PARTAGÉES EN TÉTONS
IL faudrait^ Madame^ que j'eusse vu tous les pays du monde pour décider lesquels sont les plus favorables aux Tétons et je n'ai voyagé qu'en Suisse et en Allemagne. J'ai vu à Neufchâtel et à Berne d'aussi beaux Tétons qu'on en puisse voir^ très apprivoisés et qui^ dans le tête-à-tête^ se laissaient patiner autant qu'ils étaient patinables.
La Saxe est sans contredit un des endroits de l'Allemagne où les Tétons viennent le mieux. On trouve à Dresde et à Leip2;ig de simples grisettes à Tétons bien taillés^ blancs
et rebondis^ capables d'orner la taille de reines et de princesses. Le Sexe de Souabe est aussi apparemment bien pourvu de Tétons.
Je n'ai point été en Espagne mais les femmes n'y ont point de sein et n'en veulent point avoir^ si nous en croyons la comtesse d'A... Voici comment elle en parle : (( C'est une beauté pour les Dames espagnoles de n'avoir point de gorge et elles prennent de bonne heure des précautions pour l'empêcher de venir. Lorsque le sein commence à paraître elles mettent dessus des petites plaques de plomb et se bandent comme les enfants qu'on emmaillote. Il s'en faut peu qu'elles n'aient la gorge aussi unie qu'une feuille de papier^ à la réserve des trous que la maigreur y cause. »
Tous les connaisseurs qui ont voyagé observent que l'Angleterre est la mère nourrice des beaux Tétons. M. Le Pays^ écrivant de Londres à un de ses amis^ lui marque entre autres choses : « Ce que nous avons vu de plus qu'à Paris^ ce fut un grand nombre de fort belles femmes qui sont toutes copieusement partagées en Tétons. Comme c'est une marchandise qui est ici à grand marché et asse^ précieuse en France^ nous avions résolu d'en acheter un bon nombre et de vous les envoyer dans une barque^ tous attachés deux à deux avec du ruban couleur de feu, qui est ici, comme vous save2;, très beau et en très grande
abondance* Nous étions persuadés que cette marchandise vous plairait et que vous seriez bien aise d'en fournir à quantité de vos amies qui en ont bon besoin et qui les achèteraient volontiers* Mais comme les Commis des traites foraines ne laissent rien passer sans le visiter, nous avons changé de dessein, sachant fort bien que c'est une marchandise qui se gâte pour peu qu'on la visite et qu'ainsi elle aurait perdu toute sa beauté et tout son éclat quand elle serait entre vos mains* »
Dans une autre lettre qu'il écrit de la même ville à une Dame, il lui donne cette commission : « Dites à M"^^ de la L* G* que, si elle était en Angleterre, elle ne serait pas la reine des Tétons comme elle l'est à*** puisque les Dames de ce royaume en ont qui ne le cèdent point aux siens* La différence est qu'on patine les Tétons en Angleterre dès la première connaissance et sans grande cérémonie, alors qu'elle ne laisse pas seulement voir les siens après six mois de soins et de services* »
Voici encore un bel endroit d'une lettre de M* Pavillon à M^^ Pelissari sur le voyage de sa fille en Angleterre et l'impression que lui a produite la Cour :
Tout votre sexe à cheveux blonds, A teint de lis, à beau corsage.
Fait marcher devant son visage Une infinité de Tétons*
Il dit encore dans la même lettre :
« Nous mènerons M^^^ votre fiUe^ au premier jour^ à Windsor* C'est un lieu charmant où le bon roi Stuart tient maintenant cour plénière* Elle prétend lui demander une faveur^ qui est la réforme des Tétons dans toute Tétendue de son royaume suivant le modèle qu'elle lui en présentera elle-même* Vous saurez. Madame, qu'en tous ces quartiers, la plupart des Tétons, sous prétexte qu'ils sont blancs comme neige, n'ont point honte d'aller tout nus par les rues et, qui plus est, de se baiser hardiment à la vue de tout le monde, sans crainte de Dieu et des hommes* Les gens du pays tiennent que cette réforme sera facile à établir, parce que les Tétons de ce territoire étant de nature fort dociles, on peut aisément les réduire à en faire tout ce qu'on voudra* »
Avant que de passer à d'autres pays, Madame, je dois encore dire que j'ai vu dans des couvents toutes sortes de beaux Tétons* Il est vrai que ce n'est que la figure et non la forme que j'ai vue* J'y ai trouvé des Tétons naissants et des Tétons formés, où rien ne manquait que la permission de les voir à découvert et de sentir s'ils étaient durs* Ceci me remet dans l'esprit un sonnet pour une belle personne à qui les Tétons étaient venus depuis qu'elle était religieuse :
Ci-gisent les Tétons de la belle Sylvie* Pitoyable passant admire et plains leur sort^ Ils n'avaient pas du Ciel encor reçu la vie Qu'on les avait déjà destinés à la mort»
On ne consulta pas leur naturelle envie;
Leur courroux fait bien voir qu'on leur a fait grand tort
Puisqu'on les voit s'enfler contre la tyrannie
Qui les mit au tombeau par un barbare effort*
Mais ce qui te fera plaindre leur aventure C'est qu'on les tient vivants dans cette sépulture Comme étant convaincus d'un horrible forfait*
Tout leur crime pourtant n'est que d'avoir pu plaire* Pour moi, ne voyant pas quels maux ils avaient faits. Je crois qu'on les punit de ceux qu'ils pouvaient faire*
A Grats:, en Styrie, une infinité de femmes et de demoiselles ont des amants et en changent publiquement sans qu'on y trouve à redire, cependant elles sont très dévotes* Les femmes y ont un beau teint blanc, de gros Tétons, mais un peu trop massifs*
Plus au nord, les Polonaises méritent d'être remarquées* Elles ont la blancheur, mais aussi, dit-on, la froideur de la neige* Les femmes russes sont, au contraire, fort amoureuses, mais Tabus des bains de vapeur, ou plutôt ratmosphère chaude où elles vivent, rend bientôt mous et flasques tous leurs appas* Sous leurs chaudes pelisses, elles couvent d'ardentes passions, aussi les accuse-t-on de préférer toujours en amour le physique au moraL
Si des Européennes nous passons aux femmes de la race, ou plutôt de l'espèce nègre, nous leur trouverons généralement une disposition extrême à la lascivité et même une conformation particulière dans les organes sexuels*
Presque toutes ont, comme on sait, une gorge très volumineuse, mais ce qui, surtout, les distingue de la race blanche, c'est le prolongement naturel des nymphes et quelquefois du clitoris*
Les femmes cafres, les mieux constituées de toutes les négresses, ont un caractère plus ardent et plus viril ; les négresses mandingues, avec un sein plus tombant, une transpiration d'odeur porracée, paraissent cependant encore agréables dans leur première jeunesse. Leur peau est douce et soyeuse comme le satin. Mais elles déploient une lubricité et des passions inouïes dans nos climats; elles semblent porter dans leur sein enflammé tous les feux de rAfrique. Pour exciter davantage Tardeur de rhomme, les Égyptiennes coptes se frottent les parties sexuelles de parfums stimulants, comme d'ambre, de civette et de musc. Aussi un proverbe des Turcs dit : Prends une blanche pour les yeux; mais pour le plaisir prends une Égyptienne ou une négresse.
A la Nouvelle Hollande, la parure d'une belle Malaise consiste toute en sa peau étrangement bariolée de piqûres de toutes couleurs et c'est ce qu'on appelle tatouage. Elles se vêtissent de tissus de feuillages ou d'écorces légères qui ne dérobent point la vue de leurs charmes secrets* Elles n'ont point toujours la gorge pendante des négresses, celle-ci est
même assez petite dans les premiers temps de la puberté*
Ne pensons pas que les négresses soient toujours dépourvues de beauté; elles ont aussi leur prix* Considérons ces lèvres d^un rouge éclatant de corail sur un fond d'ébène soyeux, cette double rangée de perles brillantes, ces grands et beaux yeux pleins de feu, ce sein parfaitement placé et d'une agréable rotondité; admirons cette suavité des formes, cette voluptueuse flexibilité, ce balancement, cette souplesse dégagée de tous les mouvements*** et s'il m'était permis de peindre tant d'autres attraits qui ne sont ordinairement couverts, chez ces esclaves infortunées, que du voile de la simple innocence, à combien de femmes laides, quoique blanches, paraîtraient -elles préférables pour des yeux non prévenus?