‹ Hippolyte FlandrinChapitre 118 sur 211 · Saint-René-Taillandier · texte numérisé non relu

Saint-René-Taillandier

SAINT-PAUL DU NÎMES ET SAINT-MARTIN-d’aINAY m

Gomment donner une interprétation plastique de la scène mystérieuse à laquelle saint Paul fait allusion 1 et qui le rendit témoin des secrets ineffables ? Ici, comme souvent ailleurs, l’artiste chrétien est condamné à se renfermer dans une figuration abrégée et symbolique, laissant à l’imagination et à la foi de suppléer à ce que le dessin ne peut traduire.

Saint Paul est dans l'attitude de l’extase, scs pieds ont quitté le sol. Ses bras, levés à la hauteur de sa tète, semblent l’emporter, comme des ailes, vers l’objet de sa contemplation. Son visage est transfiguré, son œil plonge .avec délices dans la vision céleste. Auprès de lui deux anges agenouillés s’inclinent avec admiration. « Sans courber leur front jusqu’à l’adoration d’un simple mortel, ils vénèrent celui que le doigt de l’Eternel a touché 2. »

« C’e&t avec ces trois seules figures, que l’artiste a su rendre ce drame saisissant et surnaturel et c’est là, suivant nous, la partie la plus forte de toute son œuvre. Laissant à d’autres les légions de figures, évitant les mouvements violents que beaucoup ont cru inséparables de l’extase, dédaignant même cette nuée qui accompagne toujours le saint béatifié, M. Flandrin n’a employé d’autres moyens pour émouvoir que la simplicité de la composition, une compréhension intime du sujet et la science de son pinceau 3. »

Si la ravissement de saint Paul est un sujet rarement trailé parles peintres, il n’en est pas de même du couronnement de la Vierge. Flandrin, abandonnant le thème si souvent traité par les maîtres ita-

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