A. de Pontmartin
toutes une fleur symbolique, image de leur vertu. L'artiste moderne a supprimé les palmiers et les lis qui séparent les personnages dans l’ancienne mosaïque. Surtout il s’est appliqué à varier les attitudes et les expressions de ses vierges.
« L’une, dit un ingénieux interprète, baisse modestement les yeux, plongée dans un recueillement intime ; l’autre s’avance avec calme et nous présente dans ses traits et dans sa démarche une image de ces matrones romaines, cachant dans l’enceinte domestique leur trésor de vertu, de grâce et de dignité. Celle-ci, à peine échappée aux orages du monde, en entend encore les échos et penche la tête comme une fleur qu’un vent brûlant a touchée; celle-là, le regard élevé vers le ciel, la tête renversée en arrière, dans une extase d’amour divin et les mains soulevées par un élan d’exaltation, semble présenter au ciel le symbole de sa candeur ; enfin viennent deux sœurs, elles marchent d'un pas égal, paraissent se soutenir dans le chemin de la vie et s’encourager l’une l’autre dans la voie du sacrifice et du dévouement L »
En face s’avancent les martyrs. Sans analyser chaque figure nous signalerons avec M. Salles... « un jeune homme à la figure pâle et mélancolique, à la chevelure blonde, à l’œil bleu et limpide : ses traits portent encore l’empreinte de ces douloureuses luttes où l’artiste, seul aux prises avec son génie, semble avancer péniblement dans l’arène et douter de l’avenir; son regard s’élève comme pour demander à la religion de fortifier en lui cette alliance intime de la science unie à la foi. Près de lui, son ami, peut-être même son frère, a l’air de s’abriter sous son aile et