‹ Hippolyte de la Morvonnais: Œuvres ChoisiesChapitre 32 sur 57 · XXI. — MESSAGE A MON MANorr · texte numérisé non relu

XXI. — MESSAGE A MON MANorr

Que fais-tu maintenant, ma Thébaïde aimée?

Te voiles-tu de deuil comme mon cœur désert?

Pleures-tu? Les rosiers de ta cour parfumée S’ornent-ils de boutons devant le perron vert?

Du premier rossignol la chanson réclamée Si vivement par nous, que fatiguait hiver, Se mêle-t-elle enfin à la brise charmée?

Et sonne-t-elle au bois avec la lente mer?

Ton œil demande-t-il la blanche châtelaine Au vieux château qui croule, à la côte où l’haleine Du vent s’aromatise, au Hâvre villageois?

O manoir, attends-tu que ton ange revienne?

Ou de loin, accordant ta pensée à la mienne, Rêves-tu plein d'amour au bonheur d’autrefois? (2).

(Thébaide des Grèves, p. 295.)

(1) Quels que soient les défauts que l’on puisse y relever, — développement trop long, expressions faibles et abstraites, rythmes boiteux, etc. — cette pièce est d’une inspiration singulièrement délicate. Elle a été écrite, comme d’ailleurs la plupart des morceaux cités dans ce recueil, par le La Morvonnais que nous connaissons bien, à la fois poète religieux, chantre de la famille, interprète des détails les plus menus

et, en apparence, les plus vulgaires de l’existence quotidienne.

(2) La Morvonnais composa ce sonnet si touchant, au printemps de 1835, quelques

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