‹ Hippolyte de la Morvonnais: Œuvres ChoisiesChapitre 50 sur 57 · AIS ES · texte numérisé non relu

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Maintenant, dira-t-on, pourquoi nous entretenir de ces choses qui, au regard de certains esprits, peuvent être dangereuses?

lement opposé au mariage unitaire, car il est dans la nature de l’homme d’avoir toujours un objet préféré; c’est ce que la science appellera pour l’homme l’amante harmonique, religieuse, son Eve enfin. A celle-là seulement, selon nous, il nous est permis de nous unir corporellement, car il est donné à celle-là de fixer toutes nos inconstances. Mais pour que nous aimions cette amante harmonique, pour qu’elle soit unie à nous par les tendances sympathiques du cœur et de l'esprit, il nous faut une société qui soit assez parfaite pour que notre Eve nous soit découverte et révélée. Cela ne peut être que dans une société où la naturé de l’homme ne soit plus forcée de se déguiser et où elle puisse éclore. Jusque là, le mariage unitaire est une chose si peu d’accord avec la nature variée de l’homme que, quoi que l’on fasse, on ne peut réduire l’infidélité conjugale. D’un autre côté l’acte d’amour est perverti, puisque, dans la plupart des mariages, il se réduit à la lubricité; et l’acte d’amour, pour être, je ne dis pas légal, mais légitime, ne peut être accompli que sous l’influence de l'élément spirituel, de l’affection sentimentale. Il faut obvier à cela; or nous ne trouvons de moyen d’y obvier, les choses étant ainsi, qu’en admettant le mariage: sériaire dans sa forme infirme qui est le mariage sériaire corporel, et comme la transition pour arriver à la forme supérieure, qui est celle du mariage sériaire animiquement et corporellement unitaire, lequel, par cela même qu’il est plus conforme à la dignité de l’homme et de la femme, est par là même plus conforme à notre nature spéciale et intégrale, qui est d’être religieuse. Mais de même que Dieu permettail un mariage plus imparfait à la dureté du cœur des juifs, ne pourrait-il pas encore aujourd’hui permettre un mariage imparfait à la faiblesse du cœur de l’homme qui a besoin de condescendance d’âme? Or, c’est ce que Dieu ne nous a jamais refusé : surtout si avec cette condescendance envers notre faiblesse et nos larmes, il réduit de beaucoup le fléau social que l’on nomme l’adultère ou l’infidélité conjugale. Encore une fois, la fidélité conjugale est souvent une infidélité envers la nature spirituelle du sentiment d’amour, puisqu'elle 12 réduit à l’élément brut,la lubricité, ce qui, au fond, est contraire aux vues de Dieu. Mais ici, dans l'intérêt de l’ordre social, Dieu est bien forcé de condescendre, puisque cet ordre social ne comporte pas le divorce ou mariage subséquent; mais le cas échéant de la société comportant cette forme, nous ne voyons pas qu’il soit plus immoral que ce qui aujourd’hui existe, ni moins conforme à la dignité humaine. Que sous cette forme imparfaite le mariage arrive à son comble, nous ne le prétendons pas, puisque nous reconnaissons que pour arriver à être conforme à la nature sanclifiée de l’homme, le mariage doit être animiquement sériaire et corporellement unitaire, — une union d'âme à divers degrés, selon que nous aurons avec la femme plus ou moins de liens sympathiques; et une union de corps avec notre amante pivotale, religieuse, pour laquelle nous devons avoir une marque de préférence, ainsi que cela est dans les besoins de l'amour, et cette préférence, ce privilège qui constituerait lintégral mariage, serait précisément le don d’amoureux merci.

Nous demandons done une forme sociale où le mariage sériaire nous soit permis dans la forme infirme ; — comme transition vers une forme supérieure, et la seule que nous reconnaissons comme originairement conforme aux vues de Dieu, et comme condescendance de la religion envers les hommes afin de substituer à l’infidélité conjugale latente, ce qui constitue l'adultère, ce qui est un très grand mal, le moindre mal de infidélité conjugale non déguisée, ce qui détruit l’adultère, puisque l’adultère n'existe que là où il y a tromperie, là où il y a une altération de la vérité. — Que le mariage sériaire doive être soumis à des conditions répressives cela est indubitable, et ces conditions doivent être d'autant plus répressives que l'éducation sociale sera

1° Parce que le prix de la lutte et de la course doit toujours être présenté aux lutteurs et concurrents pour nous engager à nous résigner aux présentes rigueurs à travers (lesquelles) 11 faut passer afin d'arriver (1) à cet avenir heureux et libre dans les voies de Dieu rétablies sur la terre comme dans le ciel; il faut, de plus, que le prix ne soit pas au-dessus de nos forces pour qu'il y ait en nous l'espérance, nt au-delà (2) de nos aspirations, pour qu'il y ait en nous le désir.

20 Parce qu'il y a dans toutes les sciences certaines parties délicates que l’on ne doit pas négliger, bien qu’elles ne soient point faites pour les enfants. Toute science a des mystères auxquels il ne faut appeler que ceux à qui l'initiation est permise. Ainsi l'initiation au mariage est la dernière à faire subir à l’homme dans l’ordre de son développement naturel; et il en est de l’humanité comme de l'individu, elle doit, comme fera l'individu en

harmonie, faire son vestalat….

« À nous entendre, ajoutez-vous, la réalisation du christia-

nisme est tout entière dans le progrès et le perfectionnement social. » Il serait plus exact de dire que, selon nous, le progrès et

moins parfaite, moins religieusement éclose et développée, car, encore une fois, il ne peut être qu’une condescendance de la société et de la religion. Mais encore même, nous n’admettons pas que la séparation conjugale puisse être légitime, sitôt qu’elle porte atteinte au bonheur de qui que ce soit, car le fondement de notre morale est d’aimer le prochain à l’égal de soi-même : on ne peut, sous quelque prétexte que ce soit, contrevenir à ce principe. Après cela il est ajouté qu’il faut aimer Dieu par dessus tout, ce qui comprend qu’il faut, pour la perfection, accomplir la loi de Dieu dans les trois sphères de vie qui constituent la nature composée de l’homme. Or, pour accomplir Pacte d’amour, il faut d’abord qu’il soit conforme à notre nature individuelle, qui veut que dans cet acte, il y ait attrait, illusion charmante et conforme à la société qui, si elle contrarie notre nature individuelle, n’est pas religieuse, puisqu'elle ne s’harmonise pas avec la sphère de vie personnelle qu’elle est tenue de respecter, comme la vie personnelle est tenue de la respecter elle-même. — Avec le mariage unitaire, en temps inopportun, nous avons dans le lit conjugal : 1° la lubricité; 2° le stupre; 3° la prostitution. Avec le mariage sériaire condescendant et conséquemment réduit au cas eù il est exigé par notre dignité et notre bonheur, nous n’aurions aucune de ces choses, puisque dans ce mariage, il y aurait toujours attrait sentimental, c’est-à-dire prédominance de l’élément spirituel sur l’élément simplement matériel. (Inédit, mars 1845.) (1) Première leçon : de parvenir.

(2) Première leçon : en dehors.

nov

le perfectionnement social sont tout entiers dans la réalisation du christianisme, car fondamentalement nous pensons que ce perfectionnement ne doit s’opérer que sous linfluence de la parole du Christ, qui est notre initiateur précédent religieux. Fourier, génie humain, est notre initiateur postcurseur scientifique (ce sont encore là les propres paroles de notre Maître, Monseigneur). Pour nous, avant la science, il y a la foi en Dieu, qui est la base où se doit appuyer la conception. De même que la création du ciel a précédé celle de la terre, ainsi le salut des âmes a précédé celui des hommes.

Selon vous, Monseigneur, nous enseignons que la rédemption s’accomplit ici-bas. Pour nous les effets de la rédemption sont composés, correspondant au double mode de la vie de l’homme, vie terrestre, vie céleste, s’accomplissant ici-bas et là-haut. Nous n’osons prendre sur nous, comme les théologiens, de limiter ce qui de soi-même est sans limites, l'efficacité de la grâce résultant du sang et de la parole de celui qui est venu, afin que les cœurs doux possèdent la terre. Or les cœurs doux ne peuvent posséder la terre dans l’état de société où nous sommes; il y a donc un état social supérieur où nous appelle le Christ. Nous cherchons, bien persuadés qu’il nous sera donné de découvrir, car nous ne cherchons point à notre propre lumière, mais à la lumière de Dieu qui est dans nos âmes, à l’état d’aspiration, et dans les saintes Ecritures, à l’état de prophétie. Par charité, Monseigneur, aideznous dans notre pieuse recherche, et ne nous entravez pas par des paroles qui seraient calomnieuses si vous aviez bien la conscience de ce que vous faites. Voilà comment, en maintes occasions, les meilleures intentions ne suflisent pas. Quand on n’a pas la science, il faut cette abstinence qui est un des effets les plus beaux de la prudence des sages. En travaillant à notre rédemption personnelle et collective ici-bas, nous travaillons à notre rédemption pour là-haut où sont les âmes et où nous devons recueillir ce qu'ici-bas nous avons semé, recueillir individuellement et collectivement. Vous voyez bien, Monseigneur, que vous

ètes dans une erreur cruelle à nous et bien funeste, lorsque vous dites du haut de la chaire de vérité et à un auditoire qui reçoit, comme articles de foi, vos assertions hâtives, «que pour nous, les plus hautes vertus chrétiennes, la foi, l’espérance, la charité, trouvent leur dernière fin dans ce monde ».

Non, Monseigneur, pour nous, il n’y à pas seulement la terre; il y a pour couronnement à la terre, le ciel; et,entre ces deux sphères de vie, il y a un lien intime de réversibilité solidaire; il y a, en un mot, la communion des saints, la résurrection de la chair et la vie éternelle. Êtes-vous satisfait, Monseigneur? Si vous l’êtes, nous ne le sommes pas, nous; et nous ne le serons que quand satisfaction nous sera donnée de votre part, par un aveu d’erreur qui répare le tort, dont nous sommes les publiques victimes. Ce n’est qu’à ce prix que désormais votre holocauste pourra être agréable à Dieu. Si cela n'arrive pas, que Dieu voie et nous juge. Nous, qui, selon vous, Monseigneur, plaçons toute Justification ici-bas, en cette circonstance, et avec une foi toute pleine en la justice et en la miséricorde de Dieu, nous en appelons au ciel.

« Le clergé catholique », poursuivez-vous ironiquement, Monseigneur, « est convié à prêter son concours à la poursuite de ces merveilleux résultats : et si on lui permet encore de prêcher la résignation, ce n’est que pour un temps et comme indemnité propisoire ». Nous ne comprenons pas bien ce que veut par là faire entendre votre ironique causticité, Monseigneur; nous traiterons la chose bonnement et sérieusement; elle en vaut bien la peine» et nous dirons que de plus en plus, à notre avis et selon notre croyance, qui cherche à consoler ceux qui souffrent, afin que précisément ils aient plus de force à se résigner, la résignation judaïque deviendra la bénédiction chrétienne; de plus en plus la lamentation prophétique deviendra l’évangélique alleluia, qui n’éclatera dans toute son allégresse qu’à la Pâque de l'humanité dans sa rédemption consommée, car seulement alors, le Christ, aujourd’hui ressuscité religieusement, le sera socialement.

Nous avons done, selon vous, la naïveté vraiment tout à fait

extraordinaire de convier le clergé catholique à nous venir en aide, en attendant le jour prochain d’une complète et universelle rénovation. — Aimeriez-vous mieux, Monseigneur, que nous ne recourussions pas à l’aide du clergé catholique? Mais sinous ne le faisions pas, vous en tireriez contre nous un motif d'accusation; et vous auriez raison de le faire; car, à mon avis, où la religion n’est pas, rien n’est durable (1), rien n’est possible que dans une certaine mesure, l’élément éternel ne pouvant être apporté que par ce qui à en soi la prédominance de cet élément. Quant aux merveilleux résultats que vous nous reprochez d’attendre de Dieu, je ne vois pas de quel droit et à quel titre vous, théologien, vous borneriez la divine munificence qui, dans un être infini, ne peut être qu'illimitée dans ses résultats tout aussi bien que dans sa puissance. Oui, Monseigneur, nous attendons tout de la bonté de Dieu; nous poussons même notre audace inimaginable jusqu’à en espérer des miracles; quoi qu’iladvienne, nous attendons que tout ce qui est dans nos aspirations légitimes sera accordé à nos pieux efforts, et c’est dans ce but que nous nous résignons aux peines de cet état actuel et transitoire. En ceci, nous différons de Votre Grandeur, étant plus croyant qu’elle, ce qui nous étonne et nous afflige un peu, à vrai dire. De la demi-croyance qui n’embrasse que le ciel, nous nous élevons à la croyance, à l'espérance intégrale qui embrassent le ciel et la terre. Nous n’en croyons pas les théologiens (et c’est Ià le mal); nous nous contentons de les révérer. Nous en croyons Jésus-Christ, qui nous a dit de demander au Père céleste (que son royaume nous arrive et que sa volonté soit faite sur la terre comme au ciel ». Nous cherchons le moyen d'arriver à ce royaume; et, comme moyen de l’appeler parmi nous, nous cherchons une organisation sociale où la volonté de Dieu soit faite 1c1-bas où sont les hommes, comme Ià-haut où sont les anges. Ainsi que vous, nous disons à nos frères : cherchez

d'abord le royaume de Dieu et sa justice, et c'est précisément ce

(1) Nous avons vu plus haut quel rôle La Morvonnais assigne au clergé catholique dans le temps présent.

que tend à établir l’organisation sociale que nous proposons; tout ce qui, dans l’organisation sociétaire, est en dehors de cela, nous le rejetons comme en dehors de notre théorie. Et nous croyons que ce n’est qu’au prix de cet établissement de la justice de Dieu parmi les hommes, que le reste, le luxe, nous peut être permis et donné par surcroît. Tant que le luxe, au milieu de quelques bons résultats, a pour effet (1) d’écraser une partie de nos frères, il est à nos yeux une chose mauvaise d'autant, et d'autant aussi la pauvreté charitable est comprise dans nos devoirs. Mais, à notre avis, tout en songeant à l’âme qu'il faut délivrer de l’esclavage imtérieur, de la tyrannie de l’égoïsme et du monde, par une éducation plus chrétienne, c’est-à-dire en développant plus intimement le sentiment sympathique, il ne faut pas négliger le mode inférieur de délivrance, correspondant aux nécessités du corps; car incontestablement là où, d’un côté, est la misère qui livre l’homme à l’homme, et, de l’autre, l’oisiveté qui ne sait que faire d'elle-même, il ne peut manquer d'exister beaucoup de débauche et beaucoup de désordre. Et quels sont les moyens les plus eficaces de combattre la misère et l’oisiveté? C’est de donner aux uns, avec le travail nécessaire à leur entretien, l'éducation qui élève en eux le sentiment de la dignité humaine, et aux autres le travail attrayant et vocationnel (2).

Voilà, Monseigneur, ce qu’en politique nous voulons; et, d’après cela, vous ne pouvez nous accuser de songer aux pauvres à l’exclusion des riches. Que ce que nous voulons se doive perfectionner avec le temps et l’éducation chrétienne, nous ne pouvons pas en douter; que cela se perfectionne jusqu’à donner,

même en morale, de merveilleux résultats, nous l’attendons de

(1) Première leçon : résultat.

(2) Léon XIII et les catholiques de l’école sociale moderne ne penseront ef ne parleront pas autrement. Cf. Encyclique Rerum novarum; — Léon GrécoiRe, Le Pape, les catholiques et la question sociale, pp. 115, 118, etc. (Paris, Perrin, 1891, in-16). « Que l’ouvrier et le marchand, écrit Mgr Ireland, sachent bien que si nous voulons leur assurer le bonheur du ciel, nous prétendons aussi leur donner le bonheur sur la terre. »(Cité dans L. GRÉGOIRE, loc. cit, p. 118.)

Dieu, lequel, à son enfant qui demande un poisson ne donnera pas un serpent (1). Pour arriver à ces merveilleux résultats, nous ne nous appuyons point sur notre imagination : notre science est positive, car elle se pose sur les divins éléments que Dieu a répandus sur notre univers et mis à portée de notre main, sur la passion qui est dans nos cœurs avec le sentiment humain, sur la vertu qui est dans nos âmes avec le sentiment religieux, s’élevant de l’amour du dévouement à l'amour du sacrifice.

En terminant, Monseigneur, nous ne pouvons nous défendre d’une réflexion, qui, peut-être, vous semblera digne d’être considérée. D'autant que cette réflexion, à vous préjudiciable, beaucoup d’autres pourront la faire. C’est que ‘si, dans ce qu’il appelle sa croisade contre l’Université, en tant que corps enseignant, le clergé est aussi peu que vous à notre égard, Monseigneur, instruit du fond des doctrines et de leur véritable sens, les résultats de cette attaque qui, dans ce cas, serait inconsidérée, ne peuvent être que déplorables et se tourner contre vous; car tôt ou tard, la vérité des choses apparaît au grand jour, et la lumière n’est pas pour demeurer sous le boisseau. Je vous parle dans votre intérêt, Monseigneur, qui, au fond, est le nôtre, car, bien qu’à ce sujet nous encourions votre ironie, nous ne voulons point nous séparer du véritable et éternel sacerdoce qui, embrassant tout dans sa magnifique hiérarchie, a son chef visible à Rome. — Non que nous soyons partisan de l’Université. En tant que constitution de corps, ayant le pouvoir tyrannique et en usant, je la réprouve; mais si, Comme nous, on la calomnie dans son enseignement, je suis pour elle. En aucun travail sérieux, il ne faut se borner aux citations. C'était la tactique de Voltaire: et il serait aussi injuste et peu digne de vous de nous juger sur des citations détachées, qu'à nous de juger les saintes Ecritures sur les eitations et les commentaires du philosophisme. En prenant à la lettre et dans

l'isolement du sens général ces paroles du Christ à sa sainte mère :

(UN EEuc XI AE

femme, qu'y a-t-il de commun entre vous et mot (1)? il y aurait de quoi ruiner l’évangile aux yeux du moraliste. Et quelles plaisanteries, bon Dieu, n’a-t-on pas faites sur le Cantique des Cartiques, où précisément l'Eglise voit tant de ce qri doit être dans l'avenir le mode d'union d'amour, car l’union de l’homme et de la femme doit réfléter l'union de Jésus-Christ et de son église. Plus tard, nous nous proposons de sonder le sens mystique de cette dernière parole (2) et de répandre sur lPhumanité les parfums dont le bien-aimé environne la délirante fiancée (3) des montagnes.

Le clergé, qui est un corps spécialement chargé de l’enseignement de la science universelle, de la science qui relie toutes choses et en fait un ensemble harmonieux, ne doit rien juger que dans l’ensemble. Autrement 1l contrevient à sa mission et à son devoir. Si l’ensemble est beau et grand, il ne doit pas s’offenser de quelques taches, car il sait que l’homme appartient toujours par quel-, que endroit à limperfection. Si Dieu jugeait autrement, il y aurait dans son paradis une solitude qui ne serait remplie que par luimême.

Encore une fois, nous sommes prêt à modifier la formule s’il y a en elle quelque chose de blessant, — à l’élever à la dignité que veut le sacerdoce, et que généralement nous voulons nous-même en pareille matière: et à reconnaître que, dans ses parties délicates, elle ne touche nullement aux mœurs actuelles, qu’elle reconnait les plus conformes aux vues de Dieu, ne donnant à ces mœurs un sens ultérieur que dans le but de nous révéler à nous-mêmes du plus au moins approximativement l’avenir, afin de mieux sup. porter la lutte présente dont cet avenir est le prix. Ce sera, si vous voulez, Monseigneur, de scientifiques conjectures, conçues précisément dans le but de trouver le moyen de faire prédominer l’élément spirituel, la pudeur et la chasteté dans le mariage. Et pour conclusion, je vous citerai les paroles de Fourier sur cet objet,

(4) Joan., II, 4.

(2) Nous ne savons si La Morvonnais a mis à exécution son projet. (3) Première leçon : vierge.

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