‹ Hippocrate par lui-même, ou Commentaires sur les Aphorismes, d'après les écrits vrais et supposés d'HippocrateChapitre 67 sur 103 · XIII · texte numérisé non relu

XIII

Dans le premier cas , les malades conservent encore une certaine présence d’esprit , et ne refusent rien de ce qui peut concourir à leur rétablissement. Mais celte espèce de délire n’est point à confondre avec lé rire sardonique , qui qonsiste en une sorte de spasme des lèvres et des joues, nullement à craindre lors d’une affection hystérique , et fort dangereux chez les malades pris de fièvre maligne (ataxique), ou d’inflammation du diaphragme. Ce rire sardonique fut observé chez Silène et chez Tychon , qui moururent , Vun d’une phlegmasie , l’autre d’une plaie du diaphragme (i). Dans le second cas , le délire sérieux est interrompu par des mouvemens d’audace et de fureur 5 les malades , qui ne reposent ni la nuit ni le jour, se refusent à prendre toute espèce de remède 5 si on ne les surveille, ils tentent de s’échapper, etc.

54- In acutis affectionihus quce cum fehre sunt y luctuosœ respirationes , malœ. (§ xiii.)

Voyez aphorisme 68 , quatrième section.

55. Podagrici morhiy vere et autumno, moventur ut pLurimîim. ( § i. )

56; Morhis melancholicis ad hœc periculosi sunt humorum decubitus y^aut corporis sjdera-

(1) JEpidem.jWh, 1, sect.m, segrot.n. — Epidem., lib. T,p. 34®.

394 APHOmSMES d’iiippocratk ,

tionem y aut convulsionem y aut insaniam y aut

cœcitatem signijicant. ( § vi. )

Par paralysie du corps , énoncée dans l’aphorisme , on doit entendre la diminution progressive du sentiment et du mouvement en général , ou d'une seule partie. Dans les mélancolies prolongées , la faiblesse musculaire , la difficulté toujours croissante de marcher et d’agir, les hémiplégies , les paraplégies , c’est-à-dire la paralysie des moitiés longitudinale ou traversale du corps s’observent ; l’altération des facultés intellectuelles , les convulsions ou le tremblement des membres , se succèdent aussi d’une manière effrayante. Nous avons rencontré une apoplexie bornée aux yeux , chez un malade qui perdit tout à coup la vue, et la recouvra à la suite de son ^ traitement. Deux ans plus tard, le même homme, d’une constitution apoplectique , fut subitement pris d’un épistaxis foudroyant qui céda aux saignées et au premier régime prescrit lors de la cécité. Six mois n’étaient pas écoulés qu’il survint une hématurie très-inquiétante , à laquelle j’opposai avec succès le même traitement que je me dispense de détailler. Je dois faire remarquer que le malade est mélancolique depuis long-temps, et qu’il donne un exemple frappant de decubitus humorum per ejfluxionem. J’ai lieu de soupçonner qu’il est calculeux maintenant.

N’est-il pas présumable que par ces mots , corpûris. $yderationem , Hippocrate a entendu parler de l’apoplexie cérébrale caractérisée par la privation subite de tout- mouvement volontaire, de l’exercice des sens et des fonctions intellectuelles, pour distinguer de cet état appelé ailleurs apoplexiê du bras, de la langue, de la cuisse ? Voyez seet. h , aph. 4^*

SECTION VI, APH. 67, 58, 69. SqS

57. Apoplectici autem fiunt maæimhy cetàte ah anno quadragesimo usque ad sexagesimum. (§vi.)

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