Si omentum exciderit , necesse est putrefierL (§xii
L’épiploon formant épiplocèle ou hernie épiploïque, ne se gangrène que quand il est étranglé. Si la sortie au-dehors est l’effet d’une plaie qui , revenue sur ellemême , le comprime , la mortification est inévitable lorsque la constriction est telle que la circulation se trouve tout à fait interceptée dans la partie en contact avec l’air extérieur. La plaie est-elle étendue, et ne cause- 1' elle pas d’étranglement, la portion d’épiploon sortie et non réduite, se gonfle et conserve la vie ; elle contracte , avec les côtés de la division des parois abdominales , des adhérences qui retardent beaucoup la guérison. Celle-ci étant opérée, il n’y a pas de hernie consécutive à craindre , parce que l’épiploon est un bouchon qui s’oppose à toute sortie ultérieure des intestins.
59. Quibus Cl diuturno coxendicis morbo vexatis coxa excidit y et rursùs incidit y his mucus innascitur, ( § v. )
La maladie coxale , morbus vel dolor coxarius, coxendicus , a son siège particulier sur l’ischion , sur l’os de la hanche ou sur l’aiticulation coxo-fémorale. Les Latins l’ont appelée encore passio ischiadica , coxagra , ischiagra.On nommeaussi iscialique,fscAias rtert'osa(Cotunn), une douleur qui, du bas des reins ou des lombes, s’étend sur le tour de la hanche, au gros de la fesse, entre
Sqô aphorismiîs d’hippocratiî ,
l’ischion et le grand trochanter; qui descend quelquefois le long de la partie postérieure de la cuisse, Jusqu’au creux du jarret et en dehors du genou , et qui se propage souvent dans le gros de la janabe , à la malléole externe et en dehors du pied , ou au talon et à la surface plantaire. Dans cet aphorisme , il n’est question que de la douleur ou delà névralgie coxale, coxalgie.
Abstraction de tout état scrofuleux ou rachitique , on ne doit considérer que la névralgie fixée sur l’articulation fémoro - coxale. De même que des rhumatismes devenus habituels le long de la colonne vertébrale, sur les endroits où les tendons glissent contre les os, au moyen d’une espèce de gaine synoviale , sont assez communément suivis de vastes dépôts qui se développent avec lenteur et se terminent difficilement ; de même, lorsqu’une affection semblable est en permanence sur les parties qui environnent , unissent et encroûtent les surfaces articulaires du fémur et de l’os des îles , on voit se former une espèce d’hydropisie , un hjdarthrus , dont les suites peuvent être fâcheuses. Hippocrate semble faire croire que le signe de cet épanchement ou d’un amas de mucosités dans l’intérieur de la cavité articulaire , est constaté par la facilité avec laquelle le fémur abandonne sa cavité et y rentre , chez les personnes qui souffrent depuis long- temps d’une douleur sur celte articulation.
Les chirurgiens instruits savent que , lors d’un épanchement synovial, le liquide ne fait pas descendre l’os et ne l’éloigne pas. du lieu qu’il occupe; mais, au contraire, que ce fluide s’insinue entre les surfaces articulaires , distend les capsules et les ligamens ; et que l’os n’abandonne sa cavité que quand , sur un point quelconque delà circonférence, tout moyen d’union est détruit, et le rebord osseux profondément carié. Le
SECTION Vl, APH. 6o.
plus ordinairement on ne remarque au -dehors aucun signe d’abcès , tant que le rapport des os se conserve. Une fois qu’ils n’existe plus , il est facile de reporter le membre dans sa direction naturelle; et, lorsqu’on l’abandônne, ou au moindre mouvement, il est entraîné dans la position vicieuse qu’il avait prise. Après un temps plus ou moins long d’un déplacement et d’un replacement aussi faciles, on voit au-dehors se mani~ ’ fester des signes d’un épanchement , d’un abcès : que le foyer s’ouvre spontanément, ou à l’aide du fer ou du feu, il s’en écoule un fluide séreux, glutineux, plus ou moins consistant, et mélangé de flocons celluleux, albuminèux, etc. ; et la sentence hippocratique se trouve confirmée.
Quibus à diuturno coæendicis morho çexatis coæa excidity his crus tabescit, et claudicant, nisi usti fuerint. (§ v.)
?■ Dans la coxalgie chronique, si on n’applique le' feu autour de l’articulation ilio-fémorale , la cuisse se luxe , et perd de son volume. Durant la période d’irritation, il faut traiter cette maladie à l’aide du repos le plus absolu , prolongé pendant deux , trois’ mois et plus , s’il est nécessaire, en même temps qu’on pose des sangsues ou des ventouses scarifiées sur l’endroit douloureux, et qu’on le l’ecouvre de topiques émolliens. Il est également utile d’entretenir la liberté du ventre,, et même de purger. Lorsque , nonobstant toutes ces précautions , la douleur persiste , il n’y a plus de ressource que dans la cautérisation : il devient indispensable d’attaquer la,, peau avec le moxa ou le fer incandescent. Telle est la pratique recommandée par Hippo-
5g8 APHORISMES b’hIPPOCRATE ,
crate (i). M. le professeur Boyer préféré le vésicatoire, qu’il laisse en place pendant vingt-quatre heures, qu’il panse ensuite avec le cérat. Après cinq ou six jours , l’irritation cutanée n’existant plus , un second vésicatoire est placé à côté du premier, et ainsi de suite autour de l’articulation , jusqu’à ce que le mal ait disparu. Quoique la douleuï ne se dissipe pas toujours aux premières applications , et ne se montre quelquefois que plus vive , il ne faut pas rejeter le moyen sur l’u-* sage duquel nous devons.au contrîiire insister. A la fin du traitement, quand il n’y a plus de souffrance, et lorsque tout annonce une guérison , les douches d’eau minérale , naturelle ou factice , promettent de grands avantages.
Il arrive trop souvent que, malgré les efforts les mieux dirigés d’un chirurgien expérimenté , le fémur reste dans sa cavité , que l’articulation est baignée de pus qui s’ouvre différentes issues à Iq surface cutanée , où l’on voit des ouvertures fistuleuses; enfin que la carie altère les surfaces osseuses contiguës. Quand il en est ainsi , il est fort à craindre que le malade ne succombe : quelquefois il résiste , guérit avec une ankylosé , et reste boiteux toute sa vie. .
D’autres fois, ,il se fait une luxation spontanée; la tête du fémur se porte en dehors dans la fosse iliaque externe , ou dans un autre sens. Ce déplacement peut être accompagné d’un abcès dont la guérison , fort in-
(i)... Ipsum uriio multis , ac profuniüs crustis imtstis , in osseis quidem pàrtibus per fungos , in carnosis autem per ferramenta. De inter« Affection., sect. iii , p. 21 5. Coxedicus morbus à pituitâ, no 56.
Quod si in uno aliquo loco firmiter constiterit dolor, neque medicamentis expellatur, quocunque loco dolor fortè extiterit , cum lino crnda inurito. Ibid.
SECTION VI, APH. 6o. Sgg
certaine, n’est -cependant pas désespérée; ou bien il existe sans suppuration manifeste. Le malade boiteux voit tout le membre luxé diminuer de volume, et même s’atrophier, sans qu’on puisse jamais le ramener à ses premières proportions. Ce n’est point ici le lieu de rechercher les causes d’un tel amaigrissement d’une partie dont les vaisseaux ne sont que déviés , et n’ont éprouvé aucune lésion. Il suffit du fait, que nous laissons à expliquer par les physiologistes (i).
fi) Quæcunque verb ossa non perfectè desîdent in suum locunif sed aliquid déficit, progressa temporis attenuatur coxa , et fémur, «t tibia. Hipp., de Fractur. ,sect. it, p. 45«, n» 17.
SUR LES
APHORISMES D’HIPPOCRATE