SEPTIÈME SECTION
DE LA mÉTAPTOSE.
Cette section se compose d’aphorismes la plupart tronqués, peu intelligibles; quëlques-uns même sont apocryphes : ce serait donc aV^ecpeine«t sans fruit qu’on tenterait de rapprocher ceux que l’on croirait avoir entre eux le plus de rapports. S’il s’en trouve qui soient dignes de fixer l’attention des praticiens , il suffira de les développer selon l’ordre dans lequel ils se présenteront. Pour l’instant , nous nous bornerons à faire connaîtrfe en peu de mots une espèce de conversion de maladie à laquelle on donne le nom de métaptose.
On peut définir ce changement , le passage d’une maladie donnée et fixée sur un point, en une autre dont le siège est le même ; une inflammation des tissus cutané et cellulaire , qui se termine par suppuration où par gangrène , constitue deux états differens ettrès-opposéS. Les fièvres , effet d’une irritation générale des gros vaisseaux ou des capillaires sanguins et lymphatiques , sont fréquemment suivies d’anasarque ou de leucophlegmatie, chez des sujets faibles et débiles , faciles à s’épuiser sous
SECTION Vîî.
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la violence des accidens. D’une part, la phlegmasië dé la peau et du tissu cellulaire n’existe plus ; il n’y a qu’un liquide purulent contenu dans un foyer dont les parois sont altérées. Cette disposition forme la seconde maladie, dont l’origine tient à celle qui a précédé , mais dont la ' nature diffère. L’inflammation -moins forte qui subsiste encore , n’est que symptomatique , puisqu’elle se terminé aussitôt après la rupture spontanée ou artificielle de l’ab- Cès. De l’autre part, l’anasarque et la leücophlègmatie ne sont nullement semblables à une fièvre , dite inflammatoire , angioténique , synoque simple, etc., puisqu’on observe un appareil de phénomènes absolument étrangers à ceux qui caractérisent ces genres ou espèces de pyrexie.
Dans le cas de vomique , il n’y a plus ni pleurésie ni péripneumonie dont le traitement n’est plus applicable. Il en est de même , relativement à l’hydrothorax , à l’hydropéricarde , àl’ascite , à tout épanchement séreux dans une cavité ; car leurs signes et leurs symptômes ne s’accordent point avec ceux propres à la phlegmasie qui a précédé. Quelquefois encore, la phthisie puhnonaire est la métaptose d’une péripneumonie traitée peu méthodiquement , ou mal }ugée. Dans beaucoup de cas , un abcès qui dégénère en ulcère fistuleux ; un engorgement articulaire qui laisse après lui une soudure des os ou une ànchylose , sont encore des exemples d’une conversion qu’il est impossible de confondre avec l’épigénèse ou la métastase.
En effet, et on ne saurait encore trop le répéter, l’épigénèse est une affection nouvelle jointe à une autre qui continue d’exister , dont la cause ni la nature luttant contre elle ne concourent en rien à cette addition. Ce n’est jamais qu’un second ennemi qui se réunit avec un premier, au grand détriment des malades. Telle on voit
4o2 aphorismes d’hippocrate ,
l’hydropysie du bas-ventre survenir à un engorgement qui ne diminue pas, concourir avec lui à la perle de l’individu , si la native et l’art ne procurent le retour à la santd. La métastase est le changement de siège d’une maladie , laquelle abandonne une partie et se transporte sur une autre, en sorte que celle affectée d’abord est soulagée , sinon guérie. Ici , deux maladies ne marchent pas simultanément;, on n’en aperçoit toujours qu’une, et les inconvéniens ne sont plus giaves qu’autant que l’organe, secondairement entrepris , est plus important à la conservation de la vie. C’est ce que prouvent l’érysipèle et tout exanthème cutané , ^ui disparaissent et sont aussitôt remplacés par une angine , une péripneumonie, une hépatite , etc. Quiconque est convaincu de la possibilité d’une métastase humorale, ne manque pas de faits pour appuyer l’idée qu’il conçoit d’un semblable mouvement de transmission.
Les bornes et l’objet de ces commentaires empêchent de parler à fond de ces trois modes de conversion des maladies. Il suffît de les avoir indiqués , puisque les aphorismes les rappellent à la mémoire. Un temps viendra peut-être où il sera possible de publier ce que nous avons déjà fait sur cet article de pathologie générale , d’après Rodrigue de Castro et notre savant docteur Lorry.