septembre
IIIPPOLYTE FLAN DR IN ET SES ÉLÈVES
vail, sans le fatiguer, quelquefois le forcer à se reposer.
Mais souvent aussi il avait besoin d’ètre stimulé et excité. Flandrin, tout en compatissant à ses peines, le secouait un peu. « Les récriminations 11e mènent à rien. » — « Ne faites pas comme à Paris, où vous étiez très nonchalant et accusiez toujours le sort. »
Une fois il lui cite l’exemple de leur commun maître, Ingres : « 11 ne s’est iamais abandonné. Plus amoureux
de l’art que du succès, il y est pourtant arrivé et de la manière la plus durable et la plus glorieuse. Oue ce soit aussi votre unique modèle et vous prendrez une belle place i. »
Louis Lamothe, dont la carrière fut courte, ne parvint pas à la célébrité, il montra du moins un talent distingué dans les peintures dont il a décoré plusieurs églises, notamment Sainte-Clotilde 2 et la chapelle du Val-dc-Grâce 3.
Bien plus courte encore fut la carrière de Joseph Pagnon, qui mourut, âgé de vingt-trois ans, le 9 janvier 1848. Il avait dix-sept ans, quand, à la fin de 1842, il arriva à Paris avec son camarade Serret. Les deux jeunes lyonnais se présentèrent chez Hippolyte Flandrin, comme celui-ci, lui-meme, treize ans plus tôt, s’était présenté, avec son frère, chez Ingres. Ils n’avaient d’autres ressources que leur amour du travail et les espérances de leur talent. D’autre part ils avaient été, à Lyon, au nombre des élèves d’Auguste et, après la mort de leur maître, ils venaient chercher, pour ainsi dire, asile et protection auprès de son