‹ Hippolyte FlandrinChapitre 117 sur 211 · mars · texte numérisé non relu

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SAINT-PAUL DE NÎMES ET SAINT-MAPTIN-d'aINAY UH

leur maître commun. L’un d’eux est rev.êtu de splendides vêtements, l’autre presque nu ; le premier présente sa couronne, le second ses fers, mais qu’importe ? leur attitude est semblable, comme leur néant. A droite et à gauche, suint Pierre, chef de l’Eglise, saint Paul, patron de la basilique, tous deux princes des apôtres, se tiennent debout, comme deux colonnes inébranlables.

Cette scène suffirait à elle seule pour montrer comment Flandrin comprenait son rôle de peintre religieux. Appelé à décorer un édifice de style byzantin, il emprunte aux traditions de cet art plusieurs éléments comme le fond d’or, les proportions gigantesques du Christ, la simplicité de la composition et la rigidité des attitudes. Mais il est trop sincèrement engagé dans son œuvre, pour ne pas y mettre . l’empreinte de ses préoccupations actuelles. Tout autour de lui on parle de liberté, d’égalité, de fraternité. 11 transporte la question sociale dans le sanctuaire : elle y apparaît sous un jour nouveau. Devant Dieu tous les hommes sont également petits^

Et les faibles mortels, vains jouets du trépas,

Sont tous devant ses yeux comme s’ils n’étaient pas;

ou plutôt, car ce n'est pas devant Jéhovah, mais devant Jésus que ces deux adorateurs sont à genoux, ils savent que, selon le mot de saint Paul « il n’y a plus ni juif, ni gentil, ni riche, ni pauvre, » et ils sont prêts à s’aimer comme des frères. Sous une forme archaïque vit une pensée moderne *.

r. « Etre de son siècle en restant chrétien, contemporain des PP. Ravignan et Lacordaire plutôt que de fra Angelico et de Pérugin, tel est, selon moi, le problème qu’a heureuse-

Cette grande page est encadrée de figures, disposées à droite et à gauche sur les murs du sanctuaire et s’étageant à différentes hauteurs suivant les besoins de la décoration : d’abord les quatre évangélistes avec les emblèmes traditionnels et, au dessus d’eux, lancés à travers l’espace, comme de « mystiques encensoirs1, » deux anges sonnant de la trompette.

A l’étage supérieur trônent avec majesté les Pères de l'Eglise : d’un côté ceux de l’Eglise d'Orient, saint Basile et saint Grégoire de Nazianze, saint Jean Chrysostome et saint Athanase ; de l’autre côté, ceux de l’Eglise latine, saint Ambroise et saint Augustin, saint Jérôme, et saint Léon le Grand.

Telle est la décoration du sanctuaire. Dans les deux absides latérales l’artiste a représenté le couronnement de la Vierge et le ravissement de saint Paul. C’est toujours un coin du ciel qui est dévoilé à notre foi. Ici le triomphe de la Mère de Dieu, là l’ineffable faveur qui élève saint Paul au-dessus de tous les hommes. Mais dans cette magnifique exaltation de créatures privilégiées, la première place, comme il convient, est réservée à « Celui qui règne dans les cieux..., à qui seul appartient la gloire. » Une pensée aussi ingénieuse qu’orthodoxe préside à la disposition de ces peintures, en apparence éparses sur les murs de l’église.

ment résolu M. H. Flandrin, soit dans ses peintures de Saint- Germain-des-Prés, soit dans celles de Saint-Paul de Nîmes. » (A. de Pontmartin, feuilleton de l'Opinion publique , 1er octobre 18490 — L’œuvre de Flandrin à Nîmes a été étudiée dans un article magistral de Saint-Rcné-Taillandier ( Revue des Deux Mondes , 1er mai 1849), et dans une notice émue et exacte d’un artiste nîmois, M. Jules Salles. — Les peintures ont été lithographiées par Poncet et Duplomb.

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