‹ Hippocrate par lui-même, ou Commentaires sur les Aphorismes, d'après les écrits vrais et supposés d'HippocrateChapitre 46 sur 103 · Quibus autem in febre urince contur · texte numérisé non relu

Quibus autem in febre urince contur

(1) Quœ urince non recordantibus , effluunt, perniciosce. Prædiction., lib . 11. — QîiÜMj lirina clande^tinè allabitur ad pudendum , exolmntur desperati. Coacar. Prœnot. , sect. lu, p. 4^^].

^70 APHORISMES d’hiPPOCRATE ,

batCBs qualis j UT rient orum, his capitis doîôres aut adsunt, aut aderunt. ( § xvi. )

Hippocrate dit que œs urines sont blanches comme celles des bêtes de somme , et quelles indiquent , chez les malades qui les rendent , une douleur de la tête présente ou prochaine (i). Nous connaissons l’histoire, de Polyphonie d’Abdère. Il était pris d’une violente céphalalgie; ses urines étaient abondantes et ténues; elles se troublaient et déposaient beaucoup. La douleur .de tête ne cessant pas , un sternutatoire fut administré le dixième jour. Ensuite , la douleur vive se porta sur le cou; les urines coulèrent rouges, et semblables à celles des bêtes de somme ; il survint un délire phrénétique , ét Polyphonie mourut dans de violentes convulsions (2).

« Quand l’urine si/èyMg-a/e , c’est-à-dire semblable à Furrne épaisse et trouble des bœufs, paraît dans les fièvres ou maladies aigues, elle annonce toujours des maux de tête. Si le pouls est en même temps petit et faible; si le malade a delà tendance au. sommeil,. et ala.tête pe’sante , prédites des- affections .so{iore,uses , ; et sur-tout une' léthargie imminente. Au contraire, sLavec une telle urine, l’insomniè, la céphalalgiey la^oif, d’aridité de la langue, la chaleur d’êntrailles et autres symptômes semblables existent',' tout annonce ou. le délire , ou. les convulsions, ou d’autres maladies- ï}.er.véuses très-prochaines. De même que l’urine jumenteuse est d’un mauvais. .augure dans les maladies aiguës, de même elle est d’un hVùréux présage dans plusieurs .atïëotjtQps chroniques , telles que le rhumatisme , l’arthrilis; etc. (3). »

(1) Uririfi alba, valut jumentorum , capitis dolorem ,etc. Coacar.

Prænot. , p. 435. '

(2) lipidem, , lih.yii , sect. 11, p. 364- ' .

(3) Balglivi, Opéra omnia , ïï\>, 1, p. j4oi'

71. Quibus îfiorbi septimâ die judicantur^ ii nubeculam urina die quartâ continet, et cœtera secundùm ràtionem. (§ xvi.)

Urina quœ quarto die subrubram nubeculam ' capît y septimo die libérât , dùm reliqua pro ratione habeant (i).

Galien dit qu’il n'a jamais vu , dans un autre jour que le quatre , un tel nuage annoncer une crise pour le sept. J’ai' également' rèmarqué que plus' la coulèur'est rouge , plus la fièvre est forte, ou que ce mode de 'coloration appartenait à l’extrême violence du mal; Si le phénomène dont on parle paraît à la même époque dans les maladies du thorax, trois jours plus tard des crachats seront le produit d’une coction parfaite; ils seront blanc’s', lisses et homogènes. Pour tes affections abdominalés , ^cètte urine aVeb ntibécüle ' rouge apëf^ue' le"tjüatfi'èïtiè "jbur, permettra d’attehdre’des selles pour le septièiné j térhps aussi où les sueurs , les hémorrhagies , lé flux 'd’ürihes jugeront les fièvres inflammatoires et les ihüquetisès.

Cependant, le nuage rougè n’est pas 'suffisant pour faire concevoir de si flatteuses espérances. Il est encore nécessaire ■qû’ii se feneontre d’autres éircohstances favorables, et cceîem'pro rationè. hxdye'ant. En- effet., si la couleur rouge est dun hon augure , ce n’est qU’au-tant que les forces se s'oulieiinent et qu’elles résistent au mal que nous savons être des plus violens dans ce cas En effet, le prognostic serait fort incertain, si le'quatre, àl’ap' parilion du nuage rouge, l’épuisement était très-remai'quable; ily- aurait encore trois jours à attendre , èt il serait fort à redouter que le malade ne succombât. Donc , il

(1) Hipp. , Ceacar. Prœnot. , soct. m, p. 4^4*

a-ya APHORISMES D HIPPOCRATE,

faut qu’avec l’apparition de ce signe offert par les urines, la constitution soit bien conservée , que les accidens fléchissent ou mollissent , afin que Von puisse toucher au terme, et supporter les évacuations quelconques qui ne peuvent manquer d’avoir lieu.

72. Quibus urince pellucidœ , albœy malce. Maocimè autem in phreniticis observantur. (§xvi.)

Alba verh ejfusa et perspîcua urina maîa est, prœci~ puè in phreniticis appürens (i).

Urina dilata atque alba vitiosa est, sed in phreniticis maximè (2).

Avec de telles urines, le danger est grand s’il y a prostration des forces 5 dans le cas où celles-ci sont reconnues comme se soutenant bien, croyons, avecMercurialis, seulement à la longueur de la maladie , qui laisse encore espérer une terminaison heureuse. Quant aux phrénétiques , on ne voit que trop souvent se confirmer l’observation de Galien , qui nous dit : Nullum enim vidi phreniticum, in quo talis urina apparuisset, salvatum.

*7 5. Quibus hjpochondria elevata sunt murmurantia y dolore lumborum superveniente y his alvi humectantur : nisi jlatus eruperint , aut urince copia prodierit. In febribus autem hœc. (§xyn.)

Tn prœcordiorum dolore cum aliquo murmure , succédons lumborum dolor in febribus , aluos plerùmque hu-

(1) Coacar. Prœnot. , sect. 111 , p. 434*

(2) Gels., lib. 11 , cap. 1, sect. 111, p. 5o.

SÉCTiON iv, APH. 72, .7S, 74.

mèctàt , nisi Jlatus eruperît , aut urinœ copia proûie-^ rit(i).

Souvent on observe des fièvres bilieuses ou putrides , durant lesquelles plusieurs jours se passent sans évacuations ; mais aux époques critiques , si le ventre se distend et devient pâteux au toucher; si des gargouillemens se font entendre , et des coliques se font sentir; enfin, si des vents un peu fétides sont rendus , le pouls étant plein , et intermittent parfois , les praticiens ne se trompent pas ; ils prévoient des évacuations alvines très-prochaines.

, 74. Quibus spes est ahscessum fore ad articulas , eos abscessu libérât uriha multay et crtissa, et alba reddita, qualis in febribus cum lassitudine y quartâ die quibusdani Jlêri incipit. Si çerb etiam ea: narihus sanguis eruperity brevi admodùm solvit, (§ xvi.)

La fièvre avec lassitude est ce que Hippocrate appelle MiraS'iiç , febris lassitudinaria des Latins. La lassitude est manifeste ou a une cause connue, si elle est Vetfet de travaux et d’exercices immodérés , ou si elle est produite parles violens symptômes de la maladie, comme dans les fièvres ardentes, dans celles qu’on nomme ataxiques ou malignes, enfin lors de l’inflammation de quelqu’organe fort important , tel que le poumon , le cœur, le foie , etc. Elfe est spontanée, quand sa cause interne ou externe n’est pas connue. Silène nous offre un exemple de la première espèce de lassitude : Ex lassitudinibus, potationïbus , et exercifationibus intempes-

(1) Hipp. , Coacar^^rcenot, , sect. n, p. 4^6.

3,74 APHORISMES d’hIPPOCRATE ,

iivis, îgnîs corripuit ilium {^ï). La seconde espèce, lassî<‘ tudo ttûlôfturiis , spontanea , présage une maladie pr(% chaîne, selon la remarque d'Hippocrate (2).

Urina crassa , alba, qualis archigeni Jamiliaris erat, în lassitudinosis febribus quartâ die aliquando prodit, et libérât abscessu. Si verh ultrà hoc , etiam sanguis è naribus eruperit , etiam ualdè (3).

uibscessus circà aurem , quibus circà judicationem fientes non suppurantur, his submotis récidiva fit juxtà recidivarum rationem , similis circuitui. In his spes est ad articulas abscessum fierij aut urina crassa, qualis est alba in quartanis delassatoriis , libérât abscessu. Quibusdam verà horum sanguinis è naribus eruptiones fiunt (4). Le pissement de sang peut amener un tel résultat (5).

75. Si guis sanguinem , aut pus mingat , renum aut vesicce exulcerationem significat. (§ X.)

Des pissemens de sang peuvent avoir lieu sans uVcération des reins ou de la vessie ; c’est ce que prouvent les hématuries actives et passives , les hémorrhagies de cette nature non dépendantes de blessures , de dilacérations produites par des corps étrangers. Sans doute la présence du pus indique une ulcération ; mais elle se rencontre touiourS avec de la fièvre et de l’amaigrisse-

(1) Epidetn. , lib. 1 , sect. in , œgrot. i;.

(2) Lassitudines Spontanées morbos preenuntiant. Sect. ii, aj>h. 5. Rodrigues de Castro, Qiiœ eoc qy.ibus, lib. i , cap. xxn, p. fyj.

(5) Lib. de Eumorib. ad calcenu Rpidem. , lib. vi, çect. iy.

(4) De Judication., p. 383.

(5) At sanguinem mingere, tard quidem, et sine fehre, ac dolore, nihil mali significM > ied. lassitudinum saluda fit. Prsedictioüa. , lib. u „ p.4ta.

SECTION IV, APH. 75. ià'jS

ment , et est consécutive à une phlegmasie antécédente dont les signes ont été évidens. Ne confondons point des mucosités avec du pus : les premières peuvent couler abondamment et sans fièvre pendant long-temps. Dans ce cas, rémission des urines est toujours douloureuse, et la vessie n’est point ulcérée. Je soigne un malade qui n’a pas de fièvre; il souffre beaucoup de la vessie; lès urines, qu’il rend avec chaleur et cuisson, tiennent en suspension une quantité des plus considérables d’un mucus blanc qui se concrète au fond du vase , où il prend la forme et la consistance d’une fausse membrane. La portion de cette couche contiguë au pot-de-chambre , est lisse, homogène dans toutes ses parties; la sùrface couverte par l’urine, office des flocons albuminenx qui' s’élèvent et s'agitent en tout sens au moindre mouvement du liquide. S’il s’agiîîsait de pus, cette surface serait égale; la couche d’urine qui la recouvre immédiatement serait limpide , et la moindre inclinaison du vase ramasserait vers un seul point ce pus, lequel se mêlerait aussitôt avec ce liquide.

Afin de mieux démontrer la vérité de cette sentence , Houllier parle d’une femme qui, pendant quatre mois, ne cessa d’uriner du pus quelquefois mêlé avec du sang. Cette malade mourut. A l’ouverture de son cadavre, les; voies urinaires furent trouvées parfaitement saines. Houllier dit que le coeur contenait deux calculs , et qn'il a trouvé plusieurs abcès dont le pus sortait de la vessie, avec les ürines, et causait de la douleur dans les reins, lorsqu’il était sécrété. Admette cette explication qui voudra ; je croirai toujours que cette malade n’urinait pas de pus, mais qu’elle rendait un mucus qui avait sa source dans la membrane muqueuse de la vessie même.

2>]6 aphorismes d^hippocrate ,

']6. Quibus in urina crassd existente ^ caruji* culœ parvœ i autveluti pili unà exeunt, his de renibus excernuntur. (Sx.)

Rien n’est plus équivoque que la forme et le volume de ces caroncules, présentés comme propre» à fixer le diagnostic d’une maladie du rein , qui n’a été annoncée par aucune souffrance antérieure. Par caroncules , on doit entendre des débris de substance qui ne peuvent exister seuls et sans suppuration. Ces corps ne consistent-ils pas plutôt en un mucus concret , susceptible de se figurer diversement à mesure qu’il est sécrété et excrété? Quand il n’y a aucun soupçon d’affection rénale , ils sont insignifians ; d’autant plus que les rhumatisans ou les arthritiques peuvent en rendre de semblables.

Qiiibuscunque autem in urinâ crassâ existente , caninculœ paruœ capüliformes simul prodeunt, eas à renibus prodire nosse opportet, et ab arthriticis (i).

77. Quibus in urinâ crassâ existente y furfuracea simul mingunturj, iis vesica scabie laborat. (Sx.)

Je ne crois pas plus à' la vérité de ce diagnostic qu’à celle du précédent. Je ne vois , dans ces parcelles furfuracées , que des mucosités concrètes qui nagent et flottent sans ordre au milieu des urines. D’ailleurs , la gale, qu’on suppose affecter la membrane interne de la vessie , ne se comporte pas de la même manière que sur

(1) Hipp., de Nat, homin., p. 27.

le tissu cutané , et ne donne pas ces petites exfoliations qu’on puisse comparer à celles dé'i’épiderme. S’il y a ulcération, il doit nécessairement se trouver du pus avep les urines ; et , dans tous les cas , il est impossible que les malades ne ressentent pas des douleurs vives dont il n'est point parlé dans l’aphorisme.

Quitus verà pura urina est, et aliàs atque aliàs JurJures în urinâ innatant , horum veaica scabiosa existit (i).

78. Qui sponte sanguinem mingunty his à renihus venæ ruptionem signijicat (pi). (§ x.)

Je ne tiens pas encore pour bien indiquée la source de cette hémorrhagie , qui peut provenir des artères capillaires propres à la membrane muqueuse de la vessie , de la même manière que nous observons ce suintement des surfaces pneumo-gastrique et intestinale.

7g. Quibus in urinâ arenosa suhsident, illis^ vesica calcula laborat. (§ x. )

Je m’abstiendrai de toute remarque sur cet aphorisme, positivement démenti par Hippocrate , en ces termes ; Vulgus autem medicorum , qubd nan intelligit morhum , uhi ridet arenam , putat i^esicam è calculo laborare. Jtl non vesica , sed ren lapide laborat (3). Il est certaîïi que ce sable descend des reins , qui né contiennent pas toUrjours des pierres ou des calculs proprement dits.

80. Si quis sanguinem mingat, et grumos, et urince stillicidium habeat, et dùlor incidat ad

(0 Hipp. , de Nat. homin- , p. 27.

(2) Ibid. Ibid. ibid.

(3) De intern. Affection. , p. ao3.

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