent, glaireux ou purulent, qui indique des états particuliers des voies urinaires , sut lesquels les praticiens sont prompts à établir un diagnostic. I-
264 APHÔMSMKS d’hIPPOCRATE ,
Des urines se troublent h mesure qu’elles se refroidissent; d'autres restent claires, quoiqu’au milieu d’elles il . se forme un corps plus ou moins solide qui demeure suspendu , ou se précipite au fond du vase, sous forme de mucus diversement consistant et coloré. Quelquélois les premières ne cessent pas d’être troubles , épaisses , et ne deviennent jamais claires. Elles ont alors une couleur de petit-lait très-chargé , de bière, de cidre , ou d’urine de cheval; on dii’ait qu’elles tiennent en suspension une grande quantité de mucus, de brique ou de craie tamisées. Cet aspect coïncide toujours avec une irritation générale très-prononcée; il indique un état inflammatoire, constitutionnel, s’il s’agit de fièvre angioténique. ou d’une synoque simple ; local et consécutivement constitutionnel, s’il y a phlegmasie d’un orgâne , de la plèvre, des poumons , catarrhe pulmonaire , inflammatoire , etc. Dans les fièvres à période rémittent ou intermittent, il* est facile de distinguer les urines qui répondent à la rémission ou à l’apyrexie , d’avec celles rendues pendant l’exacerbation et durant Taccès , ou à la fin de l’un et de l’autre.
A mesure que les urines se refroidissent, on voit souvent se former un corps , variable par sa forme , sa couleur, sa consistance et sa pesanteur. Il reçoit le nom générique de sédiment, dépôt, sedimentum , subsidentia. Oa l’appelle particulièrement hypostase , hypostasis , lorsqu’il se précipite au fond du vase. Alors il se présente sous forme de muçUs blanc ou jaune, rouge ou gris; il constitue une couche épaisse ou mince d’une nature homogène , et il est recouvert par l’urine limpide , quelle que soit sa couleur. Ce sédiment est pesant, si sa surface est lisse et un peu déprimée dans son milieu ; s’il ne trouble pas l’urine quand on l’examine sans précaution ; enfin si , en agitant avec un petit bâton, le liquide perd
SECTION IV, aph. 6g. 265
«a transparence et la recouvre par l’effet du repos , le dépôt ne tardant pas à se montrer tel qu’il était. L’hypostase est légère lorsque sa surface est grumeleuse , parsemée de flocons tomenteux, et oscillans au moindre mouvement; elle l’est encore plus quand ces petits pelotons nébuleux sont peu nombreux au fond du vase , et très-multi pliés sur la moitié inférieure de ses parois, en se rapprochant selon qu’ils se portent davantage en bas. Il est à remarquer que tout sédiment est d’autant plus blanc qu’il est plus léger.
Plusieurs fois, dans le cours de fièvres muqueuses compliquées de douleurs vagues de rhumatisme , et tout nouvellement vers la fin d’un catarrhe pulmonaire trèsgrave, j’ai vu l’urine blanche ou faiblement citrine donner un dépôt assez singulier. C’était une enveloppe de couleur laiteuse qui vernissait tous les points de la surface du verre, et recouvrait l’urine d’une pellicule semblable à celle qu’on voit sur l’eau de chaux. Ce vernis, en forme d’enveloppe au milieu de laquelle le liquide transvasé se montrait limpide , adhérait au vase ou se séparait par lames tout en conservant son humidité. Je ne connais que Wagler qui ait fait une remarque à peu près semblable (i).
Le sédiment est, dans beaucoup de fièvres muqueuses ou catarrhales , si faible , léger et transparent , qu’il reste suspendu au milieu de l’urine limpide , dont la couleur est celle d’une eau de chiendent. Il reçoit le nom de suspensum , appendiculum , enc^orêma , nubecula , nebula; nous l’appelons nuage. Tantôt il èst rond, arachnoïde ou assez compacte, plus rapproché, plus éloigné du fond du vase ou de la surface supérieure du liquide , au milieu duquel il nage, et dont il suit tous les
(i) Demorho muooso, sect. iii, Iiistor. ix.