‹ Hippocrate & Vénus [electronic resource]Chapitre 3 sur 35 · DU TEMPS DE LA GROSSESSE · texte numérisé non relu

DU TEMPS DE LA GROSSESSE

UELQUES-UNS, voulant rendre raison du

temps variable de la grossesse disent que

la femme n'a aucun terme fixe ou saison propre à concevoir* Et pourquoi n'a-t-elle saison propre, et l'homme aussi, à s'accointer? Parce qu'ils ne sont pas seulement stimulés de nature à la génération, mais le plus souvent pour volupté et plaisir charnel En quoi on

rend Thomme plus brutal et moins raisonnable que la bête* Ils ajoutent que Thomme est souvent cause de Taccélération et incertain terme d'enfanter^ quand il retourne à la femme grosse où il ne fait que gâter la besogne^ comme qui remuerait la terre après qu'elle est semée et que le grain commence à germer* Mais cela serait plutôt cause des avortements* Car l'agitation importune peut précipiter l'enfant^ au moins ne le retarde pas*

Donc il faudrait que les femmes grosses^ qui ne sont depuis la conception embrassées du mâle^ portassent ordinairement jusqu'à onze mois^ celles qui le sont quelque peu à dix^ qui davantage à neuf et les mieux embrassées sujettes à terme au septième*

Mais ne pourrait-on dire, au contraire, que le fruit ou le grain qui a déjà fructifié, s'il est agité et ébranlé, perd du temps parce qu'il lui faut reprendre racine et se rattacher de nouveau s'il doit profiter, par quoi il sera plus tardif à sa maturité que s'il n'eût été remué? Ainsi l'enfant qui sera mieux secoué naîtrait plus tard et celui duquel la mère sera laissée en repos plus tôt* Ce n'est donc point de ce côté que doit être cherchée la cause de cette diversité mais bien plutôt dans le tréfonds de la nature humaine, ce que j'expliquerai en son temps*

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