‹ Hippolyte FlandrinChapitre 126 sur 211 · décembre · texte numérisé non relu

décembre

212 TÏIPPOLYTE FLANDRIN

sommes fort embarrassés. Néanmoins nous nous disposons à voter pour le général Cavaignac, parce que l’Assemblée nationale semble le porter et que, jusqu’à ce que son mandat soit expiré, je veux la considérer comme l’expression du pays b »

Quelques jours après, il écrivait :

« Nous avons voté pour Cavaignac, afin de ne pas aller à une nouvelle révolution, qui en enfanterait bien d’autres 1 2. »

Les résultats de l’élection ne furent connus que peu à peu. La ville de Nîmes avait donné 7.000 voix à Napoléon, 1.500 à Ledru-Rollin et 1.300 ou l./jOO à Cavaignac. Mais dans l'ensemble du département, c’était Ledru-Rollin, qui, disait-on, avait la majorité.

Flandrin. en espérant que ces résultats seraient corrigés par d’autres, s’inclinait par avance, respectueux et confiant, devant la décision du pays.

« Je dis : Vive la Constitution ! et je me soumets avec la plus entière bonne foi à ce qu’amènera le suffrage universel, seule base possible aujourd’hui d’un édifice politique. Puis je dis comme toi : Dieu protège la France ! et j’espère3. »

L’élection de Louis-Napoléon Bonaparte par sept millions de suffrages contre deux millions répartis entre ses divers compétiteurs, montra que la France d’alors était prête à sacrifier sa liberté au souci de sa tranquillité. Flandrin, qui n’avait pas contribué à cet événement, constate cependant qu’il semble rassurer l’opinion et se félicite de voir renaître la confiance.

« Quant aux affaires en général, on dit qu’elles reprennent et que les grands travaux recommencent.

Page 1