Manuel d'archéologie chrétienne
SAINT-PAUL DE NÎMES ET SAINT-MARTIN-d’aINAY 195
les autres à la Vierge... Les saints sont au nombre de vingt-six, d'attitude pareille dans leurs manteaux blancs à longs plis, presque tous imberbes et faisant face au spectateur. Des palmiers les séparent et leurs noms sont inscrits au-dessus de leurs tètes. . . Les saintes, au nombre de vingt-deux, sont toutes gracieuses dans leurs robes brodées d’or et de perles, des voiles blancs descendent de leur chevelure tressée, que couronnent de petits diadèmes ; des lis et des palmiers les séparent. »
Ces naïves processions sont très probablement des réminiscences de l’art antique et en particulier du cortège panathénaïque qui orne les frises du Parthénon. Flandrin, qui, sans avoir visité Ravenne, connaissait de réputation les mosaïque de Saint-Apollinaire, était heureux de s’autoriser d’un si vénérable précédent, mais en gardant sa liberté entière pour le caractère du style.
Comme à Saint-Apollinaire, il a mis les saintes à gauche et les saints à droite. Cette disposition rappelle l’ancienne division des assemblées chrétiennes, où les hommes se rangeaient du côtédroitetles femmes du côté gauche. A Saint-Paul de Nîmes, le chœur des vierges est en marche vers l abside où triomphe la Reine des Vierges, celui des martyrs vers la coupole où saint Paul est en extase.
Le premier se compose d’une douzaine de jeunes tilles, - pudiquement drapées, qui s’avancent avec recueillement. « Rien de plus gracieux et de plus mystique que cette blanche et douce phalange1. » Les vierges de Ravenne tiennent une couronne sur un pli de leur manteau, celles de Nîmes portent