‹ Hippolyte FlandrinChapitre 119 sur 211 · J. Salles · texte numérisé non relu

J. Salles

liens, (en particulier par fra Angelico dans son tableau du Louvre), qui consiste à entr’ouvrir le ciel et à nous montrer la Vierge recevant son diadème au milieu des légions des anges et des bienheureux, a préféré représenter le Christ seul avec sa mère, dans un tète à tête d’une intimité divine. C’est le parti adopté par Raphaël dans son célèbre tableau du Vatican.

A Saint-Paul de Nîmes, Marie, partageant le trône de son fils, s’incline respectueusement devant lui, pour recevoir sa récompense. Le Christ élève la couronne de ses deux mains. De ses épaules, tombent avec noblesse les plis d’un riche manteau ; son visage se profile, suave et auguste, sur l’auréole. Ce n’est pas le geste hardi et fougueux du tableau de Raphaël. Il y a ici, avec moins de force et d’éclat, plus de tendresse et de recueillement, relevés par ce que Saint-René Taillandier appelle « l’idéale candeur de l’expression ».

Le chœur des vierges et le chœur des martyrs qui se déroulent sur les murs des bas côtés complètent la décoration de l’église 1 .

Le parti décoratif qui consiste dans une rangée de personnages se suivant un à un, est une tradition fort ancienne de fart chrétien. Il en existe un modèle particulièrement curieux dans les mosaïques de Saint- Apollinaire-le-Nouveau à Ravenne, qui date du sixième siècle. « Ces mosaïques, dit M. André Pératé 2, comprennent trois zones superposées. La plus basse, qui s’appuie à l’architrave, déploie à droite et à gauche de la nef deux processions de saints et de saintes qui portent leurs couronnes, les uns au Christ,

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