XI. Trahison de Judas
XII, Joseph vendu par ses frères.
Texte : « Pro salute vestra misit me Deus. — Dieu m'a envoyé pour votre salut. » Gen., xlv, 5.
Jésus, après avoir prié, ordonne à ses disciples de se lever, car celui qui doit le trahir approche. Voici venir, en effet, une grande troupe de gens armés d'épées et de bâtons. Parmi eux est Judas, qui s'avance vers Jésus et lui dit : « Maître, je vous salue. Et il le baisa (1), » signal convenu; et tout aussitôt l'on s'empare du plus beau des enfants des hommes. Le Judas qui souille de ses lèvres infâmes la noble figure du Christ, l'homme qui saisit la victime pour l'entourer de liens, la foule de soldats qui se rue armée de piques et de flambeaux, Pierre frappant de son épée un des serviteurs du grand-prêtre , derrière lui quelques disciples épouvantés prenant la fuite, forment un
(1) Saint Marc, 45.
ensemble étrange et terrible, qu'Hippolyte Flandrin a su animer d'une vie puissante sans sortir des données ordinaires de la décoration, et en gardant le même bleu rompu qui fait fond à toutes ces compositions. Le croissant de la lune, se levant derrière un rideau d'arbres, prête à tout ce drame une tristesse ineffable.
Joseph vendu par ses frères. Un ciel profond sans nuages s'étend sur le désert immense; sur le premier plan on aperçoit la citerne qui vient de rendre sa victime innocente. Joseph se retourne en pleurant vers ses frères, qui reçoivent et comptent le prix de leur crime.
Quatrième arcade de droite.