Lettre à Baltard, 15 décembre
Aujourd’hui on iue disait qu’aux mines de la Grand’Combe et dans ses hauts-fourneaux cinq à six mille travailleurs sont rentrés ces jours-ci. A Lyon, à ce qu’on dit, c’est admirable. Tant mieux, vive le travail 1 ! »
Le besoin d’en finir avec les troubles de la rue pour travailler en paix, le désenchantement du beau reve de la liberté et de la fraternité, le dégoût des stériles agitations de la politique, telles étaient les tendances qui prévalaient dans le pays. Elles se marquent d’une manière significative dans la correspondance de Flandrin.
Après la journée du 29 janvier 18/i9, dans laquelle à propos de la loi sur les clubs, un désaccord criant s’était produit entre le gouvernement et l’Assemblée, il marquait ainsi son impatience :
« Dans quel dédale sommes-nous plongés, mon Dieu ! et quand reverrons-nous un calme un peu durable? Si nous le voyons renaître un jour, j’en donnerai certainement tout le mérite à Dieu, car vraiment je crois qu’à aucune autre époque les hommes ne se sont montrés si impuissants. Si le ministère tombe devant le dernier vote sur les clubs, où irat-on chercher pour le remplacer ? Oh ! que j’aime bien mieux porter les regards sur ce beau ciel, sentir ce doux soleil, enfin admirer toute la nature, qui, elle, est si soumise aux lois que Dieu lui a données et dont la contemplation fait de plus en plus chérir l’ordre et la paix2 ! »
A son retour de Nîmes, il passe à Lyon. On était à la veille des élections législatives, en pleine fièvre politique.