SAINT-PAUL DE NÎMES ET SAINT-MARTIN-DVAINAY
dans l’église jusqu’à la nuit et qu’avec les vitraux nous avons le chagrin de ne pas même voir le temps qu'il fait. Impossible de voir au travers, même une pauvre cheminée. Rien que les saints de M. Maréchal, qui nous font la grimace ! (ceci entre nous, s’il vous plaît.) Enfin nous travaillons, c’est là notre bonheur et nous voyons sortir de l’œuf un certain nombre de figures 1 . »
Une des conséquences les plus pénibles pour Flandrin de son isolement, était la difficulté qu’il éprouvait à se tenir au courant des événements politiques et de leur contre-coup sur les esprits.
« Je t’en prie, écrivait-il à Ambroise Thomas, disnous ce que tu penses des préoccupations du moment. Nous, plongés du matin au soir dans notre travail, cachés dans notre église, nous ne voyons personne et nous ignorons tout des différentes circonstances qui peuvent dans notre pays modifier si vite l’opinion. Je n'ai pu encore savoir si nous aurions ici le droit de voter, mais demain je veux m’en informer auprès de qui sera en mesure de me le dire ; et, si je puis, j’exercerai mon droit en conscience. D’ici là, écris-nous, cela nous rendra service et nous fera du bien2. »
L’artiste avait commencé par décorer la partie la plus élevée de l’édifice et à mesure qu’il avançait, il descendait. Au mois de février, il en avait fini avec les grands échafaudages. « Nous voici tout à fait descendus des hauteurs d’où nous planions depuis trois mois sur ce pauvre monde. Nous sommes moins glorieusement, mais plus solidement établis, ce qui rassure ma femme, nos amis et nous-mêmes 3. »