FM
Et la lune promène Sur lui son char de reine
Silencieux.
Et je fais ma prière,
A genoux sur la pierre, Au seuil fleuri
Du manoir poétique.
Et vers Dieu mon cantique Monte sans cri,
Priant pour vous, mes frères (1), Qui pour les solitaires (2) Priez au sein De Paris l’éclatante, Vous d'amitié constante Pieux essains;
Et pour notre Amédée (3), Dont l’âme, possédée Du beau, du grand, Se courbe sur sa tâche, Et du désert arrache L’indifférent (4);
Et puis pour notre maître (5) Qui nous couvre, grand hêtre, SOUS ces rameaux, Et qui, près du naufrage, Nous donne le rivage Et le repos (6),
(1) Ses amis.
(2) Les solitaires du Val.
(3) Amédée Duquesnel, né à Lorient le 10 avril 1802, mort conservateur de la
Bibliothèque de Saint-Malo en 1878. Ami d’enfance de La Morvonnais. (4) Ame d’apôtre, Duquesnel essayait de retirer du doute les incroyants.
(5) La Mennais. F (6) C’est grâce à l’influence de La Mennais, que La Morvonnais, comme tant
d’autres, revint à l’Église.
Lui qui souffre martyre (1)
Pour Jésus qui l’attire Dans un chemin
Rude à son âme forte,
Car sans crainte, il exhorte Le genre humain;
Criant à l’homme : « Marche !
« Mais Jésus seul est l’arche « De liberté.
Qui veut vivre sans chaîne