J. Salles
SAINT-PAUL DE NÎMES ET SAINT-M ARTIN-d’aINAY 197
de lui demander, une part de ses pénibles labeurs L » M. Salles n’ignorait pas que ces deux amis, ou plutôt ces deux frères, sont les portraits d’Hippolyte Flandrin et de son frère Paul. Cette introduction de la réalité vivante dans une composition de caractère idéal et impersonnel est une pratique renouvelée des Primitifs, qui, comprise avec discrétion, n’ôte rien à la gravité religieuse du style. Chez Flandrin elle est un effet de la sincérité avec laquelle il entrait de toute sa personne dans son œuvre. Lui qui avait pieusement écrit sur le cœur de son Christ, visibles pour Dieu seul, les noms de sa femme, de ses enfants, de tous ceux qui lui étaient le plus chers, aimait à se servir pour ses compositions religieuses des traits de ses amis et des membres de sa famille. Sa tendresse et sa foi y trouvaient une touchante satisfaction1 2.
Le chœur des martyrs est d’ailleurs une série de portraits, rappelant les principales personnes qui, à un titre ou un autre, se trouvèrent mêlées aux travaux de l’église. En tête, voici le « maître de l’œuvre » comme on disait au moyen âge, Questel ; puis cet homme à la figure grecque, de Roussel, né en effet sous le ciel d’Athènes; ensuite l’entrepreneur Arnavielle, qui ne s’épargnait guère. Il avait fait du haut de la voûte une chute terrible, qui ne lui avait fait perdre ni sa connaissance, ni son sang-froid ; derrière lui, Bernard, modeste artiste, auteur d’admirables boiseries ; Feuchère, architecte du département, Paul