‹ Hippolyte de la Morvonnais: Œuvres ChoisiesChapitre 37 sur 57 · SUR UN CRUCIFIX · texte numérisé non relu

SUR UN CRUCIFIX

Je dois, ma chère enfant, mourir comme ta mère. Or, mon heure arrivant, souviens-toi de ceci : Prends ce crucifix noir, et fais, pieuse chimère, Que je baise son bois, sur ce lit même, ici,

En face de la mer. Vois, au cap solitaire Qu'elle est belle et sonnante ! Enfant, c’était ainsi Qu'elle était quand notre ange abandonna la terre, Ne laissant plus que deuil au poète saisi

De surprise et d’effroi, presque réduit en poudre, Car, il faut l'avouer, ce fut un coup de foudre Tel que je ne puis dire encore si jy crois.

Le simple crucifix veilla près de la morte.

Et les chagrins qu'il faut que désormais je porte, Je les veux mettre tous au pied de cette croix (2).

(Inédit, communiqué par M. de la Blanchardière.)

(1) Par un phénomène psychologique bien connu, La Morvonnais, depuis que sa femme l’eut quitté, n’a cessé d’idéaliser la figure de Marie.

(2) Après un moment de révolte contre le Ciel qui lui avait pris Marie, La Morvonnais, se ressaisissant, s’était pleinement soumis à la volonté de Dieu. Mais jamais il ne devait oublier L’ « éternelle envolée ».

He DE LA MORVONNAIS»,

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