Puer non laborat podagrâ^ ante veneris usum. (§ V
J’ai connu ( Brassavole , dans son commentaire sur cet aphorisme) l’illustre Claude Rangoni , qui était goutteux , ainsi que le magnifique Alphonse Tassoni , âgé de quinze ans. J’ignore si , auparavant, ils ont eu commerce avec les femmes ; mais le second , que j’ai interrogé quelquefois, m’a affirmé qu’il n’avait jamais joui des plaisirs de Vénus. Paschal a aussi rencontré ce que n’ont jamais observé Hippocrate ni Galien. Un enfant de sept à huit ans , nommé Vallesio , non seulement goutteux , mais encore arthritique , le printemps et l’automne. Cette maladie ne lui était pas héréditaire , et il était assez bilieux (2). Houllier l’a observée sur des enfans de dix ans , sans doute parce qu’ils la tenaient de leurs parens , ou que le climat de France diffère de celui de Cos.
31. Oculorum dolores meri potus ^ aut balneuniy aut fomentum ^ autvenœ sectioj aut purgatio solvit. (§vn.)
Les douleurs des yeux diffèrent par leur nature et par leurs causes ; aussi plusieurs moyens opposés peu-
(ï) Lib. T, epist. xcv.
(2) Paschalius, Méthode curant^., lib, i , cap. xrx.
SECTION VI, APH. 5o , 3l, 32. 375
vent-ils les calmer. S’il s’agit d’une atonie locale ou constitutionnelle , les fortifians , les cordiaux , les analeptiques sont des spécifiques. Les bains sont utiles toutes les fois que le spasme ou une irritation nerveuse constituent essentiellement la maladie. Les fomentations peuvent être émollientes du adoucissantes, excitantes ou débilitantes, astringentes, aqueuses ou spiritueuses. Lors d’une ophthalmie inflammatoire, la saignée générale , pratiquée au bras ou au pied , est d’un grand secours ; il faut préférer une large ouverture de la veine jugulaire, quand il existe. en même temps une violente céphalalgie. Les saignées locales ne doivent être que supplémentaires sur les tempes ; mais les ventouses scarifiées à la nuque, sont constamment suivies d’un meilleur effet. L’aphorisme 1 7 de cette section nous a prévenu des avantages de la liberté du ventre dans le cours de cette maladie douloureuse des yeux : ils sont sur-tout évidens quand les souffrances sont symptomatiques d’un embarras des premières voies. Les évacuans émétiques et purgatifs font presque toujours cesser les accidens , et rétablissent la santé.
32. Balbi ab ali^i projluvio maocime corn piuntur loriQO . (§ix.)
Cet aphorisme n’est point applicable aux personnes dont le bégayement ou l’hésitation proviennent d’un vice de conformation. Il l’est tout au plus à ceux auxquels l’embarras de la langue serait l’effet d’une grande faiblesse; car dans l’apoplexie imminente ou déclarée, le ventre n’a souvent pas de tendance.à devenir libre ; et le médecin sollicite plus d’une fois inutilement des évacuations alvines.
APHORISJVtES d’hipPOCRATE ,
53. Acidum ructantes non admodum pTeuri-* tjicifiunt. (§VHi.)
Les personnes qui ont des rapports acides sont naturellement faibles , et peu exposées aux inflarauiaüons de la poitrine.
34. Qui çalvi suntj his varices magni non jiunt.. Quihus veroj dum sunt calviy supervemunt varices, hi rursùs capillati fiunt. (§ xn.
Les personnes dont la tête est totalement dégarnie de ç}reveux, sont chauves ou atteintes de calvitie ; elles restent telles toute la vie , quel que soit le volume des, varices qui surviennent. Il est à présumer qu’Hippocrato a voulu parler de la cause qui fait tomber les cheveux et les poils , des teignes , des ulcères herpétiques ou dartreux , et de leur transport ailleurs avant la destruction des bulbes. S’il en est ainsi, selon cette interprétation galénique , l’aphorisme cesse d’être obscur et ininteUigible.