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Il est impossible de bien comprendre cet aphorisme et de le traduire correctement, si l’on ne consulte le texte dont il est emprunté, à la fin du livre de liqui-* dorum usu, ob. il est question des fomentations chaudes et des, circonstances dans lesquelles elles sont utiles et avantageuses.
(0 ne Morb., lib. lii.
(2) Medical inquùy and observât. , t. vi.
5o6 aphorismes h’hippocrate ,
Calida suppuraioria est, non in omni ulcéré, maximum signum ad securitatem , cutem mollit, atténuai ; dolorem eximit; rigores , convulsiones antè , ac retrà distensiones lenit; capitis gravitatem sohit; plurimùm autem conducit ossium fracturis -, magis autem denudatis , et ex his maximè his, qüî in capiie ulcéra habent, et quœcunque prœ frigore aut moriuntur aut ulcerantur : itemque in ulcerationibus uoluntariis , ac involontariis qualia sunt desquamata : herpetibùs serpendo adedentibus , denigratis, aut in gengivis, aut in aure, aut in sede, aut utero'.
25. In his autem f rigide uti oportet, undè sanguis erumpit, aut erupturus est : non super ipsuy sed circàhœc y undè JLuit. Et quœcunqué infLammationes y aut fiammei ardores ad rubrum et sanguineum colorem vergentesndvo sanguine y super ipsos : nam inveteratos nigrefacit : erysipelas etiam non eæulceratum (juvat) : quoniam exulceratum lœdit. (§ xx.)
Les lotions froides sont d’un usage journalier pour mettre un termê à des hémorrhagies rebelles ; employées sur le front et la face , à la nuque et au dos , elles font cesser l’épistaxis ; l’immersion des mains dans l’eau fraîche produit le même effet. Des compresses épaisses , imbibées d’oxycrat , placées sur les lombes , le ventre Ç)u le pli des aînés, suspendent la ménorrhagie. Dans ce dernier cas , Michelotti ayant inutilement épuisé toutes ses ressources, ne réussit au milieu de l’été qu’en couvrant de glace les genoux et les cuisses (i). Lorsqu’une partie est enflammée ou très-rouge , avec ^rdeur qui fait
(i) EphemgT, natur. curiot, , t. iii, p. 207. ,
SECTION V, APH. 23, 24. So-J
craindre une turgescence inflammatoire , Hippocrate recommande l’üsage du froid , avec la condition expresse que la partie ne soit pas douloureuse. Ce moyen fait avorter les phlegmasies commençantes', dissipe la chaleur qui les précède et les accompagne ; mais il hâte la suppiuration ou provoque la gangrène, quand on femploie lorsque les douleurs qui se font sentir annoncent que le mal a déjà fait de grands progrès.
24 . Frigida, velia nîæ y glacies, pectori inimicay tusses movent y sanguinis eruptioneSy ac catarrhos inducunt. • (§ xx.)
Frigidum valdè,- venas rumpît , et tussim mov'et,.velut nix , glacies : et constringit, velut santeminentiæohlohgoÈ y et rotundœ {i),
Houllier pense qu’Hippocrate a fait allusion aux Scythes et à d’autres peuples que la nécessité forçait de n’user que des eaux de neige ou de glace fondues 5 que c’est pour cette raisqn que ces individus étaient catarrheüx,et avaient des goitres. Cette sentence est d’une application plus générale , puisque nous voyons dans nos climats combien la poitrine souffre chez les- femmes assez imprudentes pour s’exposer à fimpfession d’un air froid, avec le haut des bras à découvert ou peu garanti ; chez les personnes qui boivent à la glace lorsqu’elles sont très -échauffées, qui exposent leur poitrine baignée de sueur au courant d’un air frais , ou qui s’épongent à froid tout le corps. M. Petit , vétérinaire d’Ardes , raconte que l’eau de trois ou quatre sources de la montagne du Paillasson, en Auvergne, est si froide, malgré l’exposition méridionale , que les vachers qui , durant les grandes
{x) Epideni.f lib. yi , sect. iii.
3oS APHORISMES d’hipPOCRATE ,
chaleurs , ont l’imprudence d’y tremper les mains , saignent du nez sur le champ en abondance, jusqu’à ce que ces parties aient recouvré le même degré de chaud qu’avant l’immersion (i).
a5. T'umores autem in articulis et dolores absque ulcéré 3 et podagricos 3 et convulsiones f horum plurima3 frigida multa ajfusa3 et levât et atténuât 3 et dolorem solvit. Torpor enim modicus doloris solvendi vim habet. (*§ xx.)
Les afiFusions ou les douches froides sont très-propres à résoudre les anciennes tumeurs articulaires , lors même ^qu’elles sont encore douloureuses. Elles ont fait cesser des convulsions ; et , sur ce point , Hippocrate a transmis le fait suivant à la postérité : w Une femme bien portante et replète avait pris un médicament dans l’espoir de devenir grosse : son ventre se gonfla. Elle éprouva de si violentes coliques , qu’on la tint pour morte par cinq fois difterentes. On ne la rappela à elle qu’après lui avoir jeté sur le corps environ trente cruches d’eau froide (2). Cet accident provenait du remède avalé par cette femme ; et beaucoup de cas ‘d’hystérie peuvent céder au même moyen , employé d’une manière semblable.
Il serait possible que les répercussifs réfrigérans , appliqués de suite et avec succès contre les entorses , procurassent le même soulagement dans les cas d’inflammations blanches des grandes articulations, telle celle du genou. Mais il ne faudrait espérer qu’autant qu’on y aurait recours au début de la maladie ; car la première période étant parcourue , il n’y aurait que dangers à re-
(i) Lordat, Traité dei hémorrhagies, p. 167. (a) Epidein., lib. r.
SECTION V, APH. 25. 5og
douter. Les avantages seraient douteux si l’engorgement tenait du rhumatisme , et ils seraient nuis s’il provenait d’une suppression de règles , comme on l’observe chez les blanchisseuses, dont la plupart sont assez imprudentes pour mettre leurs jambes dans la rivière , lors du temps de leurs menstrues. Néanmoins , le froid est utile , appliqué par affusion ou par immersion , lorsque les maladies articulaires sont chroniques , et que les douleurs dépendent d’une atonie remarquable.
Bien que le froid engourdisse et dissipe la douleur, il ne la fait pas cesser sans retour à toutes les époques d’une tumeur articulaire j il ne suspend que la fluxion, qui n’est arrêtée que quand on persiste long-temps sur l’application du réfrigérant glacial. Aucune histoire ne prouve qu’Hippocrate ait employé contre l’arthritis , le froid , qu’il recommande expressément. -dfr/icn/am mor~ bus quùm tenuerii -, corripit calor, et dolor carporis articulas. Corripit autem acutuS) et in alium atque alium articulum dolores inoumhunt tùm acutiores, tùm molliores. Hinc conducit adhibere, quâ parle dolor hœret , foigefactoria[i). J’ai sans doute une grande déférence pour tous les préceptes - pratiques d’Hippocrate, mais je n’oserai en faire mon profit , avant d’être complètement éclairé par l’expérience. Deux observations de Houllier sont trop imparfaites pour me fixer. Ce savant commentateur a connu deux arthritiques : dès l’invasion de la douleur, l’un plongeait peu à peu son pied dans de l’eau de neige ; l’autre le mettait brusquement dans l’eau ordinaire trèsrfroide : chacun engourdissait et calmait la douleur. Le premier, d’une assez forte eonstitution , corrigeait la stupeur laissée par le froid , en frictionnant la partie avec l’huile de pétrole , et en l’enveloppant de laine grasse. Le
(i) Lib. de .4Jfection.f.T^. n» Soi.
5lO APHORISMES h’hiPPOCRATE ,
second, qui était maigre, l’entourait d’un cataplasme préparé avec les fleurs de camomille. Houllier a soin d’ajouter, sans rien dire de plus sur le sort de ces malades , que si quelqu’arthritique ou goutteux est tenté de se soulager à l’aide de l’eau froide , il ne lui faudra pas négliger les fomentation^ chaudes, immédiatement après son emploi. Il faut lire, dans Schenck, les histoires de quelques résultats déplorables d’un pareil traitement , pour y renoncer à jamais (i).
On ne peut donc raisonnablement attacher d’importance à ce que dit Van-der-Heyden. Ce médecin assurç que , par suite d’une longue immersion des pieds dans l’eau froide , le gonflement , la rougeur et la douleur disparaissent, et qu’il faut réitérer le. bain tous les jours , afin d’éviter les récrudescences. Citera-t-on plus immédiatement la goutte?Il est vrai que C. Auguste, souffrant depuis long-temps , ayant épuisé toutes les ressources de la médecine et réduit au désespoir, dut sa guérison à des affusions froides. Il est probable que Musa n’a réussi que parce qu’il s’agissait d’une goutté ou d’un arthritis atonique. Ce médecin , fier de son succès,, dont il ne calcula pasles circonstances , traita dè même Marcellus^ atteint de la goutte ; mais il le tua. Je -conclus que cet aphorisme ne peut être appliqué à la pratique qu’avec une extrême circonspection.
n6. Aqua quœ cito calefïty et cita icejri^era~ tur, levissima. (§ xx.)
Cette eau est la meilleure à boire. ,