‹ Hippocrate par lui-même, ou Commentaires sur les Aphorismes, d'après les écrits vrais et supposés d'HippocrateChapitre 66 sur 103 · Lienosis djsenteria superveniens^ honum · texte numérisé non relu

Lienosis djsenteria superveniens^ honum

( § vin . )

Voyez aphorisme 43 de cette section. '

La dysenterie qui survient aux personnes affectées de la rate , n’est bonne qu’autant qu’on voit promptement disparaître le sang dans les évacuations alvines , et qu’il se fait en même temps un dégorgement salutaire de l’organe malade. S’il en est ainsi , le médecin peut utilement provoquer un flux hémorrhoïdal modéré, et atteindre le même but. Les évacuations naturelles ou artificielles exposent à de fâcheux résultats, quand elles sont excessives.

49. Qui podagrici morbi fiunty hiy sedatd imflammatione , in quadraginta diehus decedunt. (§v.)

Hippocrate a-t-il prétendu que les maladies goutteuses se dissipent quarante jours après que l’inflammation a cessé, ou dans le même espace de temps, lorsqu’elles sont libres d’inflammation? Cette seconde version semble être la meilleure , parce qu’elle est celle d’un autre texte ainsi conçu : Quicuntjiue morbi podagrici Jiunt , hi in

5go APHORISMES d’hippocrate ,

quadraginta diehus ab injlammatione liheri sedan1ur[^) ^ et parce que beaucoup d’accès ne sont pas inflammatoires. En considérant l’accès goutteux abandonné à lui-même , et nullement soumis aux soins du médecin, son invasion est précédée de symptômes avant-coureurs, dont la durée cTexistence est plus ou moins prolongée, et ne compte pas pour la maladie elle -même. En effet, celle-ci n’est réelle et évidente /que par l’engorgement des articulations. Cette phlegmasie, portée tantôt sur un point tantôt sur un aube, serait donc admise par Hippocrate, comme ayant un cours de quarante jours. Nous savons tous qu’il n’est pas besoin d’un espace de temps aussi long , après la disparition d’un engorgeibent inflammatoire, pour que les malades recouvrent leur première santé. Néanmoins , on ne doit pas disconvenir que quarante jours écoulés sans aucune espèce d’atteinte goutteuse , après l’inflammation dissipée , sont la garantie d’une parfaite guérison. Nous ne sommes pas éloignés d’admettre qu’Hipppcrate a voulu exprimer celte idée.

Quel que soit son mode d’interprétation, la sentence n’est pas absolue. Il est des accès de goutte qui sont d’une très-courte durée ; d’autres en ont une très-longue; et cette maladie est quelquefois habituelle. S’il est d’observation qu’elle se juge parfaitement en quarante jours, il n’est pas rare de la voir se prolonger, trois, quatre, six mois, même un an : et beaucoup d’individus ne cessent d’en être tourmentés. Quicunque (podagrici) aut senes sunt , aut circà articulas callos tophaceos concretos habent , aut œrurtiîiè vivant, ac siccam alvwn habent , hi omnes sani Jieri non passant humanâ arte, quantùm ego novi. Sanant quidem hos optimè dy-

(0 De Judication,, p. 38a.

si;cTiON VI, APH, 5o. Sgt

sentence , si successerint, Sed et aliœ eliquatienes valdb prosunt, quœ ad injernos locos repunt. Qui verb jmenis est et circà articulas nondùm tôphaceos callos concretos habet , et accuratè vivit, et lahoris amans est, et alvuin honam habet ad obediendum pro studiorum ratione , hic sanè medicum intelligentiam habentem nactus , sanus fieri poterit (i).

Conformément au second texte, il est possible de conclure que les maladies goutteuses, non inflammatoires, se terminent en quarante jours; ou, selon le second sens présumé admissible , que tout accès goutteux est complètement terminé quand, l’inflammation étant calmée, quarante jours se sont écoulés sans aucune atteinte de souffrance aux articulations.

5o. Quibus perscissum fuerit cerehrum , his necesse est fehrem et bilis vomitun^ superv entre, (§xn.)

Ces deux accidens, la fièvre et le vomissement bilieux, ne surviennent que dans les ca^ où les plaies de l’encéphale sont accompagnées d^une forte commotion ; sinon, on n’observe aucun de ces désordres. Quand ils ont lieu à la suite d’un ébranlement violent , il est à craindre qu’il ne s’y joigne la paralysie de quelque partie du corps , selon la remarque d’Hippocrate conforme avec l’expérience. Quibus cerebrum vulneratur, febris plerùmque, aut bilis comitus accidit , et corporis syderatio, atque taies perniciosè habent{%). Ces accidens ne sont donc pas inséparables de la blessure, puisque l’on trouve ici le mot plerùmque , pour l’ordinaire ou le plus souvent.

(i) Prœdiction, , lib. u-, sect. i, p. 4^^- (a) Coacar. Prcenot, , sect. iii , p.43a.

59a APHORISMES d’hippOCRATE ,

Ces plaies , avec une telle complication, sont réputéesmortelles dans un autre endroit des ouvrages de l’oracle.

Si i-'erd saticiaium fuerit (cerebrum) ,J'ebrem necesse est supen>enire , et hîlis vomitum, et ali^uam corporis partem syderatam Jieri , ac perire (y).

5i. Çuibus sani âolores derepentè jiunt in . capite, et statim muti fiunt , ac stertunt , in septem diehus pereunt^ nisi fehris appréhendent. (§vi.)

Pour que la fièvre soit salutaire, il faut qu’elle survienne en même temps que l’attaque apoplectique; plus tard, elle est sans avantage, comme nous l’avons déjà démontré, conformément à la doctrine hippocratique (2). C’est dans ce sens qu’il faut interpréter l’aphorisme, et ce passage auquel il est intimement lié : Sanum derepentè iiu>adit dolor circà caput, et statim vox intercipitur^ et stertit , et os hiat , et si guis ipsum vocet aut nioreat , solàm suspirat, nihil 'autem intelligit , et multùm mingit et mingere se non sentit. Hic si non febris ipsum corripiat , in septem diebus moritur(2>).

62. Considerare perd etiam oportet oculorum. , subtils apparentia in somnis. Si enim albi quid, palpebris non commissis, subtùs appareat, idque non eæ alvi projluvio sit, aut eæ potione purgante, pruvum signum, et valdè lethale. (§ xiii.)

Voyea Prognostics, lib. i, n® i4.

(1) De Morb. , lib. 1 , p. i3ÿ, n® 3.

(2) Aph. 5, sect. y.

(3) De Morb. , lib. ii, sect. 1 , p. i5g , n» 01.

SICTION VI, APH. 5i à 56.

53. Deliria^ cum risu quidem a&cidentia , securiora : cum studio vero y periculosiora.

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