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atelier. Son éducation ne l avait pas préparé à porter la parole en public et il n’entrait pas dans sa nature de s’imposer avec autorité à de jeunes têtes, souvent mobiles, parfois frondeuses. Au contraire son affectueuse bonté, sa parole chaude et enthousiaste, l’éloquent spectacle de sa vie tout entière le destinaient plus que personne à exercer sur quelques sujets de choix, et comme dans l’intimité, une durable influence.

Parmi les jeunes gens qui collaborèrent avec Flandrin, le premier en date fut Louis Lamothe, qui, nous l’avons dit, avait été formé par les soins d’Auguste Flandrin et qui arriva de Lyon à Paris en octobre 1839 L Tout de suite l’artiste l’associa à sa vie, lui prodiguant, avec les bienfaits d’une direction constante, les marques les plus flatteuses de confiance et d’intérêt. Louis Lamothe participa à presque toutes les grandes œuvres de son maître, depuis la décoration du château de Dampierre, en 18â0, jusqu’à la nef de Saint-Germain-des-Prés exclusivement.

La correspondance de Flandrin avec lui montre quels étaient les rapports du maître avec ses élèves, simples et doux, affectueux et obligeants sans familiarité. Le style, tout uni, conserve une tenue naturelle : jamais de ces mots un peu crus, si fréquents dans les ateliers; la note reste grave : l’artiste d’ailleurs ne bavarde pas. Quelques-uns de ses billets sont d’un remarquable laconisme, comme ce rendezvous pour le travail :

« Mon cher Louis, si, comme je l’espère, vous n’êtes pas malade, je vous prie de me donner votre

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