‹ Hippolyte Bellangé et son œuvreChapitre 15 sur 74 · F. Wey · texte numérisé non relu

F. Wey

a. Note de H. Bellangé, pour la lettre de Charlet, datée de Viroflay, 31 juillet 1855. — Citation du colonel de La Combe.

avant d'aller achever leur soirée aux Funambules.

De l'aveu môme de Bellangé, Charlet était un flâneur de la plus belle espèce, flâneur sans volonté, sans intention arrêtée, toujours prêt à marcher du côté où le caprice le portait, acceptant toutes les propositions, se laissant attirer par tous les accidents imprévus, enfin un flâneur profond philosophe et surtout <i spirituel ».

Spirituel, le mot est de Bellangé, et ne fallait-il pas en outre à cet illustre artiste un caractère fortement trempé pour répondre d'un ton enjoué à son ami qui lui avait envoyé l'état nominatif de sa maison depuis les gens jusqu'aux chiens, poules, canards, etc., etc. », et cela au lendemain de la terrible maladie de son fils Edmond , atteint d'un dangereux épanchement de sang qui avait failli l'étouffer.

Mais le farceur reprenant le dessus pouvait encore féliciter son ami « d'être heureux et calme au milieu de son aimable famille, dont le personnel, y compris ton chien, lui disait-il, compte quatre cent trente-deux ans de vertu. ■ Et Charlet continue longtemps encore sur ce ton avec sa verve intarissable \

Si on voulait, d'ailleurs, de nouvelles preuves de cette amitié inébranlable entre nos deux artistes, de cette amitié posthume qui devait s'affirmer par la superbe lithographie dédiée à la veuve de l'illustre dessinateur et par les correspondances avec le bio-

i. Voir le Cfurlet du colonel de La Combe, p. 32, 34, etc.

graphe de Charlet, on n'aurait qu'à feuilleter un rarissime petit opuscule.

L' Historien de Charlet peint par lui-même, tel est le titre de cette petite brochure de M. H. de Saint- Georges, tirée à petit nombre, destinée aux amis du colonel de La Combe, dont aucun exemplaire ne fut mis en vente et à la première page de laquelle figure un portrait lithographié par Bellangé.

Cette autobiographie nous fait connaître de curieux détails. Et tout d'abord celui-ci, c'est que le biographe de Charlet savait, lui aussi, écrire des lettres facétieuses et humoristiques. On lit avec plaisir ses curieux démêlés avec un artiste — c'est Bellangé — qui ne veut pas qu'on lui envoie de timbres-poste *, et ses non moins curieuses confidences — du même au même — lorsqu'il préparait cette publication qui ne sortit victorieuse de ses nombreuses entraves que sept ans plus tard ».

Quant au dernier hommage de Bellangé à la mémoire de Charlet, la lithographie est datée de 1846 et porte en titre ces seuls mots : Dédié à madame veuve Charlet.

Sur un piédestal, au centre d'un cimetière dont les monuments funèbres et les saules pleureurs se profilent sur le ciel, est posé le buste de Charlet. Audessus d'une palette et d'un carton de croquis un

1 . Un exemplaire de cette brochure nous a été obligeamment communiqué par M. J. Hédou, de Rouen.

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