Novembre
connaître tant de haine et son infâme expression, il en serait bien triste.
« Nous, mon cher ami, nous avons cru que cette occasion demandait que nous lui témoignions tout ce que ses leçons et ses exemples ont mis dans nos cœurs de reconnaissance et d’admiration. Nous avons réuni chez moi une quarantaine de ses pensionnaires à Rome, et nous lui avons voté une adresse et une médaille d’or, portant son portrait et, au revers, cette légende :
A Jean-Auguste-Dominique Ingres,
peintre d'histoire et sénateur , ses élèves et ses admirateurs , 1862.
Puis nous avons remis cette adresse à PÉcole des Beaux-Arts et tous ceux qui ont pu ou voulu, sont venus souscrire et signer1. »
1. Lettre du 29 juin 1862. ( Revue du Lyonnais, VI, p. 448.) Lors de son dernier voyage à Rome, en 1863, et en particulier à la suite du décret qui réorganisait l’École des Beaux- Arts, Flandrin donna encore de touchantes preuves de sa déférence envers son maître. Voy. notre chapitre XV, p. 286.
ÏX
H. Flandrin avait renoncé au projet d’ouvrir un atelier1, mais de bonne heure les exigences de ses grands travaux le forcèrent à recourir à des aides qui, travaillant avec lui, profitant de ses exemples autant que de ses leçons, devenaient ses élèves dans le sens le plus profond du mot; et bientôt sa réputation lui attira comme une petite clientèle de jeunes gens qui venaient lui demander des conseils et des encouragements. Il exerça donc l’enseignement sous deux formes, l’une toute pratique et familière, assez analogue à l’apprentissage, l’autre beaucoup plus libre et plus ouverte, à la manière d’une conversation avec de jeunes amis.
Profondément convaincu comme artiste, il était comme homme très accueillant et un peu timide. Ce trait de caractère l'aurait gêné, s’il avait dirigé un