‹ Hippolyte Bellangé et son œuvreChapitre 13 sur 84 · I. Histoire des Peintres · texte numérisé non relu

I. Histoire des Peintres

Fac-similé d'un dessin à la plume de Belinngé. - Voltiseur (Premier Empire). (A M. Eiigil'ne Bcllangé.)

mais elle l'évite, et le tableau plaisant sans être vulgaire fait sourire le spectateur.

Deux cuirassiers vont se séparer de leurs hôtes ou

Motif principal du tableau de Bellangé. - Le Dcpart du Cantonncmait.

mieux de leurs hôtesses. L'un d'eux déjà en selle, grave,

solennel et gardant son sérieux, jure fidéhté à une jeune paysanne normande essuyant ses larmes à l'aide de

son tablier. « Va, je te serai fidèle. » C'est un refrain de chanson populaire que le cuirassier, goguenard au fond, mais n'en ayant pas Tair, semble prendre à tâche de déclamer sérieusement. Son camarade, plus jovial et moins difficile, embrasse furieusement la mère de la jeune paysanne, qui, effarée, se défend du poing et du balai de ces caresses intempestives. Près du seuil de la chaumière, un moutard joyeux brandit allègrement son bonnet de coton, et dans le lointain, les détachements se forment sur la place du petit village que le régiment va bientôt abandonner... non sans laisser de nombreux regrets.

Mais ces adieux déchirants doivent nous rappeler qu'à côté des Paysans de Bellangé, il y a des paysannes qu'il ne faut pas oublier.

M. Francis Aubert^ les a d'ailleurs fort bien décrites, ces petites paysannes adorables, dont la grâce charmante n'avait rien pourtant de maniéré ou de faux... Quels iins profils, quel petit nez légèrement relevé d'un effet piquant! Quelle aimable jeunesse! s'écriait-il... et il avait raison. On en peut juger du reste par l'une des figures du Départ du cantonnement.

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