septembre
HIPPOI.YTE FI.ANDR1N
lui avait demandé cent francs, et il lui en avait donné deux cents. Le voilà bien i quel cœur, quelle bonté 1 ! »
Une autre fois il s’agit de la publication de l’œuvre d’Ingres gravé par Réveil et édité par Magimel en 1851. Flandrin souscrit le premier et tout ému écrit à son frère : « C’est aujourd’hui lundi que paraît l’ouvrage de M. Ingres. A huit heures, ce matin, j'ai acheté mon exemplaire, je suis le premier acheteur et j’en suis lier. Cependant c’est bien naturel2. »
Tout ce qui intéresse la gloire du maître fait vibrer le cœur de l’élève.
« Ah! une nouvelle et une bonne! M. Ingres a accepté très chaudement de faire à l’iiôtelde Ville un plafond dont le sujet est l’apothéose de Napoléon. Je vois ça et je me figure qu’il en fera une merveille. Il est toujours à Versailles et je viens de lui écrire pour lui dire toute notre joie3. »
— « J’ai vu la Jeanne dC Arc de M. Ingres. C’est bien beau 4. »
Mais voici l’Exposition de 1855. Ingres y était représenté par des œuvres capitales en face de Delacroix et des maîtres contemporains 5.
1. Ingres avait toujours montré ce désintéressement. Dans ses années de gène la plus étroite, il donnait sans faire attention. Un jour, une pauvre femme, tenant dans ses bras un enfant, lui demande l’aumône : il lui donne cinq francs, tout ce qu’il avait sur lui, et Ingres comptait sur cette pièce pour le souper du soir. « Que veux-tu, ma chère amie, disait Ingres pour s’excuser, cette femme était si belle : on eût dit une Madone de Raphaël ! »