I. Voir l'ouvrage du colonel La Combe (1856), p
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suites du rendez-vous pourraient bien devenir dangereuses pour le séducteur.
Ailleurs, ce sont les gamins de Charlet qui continuent leur dispute : Toi, méchant galopin de Censeur! si tu caponnes, f auras des calottes après la classe : et le réprouvé est appuyé contre un mur, les mains derrière le dos, menacé du doigt par son camarade. Dans le fond deux gamins, se bourrent de coups de poing ; un moutard plus petit est à genoux au premier plan, le carton autour du cou, à demi caché par un autre gamin, le visage entouré d'une mentonnière et la tête coiffée d'une casquette ; un dernier écolier rit sournoisement en étudiant sa leçon.
Puis c'est un bourgeois indigné qui apostrophe des sous-officiers de l'armée. Moi aussi f ai servi... blanc bec! Pourquoi aussi ce bon bourgeois et sa femme se sont-ils aventurés dans un cabaret, majestueux, endimanchés, et superbes tous deux pourtant. La femme en châle, le sac de velours au bras; le mari, en habit et culotte courte, porte une perruque dont la queue s'échappe d'un collet d'une hauteur prodigieuse. Le chapeau haut de forme siu- la tête, furieux et serrant énergiquement son paraphiie , il apostrophe vivement les deux sous-officiers attablés l'un en face de l'autre. Tous deux lui rient au nez, l'un applaudit et dans le fond deux spectateurs debout partagent cette hilarité, tandis que la femme essaye vainement de calmer la fureur de son époux.
Les bourgeois ne sont pas toujours aussi belliqueux 5 ils aiment parfois, tranquillement assis à table chez eux, à faire une politesse au pauvre monde.
— C'est du bon coiuj, celui-là, père Copeau ! — Oh ! alle^, not' bourgeois, n' craignei de rien, vous pouvei t'elre sûr
que c' inn-là n tombera pas dans l'oreille d'un sourd
parlant par respect. Le père Copeau — menuisier de son état — a déposé à terre sa casquette et sa scie. Le bourgeois, jovial et doué d'un respectable embonpoint, s'anime encore à vanter son vin et frappe sa bouteille du plat de la main; la bourgeoise, grave et digne, écoute et regarde le père Copeau débitant son discours le verre en main. Une bonne, la tête coiffée d'un foulard, une assiette à la main, suit encore avec plus d'attention le discours du père Copeau. La scène se passe dans un appartement bourgeois. Au fond, porte symétrique et portraits, et le maître et la maîtresse de la maison sont assis à une petite table carrée posée sur un tapis au milieu de l'appartement ; tout est disposé comme pour une scène de vaudeville.
Nous pourrions multiplier à l'infini ces descriptions de scènes comiques dont on retrouvera les légendes dans le Catalogue de l'œuvre lithographique.
Dire que j'ai vu ça pas plus haut que ma botte! est encore une étude de mœurs finement observée.
Parlés au Partie dit l'inscription, le « Portié » est à l'entrée de sa loge, obséquieux, poli, le bonnet à la main ; dans le fond, la femme également souriante. Le vieux couple montre avec orgueil un superbe sergent-major de la garde, se tenant militairement au port d'armes le tricorne à la main devant un monsieur — le propriétaire, — chapeau bas à son tour devant un si bel homme et indiquant par son geste qu'il a eu l'honneur de voir monsieur le fils du concierge pas plus haut que cela.
Puis ce sont les malheureuses aventures du Rapin : l'Arrivée et la Réception d'un nouveau. Le nouveau, vêtu de sa redingote habillée, mais d'un pantalon trop court, coiifé d'un chapeau démodé, tient son carton sous le bras. Il ouvre la porte du tambour donnant accès dans l'atelier. Le modèle barbu entièrement nu, sauf ses bottes — ce qui fait pudiquement baisser les yeuxau nouveau — l'accueille révérencieusement, le chapeau à la main. Les artistes, les uns palette en main, les autres en blouse de travail, en manches de chemise, poussent des cris et gesticulent avec frénésie. Traitreusement dissimulés au-dessus de la porte, des rapins vont arroser le nouveau à l'aide de seaux d'eau, de pots de diverses formes (!j et dans l'angle opposé un autre ennemi, armé d'une seringue, s'apprête à en diriger le jet sur le malheureux néophyte.
Quant à cette pièce intitulée /es /w^or/z/;/^, à laquelle Bellangé a donné une très longue légende, elle semble être pour lui la représentation de l'un des aphorismes qu'il s'était fait en compagnie de Charlet, assure M. F'rancis Wey; répétant volontiers qu'il y
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avait trois pestes à fuir : les bavards, les critiques et les hypocoudres. Cette fois il s'attaquait aux critiques indirects, c'est-à-dire à ceux-là, et ils sont nombreux, qui se croient le droit de juger ce qu'ils ignorent.
Les Importuns sont donc nombreux dans l'atelier; et voici leur dialogue :
i"" Importun : Ah diable, monsieur, c'est un morceau capital! qu'est-ce que ça représente?
2' Importun : Qu'est-ce que ça peut avoir de hauteur r
3' Importun (à lorgnon) : Peignez-vous la miniature ?
4'' Importun : Un bien beau cadre! quel beau jour? vous devez avoir pour cher de loyer?
5'- Importune (une dame) : C'est à l'huile, n'est-ce pas, monsieur? comme ça sent fort!
6<- Importun (un enfant touchant à tout) : Puah... puah... caca, etc., etc., etc.
Cette légende décrit suffisamment la scène, l'artiste en blouse de travail, mordillant son appuiemain, écoute ces inepties ; l'un des amateurs toise la toile du regard, tandis que son collègue à lorgnon, qui aime les miniatures, en éttidie le grain et paraît en compter les fils. Dans le fond, le modèle se chauffe au poêle, non sans jeter un regard de surprise sur ces gens solennels, importants et ennuyeux.
Dans im autre ordre de sujets, il y a de petites scènes militaires traitées comme des tableaux dans cette série de vignettes lithographiées.
Tel est le Retour de campagne que nous avons déjà rapproché de la Revue du Carrousel. C'est là,
avons-nous dit, la première idée du tableau et c'est le Régiment qui passe de 1830, comme celui de Détaille sera dans Tavenir le Régiment qui passe de 187s-
Les troupes se sont engag-ées sous la porte Saint-Denis, le caporal sapeur fait faire à ses hommes une conversion, tandis que derrière les deux rangs de bonnets à poil, des gamins, dansant, chantant, faisant la roue, gamins débraillés et écoliers, le carton au dos, tourbillonnent autour du superbe tambourmajor.
11 s'avance splendide dans sa grande tenue, détachant sa haute taille du rang des tambours. Il est le centre de la composition et ce n'est qu'au second plan qu'apparaissent la musique, les officiers supérieurs caracolant à cheval et serrant au passage la main d'un ami, et plus en arrière brille la masse des baïonnettes, régulièrement inclinées. La foule acclame les soldats, et les fenêtres sont garnies de monde.
Dans VAîv'ipée à la garnison, la charrette du cantinier, chargée des sacs et bagages, va franchir une porte pittoresque, souvenir fantaisiste de l'ancienne porte du Palais de Justice de Rouen *.
Aux fenêtres des chaumières apparaissent des têtes inquiètes, et gamins et officieux indiquent à l'envi aux officiers la meilleure route à prendre. Quelques recrues fatiguées s'arrêtent çà et là ; mais le convoi, accueilli curieusement par la population, franchit l'enceinte de la ville au-dessus de laquelle