‹ Hippocrate par lui-même, ou Commentaires sur les Aphorismes, d'après les écrits vrais et supposés d'HippocrateChapitre 45 sur 103 · APHORISMES d’hIPPOCRATI · texte numérisé non relu

APHORISMES d’hIPPOCRATI

d’autant plus avancée , que ces différens sédimens sont plus aboridans , se précipitent davantage au fond da vase, et sont plus permanens. Il y a beaucoup d’incer-* titude sur le prognostic à porter, quand, à une période avancée , les urines se montrent alternativement avec ou sans sédiment , claires ou troubles , et lorsque le dépôt varie en quantité et en pesanteur. Un précipité homogène, muqueux, abondant et rouge, indique toujours une solution prochaine. Périclès rendit d’abord une urine blanche et trouble, qui ne déposait pas ; le second jour, il y eut sédiment léger, plus abondant le troisième j le quatrième, sueur copieuse et chaude : fin de la maladie (i).

La pratique m’a permis de confirmer cette double assertion d’Hippocrate; que les pleurétiques et les péripneumoniques sont fort en danger de succomber bientôt, s’ils urinent presqu’immédiatement après avoir bu (2) ; et que des urines ténues , noirâtres , ne présagent rien de bon, sont même mortelles, qui paraissent au début d’une maladie (3). Il est constant que , dans le cours des fièvres malignes, ataxiques , le délire , les mouvemens convulsifs , les soubresauts des tendons , se réunissent avec des urines aqueuses et décolorées, pour faire prononcer sur la gravité du mal , même sur une mort certaine , si ces symptômes persistent Opiniâtrément (4). Les fièvres putrides , adynamiques , peuvent être avec une extrême rareté des urines , qui n’a rien d’alarmant si les malades ont le ventre libre et suent beaucoup. Mais que ce liquide ne soit pas sécrété; qu’il soit retenu dans la vessie

(1) Epidem., lib. m, sect. 111, aegrot, 11.

(a) Mala est urina , quce post potum cità mingitur, prcesertim pleuriticis ac peripneurnonicis.Gosica.r. Frænot. , sect. ui, p. 434*

(3) Epidem. ,lib. 1, sect. 11, ægrot. viii.

(4) Ibid., lib. 111, sect, ni, eegrot. xv, xyi.

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distendue passivement ou paralysée ; qu’il s’écoule involontairement ou à l’insu des malades , tout est désespéré , la mort est certaine (i).

J’ai fait reinarquer que les urines sont blanches et semblables à de l’eau très-pure , quand elles sont rendues par des personnes affectées de maladies cérébrales , convulsives , et par de violens spasmes nerveux. On les rend telles pendant l’accès de froid des fièvres périodiques , peu de temps après les repas , dans le bain ou aux saisons humides et froides , lorsque la peau souffre de l’impression de l’air. Il est des convalescens qui urinent beaucoup plus qu’ils ne boivent ; dans ces cas , qui sont favorables , pourvu qu’il n’y ait pas d’amaigrissement ni de diabète , le liquide rendu souvent et en quantité est toujours limpide, et quelquefois très - désagréablement odorant. Cette sécrétion est toujours en rapport avec celle de la peau , des membranes , séreuses et muqueuses, et avec les déjections alvines. On ne doit pas s’attendre à voir uriner^beaucoup un catarrheux qui expectore prodigieusement ; le' malade affaibli par des sueurs et des diarrhées colliquatjves ; celui dont leyefi,tre est inondé d’eau , ou dont le tissu cellulaire est infiljtré de la tête aux pieds. Je termine ces réflexions sur les urines. Les bornes de ce travail ne me permettent pas, de les étendre davantage , et de les présenter sous la forpe d’un traité complet , que je n’ai pas eu l’intention de composer. -i

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