IX. — A L'ENFANT
Enfant, tes yeux sont doux à mon cœur paternel, Mon chant intérieur monte vers l'Éternel
Quand j'entends tes pas dans les salles, À cette heure, où le jour s'éteint mystérieux; Lorsque le vieux château, décrépit glorieux,
Nous cache ses tours colossales.
Le seul bruit de tes pas ravive dans mon cœur
Des souvenirs tout pleins d’une exquise douceur, De repos et de rêverie.
Marche donc, mon enfant, image du passé;
Ranime mon esprit, qui, voyageur lassé,
Se traine vers l'hôtellerie.
L’hôtellerie est loin, et le ciel est chargé. Oh! qui m’enseignera le chemin ombragé, Car il fait chaud sous les nuées (3)!
Le chemin ombragé, c’est toi, mon bel enfant, Toi plus doux à mon cœur que le soupir du vent
Ou le bruit des mers refluées.
(1) La lande de Pleurtuit (Magdeleine, p. 179). — Ce morceau de l’ « alouette » nous semble plein de grâce et de poésie.
(2) Marie-Elisabeth de La Morvonnais, née au Val, Le 22 octobre 1832, — l’cenfant blanche et rose ».
(3) Locution des paysans de Bretagne (Note de La Morvonnais). — Ce « voyageur lassé qui se traîne vers l'hôtellerie est vraiment d’une grande inspiration poétique.