APHORISMES d’hIPPOCRATE
jHOUvemens; tantôt il se réduit à de simples filandres ou , traînées, ou bien se présente branchu et rameux ou avec des divisions qui partent d’un tronc commun, en différens sens , en haut ou en bas. Le plus souvent, ce nuage est si ténu qu’on ne peut trop préciser, sa couleur propre, qu’Hippocrate dit être constamment de mauvais augure si elle est noire (i), ce que je n’ai pas encore observé. Nombre de fois, j’ai vu ce nuage hémisphérique , contigu au fond du vase par sa face aplatie, et laissant apercevoir sa convexité oscillante au milieu de l’urine. Il est de fait que , n’importe l’espèce , les sédimens sont d’un heureux présage s’ils sont lourds et tendent toujours à se précipiter. Celui dont on parle ne se forme pas de nouveau comme le. premier, lorsqu’avec un petit morceau de bois on l’a confondu pvec la masse du liquide , qui reste ensuite légèrement trouble.
Il existe une variété de sédiment que je puis appeler Jiirfuracé. Celui qui l’observe pense aussitôt à ces paillettes d’or ou d’argent que l’on voit suspendues dans certaines liqueurs de table. Ces parcelles membraniformes , blangjies, albuhiineuses , rares ou multipliées, flottent en tous sens au milieu de l’urine, et paraissent semblables à du son. Hippocrate a observé des corpuscules si singulièrement configurés , qu’il les a comparés au frai de grenouille , même au sperme , s’il est permis de rapporter ses expressions(2).Trois fois j’ai rencontré ces fragmens membraneux, noirs , et semblables , par leur rapprochement, à du marc de café : d’abord chez deux jeunes malades devenus leucophlegmatiques quinze et dix-huit jours après une scarlatine qui n’avait pas parcouru ses périodes avec régularité ; ensuite chez un enfant dont
(1) Prognost,, lib. n, aph. 29, 36.
(2) JEpidem. , lib. m, sect. u , ægrot. m.
SÈCTION ÏV, APH. 69. aô-y
on avait imprudemment supprimé un suintement habituel derrière les oreilles. Il n’est rien résulté de fâcheux de cette coloration condamnée par Hippocrate.
L’urine limpide, ténue, d’une faible teinte jaunâtre, avec ou sans un peu de sédiment, est, dans l’état de santé, lé type auquel on doit comparer celle rendue dans mi cours de maladie (1). La couleur est , en quelque sorte, en rapport avec l’espèce de fièvre. Elle est blanche , lors des musqueuses et catarrhales 5 rougeâtre, dans les inflammatoires ; jaune , citrine plus ou moins foncée , avec les bilieuses. Les phlegmasies intenses sont accompagnées dé l’éxcrétion d’urines rouges, qui se troublent promptement par le refroidissement, ressemblent à celles des gros herbivores 5 c’est ce qu’Hippocrate appelle urînà sûhjugalis (a). C’est ce que nous nommons urines junienteuses . L’icterique les rend épaisses, huileuses , très-chargéès , d’un jaune-safran qui les fait, pour ainsi dire, paraître couleur de sang. Chez l’arthritique et le goutteux, elles sont rouges ou d’un blanc gris, et se rapprochent de la teinte de brique ou de chaux non éteinte. Les femmes hystériques , durant leur accès , toutes les personnes violemment affectées dé spasmes, en santé comme en maladie , ont des urines incolores , semblables à de l’eau distillée. Dans les fièvres continu'es-rémittentes ou intermittentes, lé produit dé cétte sécrétion rénale varie en couleur selon l’âpproche , le temps et la fin des réniissions ou intermissiOns.
Tant que ce liquide, clair ou trouble, ne dépose pas, là période de crudité existé. Celle de coction commence dès que l’hyposfàse ou l’énæorême s’annoncent; elle est
(1) Galen., de Crisib. , lib. 1, cap. xii.
(2) Philini uxor minxit urinam confertim copiosam . Non. siibsi^
débat, sed colore edque crassitudine cjuslis tubjugatium. Epiclem. , lib. 1 , œgrot. 1.