‹ Hippolyte FlandrinChapitre 112 sur 211 · Octobre · texte numérisé non relu

Octobre

Saint-Paul, dans un appartement modeste, mais sain et ensoleillé, comme dans un nid bien chaud. Il voyait encore à ses côtés, son frère Paul, toujours lidèle compagnon, son élève Louis Lamothe, qui « mettait à se rendre utile toute la bonne volonté possible et un véritable talent 1 , » et son excellent ami Paul Balze, aussi vaillant artiste que fougueux républicain, avec qui les discussions politiques roulaient leur train, sans rien coûter d’ailleurs à l’amitié ni au travail. Dans la ville meme, Flandrin trouva de bonne heure de précieuses sympathies, qui formèrent autour de lui comme une atmosphère réconfortante. Reçu de la façon la plus aimable chez M. de Roussel, conseiller municipal influent, il voyait le préfet s’intéresser à ses peintures et le lui témoigner par de fréquentes visites. Il rencontrait en même temps dans la personne de Mgr Plantier, évêque de Nîmes, un homme accueillant et ami des arts, qui lui montra plus que de la bienveillance et devait lui rendre plus tard un hommage aussi touchant que spontané.

Mais les circonstances ne lui permettaient pas de travailler sans arrière-pensée. Il avait accepté la décoration de l’église de Nîmes en 18Û6 et s’était mis à l’œuvre en 18Û7, mais l’année suivante il s’était vu presque imposer les travaux de Saint-Vincent-de-Paul. Cette nouvelle commande, si importante qu’elle fût, ne pouvait lui faire oublier un engagement antérieur. Bien qu’on le pressât vivement de se donner tout de suite et sans partage à l’église parisienne, il ne voulait pas sacrifier l’autre, en la renvoyant à une époque lointaine. Il partit

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