RAR
« Doit suivre sa loi pleine « De charité;
« Doit s’oublier et prendre
« Le bâton pour se rendre « Sous le soleil
« Ardent, au toit des frères
« Qui n’ont dans leurs misères « Pain ni sommeil. »
ae « Mon Dieu, donne au grand’homme « De voir un ange, comme Jacob, alors Qu'il errait en voyage Vers Sichem, bel ombrage, Et vers Nachor.
Que dans la solitude Il n’ait inquiétude Peine ou regret,
(1) A la suite de l'Encyclique Mirari vos (15 août 1832), La Mennais fut traité en suspect par les catholiques.
Mage Et qu’une brise douce
Rafraîchisse la mousse De sa forêt (1).
Et tout pleurant, je prie
Aussi pour mes Marie.
Et Dieu m'’entend,
Car de mon pieux rêve
Je sors et me relève Ferme et content.
Et puis j’étends, poète, Ma main vers ma retraite, Disant : Béni Sois-tu, toit où chaque heure À, que je rie ou pleure, Prix infini.
Pensif, j'écoute encore La mer frémir, sonore
Sur l’écueil noir, Et, plein de mon cantique, Au repas domestique
Je vais m’asseoir.
(Cantique sur le Val de l’Arguenon, 11. Inédit. Communiqué par M. de la Blanchardière. — Mai 1834.)