‹ Hippolyte FlandrinChapitre 124 sur 211 · juillet · texte numérisé non relu

juillet

SAINT-PAUL DE NÎMES ET SAINT-MARTIN-d’aINAY 201

si noirs, qu’une chandelle nous eût fait grand bien L »

La concavité de l’abside se prêtait mal au dessin : elle dénaturait le mouvement et l’expression des figures. « Si le meme sujet eût été à faire sur une surface plane, je parie que nous serions à moitié de l’exécution1 2. » Pour comble de malheur, les fonds, mal préparés, étaient encore frais : « ce qui fait que chaque tâtonnement de fusain est ineffaçable, juge ce que ça semble, puisque chaque figure a été essayée au moins trois fois 3. »

D’autre part, l’artiste n’était pas suffisamment défendu contre la curiosité du public, contre l’empressement fatigant des uns, les critiques malveillantes des autres.

« De l'église, tout le monde voit ce que je fais et, sur quatre coups de fusain, les jugements vont leur train. Hier j’ai rencontré Frenet, qui était là regardant mon ouvrage et moi, sans bouger. J’ai été à lui et il m’a avoué qu’il y a quinze jours déjà il avait jugé la chose mesquine et complètement manquée. Aujourd’hui il est moins mécontent. Mais moi, peintre de Paris, membre de l’Institut, je pouvais faire quoi que ce soit, ce serait toujours bien ! et là-dessus la kyrielle accoutumée des persécutions des curés, cardinaux, etc. J’étais bien devant ses magots4: ma foi ! ç’a été plus fort que moi, je n’ai rien pu en dire.

. «.Dieu veuille que je ne fasse pas trop mal, car, je le sais d’avance, on sera peu indulgent 5. »

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