juillet
5. Ingres n’avait pas exposé moins de trente-neuf œuvres, au nombre desquelles le Vœu de Louis XIII , l'Apothéose d' Homère, le Saint Symphorien, Jésus-Christ donnant les clés à saint Pierre, a, te.
Théophile Gautier, dans ses articles de critique d’art, faisait les honneurs de notre Ecole. Décrivant avec son merveilleux brio les principales œuvres, il les transposait pour ainsi dire dans sa prose et suggérait par des phrases l’impression qui pour ses yeux d’artiste se dégageait des couleurs et des formes. Son imagination ardente, mais éclectique, s’enflammait au contact des œuvres les plus différentes et passait d’Ingres à Delacroix, multipliant les formules d’une analyse toute plastique, toute vibrante d’une chaude et intelligente sympathie. Flandrin, un peu déconcerté d’abord par « cet affable donneur d’embrassades frivoles, » finit par se laisser désarmer par les louanges dont Ingres était couvert.
Première impression : « Je n’ai pu avoir qu’un des articles que Th. Gautier a faits sur l’admirable exposition de M. Ingres. J’y ai trouvé des choses charmantes et des appréciations par un mot , dignes des ouvrages dont il parlait ; mais, en somme, ce travail m’a paru hâté, écourté, et manquant de ces développements qu’appellent les choses hors ligne. Hélas i c’était probablement pour courir à Delacroix1. »
Deuxième impression : « Dans ma dernière lettre, je te parlais froidement et même avec certains regrets de l’article de Th. Gautier sur M. Ingres. Mais je n’avais pu trouver le premier, (celui du 12 juillet). Enfin je l’ai eu et j’ai pleuré comme un enfant, en le lisant à Aimée. C’est vraiment superbe, il y a des appréciations d’une justesse et d’une beauté d’expres-
— Delacroix en avait à peu près le même nombre (exactement trente-quatre), Horace Vernet avait exposé ses grandes toiles militaires, en particulier la Prise de la Smala.