‹ Hippolyte FlandrinChapitre 99 sur 211 · Même lettre. Voy. aussi 17 septembre · texte numérisé non relu

Même lettre. Voy. aussi 17 septembre

lique. Sur la redingote est jeté le manteau romain. Au bas, on lit :

Ingres à son ami

et grand artiste , Hippolgte Flandrin , 1850.

Et comme pendant à ce chef-d’œuvre, Ingres donna encore le portrait de Mme Hippolyte Flandrin1. 11 est à regretter que l’élève à son tour n’ait pas retracé l’image de son maître, cependant plus tard il copia ses traits pour les prêter à un des saints personnages qui ornent la frise de Saint-Vincentde-Paul, le pape saint Léon.

Une des plus grandes preuves de déférence que Flandrin ait jamais donnée à son maître, c’est le refus qu’il fit en 1847 des peintures de Saint-Vincent-de- Paul, car Flandrin commença par refuser ce travail. Voici dans quelles circonstances : Paul Delaroche, primitivement chargé de la décoration de cette église, ayant donné sa démission, de vives instances furent faites auprès d’Ingres pour qu’il consentît à entreprendre une œuvre qui devait être si importante. Le maître se laissa tenter, puis se désista. On s’adressa alors à Flandrin, mais celui-ci, retenu par un scrupule de délicatesse, craignit de blesser Ingres en recueillant si tôt sa succession.

« Dernièrement, chère mère, je viens de manquer un bien beau travail, c’est celui dont M. Ingres avait donné sa démission, il y a quelques mois, les peintures de l’église Saint-Vincent-de-Paul, au prix de deux cent mille francs. C’était une belle et grande chose, mais ma position en face de M. Ingres était

1. (Même année.) Ces deux portraits furent faits dans l’atelier de Flandrin.

bien délicate et j'ai mieux aimé y renoncer que risquer de le blesser le moins du monde L.. »

On verra1 2 comment, plus tard, dans des circonstances différentes, Flandrin accepta la mission qu’il avait cru devoir décliner.

Bien loin d’en concevoir de l’ombrage, Ingres était ravi de voir « son illustre élève » déployer son talent dans un si grand cadre. Il faisait aux peintures de Saint-Vincent-de-Paul de fréquentes visites et il exprimait son approbation avec sa chaleur coutumière.

« Avant hier, ce cher maître est venu me voir à Saint-Vincent-de-Paul : il est resté une heure environ et m’a témoigné une très vive satisfaction; ça me donne un peu du courage dont j’ai tant besoin pour conduire une si grande entreprise3. » — «...Il a été bien content et m’a dit des choses bien flatteuses. C’est un grand encouragement, quoique je ne prenne pas à la lettre tout ce qu’il a la bonté de me dire 4. »

Dans la correspondance de Flandrin, on relève ainsi une foule de petits traits qui témoignent de ses sentiments pour Ingres.

Un jour, c’est une anecdote qui montre la générosité du grand peintre : « Hier, écrit Flandrin à sa mère, notre cher M. Ingres nous fit appeler pour voir un vieux tableau que voulait lui vendre une femme qui avait l’air bien intéressant et bien malheureux. Nous quittâmes M. Ingres un moment, puis nous le vîmes revenir en triomphe portant son petit tableau, et une larme coulant sur sa joue. La pauvre femme

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